poitou charentes

J’ai regardé l’élection de Miss France 2017...

Bon, je sais les gens, là j'ai abusé. Là, ça fait beaucoup trop longtemps que je n’ai rien écrit. J'ai honte. Pour ma défense, j'ai eu tout un tas de trucs à gérer, le manque de temps et le boulot étant probablement le seul facteur dont j'ai envie de vous parler.

Mais j'ai décidé de reprendre. Et quoi de mieux pour le faire, que l'émission télé de l'année, celle qui incarne à elle toute seule, l'uniformisation de l'image de la femme dans la société, les clichés sur sa soi-disant bienséance morale, le fait de se servir du corps de la femme pour générer du blé tout en faisant passer celle-ci pour une ravissante idiote, je veux bien entendu parler de l'élection de Miss France 2017 que j'ai eu l'infini plaisir teinté d'exaspération de regarder pour vous.

Vous sentez déjà le malaise. Honnêtement je ne sais pas à quel moment j'ai eu le plus de peine pour elles. Quand je les ai vues dans ces déguisement grotesques multicolores qui déclencheraient une colique néphrétique à Cristina Cordula ou encore quand je les ai vues se trémousser sur Papa Pingouin dans des costumes fort heureusement un tantinet moins moches.


Autant vous l'avouer tout de suite, des élections de Miss France j'en avais vu beaucoup à une époque. Car moi aussi comme beaucoup de candidates l'ont dit je regardais Miss France étant petite fille en rêvant d'y participer un jour. Puis, le féminisme est passé par là. Autant vous dire, que c'est la première élection que je regarde depuis un certain temps et je suis très fière de vous dire que maintenant au lieu de noter les miss sur 20 (oui j'ai vraiment fait ça à une époque et oui j'ai expié mes fautes depuis donc chut) j'ai passé l'élection entière à me dire « non mais sérieusement….».

Rien a vraiment changé, ceci dit. L'émission commence avec le portrait des 30 candidates, où chacune d'entre elles se présente, dit ce qu'elle fait dans la vie, nous raconte le moment so fabulous qu'a été son élection à la couronne régionale, nous impressionne avec l'immense responsabilité d'être Miss France (je vous assure qu'on a déjà vu un chirurgien faire un pontage coronarien et se la ramener moins que ça) et nous dit qu'elle aimerait se battre contre le cancer, la sclérose en plaques, pour les enfants malades et tout un cas d'autres causes dont TF1 n'a rien à cirer mais bon il faut bien faire genre que cette vaste blague ne sert pas qu'à montrer des femmes légèrement vêtues à une heure de grande écoute. Le tout en faisant des poses « naturelles » dans les décors de leur région et de la Réunion où les miss sont parties en voyage.

Cette année, ils ont quand même fait très fort en ouvrant chaque portrait avec un plan où la miss virevolte avec un air candide toute de blanc vêtue sur une balancoire de synthèse à fleurs. Le summum de la niaiserie.


Elles ont globalement rien dit de très intéressant, à noter quand même quelques perles :

Miss Franche-Comté à réussi à dire que Miss France devait être le reflet  d'une génération de femmes accomplies et qu'elle espérait réduire les inégalités hommes/femmes.

Très clairement c'est raté. Il n'y a rien d'accompli dans l'image de 30 nanas ne représentant qu'un seul type de physique qui se baladent en troupeau habillées pareil, et à qui on a retiré tout ce qui les rend uniques.

Miss Auvergne nous a expliqué quant à elle qu'au lieu de fondre en larmes, elle a été prise d'un fou rire le soir de son élection.

J'imagine que c'est ce qu'on appelle un éclair de lucidité, n'est-ce-pas ? Il faudrait quand même rappeler que l'individu homo sapiens de sexe féminin n'a pas que l'option « fondre en larmes » dans son catalogue quand on lui apprend quelque chose qui lui fait plaisir. Ça me semble important.

Miss Poitou-Charentes pense que l'influence de Miss France est énorme, elle a la possibilité de faire changer plein de choses.

C'est le moment de la soirée où le conseil d'administration de TF1, à grande majorité masculin rigole doucement pour des raisons que j'ai déjà évoquées ci-dessus.

Miss Rhône-Alpes voudrait que son élection puisse amorcer un changement dans les clichés sur l'image de la femme que la société continue à perpétuer.

C'est tellement ironique que je sais même plus quoi dire . Je pense quant à moi m'engager dans la manif pour tous parce que les droits de la communauté LGBT comptent beaucoup pour moi.

Mais celle qui a probablement le plus pété un câble, c'est la présidente du jury Arielle Dombasle. Le côté positif, c'est qu'elle avait l'air ravie d'être là. Le côté un peu moins bien, c'est qu'on se demande ce qu'elle a pris avant de venir. Et quand Jean-Pierre Foucault lui pose la question qui demeure un mystère pour moi à savoir « que faut-il attendre d'une Miss France ? » sa réponse reflète parfaitement l'absurdité de toute cette élection.

« Il faut tout attendre d'une Miss France [rien que ça], c'est à dire que la beauté c'est tout un réseau complexe de choses et c'est la beauté de l'âme, la beauté du corps, la gaiété, l'élégance, la voix et c'est représenter quelque chose qui reste finalement un mystère. La beauté c'est un mystère.Et là on est en face de toute une..une..enfin on a le vertige tellement les unes sont plus belles que les autres et il va falloir choisir. »

Voilà et on a même voulu attendre de Miss France à un moment donné qu'elle arrête de faire caca, parce que le caca rentre pas franchement dans le réseau complexe de la beauté, mais fort heureusement ils ont arrêté la fumette à temps.

L'élection s'est poursuivie avec le traditionnel défilé en costumes régionaux puis le traditionnel défilé en maillot de bain, qui bien sûr ne peut se concevoir sans l'annonce préalable de Jean-Pierre Foucault.

« Elles tombent les capes, et se dévoilent en maillot de bain pour notre plus grand plaisir » avec le petit sourire de gros lourd qui va bien.



Voilà, ça c'est fait. Le moment est à présent venu de connaître les 12 candidates retenues pour la suite du concours. Vous savez le moment, où JPF, Sylvie Tellier et la Miss France de l'année précédente appellent les 12 nanas qui se ramènent devant la scène avec un sourire figé parce qu'apparemment elles ont à peine le droit de montrer qu'elles sont contentes.



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Kali : this is an attempt at grasping the ambiance of a classroom, with its passive hostility, quite curiosity and freezing boredom. The choice of a french teacher is scenario related.

Kali is a story I’m working on. It deals with the discover of one’s identity, personnal devellopment, and the way becoming an adult don’t stop you from making mistakes or doubting yourself. It’s a vast subject, and it’s quite scary to work on - especially because it’s a difficult period in the devellopment of a teenager, and that I need to dig through bad memories and unresolved questions. It’s however very interesting to think about these stuff, and to remember how we became the person we are now. I guess it’s a look in the past we can take any moment of our life.

That’s all very serious stuff. I promise I’ll come back later with stupid comics.

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Mitrula paludosa - Mitrule des marais by Vincent Lagardère