poeme

Souvent, lorsque j'entends des gens me parler, je pense soudain qu'ils vont mourir et cela me les fait écouter différemment. Je les vois réduits à ce qu'ils sont, à ce que nous sommes tous, et j'ai envie de les débarrasser de leur comédie, de leur demander pourquoi ils s'agitent, se prennent au sérieux, pourquoi ces airs avantageux. J'ai envie de leur dire ce qui est essentiel pour eux ; j'ai envie qu'ils boivent. J'aime ce moment subtil et éphémère où, après quelques verres, les gens vacillent, s'abandonnent, où ils se délivrent de leurs vêtements, de leur théâtre : tous les masques tombent et enfin, ils disent des choses vraies.
Ma vie n'aurait été qu'un terrible naufrage sans toi. Tu m'as sauvée par ton amour, par ton sourire. Et ta simple présence me sauve encore chaque jour.
Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.