pleuvoire

2015 - Le contrat de travail

Noyé dans une foule immense, voilà une éternité que je prenais racine sur ce quai. Cette attente ressemblait à l'infini, d'autant qu'il s'était mis à pleuvoir et que la nuit n'allait pas tarder. Le distributeur de confiseries n'avait plus rien à proposer, ce qui n'eut aucune incidence sur ma chronique absence d'argent. Ce fut avec un mélange de soulagement et d'appréhension que j'ai vu le train entrer en gare. Quelques voyageurs sont descendus avec le sourire, il faut voir que les premiers volontaires se voyaient offrir un sandwich pour les remercier de leur résolution. Ils libéraient des places mais pas assez, alors les contrôleurs ont décidé d'en faire sortir de nombreux autres. Ceux-là abandonnaient leur périple et leurs souvenirs sans sourire ni récompense. Il fallait alléger le convoi sans quoi il ne repartirait jamais.
Pendant qu'une pluie froide frappait les vitres et les visages j'observais les emplacements se vider. Tentant de pénétrer à l'intérieur, j'étais systématiquement refoulé par le responsable de train. Il n'a pu s'empêcher de sourire quand le signal de départ a retenti et que le convoi a tiré sa lourde carcasse métallique. Détournant le regard quelques secondes, il n'a pas vu que j'allai voyager sur le marche-pieds.

1978 - Festif

Tous mes copains le faisaient, je m'y suis mis aussi. Mais eux le faisaient dans les champs, le soir après le collège, alors que je devais rentrer à l'heure malgré l'absence de mes parents. Le voisin cafteur se serait offert un trop grand plaisir à me dénoncer si je ne passais pas la grille dans les temps. C'est donc dans la cheminée que sont partis en fumée tous les pétards acquis dans la cour de récré.
Quand mon père a découvert le début d'incendie dans le linge qui séchait juste à côté, les coups ont commencé à pleuvoir.

La nuit remue

J’ai aspergé de mon sang tout Paris, les poignets encore frais. Vision mystique, sanglante, gémissements et alcools. La fleur au fusil, l’âme telle une plume j’écris ma vie avec l’encre de mes veines. La nuit remue.

Le grand drame de ma vie est la ressemblance que j’ai avec mon père sans le connaitre et cette ressemblance j’ai dû en payer cher le prix. “Quand le fruit est pourri il n’y a rien à faire”J-L. Quelle ironie ! Moi qui est tant souffert de l’absence de cet être, normalement cher et protecteur et pendant qu’on me faisait une image de lui en monstre, J-L prenait sa place en me punissait d’être la fille d’un autre. Les coups sont arrivés en même temps que mon entrée à l’école, je devais avoir sept ans lorsque les coups ont commencés a pleuvoir. Au début, je pensais qu’il était juste sévère et que mon incapacité a être un génie à ses yeux contribuait à sa rage, plus tard j’ai compris que je n’étais pas fautive et que ce n’était que par pur vis de sa part. Enfant, je n’étais pas difficile mais j’étais têtue et indisciplinée et aux yeux de mon beau-père ou faux-père comme je l’appelais à six ans, il fallait corriger ces mauvaises habitudes et mettre de l’ordre dans mon éducation. Avec le temps les coups sont devenus de plus en plus durs et de plus en plus régulier, il faisait exprès de me frapper qu’aux endroits qu’ont ne verraient pas de l’extérieur et il se ventait, fier de son stratagème. Mon cartable devait être impeccable avec seulement et je dis bien SEULEMENT des affaires scolaires, si par malheur en fouillant dedans il trouvait un objet inapproprié, j’étais battue. En grandissant diverses punissions ont fait surface : J’étais privée de repas pendant plusieurs jours, j’étais enfermée dans le noir à double tours et je n’en bougeais pas avant deux trois jours, ma chambre était sans cesse la cible d’objets cassés, des carcasses fêlées en mille morceaux et J-L prenait un malin plaisir à m’humilier en cherchant mon journal intime pour le lire à voix haute devant ma mère et moi-même. Après ces épisodes de violence toujours de plus en plus en hausse ma mère prit la sage résolution de me mettre en internat et ce fût les plus heureuses années de mon enfance (quatre ans), j’appris à vivre en collectivité ce qui ne m’était pas inné étant enfant unique et très intériorisée, à mon arrivée je ne me mélangeais pas aux autres, je passais mon temps la tête dans mes livres à toute heure, en classe, dehors, je lisais même la nuit avec une petite lampe de poche, c’était une habitude que j’avais aussi à la maison, de faire semblant de dormir chaque fois que J-L passait devant ma chambre pour me surveiller par le judas, son ombre engloutissant les murs blancs. Avec le temps je me suis adaptée à la compagnie des autres enfants et j’étais désespérée chaque fois qu’il fallait que je rentre chez moi, avec mon bourreau qui aux yeux de tous se montrait raisonnable, responsable et polis surtout envers les adultes, dès que le premier jour des vacances arrivait les autres enfants criaient de joie mais moi, je priais pour ne jamais rentrer. Un jour, en revenant de l’internat, J-L me fit un interrogatoire d’une heure pour savoir si j’avais bien volé des stylos là bas (j’avais en effet été punie à l’internat pour ce petit délit), tremblante je balbutiais quelques mots sans qu’il n’entende rien car quoi que je dise je n’échapperais pas à la punition, je regardais la colère lui monter au visage, il devenait rouge sang et se mettait à me hurler dessus “Tu finiras sur le trottoir, bonne à rien ! Ton avenir se scelle dès maintenant !”, je me suis pissée dessus tellement j’avais la trouille, il me frappa puis m’empoigna pour me tirer au sol jusque dans la salle de bain où il me balança sous la douche habillée, il me mit le jet d’eau sur le visage, gelé puis brulant en alternant, j’étouffais, j’hurlais et plus je pleurais plus ça l’excitait et plus il me frappait “Vas-y fais croire aux voisins que tu es une pauvre petite fille maltraitée” et il continuait de plus belle, ma mère lui cria d’arrêter, qu’il allait me tuer, au bout de quinze vingt minutes il s’arrêta enfin. Je me rappelle que ma terreur allait jusqu’au bruit des ses clefs dans la serrure lorsqu’il rentrait du travail, déjà mon coeur ralentissait. Je regardais le visage pâle et fatigué de ma mère muette et dévastée, que pouvait-elle faire face à ce colosse ? Elle n’était pas de taille face à un être aussi abject et je ne la jugerai jamais.  A cette époque j’avais bien du mal à envisager l’avenir, je bouillais au fond de moi mais ça ne sortait pas, chaque coups étaient comme une nouvelle brique m’emmurant chaque fois un peu plus. Les gens réagissent différemment à la maltraitante physique et moral, certains finissent par se soumettre et d’autres ne cessent jamais de se rebeller, je suis de ces derniers plus il me battait plus je devenais méchante plus il continuait plus mon corps et mon coeur devenaient durs comme une pierre et plus je devenais une future délinquante. J’ai songé à partir, à aller loin mais où aurais-je été à huit neuf ans ? Je me suis renfermée dans la littérature, la poésie et l’écriture, seuls trésors dans cet enfer quotidien.  
Et si je vis encore c’est pour mourir en paix car rien n’est plus beau que le baiser tendre et long de la faucheuse.

Roadtrip №01: Montréal - Quebec

Départ de Montréal vers 9h30 arrivé à Québec vers 18h.

Ouais ça parait long mais je me suis arrêté pas mal de fois et je suis passé à Trois-Rivières.

Bon au début, il s'est mis à pleuvoir sur ma face ce qui me donnait envie de retourner à Montréal :D. Mais rapidement le beau temps était revenu et c'était beaucoup plus fun. Par contre, je me suis rendu compte que rouler longtemps en scooter… Ben ça fait mal aux fesses mais j'ai pu augmenter mes skills en conception de position en scooter!

Sinon sur la route j'ai vu pleins de bateaux d'occasion à vendre… Mais genre pleins! Je sais pas trop quoi en penser..

Une fois arrivé a Québec, j'ai fais le tour dans le Vieux, c'est toujours aussi beauuuu. Je me suis posé dans un Starbuck pour squatter internet et pour me trouver un hôtel cheap et tadaaaa.

Demain direction Tadoussac!

Musique écoutée: le sileeeeence
Humeur: fatigué

Ps: les photos arriveront :D

is

D243   /   Antonin   /   80 ans   /   Biennois   /   Retraité

Il commence à pleuvoir en ville et tout le monde se réfugie sous l’abri de la Place Centrale. J’y aborde un homme affublé d’un grand sourire.

Vous avez la forme pour votre âge. « Vous savez, j’ai eu une bonne hygiène de vie et j’ai la chance d’être en bonne santé. » Plus tard dans la discussion, il dit : « Les gens vivent souvent trop longtemps aujourd’hui, mais l’important c’est d’avoir toute sa tête. »  

« J’ai fait le conservatoire d’art dramatique de Lausanne, puis j’ai travaillé 7 ans à Paris. J’ai eu la chance d’y côtoyer des grands tel André Raimbourg (dit Bourvil). Mais des choses se sont mal passées et je suis revenu en Suisse. »

Antonin a grandi à Diesse. Puis, à ses 14 ans, ses parents ont déménagé à Bienne, avant de partir à Paris, pour finalement revenir travailler dans l’horlogerie. « J’avais 30 ans quand je suis rentré de Paris, j’ai ensuite travaillé en service après-vente dans l’horlogerie. J’ai été licencié lorsqu’il y a eu la crise dans le secteur. Mais c’était plutôt positif, vu que j’ai terminé ma carrière dans le social, en tant que chef du personnel à la ville de Bienne, jusqu’à ma retraite à 65 ans. C’était un travail que j’appréciais beaucoup. »  

Et depuis 15 ans, vous faites quoi ? « Je me promène, je voyage, je fais tout ce que je peux. J’ai fait un dernier voyage avec le Transsibérien. J’ai visité la Mongolie, deux fois la Chine, etc. »

Et votre cause ici, c’est quoi? « On parle du nouveau Royaume de Dieu, il est annoncé dans la Bible. Nous on distribue cela, et on parle de la Bible. Nous parlons des guerres et du capitalisme, et nous expliquons que cela ne peux pas rester ainsi. Et effectivement, il y aura un jour une intervention de Dieu à ce niveau-là, mais on ne sait pas quand. Nous, on avise de cela, et chacun est libre de penser ce qu’il veut. »

Mais vous êtes une église ou une association? « Nous sommes Témoins de Jéhovah. » Je lui demande la brochure et je lui pose la question suivante : « Comment se fait-il que quelqu’un qui a autant voyagé que vous finisse dans l’Eglise? « Je n’y ai pas toujours été, et je ne sais pas exactement pourquoi. Ils sont venus chez moi plusieurs fois, cela ne s’est pas fait en une année, mais en plusieurs. Quand je veux savoir, je pose des questions; et ce sont ceux qui m’ont le plus convaincu. Et de toute façon, cela ne peux pas me faire de tort. »

Vous devez donc payer? « C’est dépendant des revenus de chacun. Si vous pouvez soutenir vous le faites. Mais si vous n’avez pas grand chose, il n’y en a pas besoin. »

Quelles sont les valeurs que votre religion vous enseigne? « Le respect d’autrui, l’amour du prochain, savoir partager et pardonner. »

Et votre rêve? « Ce serait de vivre dans un paradis terrestre, mais cela est probablement inspiré par la Bible. Sinon ce serait de reprendre un rôle un jour dans un film. »

Le portrait d’hier vous demande quelle est votre plus grande peur. « Je n’en ai aucune, Monsieur. »

Et vous, qu’aimeriez-vous que je demande au portrait de demain? « Demandez-lui s’il a peur de l’avenir. »

Aux gens qui vont lire votre portrait, que leur conseillez-vous? « Soyez naturel, ne changez pas et allez au bout de vos rêves. »

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Day 9: Vendredi 21 août 2015

Aujourd'hui réveil super tôt pour pas changer. Puis je me suis rendormie jusqu'à 9h30 ou je me suis préparée et déjeuné sur le balcon. D'ailleurs je me suis réveillée avec les yeux super rouge qui grattaient et j'ai éternué tout la journée, donc je dois être allergique à quelque chose. Bref ensuite comme tous les jours on est allé à la plage jusqu'à midi, j'ai essayé de bronzer mais je vois pas trop les résultats mais bon… Ensuite Erica (oui les 2 jours d'avant je l'ai écrit Erika mais en fait c'était pas bon) est partie faire les courses pendant ce temps là j'ai regardé quelques vidéos et j'ai fais un Skype avec apparement mes parents, mon frère, mon oncle et ma tante (oui apparemment parce que ça marchait pas du coup ils me voyaient et m'entendaient mais pas moi ^^). Pendant le Skype il s'est mis à pleuvoir à sceaux avec du tonner et des éclairs. Ensuite Erica est revenue des courses, on a tous fais 4 parties de baccalauréat, et ensuite on est retourné à la plage pour une petite balade. Erica est rentrée plus tôt que nous du coup quand on est revenu à l'appart le dîner était déjà prêt. Après le repas on a regardé quelques vidéos marrantes et des parodies sur l'ordi. Puis Erica, Susannah et Eli sont allés faire un mini golf mais Hazel et moi étions trop fatigué du coup on est resté pour ranger et faire nos sacs. Puis ils sont revenue et je suis allée me coucher super tôt parce que je suis toujours “réglée” sur l'heure française alors à 21h (3h en France) je suis hyper crevée et je vais dormir.
Bref voilà pour aujourd'hui. Programme de demain: retour à la maison et re re anniversaire de Hazel avec 6 de ces copines qui vont dormir à la maison!