pleurant

vous savez j'suis en train de m'effacer, je ne parle plus, je ne réponds qu'à un message sur trois, je marche lentement, je reste des heures à regarder le vide, je n'ai plus envie de rien, je me réveille à quatre ou cinq heures du matin en tremblant ou en pleurant, je m'habille encore plus n'importe comment que d'habitude, je ne lis plus, je n'écris plus ; vous savez, j'ai l'impression que mon coeur bat de moins en moins vite et que ma peau est de plus en plus pâle
j'écris ça ici parce que j'ai besoin que quelqu'un m'entende, j'ai besoin d'arracher cette chose à l'intérieur de moi qui me rend transparente, j'ai besoin de savoir que je ne suis pas morte

Fréquente une fille qui lit. Fréquente une fille qui dépense son argent dans les livres au lieu des habits, dont les placards débordent parce qu’elle a trop de livres. Aime une fille qui possède une liste de livres à lire et une carte de bibliothèque depuis l’âge de douze ans.
Trouve-toi une fille qui lit. Tu la reconnaîtras parce qu’elle a toujours un livre à lire dans son sac. Elle regarde avec admiration les livres rangés sur les étagères des librairies, s’émeut discrètement quand elle a trouvé le livre qu’elle cherchait. Tu vois cette fille bizarre qui respire les pages des vieux livres dans les librairies d’occasion ? C’est elle, la lectrice. Elle ne peut pas s’empêcher de respirer les pages des livres, surtout quand celles-ci sont jaunies et usées.
C’est celle qui lit en passant le temps dans le café au coin de la rue. Si tu regardes sa tasse, tu remarqueras que la crème a complètement fondu, parce qu’elle est déjà complètement absorbée par son livre. Perdue dans le monde imaginé par l’auteur. Assieds-toi. Peut-être te lancera-t-elle un regard, car la plupart des filles qui lisent n’aiment pas être dérangées. Demande-lui si elle aime son livre.
Propose-lui une nouvelle tasse de café.
Dis-lui ce que tu penses vraiment de Murakami. Demande-lui si elle a dépassé le premier chapitre de Fellowship. Comprends bien que si elle te dit qu’elle a compris Ulysses de James Joyce, elle dit ça juste pour avoir l’air intelligente. Demande-lui si elle aime Alice ou voudrait être Alice.
C’est facile de fréquenter une fille qui lit. Offre-lui des livres pour son anniversaire, Noël et toutes les autres fêtes. Offre-lui des mots, en poème et en chansons. Offre-lui Neruda, Pound, Sexton et Cummings. Montre-lui que tu as compris que les mots sont de l’amour. Sache qu’elle connait la différence entre les livres et la réalité, mais que malgré tout, elle essayera quand même de faire que sa vie ressemble un peu à son livre préféré. Ce ne sera jamais de ta faute si elle le fait.
Il faut qu’elle essaie.
Mens-lui. Si elle comprend la syntaxe, elle comprendra que tu as besoin de mentir. Derrière les mots se cachent d’autres choses : des raisons, des valeurs, des nuances et des dialogues. Ça ne sera pas la fin du monde.
Déçois-la. Parce qu’une fille qui lit sait que les déceptions précèdent toujours des sommets d’émotions. Parce qu’une fille qui lit comprend que toutes les choses ont une fin, mais qu’on peut toujours écrire une suite. Qu’on peut recommencer encore et encore, et rester le héros. Que dans la vie, il y a toujours un ou deux méchants.
Pourquoi avoir peur de tout ce que tu n’es pas ? Les filles qui lisent comprennent que les gens, comme les personnages, peuvent évoluer. Sauf dans Twilight.
Si tu trouves une fille qui lit, ne la laisse pas t’échapper. Si tu la retrouves à 2 heures du matin, serrant un livre contre elle et pleurant, prépare-lui une tasse de thé et prends-la dans tes bras. Tu la perdras sûrement pour quelques heures, mais à la fin, elle reviendra toujours. Elle parlera comme si les personnages du livre existaient vraiment, parce qu’ils existent toujours, l’espace d’un instant.
Tu la demanderas en mariage dans une montgolfière. Ou à un concert de rock. Ou l’air de rien, la prochaine fois qu’elle sera malade. Par Skype.
Tu souriras tellement que tu te demanderas pourquoi ton cœur n’a pas encore éclaté dans ta poitrine. Tu écriras l’histoire de vos vies, vous aurez des enfants avec des noms étranges et des goûts encore plus étranges. Elle fera découvrir le Chat Potté et Aslan à vos enfants, peut-être même les deux dans la même journée. Vous passerez l’hiver de votre vie en vous promenant ensemble, et elle récitera doucement Keats pendant que tu feras tomber la neige de tes bottes.
Fréquente une fille qui lit, parce que tu le mérites. Tu mérites une fille qui peut, par son imagination, parer ta vie de mille couleurs. Si tu n’es capable de lui offrir que de la monotonie, des idées ternes et des demi-mesures, mieux vaut rester seul. Si tu veux le monde entier, et tout ce qui se cache derrière, fréquente une fille qui lit.
Encore mieux, fréquente une fille qui écrit.
—  Rosemarie Urquico
Nous sommes ceux qui n'attirent pas l'attention. Qui sourit quand on nous demande si ça va. Que dis-je? Personne ne s'inquiète de notre sort. Nous sommes ceux qui rient faussement avec le regard vide. Les regard qui ne suit pas. Qui reste inerte, amoché, le reflet de notre coeur detruit. Ceux qui le soir s'enferment dans leur chambre à double tours et relâche tout cette pression émotionnelle. En tapant, pleurant, ou même, ceux qui ne savent pas extérioriser et qui regarde perdus ce mur blanc. Quel contraste avec notre tête pleine de pensées noires. Ceux qui passent leur nuit à affronter leur demons. Nous sommes les enfants tristes. Les ados écorchés. Les adultes perdus. Les suicidaires qui ne tentent rien. Les gosses pommés qui dès le matin regrettent de s'être réveillé. Cette population morte de l'intérieur, les cernes sous les yeux, les courageux, les yeux rouge, le teint pâle, les lèvres gercées, le squelette apparent, les pensées bruyantes, le coeur serré, enterré. Les promis à la mort si tôt. Les démolis à cause de nos maux. Les amochés qui ne disent plus un mot.

On s’en sort un jour, je vous le promet, et j’en suis la preuve. 

Pendant des mois et des mois, j’ai chialer, gueuler, crier, je faisais des crises de larmes pas possible, des crises d’angoisses, je suffoquais, je me couchais en chialant et me réveillais en pleurant, je faisais très souvent la gueule, je me cachais pour pleurer tellement j’arrivais pas à me retenir, j’allais aux toilettes et je ressortais quelques minutes après, après avoir sécher mes larmes, personnes ne voyaient à quel point j’allais mal, c’était pas la petite déprime du week-end, ou du soir, c’était la dépression. Je m’étais jamais vu dans ces états là, j’ai eu peur, très peur. J’avais peur de faire une connerie, peur que ça ne s’arrête jamais, peur de ne pas m’en sortir. C’était de pire en pire chaque jour. J’avais aucune motivation, j’ai voulu plusieurs fois arrêter les cours tellement j’en pouvais plus de me lever le matin après avoir dormis même pas 3h parce que j’avais fais que de chialer. Le week-end, j’avais même plus la foie de me lever de mon lit, je dormais jusqu’à 15h, une fois j’ai même passé toute la journée cloîtré au lit à dormir, j’avais même plus faim. Je mangeai parce qu’il le fallait, c’est tout. J’étais seule chez moi, réellement seule puisque je ne vis plus chez mes parents, donc aucune raison de faire semblant d’aller bien les jours où je n’avais pas cours. Je me sentais comme morte, intérieurement. La semaine c’est là que je faisais semblant, devant mes potes, “oui ça va”. Ma meilleure amie savait que j’allais pas spécialement bien, mais pas à c’point. 
Je pensais que j’allais jamais m’en sortir, je sortais en boite pour me changer les idées, je faisais des soirées et je me sentais toujours aussi mal, l’alcool m’a fais chialer plus d’une fois d’ailleurs. 
Puis un jour je me suis rendu compte que ça faisait un mois que j’avais pas chialer, un mois que je n’avais versé aucun larmes à cause de ces raisons là. Je me suis rendu compte que certaines choses ne me faisaient plus mal, que ça ne me faisait plus rien, que j’y pensais beaucoup moins. Je me suis rendu compte que j’allais mieux, que j’allais bien, pour de vrai. 

C’est pas du jour au lendemain qu’on se rend compte qu’on va mieux, c’est plus tard, avec du recul, on se rend compte que c’est moins douloureux, moins présent constamment. Il faut juste y croire, et pas baisser les bras, le temps fera son boulot, mais faut l’aider aussi.. 

Je peux vous dire que de sortir avec mes potes, en boite, en soirées, rencontrer des gens, ça m’a énormément aidé, ça m’aidais à pas y penser. Je m’éclatais pendant ces moments là et je pensais pas que j’étais mal, je me sentais bien, je me sentais vivre. 
A un moment faut dire stop, et plus regarder derrière sois, juste avancer. Soyez fort, croyez en vous, je vous promet qu’on s’en sort un jour. J’ai réussis alors pourquoi pas vous. 
Je dis pas que je suis heureuse, mais je suis plus malheureuse, j’ai plus ce poids énorme qui m’empêchait de vivre, et qui me bousillait de jour en jour. 
Je me reconstruit petit à petit. 

Ouvrez les yeux, vous verrez comme le monde est plus beau quand on va mieux. 

“Sortez avec une fille qui lit. Une fille qui dépense son argent dans des livres au lieu de vêtements, qui a des problèmes de place parce qu’elle a trop de livres. Sortez avec une fille qui a une liste de livres qu’elle veut lire, qui a une carte de bibliothèque depuis l’enfance.

Trouvez une fille qui lit. Vous le savez parce qu’elle a toujours un livre non lu dans son sac. C’est celle qui cherche amoureusement sur les étagères dans une librairie, celle qui pleure silencieusement quand elle a trouvé le livre qu’elle veut. Vous voyez cette personne bizarre qui renifle les pages d’un vieux bouquin dans un magasin de livres d’occasion? C’est cette lectrice. Elles ne peuvent jamais résister à l’odeur des pages, surtout quand elles sont jaunes et usées ..Elle est la fille qui lit en attendant sur la terrasse de ce café-restaurant. Si vous jetez un œil à sa tasse, la crème du lait flotte sur le dessus parce qu’elle est déjà absorbée. Perdue dans un monde imaginé par l’auteur. Asseyez-vous. Elle vous jettera juste un coup d’oeil, parce que la plupart des filles qui lisent n’aiment pas être interrompues. Demandez-lui si elle aime le livre. Offrez-lui une autre tasse de café.

Faites-lui savoir ce que vous pensez vraiment de Murakami. Essayez de voir si elle a réussi à dépasser le premier chapitre du Seigneur des anneaux. Comprenez que si elle dit qu’elle a compris Ulysse de James Joyce, c’est simplement pour paraître intelligente. Demandez-lui si elle aime Alice ou si elle voudrait être Alice.

Et puis c’est simple de sortir avec une fille qui lit. Offrez-lui des livres pour son anniversaire, pour Noël, pour tout ce qui se fête. Offrez-lui le don des mots, en poésie et en chanson. Offrez-lui Neruda, Pound, Sexton, Cummings. Faites-lui savoir que vous comprenez que les mots sont l’amour !Comprenez qu’elle sait faire la différence entre les livres et la réalité, mais qu’elle va essayer de faire en sorte que sa vie ressemble à son livre préféré .. Ce ne sera jamais de votre faute si elle le fait ..Vous pouvez lui mentir. Si elle comprend la syntaxe, elle va comprendre votre besoin de mentir. Derrière les mots se trouvent d’autres choses: la motivation, la valeur, la nuance, le dialogue. Ce ne sera pas la fin du monde. Vous pouvez faillir. Parce que une fille qui lit sait que l’échec conduit toujours à l’apogée ..Parce que les filles qui lisent comprennent que toutes choses ont une fin, mais que vous pouvez toujours écrire une suite… Que vous pouvez recommencer encore et encore et être toujours le héros ..Que la vie est censée avoir un méchant ou deux. Pourquoi avoir peur de tout ce que vous n’êtes pas ?Les filles qui ont lu comprennent que les gens, comme les personnages, évoluent. Sauf dans la saga Twilight.

Si vous trouvez une fille qui lit, gardez la près de vous. Lorsque vous la trouvez à 2 heures du matin serrant un livre sur sa poitrine et pleurant, faites lui une tasse de thé et prenez la dans vos bras. Vous pouvez la perdre pour quelques heures, mais elle reviendra toujours vers vous. Elle parlera des personnages du livre comme s’ils étaient réels, car il le sont toujours pendant un moment. Vous lui ferez votre demande en mariage sur une montgolfière .. Ou lors d’un concert de rock. Ou très décontracté la prochaine fois qu’elle est malade. Sur Skype. Vous sourirez si fort que vous vous demanderez pourquoi votre coeur n’a pas encore éclaté un peu partout dans votre poitrine. Vous allez écrire l’histoire de votre vie, avoir des enfants avec des noms étranges et même des goûts étranges. Elle va les initier à Mon bel oranger et Charlie et la chocolaterie, peut-être dans la même journée.Vous marcherez ensemble les hivers de vos vieux jours et elle va réciter Keats en un souffle tandis que vous secouez la neige de vos bottes.

Sortez avec une fille qui lit car vous le méritez .. Vous méritez une fille qui peut vous offrir une vie plus colorée et créative …Mais si en retour vous ne pouvez lui offrir que la monotonie, des heures éteintes et des inspirations insipides, alors vous feriez mieux de la laisser seule.Mais si vous voulez le monde et les mondes au-delà, sortez avec une fille qui lit.

Ou mieux encore, sortez avec une fille qui écrit ..”

Rosemarie Urquico
You should date a girl who reads.

le bout du voyage. (2)

il y en a eu tant, des annonces. vous êtes arrivés en gare de, assurez-vous de n’avoir rien oublié dans le train. je suis arrivée à vitry, quand j’étais petite, avec ma mère et mon frère. je suis arrivée à canet, seule pour la première fois. je suis arrivée à toulouse, dans une journée ensoleillée. je suis arrivée à bordeaux, et j’ai quitté bordeaux en pleurant parce qu’elle avait dit qu’elle ne voulait pas que je parte. je suis arrivée à paris, pour retrouver la fille au sourire paillettes. je suis arrivée à nancy, temporairement de retour chez moi.

vous êtes arrivés. et moi, est-ce que je suis arrivée? quel est le bout du chemin, le bout du voyage? je n’ai jamais l’impression d’être arrivée, ce n’est jamais que temporaire. je cultive l’éphémère de l’arrivée, à peine posée, je rêve déjà d’ailleurs. 

et si j’oublie? et si je laisse quelque chose derrière moi? j’ai abandonné tellement de souvenirs, de fantômes dans mon sillage. j’écris parce que j’ai peur d’oublier. je ne veux rien oublier dans le train de la vie.

Bonjour, ou bonsoir…
J'ai un besoin d'écrire.. Les idées se mélangent dans ma tête.
La Palestine… Les mots ne suffisent pas.
C'est vrai que je ne suis pas palestinienne, je suis tunisienne, musulmane, arabe. Ça serait mentir de faire semblant d'être révolutionnaire.. Vous pouvez dire que je suis hypocrite si vous voulez. Non je ne suis pas sortie manifester, je ne fais partie d'aucune association, je ne suis pas sûre de connaitre l'histoire de la Palestine..
Mais.. J'ai toujours senti un pincement au cœur en entendant ce nom.. Si beau si cher. J'ai toujours eu les larmes aux yeux en entendant qu'un palestinien a été tué ou arreté, qu'un endroit a été bombardé. Je n'ai pas su les retenir en voyant les photos d'une mère pleurant embrassant son fils martyre, autours d'elle les cris.. “Allahu akbar, Allahu akbar..”
Comment.. ? Comment peuvent certains être indifferents à ça..?
Il ne s'agit pas de religion ou d'origine.. Il s'agit d'humanité avant tout. HUMANITÉ.

C'est tellement le bordel dans ta tête que t'aimerais qu'on te foute la paix histoire d'y voir plus clair, de respirer. Mais une fois isolé, dans le silence, tu réalises que le bruit te protégeait de tes propres pensées. C'est trop tard maintenant. L'obscurité de la nuit se confond à celle de ton esprit : tu les entends et anxieux tu te demandes en pleurant : “que restera-t-il de moi demain ?”, si peu sûr d'y survivre.
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
—  Paul Verlaine - Mon Rêve Familier.
Une bonne fois (pour toutes?)

Don Quichotte, les moulins à vent, les coups d'épée dans l'eau, Sisyphe… les égalitaristes. Pareil.

Parce que j'ai un jour compris que lutter pour l'égalité m'obligeait à devenir un perroquet vénère et à passer ma vie à répondre la même chose aux mêmes arguments foireux, j'ai décidé de faire une petite liste de réponses toute-faites aux réflexions et arguments beaufs et récurrents que doivent essuyer les égalitaristes, au quotidien (avec un peu de chance, peut-être qu'en plus de se reconnaître, les copains en question se rendront compte que non seulement leurs arguments n'en sont pas, mais qu'en plus, leur connerie est loin d'être originale)



# Du racisme/sexisme/des cons*, il y en aura toujours (sous-entendu : baisse les bras).

Oui, il y en aura toujours. Je pourrais aussi dire qu'il y en a toujours eu. En revanche, ce qui n'est pas immuable, c'est la société, ses systèmes de pensée, de consommation, de représentations, les droits, les privilèges, la possibilité d'avorter, de voter quand on est femme ou personne racisée, la possibilité de circuler librement et d'être socialement intégré lorsqu'on est handicapé, la possibilité de fonder une famille officielle avec un partenaire de même sexe, la possibilité de pratiquer librement sa religion ou sa minijupe… Les cons restent là, c'est certain, ce qui change, c'est la détermination des autres à faire changer les choses. Choisis ton camp et ne me dis plus jamais de “laisser tomber”.   


# MAIS C'EST DE L'HUMOOOOOOOOUUUUR! TU COMPRENDS RIEN A L'HUMOOOOOOOUR (attention, fonctionne aussi avec MAIS C'EST DE L'AAAAART).

Art, humour, même combat : tu peux en faire de la décoration, du remplissage d'espace, du blabla vide et vain, ou tu peux en faire un arme de sensibilisation, d'émancipation, de prise de conscience. Tu peux aussi en faire un moyen d'oppression et de maintien de l'ordre établi, un moyen d'ancrer un peu plus des clichés et des stéréotypes déjà indécrottables, déjà meurtriers.

Bon, après, je comprends, quand on est là pour faire des blagounettes, on n'a pas envie de se prendre la tête pour savoir si les choses racistes/sexistes/homophobes qu'on dit “pour déconner”, les personnes qui les reçoivent ne les ont pas déjà entendues toute la journée (toute leur vie?) parfois sur le ton de l'humour, parfois sur celui de l'insulte… Parce qu'il est évident qu'humour et insulte sont incompatibles. Peu importe que les souffrances des uns fassent la tranche de rigolade des autres. L'important, c'est de conclure les insultes par “pouet-pouet”. Et tout le mal sera réparé. Non, c'est vrai, il faut se détendre. Si l'art ou l'humour étaient capables de contribuer à la diffusion de pensées, si des partis politiques les utilisaient pour propager leurs idéologies, donc s'ils étaient vecteurs d'idées, ça se saurait!!!!

(NB : pour ce dernier paragraphe, j'ai utilisé le sarcasme, qui est un procédé humoristique. On s'est bien poilé, hein?)

# Et la liberté d'expression dans tout ça?

Ne t'en fais pas. Si tu es encore là, à répéter des merdes que des milliers ont dit avant toi, que la majorité valide et applaudis, c'est que ta liberté d'expression est bien assise. En revanche, il ne faut pas venir chialer quand la sacro-sainte liberté d'expression me permet de t'expliquer pourquoi tu es une pourriture raciste/homophobe/sexiste. Ta liberté d'expression implique une liberté de réponse. Donc réfléchis bien avant d'exprimer librement ta connerie.


# Moi, en tant qu'homme, je ne trouve pas ça misogyne. C'est donc que ça ne l'est pas. C'est donc que tu es /vous êtes parano(s) (variante : moi, en tant que Blanc, je ne trouve pas ça raciste…).

Toi en tant que pas concerné par la discrimination dont il est question, en tant que personne qui ne l’a jamais subi, qui n’en a jamais souffert, tu es surtout chaleureusement conviéE à fermer ta gueule. Merci.

Discréditer la révolte des minorités (quelles qu’elles soient) auxquelles on appartient pas, sous prétexte qu’on ne saisit pas le caractère offensant d’un objet, c’est juste reproduire les mécaniques et schémas de domination que les minorités en question dénoncent. Que vous ne voyez pas où est le problème, c’est une chose. Que vous en déduisez qu’il n’y en a pas, c’en est une autre.



# Il faut pas non plus voir le mal partout.

Mais je ne vois pas le mal partout! Je le vois juste à la télé. Et dans les journaux. Et quand je sors de chez moi aussi tiens. Dans la rue, sur le trottoir, sur le périph, dans la cave, dans le métro, dans les magasins, au théâtre, au cinéma, dans les séries que je regarde, dans les infos et les documentaires que je mate, chez mes amis, chez les gens qui ne sont pas mes amis et dans ma maison. Je le vois sur facebook et twitter et je le vois dans la culotte de ta soeur. Ouais, en fait, je vois le mal partout parce qu'il EST partout. Le problème est du côté de ceux qui gobent tout avec le sourire, qui ne s'offusquent de rien et vont aller voter pour le maintien de leurs privilèges. Être indigné est différent d'être parano. L'injustice est omniprésente. Ce n'est pas parce que toi tu t'en branles qu'elle n'est pas là.  T'as beaucoup de chance de ne pas voir le mal partout. C'est un luxe de ne pas voir le mal partout. C’est d’un luxe de croire qu’il existe le moindre refuge où l’injustice n’a pas cours… Ca doit être confortable de trouver que le Mal n’est pas partout. Maintenant, laisse-moi tranquille, je dois aller me réfugier Nulle Part.




# Mais moi, je ne vois pas la couleur de peau, je n'y prête pas attention! C'est vous qui êtes obsédéEs par ça!

Oh? Bah si t'es pas raciste, alors, qu'est ce qu'on s'emmerde? C'est vrai, on est là, à se chier dessus devant la montée de l'extrême droite et de ces idées, partout en Europe, alors qu'en fait, TOI tu n'es pas raciste… Tu devrais faire un communiqué, ça ferait gagner du temps à tout le monde

(notez comme il est aisé d'utiliser le sarcasme à plusieurs reprises sur le même texte).




# Mais tu me connais, tu sais que je suis pas raciste/sexiste/homophobe!

On peut dire des choses sexistes sans être un misogyne. On a aussi le droit de le reconnaître. On peut avoir des propos ou réflexes racistes tout en trouvant le racisme abject. Là aussi, la seule façon d'être intelligent est de l'admettre et de s’efforcer de ne pas recommencer. Pas de balancer son CV humanitaire et de compter les points Karma pour prouver qu'on en a fait suffisamment pour être autoriséE à dire de la merde.



#Non, mais que vous vous battiez pour avoir le même salaire, je comprends, mais que vous vous battiez pour ça… (fonctionne aussi avec les violences conjugales, le viol ou le harcèlement de rue)

Ah mais oui, tiens, pourquoi on se bat pas pour avoir le même salaire? C'est vrai, pourquoi on y a pas pensé plus tôt? Pourquoi est-ce qu'on demande pas ça, depuis 60 piges? Pourquoi cherche-t-on à faire évoluer l’ensemble des mentalités, à questionner un système, à déconstruire des dynamiques et des rapports de pouvoir, quand, en fait, il suffisait de demander… Moi qui croyais que les inégalités salariales étaient une conséquence de millénaires d’oppression, en fait, non. C’est juste que ça fait des millénaires qu’on pense pas à demander (ou qu’on n’a pas dit “s’il te plaît”). Ben c’est chouette, on va pouvoir passer à autre chose maintenant!
(Voilà, maintenant, si vous l'ignoriez, vous l'avez compris : j'aime le sarcasme.)




# Il faut pas non plus vouloir la guerre des sexes/que les Blancs deviennent opprimés

- Vous avez tellement de marge que j'en vois pas le bout. La Muraille de Chine, quand elle voit toute la marge qu'il y a avant que les Hommes Blancs deviennent les nouveaux opprimés, elle rentre chez elle en pleurant et elle fait des pompes.

- On ne veut pas la guerre, on veut l'égalité. C'est vous qui déclarez la guerre en refusant de nous la concéder. Je sais, c'est difficile de lâcher ses privilèges. Mais l'égalité en passe par là. Ce que vous confondez avec le statut d'opprimé, c'est le statut “d'un tout petit peu moins privilégié qu'avant”. Et je vous jure qu'on s'en remet.



# En même temps, des fois, vous laissez même pas venir les mecs/les Blancs/les hétéros à vos réunions… C'est normal qu'ils ne se sentent pas concernés par le problème…

Oui, c'est vrai, les hommes/les Blancs/ les hétéros ne disposent pas de suffisamment d'espaces, dans lesquels ils se permettent de donner leur opinion super éclairée sur des discriminations qui ne les concernent pas directement. À part peut être la télé, la radio, la presse, la rue, le bistrot du coin, le Sénat et l'Assemblée Nationale… Grosso modo, hein… Du coup, effectivement, il est très discriminatoire, injuste et inique de la part des féministo-antifa-élgébété de vouloir créer des espaces au sein desquels leur parole est privilégiée. Pardonnez-nous notre communautarisme comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offenséEs et ne nous soumettez pas à l'exclusion mais délivrez nous du mâle. Amen.



Je vous laisse, il faut que j'aille faire un copier-coller sur une trentaine de groupes facebook…

Bisous!


* Je parle d’homophobie, de sexisme et racisme parce que, allez, disons que tout le monde sait ce que ça veut dire. Mais j’en ai absolument autant à dire aux putophobes, transophobes, validistes et islamophobes et antisémites (puisqu’ apparemment, il y a des gens, ils sont pas raciste, juste ils aiment pas les juifs sionistes ou les personnes “d'origine musulmane”). Et j’en oublie. Beaucoup.






Il y a des jours comme aujourd'hui, des jours où la force m'abandonne, où la faim n'existe plus, des jours comme ce jour où j'ai la gorge qui racle où j'ai les larmes qui parlent et mon coeur qui se froisse. Aujourd'hui je me sens laide et je n'ai plus confiance en moi, la seule chose que je semble savoir faire, c'est m'endormir en pleurant. A ce jour de mort.
#39

Elle porte du rouge à lèvres, elle dit qu'elle n'a jamais été très douée en maquillage.
Elle a des collants noirs, une jupe rouge, des talons qui font “clac clac” dans la rue. Elle dit bonjour aux gars qui entretiennent le parc, et elle regarde de travers les gosses pleurant et criant, qui mériteraient des “calottes” comme elle dit, c’est comme ça.
Toujours très chic, avec un goût pour la décoration et la mode, pas forcément du goût de tout le monde. Elle aime les gens qui réussissent, les gens qui bossent.
Elle déteste tous ces portables qu'ont les jeunes, et encore plus les fumeurs. “Tout ça c'est de la drogue de toute façon”. Ces jeunes accro aux réseaux sociaux, on se fait harceler dessus, c'est tellement mauvais, et puis les politiciens mettent le bazar avec ça… C'est de la manipulation“.
Elle méprise les sites de rencontre et internet et regrette l'époque où les jeunes allaient au bal pour rencontrer d'autres jeunes.
Il y'a cette obsession du vent aussi. Dès qu'elle porte le regard sur l'extérieur elle dit “ohlala regarde moi ça, même la glycine, regarde comment elle bouge ! Ce vent… Ce vent…” En 5 jours elle me l'a dit une bonne vingtaine de fois. Je ne trouve pas qu'il y'ait tant de vent que ça, mais bon… D'après elle c'est à cause de la tempête de 1999, il y'a beaucoup plus de vent depuis ça. C'était pas comme ça avant il parait.
A vrai dire, je n'avais que 4 ans, je ne peux pas te dire si il y'avait plus de vent ou moins que maintenant. Mais je l’écoute, et j’acquiesce.
C'est ma grand mère. Je l'aime quand même.