piteux

Et ils sont là, devant toi, te fixant avec un regard aussi piteux que la tronche que tu tires devant eux. Et te rassure avec ces deux mots : “ça passera” parce que tout ne dure qu’un temps. Mais, ça ne passe pas, non, ça ne passe pas.
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Le lâche abandon de poste de François Hollande - Authueil

Alors là, beaucoup plus critique et dur.

Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre l'intégrale du billet ci-dessous, histoire de vous épargner un clic :

François Hollande ne sera donc pas candidat à un second mandat présidentiel. C'est un véritable séisme politique, mais aussi un naufrage humain pour celui aura tout raté pendant sa présidence, y compris sa sortie. Hier soir, on l'a senti piteux et au bord des larmes. Il avait la dignité d'un type qui a pris peur et a chié dans son slip. Ce refus de se représenter relève d'un manque de courage, un aveu d'échec. Son bilan ne lui semble pas justifier, à ses yeux, qu'il se représente, et surtout, il reconnait qu'il n'a rien à proposer pour les cinq ans qui viennent. Dramatique d'en arriver à ce stade de déliquescence politique. La seule consolation est qu'il va définitivement sortir de la scène politique.

On va beaucoup attaquer les institutions, en tirer des conjectures sur le quinquennat. Il faut laisser ça de coté, l'explication est purement humaine. Tout était prêt pour une candidature de François Hollande, cette semaine encore, son fan-club se réunissait à la bellevilloise, son équipe de campagne était prête, il n'avait plus qu'à appuyer sur le bouton. Et là, il cale. A la dernière minute, sans probablement avoir averti ses proches à l'avance. Du Hollande tout craché, totalement incapable de s'inscrire dans un collectif et prenant ses décisions en fonction de lui, sans tenir compte de l'impact pour les autres.

La déflagration risque de désintégrer la gauche. La primaire va en toute probabilité opposer Valls et Montebourg. Les candidatures devant être déposées pour le 15 décembre, je vois mal un autre candidat de poids qui puisse se décider et s'organiser dans un délai aussi court. Avec deux candidats clivants, la primaire va tourner à la boucherie, pour finir par désigner, mal, un candidat qui devra affronter Mélenchon d'un coté et Macron de l'autre. Il va aussi falloir que ces candidats se bâtissent un programme de gouvernement crédible, car la primaire ne tournera plus autour de Hollande, mais sur des idées et des positionnements politiques. Je ne suis pas certain que tout cela soit prêt. Pendant ce temps, la droite et l'extrême droite, qui ont chacun un candidat incontesté dans son camp, vont faire campagne dans le pays, avec un programme.

Dans le pire des scénarios, qui n'est pas improbable, on se retrouve après une présidentielle, où Fillon l'emporte au deuxième tour sur Marine Le Pen, avec deux, voire trois partis de gauche, qui présentent des candidats aux législatives, et arrivent à obtenir un financement public pour la période 2017-2022. Chacun aura alors son autonomie, créera son appareil politique, et il faudra au moins 15 ans pour réunifier tout cela. La Gauche risque de se retrouver dans la même situation qu'en 1958. Après un exercice de pouvoir calamiteux avec Guy Mollet, par un renoncement devant l'ampleur de la tâche, le général de Gaulle est appelé. La SFIO s'enfonce dans le marasme et ce n'est en 1971, avec la prise en main du parti par Mitterrand, que s'amorce une reconquête du pouvoir qui prendra 10 ans. J'ai comparé François Hollande à Guy Mollet, au moment de l'instauration de l'état d'urgence. La comparaison est encore plus pertinente aujourd'hui.

La responsabilité personnelle de François Hollande est écrasante. Il n'a pas su exercer la fonction présidentielle. Il n'est pas fait pour ça. Et voilà qu'en bout de course, par surprise, il renonce sans combattre, refusant d'assumer politiquement son bilan, et laissant son camp en plein marasme. Irresponsable de bout en bout. Le pire crime, à mes yeux, pour une personnalité politique.

C'est goûteux et savoureux, non ?

Le pire, c'est que l'analyse me paraît très juste : Hollande ouvre une voie royale à la droite et à l'extrême-droite. Le deuxième tour va être une horreur.