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ARRIVEE DE PINTADES A LIVERPOUL !

Depuis le 24 Janvier, il y a 3 nouveaux pensionnaires au Lübastan. En effet, 3 pintades ont fait leur arrivée : fracassante, comme vous pouvez l'entendre sur l'enregistrement !
En fait il suffit que quelqu'un s'approche pour qu'elles se mettent en mode alerte. Mais comme elles sont au fond du jardin, ça ne gène personne.

Elles sont toute mignonnes, alors voici quelques photos :










Séductrice, la Libanaise ? Jusqu’à la moelle, jusqu’au tréfonds de son âme. Pas une seconde de sa vie où elle ne soit en représentation, sur le qui-vive, prête à piéger le premier quidam venu dans ses filets. C’est une seconde nature, comme l’air qu’on respire.
—  Une vie de Pintade à Beyrouth ___ Muriel Rozelier
Repression Must Fall

« Remember those who died at Marikana in the fight for a living wage. Remember their families and loved ones who are yet to see justice. Remember that it was under a democratically elected government that we saw the worst case of police brutality since Sharpeville. Remember that we are all complicit in the system of capitalism that denied, and continues to deny, the people of Marikana with the dignity they deserve. »

UCT Marikana Forum, 2015


Notre nouvelle école peut sembler être un véritable havre de paix. Un terrain farniente pour les pintades sauvages. Un paradis académique pour étudiants favorisés.  
C’est oublier que l’an dernier, Rhodes est tombé. C’est oublier, ces derniers jours, les graffitis qui ont coloré les murs du campus de messages de révolte et de demandes de justice.

UCT, ce n’est pas seulement l’une des universités historiques du pays, dont les vieux murs sont chargés d’un lierre plusieurs fois centenaire. C’est aussi l’un de ces cœurs battants de révolution sociale. Université aujourd’hui mixte, où se côtoient Afrikaans, blancs anglophones, noirs et coloured, étrangers américains et réfugiés du Zimbabwe, elle choie de ces étudiants qui n’ont connu qu’indirectement l’Apartheid mais qui se battent encore, pour que ce qu’il reste de l’oppression socio-économique et raciale disparaisse définitivement.

Et c’est en balayant devant leurs portes que ces étudiants imposent leur idée du changement. En protestant contre ces sociétés de sécurité privées venues d’Israël, qui surveillent les allées fleuries du campus, quand leurs collègues restés au pays s’impliquent dans la répression des palestiniens. En faisant tomber des statuts, pour faire de leur école le symbole d’une nouvelle libération…

Alors quand ces mêmes étudiants ont appris que l’une des fondations de l’université possède des parts de l’entreprise Lonmin, le mouvement Rhodes Must Fall* s’est remis en marche. Lonmin c’est cette compagnie minière qui a fait brièvement la une des journaux internationaux en Aout 2012. Cette spécialiste de l’exploitation capitaliste depuis 1909. Cette entreprise dont les employés, mineurs, se sont mis en grève, à Marikana…

Tagues sur le Jameson Hall, en souvenir de Marikana: “Max Price for Black Lives”


Nous sommes en 2012, et les conditions de travail et de vie des mineurs sont figées dans le passé. Toujours les mêmes baraquements. Toujours les mêmes conditions de sécurité. Toujours le même non-accès aux ressources et services de première nécessité. Toujours ce même système néolibéral nauséabond qui condamne l’alcoolisme des mineurs comme responsable des 11 morts au travail de l’année 2011. A Marikana, rien n’a changé. A l’exception du droit qu’ont maintenant vos femmes et vos enfants de vivre légalement dans la même misère que vous, plutôt que de rester dans celle des Bantoustans. C’est ce schème quasi ataviste de reproduction social, encore très lié à l’exploitation des noirs par la firme blanche, que condamnent les mineurs de Marikana lorsqu’ils se mettent en grève, en Aout 2012. La réaction de Lonmin est quasi immédiate. L’office de sécurité de l’entreprise. La police. Ils tirent. En 4 jours, 41 mineurs sont tués, 78 sont blessés.

Bien sur, il y a eu médiation. Bien sur, Lonmin a promis des augmentations de salaire. Mais Marikana reste de ces bavures, de ces tâches sales sur l’historique du gouvernement Zuma et de l’ANC…

Commémorations du 3ème anniversaire du massacre de Marikana, UCT, Août 2015.


A UCT, les questions se multiplient dans la conscience des étudiants. Comment accepter que les tickets du bal de promo soient subventionnés par des fondations qui tirent leurs financements de sociétés comme Lonmin ? En pleine commémoration du massacre, la protestation enfle. D’où ces débats publics. D’où ces discours enflammés. D’où ces tagues qui badigeonnent les escaliers du hall principal. Des actes de vandalisme sporadiques bien insignifiants face au vandalisme humain quotidien de Lonmin. D’ailleurs, ils seront bientôt effacés par le personnel sous traitant de l’université dont les conditions de travail questionnent, elles aussi, les dedans organisationnels d’une institution académique qui se veut officiellement bienveillante, novatrice et citoyenne… 

Raphamosa était l’un des éminents députés de l’ANC. En Août 2012, il avait appelé à “une action” contre les mineurs.


Affaire à suivre…


* Rhodes Must Fall est un mouvement étudiant lancé à UCT en Mars 2015, pour faire tomber la statue de Rhodes, au centre du campus. Ce mouvement est aujourd’hui considéré comme un porte drapeau de la lutte contre colonialisme et l’oppression blanche en Afrique du Sud. 

(Pour en savoir plus : https://www.facebook.com/RhodesMustFall?fref=t)