photographie en noir et blanc

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Photographies cruciales fascinantes qui captent les enfants qui s'amusent sur les rues dans les cailloux de Londres après-guerre

Au cours de l'été 1954, les rues de Londres étaient envahies par des enfants rampants qui profitaient de leurs congés de l'école. 

Le photographe Thurston Hopkins a pris note du chaos et a suivi plusieurs gangs de stupéfiants hyperactifs, des coups de fouet alors qu'ils ont transformé des rues et des allées grippées en aires de jeux. 

Ses photos ont été publiées dans Picture Post comme un essai photographique intitulé
«Children of the Streets».

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Pierre Belhassen
Un regard humaniste et poétique.

C’est lors d’un voyage à New York dans sa jeunesse que le photographe français Pierre Belhassen découvre sa passion pour la photographie. Pour lui, ce médium possède un rapport au réel et des possibilités infinies qui n’ont de cesse de se réinventer. Entre commandes et travaux personnels, ce photographe capture, au grès de ses balades et toujours subjectivement, des situations, des actions ou encore des idées ancrées dans le réel. Entretien avec cet artiste perfectionniste et exigeant aux travaux toujours empreints de respect, d’humanisme et de poésie.

© Sabrina Tahir, portrait Pierre Belhassen

B!B!: Quel est votre parcours artistique?

Pierre Belhassen: J’ai découvert la photographie en 2005 lors d’un voyage à New York. Mon père m’avait confié un appareil photo pour immortaliser la ville en tant que touriste mais, une fois sur place, j’ai ressenti un lien très fort avec elle. Je n’avais jamais vraiment pris de photos avant mais, à ce moment là, j’ai compris que j’avais trouvé l’instrument idéal pour m’exprimer. La photographie est alors devenue une passion et voici maintenant dix ans que j’explore ses possibilités.

B!B!: Parlez-moi de vos deux séries réalisées à New York, et de votre rapport à cette ville.

Pierre Belhassen: C’est ici que tout a commencé, il y a une énergie unique qui circule dans cette ville, et la photographie y est à mon sens mieux acceptée qu’en France. J’ai aimé m’y perdre, m’y émerveiller et la détester. C’était une relation d’amour et de haine entre elle et moi. C’est ici aussi que j’ai fait mes premiers essais en couleur, New York est donc définitivement un lieu de genèse pour moi. J’y avais accumulé des images en noir et blanc et en couleur et j’ai fini par scinder mon travail en deux. Puis, j’ai eu besoin de mettre un peu de distance avec elle et me consacrer à de nouveaux projets, même si je ressens un sentiment d’inachevé dans ma relation avec New York. Il me faudra surement y retourner. Quand? Je ne sais pas…

B!B!: Quelles sont vos influences?

Pierre Belhassen: Elles sont multiples et variées : le cinéma, la littérature, la musique, la peinture, la bande dessinée… Et bien sûr la photographie. Pour citer quelques noms, je dirais Pierre Bonnard, Francis Bacon et Willem de Kooning, qui m’ont beaucoup marqué. J’ai par ailleurs une forte attirance pour les auteurs américains tels que Raymond Chandler, James Ellroy et Edgar Allan Poe en littérature, et je lis également beaucoup de comics. Je suis aussi très touché par la culture japonaise, notamment par Akira Kurosawa. En photographie, mes influences sont nombreuses également, puisqu’elles vont de Robert Frank à Josef Koudelka en passant par Saul Leiter, Alex Webb, Trent Parke, Jonas Bendiksen ou encore Jason Eskenazi. 

B!B!: Vos photographies, prises sur le vif, capturent l’Homme, avec beaucoup de poésie et de sensibilité. Parlez-moi de ce leitmotiv dans votre travail. Les personnes que vous photographiez ne sont pas simplement des modèles.

Pierre Belhassen: Je vois la vie comme un grand théâtre d’où peut surgir l’inattendu à tout instant, pourvu qu’on ouvre les yeux… J’aime cette idée d’une photographie où tout est possible et fugace à la fois. Je cherche des instants de grâce. J’ai toujours été interpellé par une phrase de Platon, soulignée par Diane Arbus, qui dit : « Les choses ne sont pas vues parce qu’elles sont visibles mais, à l’inverse, visibles parce qu’elles sont vues ». J’aime me perdre dans le quotidien et mettre mon regard au défi de creuser la surface des choses. Je cherche à saisir les hommes sur leur chemin, quand les détails parlent et qu’un simple geste ou un regard arraché à la banalité nous ouvre les voies de l’imaginaire. C’est ce qui me plait profondément dans la photographie, cette capacité inépuisable à surprendre. J’aime aussi l’idée du beau et, pour citer Saul Leiter, « Je ne pense pas que la misère soit plus profonde que le bonheur  ».

B!B!: Comment décririez-vous votre travail et son évolution?

Pierre Belhassen: Ma première période photographique s’est déroulée en noir et blanc. J’ai été fasciné par son pouvoir, la réalité y était transfigurée et les images créées pouvaient facilement être intellectualisées. Après une rupture de quelques années avec la photographie, la couleur s’est imposée comme un nouveau challenge puisque je ne pouvais pas apposer un « filtre » à ma vision. J’ai dû me concentrer différemment sur la lumière et son rapport immédiat à la couleur. Je m’y suis donc initié en tentant de retrouver les émotions puissantes que me procurait la photographie en noir et blanc. J’ai fini par comprendre que c’était un autre langage et qu’il fallait penser et construire différemment mes images pour susciter cette fameuse émotion… C’était donc encore plus stimulant!

B!B!: Vous utilisez un appareil argentique, parlez-moi de ce choix technique. 

Pierre Belhassen: J’aime l’argentique, d’abord pour le rendu esthétique des images, le grain, la matière… Je n’aime pas les images lisses. Ensuite, je l’utilise surtout pour l’approche que cela m’impose. En numérique, le cliché est immédiat, visible instantanément  et cela empêche selon moi de « rêver » son image. Le fait de ne pas savoir si j’ai réussi ou non ma photo me pousse à toujours m’appliquer dans sa réalisation. Le doute est parfois une force. Je ne cherche pas à « mitrailler » mais à viser juste. Chaque moment passé est à jamais disparu, j’ai donc besoin de cette exigence propre à l’argentique pour aboutir mes images.

B!B!: Quels sont vos futurs projets?

Pierre Belhassen: En ce moment je travaille sur deux projets dont l’histoire prend place dans des villes magnifiques: Istanbul et Marseille. Elles sont différentes par bien des aspects mais ont en commun une identité forte. Le sentiment de frontières y est très fort également, physiquement et socialement, et c’est cet aspect qui m’intéresse et que je cherche à développer à travers une vision singulière de la Méditerranée. Le mélange des cultures et des traditions m’intéresse et je souhaite aboutir ces projets, qui me tiennent à cœur, par la publication de deux livres. 

B!B!: Donnez-moi votre vision du monde.

Pierre Belhassen: Garder de l’émerveillement dans son travail et toujours regarder le monde avec plaisir.

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Filtre d'amour

L'amour ça rajoute à cette fille une teinte brune comme sur les vieille photographies, ça transforme les beaux moments en image en noir et blanc, ça augmente les contrastes entre son absence et sa présence, ça rend la vie beaucoup plus belle - et un peu plus artificielle.

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Keaton by Etaix.

Through a series of photographs in black and white, Pierre Etaix - actor and director born in 1928 - pays tribute to the great film comedians who have drawn their inspiration from the circus tradition as Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel and Hardy and The Marx Brothers. Legend: Buster Keaton.

A travers une série de photographies en noir et blanc, Pierre Etaix - acteur et réalisateur né en
1928 - rend hommage aux grands comiques du cinéma qui ont puisé leur inspiration dans la tradition du cirque comme Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy et Les Marx Brothers. Légende : Buster Keaton.