philippe pot

6

The tomb of Philippe Pot

Philippe Pot (1428–1493) was a Burgundian nobleman, military leader, and diplomat. He was the seigneur of La Roche and Thorey-sur-Ouche, a Knight of the Golden Fleece, and the Grand Seneschal of Burgundy.

Emile Mâle:

We do not know the name of the astonishing artist who, about 1480, designed the tomb of Philippe Pot, formerly at Cîteaux and now in the Louvre. The mourners, enlarged to life-size, have been transformed into pallbearers, and on their shoulders rests the stone slab bearing the recumbent effigy of the Seneschal of Burgundy, clad in his armor. These are eight relatives, all of the noble house of Burgundy, for each one carries a shield on which his kinship is indicated. They tread with heavy step, bowed down by the weight of the deceased on their shoulders, but apparently with even greater weight in their hearts. Nothing could be more real, more solid, than these eight knights as massive as Romanesque pillars; yet at the same time, nothing could be more mysterious. The great figures veiled in black are as frightening as specters of the night. Certainly, they do not belong to this world: sent by Death, they show themselves for a moment, but shortly they will vanish, to return to the land of shadows.

[Religious Art in France: the Late Middle Ages by Emile Mâle, translated by Marthiel Matthews. Princeton University Press, 1986] 

4

Devant ces monuments que nous croyons immortels puisqu’issus de la pierre la plus dure, nous nous pensons immortels aussi et c’est ainsi la gloire humaine la plus terrestre que le commanditaire de ce tombeau a voulu flatter, plus que le chagrin des vivants. Les pleurants, silhouettes noires sans visage ont été figés dans le portement du corps, dans la parade sociale mortuaire - et non dans le recueillement ou la douleur. Cette pose est propice au déploiement des armes, que personne n’oublie combien était noble Philippe Pot, sénéchal de Bourgogne. L’inscription en lettres rouges le rappelle encore. Un lion à ses pieds le garde et l’homme de guerre a conservé son armure d’apparat. Autant certains tombeaux sont des objets d’entre-deux-mondes, le bouleversant gisant d’Agnès Sorel veillée par deux anges, en est un exemple, autant celui-ci, par ce qu’il représente et par son puissant “réalisme” - la sculpture étant renforcée par la peinture - ne se détache pas des considérations terrestres.

Les grands commandaient des tombeaux pour que perdure la mémoire de leur nom. Les artistes voulaient dépasser ceux qui les avaient précédés pour que leurs noms figurent parmi les gloires de l’art. Ici, cruellement, seule demeure vraiment l’oeuvre.

Source photographique pour le tombeau d’Agnès Sorel: wikimedia commons. Les autres: perso.