phasme

Wellington

On termine la visite de la capitale. L'ambiance chez Mark, chez qui nous sommes en Couch Surfing, s'est un peu dégradée : sans que rien n'ait été ouvertement dit nous avons l'impression de déranger. Mark semble s'intéresser aux deux italiennes et nous ignore complètement. Annike la jeune allemande se sent de trop aussi. Il est temps de nous éclipser. Nous allons passer notre dernière nuit à Welly dans un des backpackers de la ville, sortes d'auberges de jeunesse que l'on trouve un peu partout dans le pays. Le nôtre (Rowena’s City Lodge) est installé dans une immense maison biscornue un peu délabrée et décorée de couleurs vives qui, en plus de la faune qui l'occupe et l'administre, lui donnent un faux air de communauté hippie.

Le jour de notre départ de chez Mark, un minuscule phasme vient nous rendre visite dans la cuisine.

L'issue de secours du deuxième étage de Rowena’s City Lodge donne sur des passerelles posées à même le toit.

Vue du centre ville de Wellington, juste à la sortie du Te Papa Museum.

Plus qu'ailleurs dans le pays, on sent la présence des arts et de la culture à Wellington jusque sur les murs de la ville.

C'est à Wellington qu'a été érigée la Tour de Babel. En fait il s'agit d'une aile du Parlement. Le bâtiment est surnommé the beehive : la ruche.

Pas très loin de la ruche, Gandhi fait la manche devant la gare. Tout au fond à gauche entre le monsieur qui marche de dos et la sculpture rouge, ceux qui ont de bons yeux apercevront un homme en kilt qui joue de la cornemuse pour gagner sa croûte.

Un peu plus loin nous faisons un crochet par le bâtiment des archives où est exposé le Traité de Waitangi. Les photos y sont malheureusement interdites car le document, conservé sous haute surveillance dans une chambre-forte, est une relique extrêmement fragile. Il est considéré comme le document fondateur de l'Etat de Nouvelle-Zélande, au même titre que la Déclaration d'Indépendance pour les Etats-Unis d'Amérique. Il est composé de plusieurs grandes pages de parchemin sur lesquelles ont été apposées en 1840 les signatures des chefs des principales tribus maories du pays, soit environ cinq-cent griffes dont celles d'environ treize femmes. Le traité stipule que les Maoris concèdent la souveraineté de la Nouvelle-Zélande au Royaume-Uni et ne sont autorisés à vendre leurs terres qu'à la Couronne, en contrepartie de quoi ils obtiennent les mêmes droits que tout sujet britannique et conservent la jouissance de tous leurs biens et terres.
Peu de temps après sa signature et encore aujourd'hui, l'accord est très controversé. La version traduite en maori que les chefs de tribus ont signée contient des approximations qui ont pu les induire en erreur sur ce qu'ils accordaient effectivement au Royaume. Peu de Maoris de l'époque avaient une idée claire des concepts de souveraineté et de gouvernance tels qu'on les entendait en Europe.
Les protestataires passés et actuels considèrent que ces erreurs ont été volontairement insérées dans le texte pour flouer les chefs de tribus. Des réparations ont déjà été accordée aux tribus par le gouvernement mais la controverse continue.
Malgré tout, la signature du traité reste l’évènement fondateur de la Nation Néo-Zélandaise et son anniversaire, fête nationale du pays, est célébré en grande pompe à la fois par les autorités et les tribus. Les festivités ont lieu le 6 février (lundi prochain donc) à 230 km au nord d'Auckland dans la ville où le traité a été signé et qui lui a donné son nom : Waitangi.

Juste à côté des Archives, une petite église vaut le coup d'oeil : Old Saint Paul’s. Malgré ses dimensions modestes elle avait le statut de cathédrale jusqu'en 1964 quand le diocèse de Wellington a déménagé vers une nouvelle église plus grande.
Old Saint Paul’s Cathedral a été construite en 1865-1866 et n'est constituée que de bois natifs, dont l'emblématique kauri.

La charpente est conçue comme la coque d'un galion élisabéthain.

Esprit, es-tu là ?

Cette image me fait penser au tableau Freedom Of Speech, de Norman Rockwell. J'imagine les citoyens de Wellington se réunissant sur ces bancs pour débattre des problèmes de la communauté. Un homme demande timidement la parole et se lève pour que tout le monde l'entende. Plus habitué à la solitude de sa ferme qu'à parler en public, il exprime son point de vue en triturant son chapeau dans ses mains moites. Ses yeux sont tournés vers le plafond pour éviter les regards braqués sur lui. Des toussotements étouffés le distraient à peine. Un enfant agité est discrètement éloigné dans un claquement de porte.

Les bancs du premier rang sont réservés aux personnages les plus importants.

Les murs et les piliers de l'église sont couverts de plaques de ce type, dédiées à la mémoire de soldats tombés au cours de toutes les guerres. L'armée de Nouvelle-Zélande entretient des liens étroits avec cette église. On y trouve aussi en bonne place un drapeau de l'U.S. Marines Corps second division, qui était stationné à Wellington pendant la seconde guerre mondiale à la demande des autorités néo-zélandaises qui craignaient une invasion japonaise.

Les petits vitraux n'ont rien à envier à nos cathédrales européennes, et ils ont l'avantage d'être plus près du sol et donc plus faciles à photographier.

Je vous laisse deviner ce que cache cette housse. Au fond on aperçoit l'incontournable boutique de souvenirs. L'entretien de l'église coûte cher. Il est paraît-il en danger d'être abandonné.

Gond forgé d'une petite porte au fond de l'édifice.

The host with the most.
Nous sommes sortis de l'église. En parcourant le petit jardin qui l'entoure, je tombe sur ce petit autocollant dont j'aime bien le design.

Nous quittons Welly en faisant un petit crochet par la petite ville de Lower Hutt où un magasin nous a été conseillé. C'est une boutique de produits hollandais exclusivement. Au premier coup d'oeil on voit que la patronne est du cru : petite, blonde, grassouillette, rougeaude et joviale. J'y trouve des bonbons qui me rappellent mon enfance : des réglisses salées et des Hopje.

youtube

Un des plus gros insecte du monde est l'heteropteryx femelle, plus communément appelé Nymphe de la Jungle Malaisienne, est ce qu'on appelle un phasme.

Il paraîtrait qu'il se nourrit exclusivement de baies, de feuilles et d'enfants.

Paul Verhoeven n'a rien inventé, finalement.