petite conne

Ne pas voir sa soeur pendant près de deux semaines à cause de mon stage, et quand je la vois tout ce qu'elle trouve à faire c'est m'engueuler parce qu'elle fait plus le ménage que moi à la maison : check.

En plus, espèce de petite conne, quand on vivait chez notre mère c'est moi qui faisait tout et elle en faisait pas une, et ce pendant près de 16 ans alors sa gueule, merci

Un jour, j'ai voulu devenir la pire des garces, une salope, une meuf avec des griffes. Alors, j'ai voulu faire souffrir comme on m'avait fait souffrir. C'est juste pour ça que j’t'ai attiré dans mes filets, avec mes jolis mots et d'autres atouts légèrement plus physiques. Mais il a fallu quelque verres de trop pour que je redevienne la petite conne naïve qui croit au prince charmant. Comme on dit, chassez le naturel il revient au galop. Et pour le coup, ce soir là, ce cheval s'appelait vodka.

C'était le genre de petite salope que tu pensais ne pas pouvoir approcher, par dégoût de sa bouche ayant traîné dans toute la ville, mais dès qu'elle te disait un mot, toute cette saleté que tu avais construit dans ton imagination s'avérait fausse, car l'innocence que dégageait sa voix te brisait les côtes. Elle était folle, je l'ai su à son regard, à ses yeux, ses gestes, ses mains, son corps, son âme, sa manière d'allumer trois clopes à la suite, dans l'espace de 10 minutes alors que tu n'avais toujours pas fini ta première. C'était comme la folie en personne, elle pouvait se taire, rester silencieuse et ouvrir la bouche soudainement en exubérant sa sociabilité et son humour d'un autre monde. Elle riait comme si elle allait mourir, souriait comme si la vie était belle, et te regardait comme si t'étais Jésus uniquement parce que tu pouvais lui apporter ce qu'elle n'avait jamais eu. Petite conne que j'aie aimé, de la première seconde à son dernier putain de souffle. Elle et ses théories, ses théories sur la vie. Elle oubliait qu'elle n'avait que 17 ans, elle pensait vivre dans un tornade, qu'elle avait tout vu, tout vécu, tout ressenti. Je me souviens encore, de toutes ses paroles. Quand on marchait ensemble, la nuit sous les lampadaires éclairés, dans le froid. Dans ce putain de froid que seule, elle, pouvait effacer. Elle faisait naître Dieu un matin, pour le tuer au lendemain. Sous prétexte que sa vie est misérable, elle avait toujours une raison de se plaindre, d'être malheureuse. Elle prétendait toujours le contraire, mais je le savais. Je vais bien me criait-elle les larmes aux yeux avant de s'allonger sur le sol de ma chambre avec un joint entre les lèvres, pour y rester pendant des heures, sans rien me dire. Et je ne disais rien. Ce qui m'importait c'est qu'elle était là. Elle aimait tout le monde, personne n'était méchant, tout le monde méritait sa chance. Elle avait développé une théorie sur la folie, selon laquelle tous ces pervers, psychopathes, alcooliques, toxicomanes que l'ont voyaient défilé dans les rues de mauvais quartiers, ou dans le métro, n'étaient pas fous. “Je ne comprends pas comment l'on peut considérer une personne comme folle, à partir du moment où elle a réussi à s'habiller”. Elle me faisait rire, cette gamine. Elle ne croyait pas à l'amour, prétendait que jamais personne ne l'avait aimé alors qu'autour d'elle, de misérables garçons s'agenouillaient dans l'espoir d'un retour. Pendant ce temps-là, elle s'agenouillait auprès d'autres, de tous ceux qui ne voulaient pas d'elle. Pour se consoler, elle se faufilait dans les draps d'abrutis, pour oublier, pour ne pas s'attacher, car elle mendiait de l'amour, alors que ce n'était qu'une flippé. Elle haïssait l'amour, ce continent inconnu, sur lequel elle n'osait pas foutre les pieds. Elle préférait l'éphémère, la chaleur humaine, l'instantané qui s'effacerait, juste le temps de se sentir en vie, regardée, appréciée. Elle se plongeait toujours dans des illusions car sa réalité était noire. Pourtant, elle croyait au destin. Tout ira bien, je n'avais pas besoin de le lui répéter, elle le savait même en hiver. Elle était folle, je te dis. Parfois elle dansait pendant des heures avec moi, en riant, j'en avais mal au ventre. Elle voulait s'en aller, et elle disparaissait des mois entiers. Avant de revenir, avec sa cigarette entre les lèvres et qu'un mot: désolée. Je la giflais, elle ne disait rien. C'était un corps mort dans une âme vivante. Un jour, elle s'en est allée, et elle n'est jamais revenue. Je le sais, parce qu'elle se croyait immortelle, mais voulait mourir. Je crois qu'elle essayait de se prouver quelque chose. Je ne l'ai jamais retrouvé, mais parfois la nuit quand je ne dors pas, je la vois allongée à côté de moi, et elle s'excuse encore une fois.

“la trique de ma vie, c'est simple, dans les mains de cette petite conne insolente j'ai eu l'impression qu'ma teub valait de l'or et j'ai kiffé ça presque autant que j'la kiffe elle, pour te dire”