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Are Kylo Ren and Loki good wingmen or bad wingmen? Find out in the latest episode of Kyloki!

Elle m'a regardé avec ses grands yeux tristes, tu sais ce regard qui veut dire que c'était la fois de trop, celui qui signifie que le vase a débordé, celui que je crains comme la peste depuis que je l'ai rencontrée. Elle m'a fixé de ses perles grises, et elle m'a dit, avec sa voix douce comme la soie, elle m'a ptêtre même murmuré ou alors c'est moi qui essayais de ne pas écouter, mais j'l'ai entendu quand même, “faut que tu t'en ailles”, oui j’t'assure que je l'ai entendu, ça a résonné dans les parois de mon cœur, de mon âme, ça a traversé mes tympans comme un ultrason strident alors que c'était qu'un murmure pourtant, mais j'l'ai ressenti dans tout mon corps, les mots se sont imprimés sur ma peau comme un tatouage éternel, et j'ai senti que je pleurais avant même que les larmes dévastent mon visage. “Faut que tu t'en ailles.” Elle m'a pas dit de dégager. C'est ses yeux qui me l'ont crié.
—  justevivante

Embrasse-moi avec tes lèvres gercées. Laisse-moi te clouer contre le mur dans une allée sale, sur les rebords de fenêtre des boulangeries. Je m'en fous. Envoie-moi des sextos gênants en public, alors que mon portable est dans la main de quelqu'un d'autre. Envoie-moi des photos de toi nue, te mordant la lèvre du bas. Laisse-moi mordre ton cou et laisser des suçons qui restent violets encore une semaine après. Nourris le silence avec des orgasmes, j'ai faim comme un ogre. Laisse-moi toucher les parois de tes cavernes sacrées. Quelque chose en moi attend une éclipse. Une obscurité qui se coince entre les poumons, qui m'empêche de voir qui je suis au fond. Je veux enfoncer profondément mes dents dans chacune de mes coutures et arracher le tout avant de délivrer ce que je contiens dans la prison de mes tendons. Alors guide-moi en toi. Frotte ma lampe assez fort pour que le matin ne nous éblouisse pas. Je m'en fous. Peut importe si ta langue est une lame et que je suis du coton. Je m'en fous. Touche la douceur du néant à gauche de mon corps. Je te jure qu'il n'y a rien ici.

Cellules du système immunologique : cellules qui combattent les maladies dans le corps ou pathogènes.

  • n°1 : Phagocyte en phase d’endocytose du pathogène. La cellule peut capter les virus ou les bactéries, les enveloppe avec deux bras - les pseudopodes - pour l’inclure en son sein : c’est l’endocytose. L’intrus est ensuite digéré par les sucs contenus dans des petites vésicules.
  • n°3 : Lymphocytes T cytotoxiques. Ils sont spécifiques, c’est à dire que chaque type de lymphocyte ne peut tuer qu’un type de pathogène. Les cytotoxiques éliminent les cellules infectées qui circulent dans le sang en les faisant exploser de l’intérieur avec des enzymes : c’est la cytolyse.
  • n°5 : Rien à voir avec l’immunologie, les hématies ou globules rouges circulent dans le sang et transportent l’oxygène nécessaire au fonctionnement des organes.
  • n°7 : Monocytes : voyagent dans le sang. Si le corps détecte une infection, les monocytes sortent des vaisseaux et se transforment en macrophages, des cellules capables de phagocyter les agents infectieux (voir n°1).
  • n°9 : Granulocytes : cellules capables de phagocytose aussi. Contient des granules digestives. A la particularité d’avoir un noyau en plusieurs lobes, donc aussi appelé polynucléaire - à tort.
  • n°11 : Lymphocyte B. Cellule spécifique qui peut se transformer si besoin en “usine” à anticorps.

Mitose : processus de duplication de la cellule en conservant le patrimoine génétique intacte de la cellule mère.

  • n°2 : cellule normale, avec membrane, noyau et cytoplasme. La base!
  • n°6 : Interphase. Phase ou la cellule grossie avant de se séparer en deux, et ses chromosomes se multiplient par deux.
  • n°4 : Prophase. Les parois du noyau éclate, et les chromosomes deviennent visibles au microscope.
  • n°10 : Métaphase : Les chromosomes se placent en centre de la cellule.
  • n°8 : Anaphase : Ils migrent ensuite aux pôles de la cellule de façon symétrique : on retrouve les mêmes chromosomes de part et d’autres de la cellule.
  • n°12 : Télophase : La cellule se sépare en deux et l’enveloppe du noyau se reforme sur les deux ensembles de chromosomes pour avoir deux cellules identiques.

J’adooore la biologie!

Fermer l’œil de la nuit

J'ai construit des trous d'air, de l'espace, des zones de non-droit, des frontières entre les parties qui composent mon intérieur. J'ai plusieurs chambres, toutes roses et rouges, luisantes et fraîches, maintenues à température stable et dans lesquelles il fait toujours noir. On passe d'une pièce à l'autre en glissant dans des vaisseaux rutilants aux parois transparentes et à travers lesquelles on peut apercevoir la vie, ailleurs, sorte d'extérieur mouvant. Les différentes pièces de mon corps sont séparées par des limites et des mots, les effets de la réalité emmagasinés dans des parties que je ne contrôle pas. J'ai des souvenirs amoureux dans le fond de l'oeil, des traces de violence qu'on a portées contre moi entre les omoplates, un baiser encore imprimé à l'intérieur de la cuisse, un son gravé derrière mon oreille et qui vibre sans prévenir dans mon lobe, comme une punaise. Mes ongles poussent pour toucher plus loin mais je les coupe à temps. Je connais la forme des reins et des poumons, des ailes d'ange, celle du coeur presque noir, les trompes comme des oreilles d'éléphant, le fémur, un os à ronger, le squelette du pied, une trace de patte d'oiseau sur le sable mouillé. Il s'en passe des choses. A la limite avec l'extérieur, au bord du contour formé par la chair, des trous laissent pénétrer l'air du dehors, le monde des autres, le monde tout court.

- Pauline Klein 

Comment définissez-vous la morale et le rôle du moraliste à notre époque?

- La morale est comme une esthétique. Je trouve que ce qui est moral est beau et que ce qui est non-moral est laid. Nous vivons une époque qui sacrifie dans tous les domaines à la laideur. A l'abandon, au ricanement, au sarcasme, à la mise en question systématique, à l'avilissement de l'individu et à la déchéance des sociétés. Mon rôle, c'est celui de Cassandre, prophétisant sur les murs de Troie en train de s'écrouler. Ou si on préfère c'est le rôle d'un médecin qui dresserait un diagnostic féroce, sans aucune complaisance. Le rôle du moraliste, c'est de témoigner et de ne pas baisser les bras, de ne pas déserter même si l'armée est en déroute, de rester debout même si tout le monde en ce moment s'agenouille, se met à quatre pattes ou, pis encore, se vautre.

- Des remparts de l'Occident, que voit Cassandre?

- Ce que vous voyez tous les jours. En résumé, nous sommes en train de glisser sur la douce pente de la décadence. Depuis de nombreuses années, nous vivons dans une sorte de volupté de la décadence. Car il y a une volupté de la décadence. Forcément une ascension est toujours plus difficile: il faut avoir des muscles, il faut s'accrocher à la paroi, se plaquer contre la roche, la creuser; l'air se raréfie parce qu'il devient de plus en plus pur; on est de plus en plus solitaire parce qu'on se hisse au-dessus de la masse. Au contraire, il est facile de dévaler une pente, de se laisser glisser. Nous avons vécu une période, qu'on a appelée de consommation, et de consommation déchaînée, pendant laquelle l'Occident tout entier s'est abandonné à la volupté de la décadence comme à une narcose. Nous sommes confrontés à une crise monétaire et financière aujourd'hui, économique demain, et la décadence risque fort d'être plus brutale et plus contraignante.

A partir de cette constatation, tout se dévide comme une pelote de laine et tout s'explique. L'Occident n'a plus de volonté de vie et d'affrontement. Nous assistons partout à une immense démission. Démission des politiques, des intellectuels, des bergers religieux, des pères. L'Occident tout entier démissionne.

- La décadence est-elle un phénomène accidentel, cyclique: arrive-t-il fatalement un moment où toute société, tout peuple passe par une période de décadence?

- Il ne passe pas forcément par une période de décadence: il risque de s'y engloutir ou, en tout cas, de s'absenter de l'histoire pendant des siècles. On a vu des civilisations mortelles comme disait Valéry et bel et bien mortes. Il s'agit de savoir aujourd'hui si l'Occident blanc qui a marché en tête des autres peuples du monde, n'est pas en train de jeter ses armes dans le ruisseau et de se coucher sur le flanc pour mourir. C'est fort possible. Pourquoi un peuple devient-il décadent? Les causes sont lointaines et nombreuses: morales, religieuses, politiques. Il est évident, par exemple, que nous n'avons plus l'idéologie de notre puissance. Les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Angleterre passent pour superindustrialisés et comptent paraît-il parmi les Etats les plus riches du monde mais aucun d'entre eux n'a plus l'idéologie de sa puissance. En Occident, on voit s'étaler une énorme puissance rutilante, luisante, grasse de millions de voitures, de frigidaires, d'arsenaux nucléaires mais sans la moindre volonté. Voyez les Etats-Unis d'Amérique, dressés comme un immense colosse dont les parois crâniennes cacheraient un cerveau prodigieusement mou.

Il faut que la volonté de vivre, la volonté de puissance, la volonté d'expansion soient d'abord intellectuelles. Il faut qu'elles hantent les motivations d'une société, d'un peuple ou d'un individu. Faute de quoi, les peuples deviennent décadents et les individus esclaves.

- Et quand un homme animé de cette volonté veut la communiquer à son peuple, il est rejeté…

Et ainsi, partout constate-t-on une volonté de tuer les pères. Parce que la logique de la décadence implique la décapitation du père. Qu'il s'appelle Dieu, le chef, le patron, l'officier, le prêtre, le professeur ou le pater familias, le simple père de famille. Ou plus simplement encore, pour ces dames du MLF, l'homme. Il suffit maintenant d'être homme pour paraître aux yeux de certaines femmes une créature maudite. Pourquoi? Parce que le père est symbole de tradition, d'autorité, de virilité honnie aujourd'hui puisque toute décadence est féministe, féminoïde et infantile, bien entendu. Je ne fais là aucune misogynie quelconque mais une constatation étale et tranquille: toutes les décadences se jettent vers la mère. La mère est toute indulgence, tout pardon. Elle est toujours prête à accueillir la contestation des fils, c'est bien connu. Elle est la nourricière, elle est presque la société de consommation aux seins énormes. Et le père que dit-il? Qu'il faut que les enfants obéissent, qu'ils deviennent costauds, qu'ils aient un avenir, qu'ils assurent la garde de la maison, ça s'appelle l'armée, qu'ils assurent la lignée, etc. C'est moins drôle, évidemment, alors on lacère l'image symbolique et l'image sociale du père.

Toutes les décadences sont maternoïdes, maternelles, féminines, féminoïstes et les mères sont impuissantes à empêcher les enfants de dévaster la maison. Les révolutions sont de gigantesques explosions infantiles et féministes: on saccage la maison, on s'empiffre de confitures, on joue au chef.

C'est pareil à chaque révolution: ça commence par une fête lyrique, une fête enfantine, féminine, et puis revient toujours le père. Il s'appelle Bonaparte, Hitler, Staline, de Gaulle, Franco ou Pinochet. Demain, on assistera une fois de plus à un retour offensif des pères et de deux choses l'une: ou bien ils viendront de l'intérieur et ce seront des despotes ou des ordres que nous nous imposerons nous-mêmes ou ils parleront chinois. Ce serait tout de même assez emmerdant d'avoir joué la comédie de la liberté infantile pour se retrouver avec des papas

- Qui est responsable?

- La démocratie évidemment qui est incapable de manipuler les sociétés industrielles. D'abord la démocratie est toute récente: elle a cent ans. Ensuite, rien ne prouve que la démocratie, importée d'Angleterre comme le whisky et les corn-flakes, soit le régime idéal pour de vieux pays césariens comme l'Allemagne, comme la France, comme l'Italie ou l'Espagne. Cette idéologie anglaise n'est pas forcément une panacée pour les autres peuples. La démocratie politique n'était possible que lorsque la société ne l'était pas. Lorsque vous aviez une Eglise hiérarchisée avec son Pape infaillible, ses cardinaux violets, ses évêques rouges, ses curés noirs, avec sa discipline implacable à l'intérieur des villages, des écoles et de la famille sur laquelle régnait le père, bref lorsque l'image sociale du père était intacte et forte, la démocratie politique était possible. Mais quand la démocratie politique prétend se répandre, à la manière qu'on répand des eaux, dans le corps social, c'est fichu. Vous ne pouvez pas introduire la démocratie au lycée, dans la famille, dans les classes maternelles.

La démocratie n'est possible que lorsqu'elle n'existe pas. Dès qu'elle existe et va vers sa logique absolue, elle débouche sur l'anarchie et scelle la mort de la société qui en est atteinte. Rien n'est démocrate: un corps n'est pas démocrate, la nature n'est pas démocrate, une cellule n'est pas démocrate. Une idée, un idéal ou une aspiration peut être démocrate mais une réalité dans sa vérité quotidienne, non. Ou tout se défait et tout finit par exploser. C'est ce qui est en train de nous arriver: nous mourrons de logique.

L'Eglise par exemple se meurt de logique. Elle a pu vivre aussi longtemps qu'elle répandait le message évangélique en rendant à César ce qui lui appartenait et à Dieu ce qui lui appartenait. C'est-à-dire, forcément, au prix d'une certaine hypocrisie qu'impliquent la force des choses et la cohésion des sociétés.

- C'est la démocratie qui à tué Dieu?

- La Révolution française plus exactement. C'est au XVIIIième siècle que s'est produite la chute, quand des esprits forts ont décidé de se passer de Dieu et ont sorti la Raison du placard. La Raison a servi le temps qu'elle a pu, alors on a découvert l'Histoire, puis le Socialisme. Tous avatars laïcs et mondains de Dieu. Aucun des grands témoins du XIXième siècle, Auguste Comte, Michelet, Marx, n'a douté un seul instant de l'Histoire. Tous ont cru que l'Histoire allait désacraliser complètement l'humanité et qu'on pourrait danser la danse du scalp sur le cadavre de Dieu.

Et voilà qu'on s'aperçoit seulement que ce n'était pas si simple et que les sociétés qui ont perdu le sens du sacré s'interrogent sur leur raison d'être. Faute de réponse, elles ne savent plus comment fonder la morale et légitimer l'ordre.

On a voulu remplacer Dieu par d'autres totalités mais sans transcendance. On a d'abord voulu substituer à Dieu une totalité immanente: la Raison. Ensuite, on a trouvé une justification de l'aventure humaine dans ce qu'on a appelé la rationalité de l'Histoire. Avec la Grande Guerre et surtout la Deuxième Guerre mondiale et l'apparition du stalinisme, du nazisme, des fascismes, etc. la rationalité et le progrès de l'Histoire tels que les avaient imaginés les idéologues du XIXième siècle en ont pris un rude coup. La dernière utopie, c'est le socialisme, une espèce d'harmonie économique, humaniste, culturelle et patati et patata, qui subira le sort de toutes les utopies: elle basculera dans je ne sais trop quoi.

C'est toute la question: sur quoi va basculer la mort des utopies?

- La Révolution française a pourtant été inspirée par des idées nourries de morale chrétienne?

- Naturellement. Tout s'emboîte et se déboîte parfaitement, comme dans ces poupées gigognes russes; on est passé de Jésus à Rousseau puis aux idéologues du XIXième siècle et aujourd'hui à Georges Marchais, François Mitterrand, qui ne sont rien d'autre que des chrétiens déviés. C'est l'éternelle utopie humanitariste qui se maintient à travers eux.

A cette différence que pendant des siècles, le christianisme avait vécu merveilleusement sa contradiction. Il avait su être l'idéologie, la religion, le discours-alibi de l'Occident. On allait aux Indes occidentales, en Afrique ou en Asie avec un alibi inattaquable. Le christianisme a été la bonne conscience de l'Occident jusqu'au jour où il a voulu coïncider avec l'acte, que Dieu et César soient un seul et même homme.

Cortez était bardé de fer pour aller porter la croix au Mexique. Quelle croix voulez-vous que l'on porte encore quelque part? Elle est en miettes, la croix! Et si certains en portent encore les restes, c'est pieds nus, en gémissant que l'Occident a été coupable de les coloniser, de les dépersonnaliser, de leur ôter leur identité.

La vocation impériale de l'Occident était étroitement liée au christianisme. Sitôt que le christianisme a commencé à s'assécher, nos justifications se sont émiettées. En plus, nous avions des idéologies républicaines, démocrates, etc., dont nous avons voulu vivre les vérités et les peuples coloniaux nous ont pris au mot: “Puisque nous sommes tous républicains, libres, égaux, frères, socialistes, etc., au revoir messieurs! Voici votre casque colonial et vos révérends pères et bonjour chez vous! ”. Du jour où les bourgeoisies marchandes ont fait de l'argent le bien suprême, le monde est devenu une sorte de souk où toutes les valeurs sont pesées au poids de l'or.

L'avènement du mercantilisme a répandu une sorte de fureur de posséder le monde au sens matériel du mot et a éclipsé une vision plus exigeante, plus élitiste, plus héroïque, plus difficile de la vie. Avant nous, Rome et Athènes et d'autres civilisations encore avaient connu ce phénomène lié à l'abandon des anciennes valeurs.

- Chaque civilisation porte-t-elle à sa naissance les germes de sa destruction?

- En tout cas, elle semble se comporter comme un organisme vivant. On dirait qu'elle a une enfance, une adolescence, une maturité et une sénescence. La sénescence fait parfois illusion parce que rien n'est plus proche du gâtisme que l'infantilisme. Les vieillards sont souvent de grands enfants: ils mangent des bonbons, ils déconnent, ils regardent les petites filles au trou de 1a serrure. D'où l'illusion qu'on nourrit sur notre société: “Regardez la jeunesse! Regardez les enfants!”. C'est faux: une civilisation est forte non pas quand elle adore ses enfants mais lorsqu'elles honorent ses anciens. De Moïse au général de Gaulle, ça s'est vérifié cent fois: c'est quand les patriarches marchent à sa tête qu'un peuple est fort, pas quand les enfants cassent la vaisselle.

Ajoutez à cela qu'on ne fait plus la guerre. La guerre redistribuait les cartes, nettoyait les valeurs, saignait les peuples comme au XVIIième siècle on saignait les corps trop chargés de venaisons. Dans cette paix continuée, nous sommes obligés d'accumuler des forces énormes, des arsenaux atomiques. Aux Etats-Unis, en Union Soviétique, en France, en Chine, en Angleterre et, demain, en Inde, en Israël et un peu partout.

Des forces si terribles qu'on n'ose plus les employer et que les peuples ne peuvent plus faire craquer les corsets, faire fuser comme naguère leur volonté de puissance.

Cette paix armée dans laquelle nous vivons ne permet pas de bouger un pion sans risquer de faire sauter la planète. Autrefois, les Prussiens et les Français pouvaient s'expliquer les armes à la main; c'est devenu extrêmement difficile sans déclencher le feu nucléaire qui anéantirait tout.

La violence comprimée à l'intérieur des nations, des collectivités des sociétés, des villes mêmes, explose en guerre intérieure, en prise d'otages, en meurtres, en attaques à main armée. L'épée ronge le fourreau. Notre violence patine sur place, se dévore elle-même. La violence c'est une guerre intérieure que nous nous menons à nous-mêmes parce que nous ne pouvons pas la faire l'extérieur. D'où l'énorme, la prodigieuse violence américaine qui n'arrive pas à s'exporter.

- Comment extirper le mal, autrement dit comment en sortir?

- Je n'en sais rien. Je crois que nous allons vers une crise économique qui va nous faire beaucoup de bien et que j'appelle de tous mes vœux.

Si nous traversons une situation difficile, tragique, peut-être perdrons-nous notre graisse et recouvrerons-nous, en même temps que nos muscles, nos sains égoïsmes. Car ce qui motivera une réaction, ce sera comme toujours l'égoïsme.

Si les Occidentaux étaient sensibles aux affronts politiques, il y a longtemps qu'ils auraient réagi mais le jour où ils seront touchés en un point humblement sensible peut-être appelleront-ils la violence des chefs et même des héros.

Loin de moi et semblable aux étoiles et à tous les accessoires de la mythologie poétique,
Loin de moi et cependant présente à ton insu,
Loin de moi et plus silencieuse encore parce que je t’imagine sans cesse,
Loin de moi, mon joli mirage et mon rêve éternel, tu ne peux pas savoir.
Si tu savais.
Loin de moi et peut-être davantage encore de m’ignorer et m’ignorer encore.
Loin de moi parce que tu ne m’aimes pas sans doute ou, ce qui revient au même, que j’en doute.
Loin de moi parce que tu ignores sciemment mes désirs passionnés
Loin de moi parce que tu es cruelle.
Si tu savais.
Loin de moi, ô joyeuse comme la fleur qui danse dans la rivière au bout de sa tige aquatique, ô triste comme sept heures du soir dans les champignonnières.
Loin de moi silencieuse encore ainsi qu’en ma présence et joyeuse encore comme l’heure en forme de cigogne qui tombe de haut.
Loin de moi à l’instant où chantent les alambics, l’instant où la mer silencieuse et bruyante se replie sur les oreillers blancs.
Si tu savais.
Loin de moi, ô mon présent présent tourment, loin de moi au bruit magnifique des coquilles d’huîtres qui se brisent sous le pas du noctambule, au petit jour, quand il passe devant la porte des restaurants.
Si tu savais.
Loin de moi, volontaire et matériel mirage.
Loin de moi, c’est une île qui se détourne au passage des navires.
Loin de moi un calme troupeau de boeufs se trompe de chemin, s’arrête obstinément au bord d’un profond précipice, loin de moi, ô cruelle.
Loin de moi, une étoile filante choit dans la bouteille nocturne du poète. Il met vivement le bouchon et dès lors il guette l’étoile enclose dans le verre, il guette les constellations qui naissent sur les parois, loin de moi, tu es loin de moi.
Si tu savais.
Loin de moi une maison achève d’être construite.
Un maçon en blouse blanche au sommet de l’échafaudage chante une petite chanson très triste et, soudain, dans le récipient empli de mortier apparaît le futur de la maison : les baisers des amants et les suicides à deux et la nudité dans les chambres des belles inconnues et leurs rêves- à minuit, et les secrets voluptueux surpris par les lames de parquet.
Loin de moi,
Si tu savais.
Si tu savais comme je t’aime et, bien que tu ne m’aimes pas, comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier de sortir avec ton image en tête, de sortir de l’univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.
Si tu savais comme le monde m’est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
Ô toi, loin de moi, à qui je suis soumis.
Si tu savais.
—  Robert Desnos - Si tu savais
Dehors!

Il y a les images des autres – celles que l’on charrie malgré soi et celles que l’on épingle sur les parois de son abri. Et puis, il y a celles que l’on se fabrique, tout seul, sans personne pour nous regarder faire. S’en séparer à son tour.
Il y a les images qui entrent, les images qui sortent, par tous les trous. Des images pour tous les goûts, des images tout-à-l’égout. Dégorger de temps en temps.
Il y a les phrases des autres, les cinglantes, les vibrantes, celles qu’on lit dans son trou, celles qui nous trouent, nous clouent sur place. Et puis, il y a celles que l’on se fabrique, tout seul, sans rien faire. On les voudrait siennes, elles s’émiettent à leur tour, tout autour du trou.
Depuis le temps que je recopie dans mes cahiers les phrases des autres. Reviennent sans cesse les mêmes, celles avec lesquelles je me suis construit une tour. Avec des trous partout. Elles ne m’appartiennent pas, passent par moi, et puis s’en vont.
Depuis que j’écris à l’aide d’un clavier, d’un écran, des morceaux de texte apparaissent, puis disparaissent. Des textes à trous. Intermittent, le sentiment d’exister. Ce n’est pas encore ça.
Comment rejoindre la part muette, la vie silencieuse des organes?
Combien de temps encore ? Combien de tours ? Tous ces jours dont la somme équivaut à zéro. Répète : Tout ce que t’as fait jusqu’à ce jour, c’est zéro. Qu’est-ce que t’attends ?
Le tour de la question. Les atours de virilité. Il semblerait que j’aie épuisé le stock.
« Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. »
Manque quoi ?
Mange de tout.
Fais feu de tous bois.
Morceau de bois.
Fait froid.
Un dimanche au mois d’août.
Un abri du dimanche.
Chambre, ma branche.
Scie la branche.
Pas un jour sans.
Trace une ligne.
Dessine-moi un pont.
Fais-moi signe.
Donne-moi tes jours.
Dehors !

La littérature serait donc ce pont suspendu jeté par-dessus la distance qui sépare l’un de tous les autres, par-dessus la distance qui sépare l’un de lui-même. Nous sommes peut-être tous semblables à celui-là qui est précipité dans un cachot, ne sachant pas si d’autres partagent son épreuve, qui perçoit soudain des coups frappés au mur, épelle des lettres qui composent des messages, ou écoute des chuchotements confiés aux canalisations ou à la paroi. Il découvre alors qu’il n’est pas tout à fait seul, que d’autres partagent son sort. Il peut vivre mieux, songer peut-être à s’évader un jour.
—  Claude Roy, Défense de la littérature
Sensation

Ça prend naissance dans mes entrailles, ça me les tord, ça me les broie, puis ça remonte lentement dans tous les tissus, toutes les parcelles de mon corps. Je le sens monter. Ça s'insinue dans mon sang, dans mes organes, dans mes os, dans ma peau, dans mon cœur, dans mon âme. Ça fait son chemin mais ça ne ronge rien, non, c'est différent, ça parcourt juste. J'ai l'impression que ça se sert de mes fluides pour tout faire remonter. Et ça marche, ça court maintenant à toute vitesse dans mon corps, ça longe mon œsophage, toujours aussi vite mais silencieusement, puis ça atteint ma gorge. Mais ça se heurte à une paroi invisible, une paroi trop solide, absolument rigide, et c'est à cause de ce mur de tous mes maux que le son est incapable de franchir mes lèvres.
J'aimerais hurler de peur mais je ne peux pas. Je crie dans le silence de l'air, et je me tais face à l'incroyable bruit de mes pensées.
C'est le silence bruyant.
J'ai peur, je fuis mes propres mots, je m'empêche de me blesser.
Cette sensation ne fait pas souffrir en elle même, mais elle est tellement puissante, tellement présente que je lui crée le pouvoir de me faire mal. C'est douloureux. Ça me coupe le souffle, me fait une pointe au cœur agréablement torturante, il s'emballe, je sens plein d'insectes grouiller dans mon ventre, je me sens là et pas là. Mon âme danse.
Peut être que c'est de la bonne douleur.
Je crois qu'on appelle ça amour.

Porté par le reflux des sèves
Par ces paroles qui font l'été
Par ces soleils gorgés d'échos

Tu graviras cœurs et sentiers
Tu ne cesseras de renaître
Taillant brèches et mots
Dans la paroi des jours.
—  Andrée Chedid - Renaître

Je ne sais pas trop comment débuter cette lettre pour le moins délicate. Salut ?  Trop banal. Je t'aime ?  Trop direct.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, après tout à quoi bon ? Tu me chamboules. Tu me chamboules vraiment. Ton sourire hante mes nuits, enfin surtout mes jours à vrai dire. Je ne saurais dire pourquoi tu m'as percutée de la sorte, ce jour-là. Il faut dire que j'ai plongé dans l'océan de tes yeux, et que je continue de m'y noyer depuis des mois déjà. Avant toi j'ai déjà aimé mais c'était différent, moins intense, moins périlleux, moins immense, moins somptueux. Tu sais, c'est peut-être cliché de dire ça mais t'es le seul avec qui j'ai envie d'être moi, la Laura heureuse. Les autres sont fantômes, les autres sont néant. Lorsque tu apparais devant mes yeux, le reste du monde s'arrête de tourner, le temps suspend son vol et mon cœur fond d'allégresse. 

Mes amours passés ne comptent plus ( si on néglige leurs quelques apparitions dans mes songes ), t'as tout effacé. Je ne peux supprimer de ma mémoire tous nos regards, ils sont ancrés sur les parois de mon crâne. Tes yeux posés sur moi sont cette chaleur qui fait du bien alors qu'elle consume. Ton sourire est devenu ma bouée de sauvetage, et pourtant, tu es bien placé pour le savoir, je sais nager.

C'est tellement désordonné ce que je t'écris là, mais c'est de ta faute à toi : tu mets mes pensées sens-dessus-dessous en quelques mots.

Tu sais, je m'en fiche de compter pour les autres, tant que j'ai une place dans ton cœur.

Alors peut-être que ma déclaration est surprenante, voire déroutante mais je ne peux plus taire cet amour qui grandit en mon être. Je te le donne, je t'en conjure, prends-en soin, trop souvent il a été piétiné. Je te donne tout, et s'il me faut t'attendre, je t'attendrai. Je serai là, sur le bord de la route, à regarder passer les hommes sans en aimer un seul, puisque mon âme toute entière te réclame. Je t'attendrai l'éternité toute entière, et même deux éternités s'il me faut ça pour pouvoir t'enlacer tendrement.

Amoureusement, une Laura en attente d'un miracle de ta part.

P.S : Tu peux douter de tout ce que tu souhaites, mais jamais de mes sentiments envers ta personne.

Amoureux est le portrait

Douces sont les épaules et charnues sont les lèvres, ces deux petites calottes de chair qui s’étendent au dessus de ses dents, qui s’étirent jusqu’aux oreilles qui ponctuent le visage, légère est l’odeur qui se dégage de sa nuque. Blanche sa nuque, vierge comme une terre sainte, un jardin où l’on pousse des fleurs et des baisers, sans recours à la force ni même laisser de trace. Fragile est le regard que tout bouscule sans rien troubler. Sage est le bras qui se tend pour caresser sa joue, apprécier sa peau, décupler le lien qui naissant crie pudeur. Une seconde elle s’échappe et voilà qu’elle sourit, une lumière qui envoûte, qui me laisse transie, béate, muette. Les pieds ne touchent plus sol. La pulsation régulière qui tape contre la paroi du cœur, jolie musique résonne, je me décrète vaincue. Incapable de renoncer à l’inconnue qui s’exhibe timidement. Soyeuses sont les boucles brunes qui dansent dans les rayons, qui dissimulent les yeux, ces bijoux dans lesquels on devine la malice, on aperçoit la tendresse et la douleur secrète.
Combien de courage me faudra-t-il pour articuler un mouvement et réduire cet espace qui me sépare de cet ange? Amoureux est le portrait que je peux au moins lui offrir. 


- Marlette

French English Science Vocabulary

in honor of @polysprachig ‘s February Challenge for this week!

La Science: Science

La Science Générale: General Science
la théorie: theory
la hypothèse: hypothesis
la méthode scientifique: the scientific method
la prédiction: prediction
le parti pris: bias
la variable indépendante/dépendante: independent/dependent variable
le raisonnement déductif/inductif: deductive/inductive reasoning
un fait: a fact
penser: to think
essayer: to test

L'Écologie: Ecologie
le recyclage: recycling
pollué: polluted
le réchauffement planétaire: global warming
l'effet de serre: greenhouse effect
l'habitat (m.): habitat
la botanique: botany
la vie marine: marine life
la symbiose: symbiosis
potable: potable (safe to drink)

La Chimie: Chemistry
l'atome: atom
la molécule: molecule
le tableau périodique (des éléments): periodic table
le produit chimique: chemical
le solide: solid
le liquide: liquid
le gaz: gas
aqueux (-euse): aqueous
la solution: solution
la réaction: reaction
l'équation (f): equation
l'acide (m): acid
la base: base

La Physique: Physics
((i know zilch about physics, so if someone would like they can add on to this section)

L'Astronomie (f): Astronomy
((i reblogged a really great vocab list on astronomy, here it is))

La Biologie: Biology
la cellule: cell
le tissu: tissue
l'organe (m): organ
l'organisme (m): organism
l'ADN (m) [Acide désoxyribonucléique]: DNA [Deoxyribonucleic acid]
homozygous/heterozygous: homozygote/hétérozygote
la protéine: protein
l'hydrate de carbon (m): carbohydrate
le gras: fats
l'huile (f): oils
l'homéostasie (f): homeostasis
la taxonomie: taxonomy
l'embryon (m): embryo
la paroi cellulaire: cell wall
le cerveau: brain
le cœur: heart
le nerf: nerve
hypertonic/hypotonic/isotonic: hypertonique/hypotonique/isotonique
le métabolisme: metabolism
la synthèse: synthesis
la mitochondrie: mitochondrion

*tell me if there are any mistakes

Protéine G et choléra

Les parois de l'intestin sont capables de résorber une grande partie des liquides que nous ingérons ce qui permet de nous hydrater. Ce mécanisme est régulé au niveau moléculaire par une voie de communication cellulaire faisant intervenir un récepteur couplé à une protéine G (RCPG). En temps normal, un ligand s'y fixe, ce qui via la séquence DRY fait partir le GDP d'une protéine G-i permettant l'arrivée d'un GTP et donc active la protéine G. La sous-unité α-s activée se détache des sous-unités β et γ et va stimuler l'adénylate cyclase, une enzyme qui convertit l'adénosine-tri-phosphate (ATP) en adénosine monophosphate cyclique (AMPc). Ceci aboutit donc à une augmentation de la concentration cytoplasmique d'AMPc, hors ce dernier inhibe l'absorption des fluides intestinaux ce qui évite d'avoir des fèces trop compactes.

Pour conserver une spécificité temporelle du signal et ne pas bloquer la transduction, il faut ensuite inactiver la protéine G. Cela peut passer par plusieurs acteurs, ici on a par exemple le regulator of the G-protein signal (RGS) qui va activer l'activité GTPasique intrinsèque de la sous-unité α, et cette dernière va donc hydrolyser elle même son GTP en GDP+Pi. Le GDP reste sur la sous-unité α, qui est alors inactive et se re-assemble avec les sous-unités β et γ. On retourne donc au début de la boucle avec une protéine G trimérique et inactive.

La toxine cholérique (TxC) qu'on retrouve dans le choléra inhibe l'activité GTPasique intrinsèque de la sous-unité α : le RGS n'a donc aucun effet et la protéine G reste longtemps activée. On a donc une stimulation massive d'adénylate cyclase, donc une accumulation d'AMPc. Les liquides ne sont plus absorber dans l'intestin ce qui cause une déshydratation, et ils sont éliminés dans les fèces ce qui cause d'importantes diarrhées.

Désolé pour la mauvaise qualité de l'image, j'ai eu des problèmes avec mon logiciel et je ne l'ai remarqué qu'à posteriori. Ces schémas ont été faits pour mes ED du Tutorat à partir des cours que j'ai retranscrit quand j'étais en première année de médecine. Ma seule source est le professeur de l'époque, et je peux avoir mal compris certaines choses, faire des approximations fausses, etc même si je fais de mon mieux. Croiser les sources permet d'avoir des informations plus fiables. N'hésitez pas à commenter pour discuter des sujets abordés ! Schémas et explications faits entre 2015 et 2016.