oubly

Un jour, elle disparaîtra. Est-ce qu'on oublie la voix de sa mère ? Son odeur ? J'ai l'impression que les morts ne laissent qu'une silhouette dans la tête des vivants. Ma mère ne sera jamais une silhouette. Je n'aurai pas peur de ma mort tant que j'aurai peur de la sienne.
—  Sacha Sperling, Mes illusions donnent sur la cour.

Une page d’oubli
traversée
naturellement
par l’oubli
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L’oubli
n’oublie pas les mots
comme
le silence
n’oublie pas les mots

—  Jean-Gabriel Cosculluela / Une page d'oubli et d'ombre

“Ils veulent nous persuader qu'on peut être fort dans un cabinet de travail. Ce sont des bohiscoutes, ils mentent. Dans un cabinet de travail, on n'est pas fort, on est puissant, c'est le contraire. Les puissants sont victimes de l'esprit de perfection qui les enchaîne au temps et fait de leur vie l'esclave de leur mort. On prétend que le pouvoir apporte avec lui ses gendarmes et que dix gendarmes sont plus forts que le plus intrépide des hommes. On oublie d'ajouter que les gendarmes vous gardent beaucoup plus qu'ils ne vous servent. Avec eux commence l'abstraction. On pense se faire le maquereau d'une grande idée. C'est l'idée qui vous possède. On s'amuse à conquérir des provinces pour l'amusement des hommes et, justement, dans ce but, il se trouve qu'on a besoin de son pire ennemi. On le ménage, on le cajole. Il faudrait l'étrangler.J'éprouve, Dieu merci, une grande confiance dans la force physique. D'abord, il y a la peur des autres. J'accepte sa présence sans beaucoup y croire tant je la trouve stupide. Un enfant de sept ans comprendrait qu'un homme n'est pas une tragédie classique et que les larmes protègent mal des coups de poing. Il est vrai qu'ils adorent les coups. Quand on lui a cassé la gueule, le Français se sent bon.Je me rappelle un type d'une quarantaine d'années… ses épaule effacées… Il parlait fort pour se rassurer. Je l'ai poussé devant moi et il a reculé encore plus vite. Alors il s'est trouvé coincé contre une porte de métro et il a compris qu'il devait se battre. Ils en sont tous là. La vanité, la mauvaise humeur, l'insouciance leur servent de porte de métro. Ils s'y adossent et l'on reconnaît les faibles à ce qu'ils se battent le dos au mur: autrement ils tomberaient. (…)
Je rencontre également des gens dont le métier est de se battre. Derrière leur petit oeil obtus, il ne peut bondir qu'une idée: le meilleur endroit pour frapper. Alors, faute d'avoir les muscles plus rapides, j'ai la morale plus vive. Quand ils se demandent s'ils vont me faire un croc-en-jambe, je les frappe dans le ventre. Lorsqu'ils balancent pour m'étrangler, je les atteins dans les couilles. Plus déloyal que ces policiers, ces boxeurs, je l'emporte assez souvent.D'ailleurs, je préviens que je ne cherche pas à être l'homme le plus fort du monde. Qui parle de hiérarchie parle aussi de discipline, d'esclavage. J'ai dans l'idée que l'homme le plus fort du monde n'a presque jamais le temps de se battre, tant il passe de mois à s'entraîner. Au contraire, je ne m'entraîne jamais et je me bats. De cette habitude sont venues mes réflexions. Elles ne s'arrêtent pas là. ”    

Roger Nimier, Les épées.

Tu veux m'oublier ? C'est ça que tu veux ? Alors oublie moi ! J'ai déjà perdu tellement de gens, c'est pas toi qui va me faire basculer. J'ai survécu à tous ces oublis, je suis encore vivante. Alors tu t'en fonce le doigt dans l'œil si tu crois que tu es indispensable à ma vie. On s'habitue à l'absence. J'ai déjà pensée le contraire, mais c'est faux, le temps prend le dessus, le temps efface tout, absolument tout, la douleur, les déceptions, tout. Alors efface moi, je m'y ferai, on s'y fera très bien tous les deux
C'est l'espoir qui me tue. Tu fais rien pour m'avoir mais tu ne fais rien pour que je t'oublie. T'es là tu fais ta vie, parfois tu m'ignores et parfois j'en fais partie.
Je me suis rarement sentie aussi abattue. Parce que la peur de te perdre devient réelle, concrète. Parce que tu menaces, toi aussi, de m'oublier, comme si rien n'avait jamais existé. Il y a une semaine, tu me regardais comme si tu m'aimais ; aujourd'hui, tu m'ignores comme si j'étais fantôme. J'ai mal, j'ai mal. Toutes mes cicatrices refont surface, mes erreurs passées resurgissent. Le passé redevient présent, ma douleur bien plus intense. J'ai besoin de toi, vraiment besoin de toi, comprends ça. Mais si tu ne veux plus me voir, si tu ne désires plus sourire avec moi, si tu ne veux plus converser avec moi pendant des jours, alors je te laisserai partir, je me laisserai tomber. Seulement, n'oublie pas ( même si c'est peut-être déjà fait ), que je n'ai jamais aimé quelqu'un autant que toi. Tu avais tiré un trait sur mon passé, maintenant je vais devoir me débrouiller seule ( si seule ). Merci, pour tous nos regards que je ne saurais oublier.

anonymous asked:

Nan mais j'étais sérieuse, quand je dis 'crache sur la fr*nce' je voulais dire qui parle des problèmes sociaux en France enfaite 😩

Aaaah désolée… Mais la dernière fois, j’ai reçu un gros troll par rapport à ça (avec un #DeathtotheFrench, genre j’allais tomber dans le panneau) , du coup je me méfie à chaque fois haha. 

OK, ce sont les deux qui me viennent à l’esprit parce qu’elles en parlent assez souvent sont @mamie-caro et @prenezcecouteau (si tu veux des blogs particulièrement centrés sur ces problématiques). Sinon des blogs qui sont plus “personnels” on va dire, @residentgoodgirl, @thepuppyclub, @catlovesmocalike, @princesse-tchimpavita, @orbitofdesire.. j’en oublie d’autres, j’en suis sûre (mais ce sont toutes des personnes géniales!) Il y a malheureusement pas beaucoup de gens sur tumblr de ce côté là, c’est plus actif sur twitter. 

peut-être qu'on en parle pas assez… parfois on se dit qu'on s'oubliera pas… et je sais que personne n'oublie mais ce qui nous tue au fond c'est ça, ces petites questions sur d'anciennes conversations qui reviennent la nuit quelques mois plus tard.
—  lespiquresaines
Tu ne peux donc pas traiter un esprit malade, arracher de la mémoire un chagrin enraciné, effacer les ennuis inscrits dans le cerveau, et, grâce à quelque doux antidote d’oubli, débarrasser le sein gonflé des dangereuses matières qui pèsent sur le cœur ?
—  William Shakespeare, Macbeth.
La solitude, elle se raconte. Elle hurle à la fenêtre, elle refuse, elle gémit, elle grimace : c'est l'histoire de l'intime abandon, celle des murs auxquels on parle à voix haute, des photos sur la table de chevet qui regardent le passé en face. Le silence n'est qu'une des formes de l'oubli et sa mauvaise conscience ; car rien ne va jamais de soi vers le néant.
—  jacques dor
Elle se penche sur moi
Le cœur ignorant
Pour voir si je l’aime
Elle a confiance elle oublie
Sous les nuages de ses paupières
Sa tête s’endort dans mes mains
Où sommes-nous
Ensemble inséparables
Vivants vivants
Vivant vivante
Et ma tête roule en ses rêves
—  Paul Eluard