on le savait mais pas lui

ILAN HALIMI

Je rentrais de soirée plutôt contente, je venais de rencontrer les copains d'un ami à moi, ils étaient sympas et ils me ramenaient en voiture. Quand le mec a côté de moi, que je venais de rencontrer, commence à parler des juifs. Il dit alors “les juifs ce sont des arnaqueurs, ils se font de l'argent sur le dos de tous le monde. En plus comme ils sont communautaires on a moins de clients car ils reste qu'entre juifs.” J'étais à l'arrière coincé entre lui et un inconnu, mon ami, le seul que je connaissais vraiment était assis devant. J'avais peur d'entrer en conflit dans cet endroit clos, mais j'avais une boule au ventre. Il ne s'arrêtait pas. Il continuait de parler de Dieudonné qui ne méritait pas son sort, qu'il avait bien raison, de toute façon. J'étais tellement mal à l'aise. Lui continuait à cœur joie, personne ne l'arrêtait, il commençait à parler des médias, complètement contrôlé par la communauté juive. Tellement contrôlé qu'une certaine affaire a fait plus de bruit qu'elle n'aurait dû, dit il. L'affaire de… Il ne se souvient plus bien, il parle d'un homme torturé.. Puis il me regarde et dis “ah oui il s'appel un truc comme David Halimi je crois”.
Je n'en pouvais plus. Je lui répondi enfin alors : “ILAN HALIMI, il s'appellait Ilan Halimi”. J'avais le souffle court mais j'essayais toujours de faire mine de rien, j'avais vraiment peur de ses réactions, mais je ne pouvais plus me taire. Je lui expliqua que je connaissais bien cet affaire, car en fait ma sœur allait à l'école à côté du magasin de téléphonie ou travaillait Ilan et qu'il avait été assassiné dans ma ville à quelques centaines de mètres de chez moi et j'ai enfin pu lui dire que moi je ne pensais pas que les médias en faisait trop. Alors il a demandé à mon ami en m'ignorant : “elle est juive ?”.
Mon ami lui répondi : “Non”.
Il savait très bien que j'étais juive, je ne sais pas vraiment pourquoi il a dit ça.. Me protéger ? En tout cas en partant cet homme, ne m'a pas dit au revoir.

Paprika

Renoncer et attendre

for @calimera62

Perceval de Galles n'a jamais été très patient, depuis tout petit mamie n'a pas arrêté de lui dire d'attendre, d'être patient et moins débile que ses vieux.

C'était pas toujours facile, mais même s'il se prenait une chasse une fois sur deux, il a toujours su que mamie dans le fond, elle avait pas tort. Donc, Perceval il a appris à être patient petit bout par petit bout, des fois il y arrive pas toujours, mais il essaie, il ne renonce pas. Renoncer il savait pas ce que ça voulait dire avant qu'Arthur lui explique un jour à table, avant qu'Arthur lui montre, bien plus tard, en abandonnant Excalibur, puis Kaamelott, puis la vie.

(Karadoc il a beau dire que le gras c'est la vie, et qu'il n'y a pas de plus belle chose que manger, Perceval sait que pour Arthur c'est pas pareil : il a plus mangé parce qu'il voulait plus vivre, il y a une grosse différence.)

Il aurait jamais pensé que son roi pouvait l'abandonner, lui aussi, alors que pendant la chevaliérisation quand ils ont juré au nom d'Uther le dragon, Perceval était sûr que quoi qu'il arrive, il resterait près d'Arthur, parce que c'est comme mamie, une fois sur deux il se prend une chasse, mais il est là où il doit être. Il se souvient qu'Arthur l'a serré dans ses bras une fois, et qu'il lui a dit qu'il aimait, à sa façon à lui, la seule fois où c'est Perceval qui a failli renoncer.

On abandonne pas les gens qu'on aime.

Donc, quand il l'a vu la dernière fois à Tintagel, tout pâlot, tout maigre, tout faible comme un oisillon, il a juste attendu. Il a veillé sur son Roi, écouté l'histoire de son rêve hyper classe sur l'espace, le Graal, et son vieux avec qui il a voyagé jusque dans une baignoire, et il a réajusté ses couvertures quand il s'est endormi. Parce que le rôle d'un chevalier, c'est pas d'être super fort au combat, même avec des nouvelles techniques, ou d'utiliser des grands mots hyper compliqués, c'est de protéger son roi. Quand il parle, on écoute, quand il a froid on le couvre…

Et quand il s'en va, on attend — même quand on sait pas où il est parti, ni pour combien de temps.

On ne renonce pas.

Les jours sont devenus des mois qui sont devenus des années… Perceval est pas fort en date, mais l'attente elle est pas dans sa tête, elle est dans son cœur. Et Arthur, c'est lui qu'a la plus grande place.

C'est le premier truc qui lui dit quand il le revoit — plus ridé, plus joufflu mais plus souriant aussi :

“Sire, je vous attendais, il y a toujours une place pour vous.”

Alors, le sourire de son roi s'élargit en même temps que le sien, et au lieu d'avoir à quémander un câlin, comme la dernière fois, c'est Arthur qui met son bras autour de ses épaules, et qui pose ses lèvres sur le front de Perceval — comme mamie faisait quand il était gamin et qu'il était tout triste.

“Les héros ne renoncent jamais, Perceval.”

-Pourquoi tu parles jamais de tes problèmes, hein?

-Parce que mes problèmes sont mes problèmes. J’écoute les gens pour les aider, pas pour qu’ils m’aident en retour. J’essaie de leur donner des conseils pour qu’ils résolvent leurs soucis, et de mon côté je m’inspire de ce que j’ai pu dire, de ce qu’ils ont pu faire, pour résoudre mes propres problèmes.

-Donc tu ne fais confiance à personne, pour ces problèmes, c’est ça? Ta souffrance, ta peine… Tu gardes ça pour toi parce que tu penses que ces gens ne peuvent pas t’aider? Tu n’as aucune confiance en eux, en nous?

-Non, ce n’est pas ça. J’ai confiance en vous tous. Et je sais qu’en retour, j’ai votre confiance. Voilà pourquoi je ne peux pas parler de ce qui me tracasse. Ce serait trahir la confiance de mes amis. Je suis le pilier qui les soutient, contre vents et marées, peu importe le problème, je serais là pour les soutenir. Et ils le savent. Et c’est la raison pour laquelle je ne peux pas me permettre de leur montrer que leur pilier peut vaciller parfois. Sinon leur confiance s’envolerait, et ils ne seraient plus mes amis. Je suis Atlas. Tu sais, ce titan qui a été puni par Zeus pour avoir aidé dans la guerre contre les dieux olympiens? Il devait porter le monde sur ses épaules… Enfin, ce n’était que le ciel, mais c’était un peu comme porter le monde. Moi, je crois qu’il l’a accepté. Il aurait pu refuser, et se faire tuer, ou s’enfuir. Mais Atlas a accepté son sort. Pourquoi? Parce que ce n’était pas une punition. Atlas a porté le monde non pas parce qu’il était puni, mais parce qu’il savait que Zeus avait confiance en lui pour cette tâche. Il en a fait son devoir. C’est pareil pour moi. Je ne porte pas le monde sur mes épaules, mais je porte mon monde. Mes amis. Ils me font confiance pour que je les soutienne, alors je le fais. Et au diable mes soucis.

Cette fille elle voulait marquer les esprits, qu'on se rappelle d'elle comme une grande scientifique ou alors un grand écrivain. Elle ne savait pas, elle avait du mal à savoir qui elle était. Elle doutait de tout mais surtout d'elle. Je pensais la connaître mais j'avais tord. Comment peut-on connaître quelqu'un qui ne se connaît pas lui-même? Je voulais l'aider, qu'elle ne souffre plus. J'en pouvais plus de la voir dans ses pensées, les larmes au yeux. Oubliant qu'elle vivait, où elle était. Mais cette fille là, elle ne voulait pas être aidée. Elle essayait d'être forte et indépendante. Elle pensait du coup qu'elle ne devait pas être aidée. Elle avait tord. Elle se sentait seule mais elle ne voulait pas qu'on s'attache à elle. En vérité elle voulait pas s'attacher à nous. D'après elle, on ne peut être aimé des autres avant de s'aimer soi-même. Mais encore une fois elle avait tord, moi je l'aimais. Je croyais en elle et en ses capacités. J'aurais voulu lui rappeler à quel point elle était une unique mais elle ne m'aurait pas laissé faire. Ce côté, têtue il me plaisait à moi. La façon qu'elle avait d'affirmer des choses complètement fausses, de vouloir tout contrôler, ça me rendait fou. Et puis, un jour elle est partie sans aucune raison, elle m'a laissé là sans explications. Elle avait décidé de fuir cette vie qui ne lui convenait pas, d'explorer un autre endroit. Depuis, son départ j'attends de ses nouvelles en vain. Elle m'a oublié alors que moi j'en suis incapable.
Alors elle veut marquer la vie des gens, je sais pas si elle va réussir mais ce qui est sûr c'est qu'elle a marquée la mienne

Je vais te tuer. Préviens tes amis et ta famille qu'on va te tomber dessus et appelle la police pour me retenir, je suis sérieux avec toi là
—  C'est un garçon que je fréquente depuis deux ans. J'ai compris il y a seulement 2 semaines en lisant les témoignages que c'est un pervers narcissique mais je n'arrive toujours pas à le réaliser. Je croyais être folle amoureuse de lui (il n'en savait rien) du coup j'ai finis par faire ma première fois avec lui. J'avais 15 ans, lui 17. Je n'étais pas d'accord mais je tenais à lui faire plaisir. C'était horrible. C'était il y a un an, et il est toujours là, à avoir une emprise sur ma vie, à m'harceler, me persécuter et me faire des menaces de mort. Cette phrase, il me l'a dit quand je lui ai enfin demandé de me laisser tranquille…
20:46

Ça m'énerve. Comme je suis encore mineure, je peux pas voter pour les élections, mais ma mère m'avait dit que comme elle ne savait pas pour qui voter, elle allait me faire un “vote par procuration”. Sauf que bim, comme elle veut pas payer plus d'impôts, elle va pas voter pour lui. Je sais que c'est son choix, mais j'aimerais pouvoir voter cette année.

Cette fille.

On s'était pas rencontrés comme dans ces films à la con, nous c'était en cours, on s'était retrouvés dans la même classe. Elle attirait pas vraiment les regards sur elle mais c'était pas une des filles qui n'a aucun ami et qui se la jouait mystérieuse pour avoir un peu d'attention. Elle avait quelques potes au lycée, pas de quoi en faire une fille populaire mais elle savait s'entourer pour connaître à peu près tout le monde et avoir toujours ce qu'il lui fallait. Au début de l'année c'était une personne tout ce qu'il y a de plus normale, elle arrivait en souriant et parlait de tout et de rien, c'était pas de ces élèves qui vont en cours parce qu'ils y sont obligés, non elle aimait ça, boire le savoir. Elle aimait tout connaître, apprendre, elle avait pas peur d'essayer même en maths et pourtant c'était pas la joie. Elle abandonnait pas, même si elle nous disait à chaque fin de cours « enfin », même si avant un test elle te balançait toujours la même phrase « de toute manière au point où j'en suis » au fond ça se voyait que ça la faisait chier de rater, elle était née pour la grandeur.

Puis est venu les premières vacances et là tout a changé.

C'était plus comme avant tu vois, elle était plus pareille. Elle s'était mise à fumer on la trouvait plus le matin sans ce bâton de tabac dans la bouche. T'aurais vu ses cernes, c'était des valises, j'avais lu dans son cahier de maths qu'au lieu de dormir la nuit elle regardait les étoiles et elle faisait des plans pour partir réinventer le monde et toucher la lune. Ouais parce qu'elle participait de moins en moins, elle s'était comme éteinte. Je crois qu'à l'intérieur d'elle y'avait un espèce de combat entre ce qu'elle était et ce qu'elle devenait. Un jour elle était tout sourire, putain mais elle était magnifique gars ! Son sourire c'était une merveille quand il était vrai, quand elle prenait un fou rire grâce à sa pote ou à cause de ce qu'elle foutait dans ses poumons, elle semblait s'évader, quitter cet univers pour être acceptée parmi les dieux mythologiques.

Merde j'avais oublié ! Elle était pas croyante cette meuf, quand elle apprit qu'un de nos amis l'était elle lui avait balancé à la gueule «  y'a que les cons qui croient. » et c'était ça le truc extraordinaire chez elle, toute sa foi elle la mettait dans l'humain et dans l'art, pourtant elle restait toujours très vague quand on lui parlait de ces sujets-là.

Et le jour d'après elle n'avait même pas pris la peine de se démaquiller.

Mais depuis l'hiver ça s'est empiré, elle venait de moins en moins en cours et elle ne mettait plus son parfum qui nous donnait pour seule envie de la suivre, désormais c'était le tabac froid à plein nez qu'elle dégageait.

Je me souviendrai toujours de ce jour où elle est arrivée dans un état lamentable, comme si c'était pas son corps, je crois que c'était le plus gros bad qu'elle est fait, enfin le plus gros bad que j'ai pu voir d'elle. Je l'avais chopée dans ce couloir et je lui avais dit de sourire, alors elle m'a répondue qu'elle souriait tout le temps, comme un con je lui ai demandée pourquoi il était plus comme avant, et je te jure qu'à cet instant quand elle m'a regardé droit dans les yeux avait un truc qui avait de différent, un appel à l'aide, un hurlement silencieux qu'entendrai un sourd, elle aurait pu redonner la vue à un aveugle avec son regard, je te jure la seule chose qu'elle a fait c'est de sourire en me montrant toutes ses dents et de partir pour ne revenir que la semaine suivante.

La semaine d'après elle s'est ramenée avec une longue bleue, on aurait dit une princesse tout le monde l'a regardait, ça me rendait fou, et le lendemain elle avait rappliqué presque en pyjama, comme si elle venait de sortir du lit et qu'on l'avait foutue là sans la prévenir.

Elle était en avance ce jour là assise devant le portail en train de fumer son putain de paquet. Elle était seule, ce qui voulait dire qu'elle pourrait me parler simplement, c'était le moment rêvé, je voulais parler de tout et de rien qu'importe, juste profiter de sa présence alors comme le plus grand des bouffons je lui ai sortie « La vie est mystérieuse. ». je crois que le plus frustrant après c'est qu'elle ne m'a même pas regardé, elle a juste déclaré « c'est l'époque où nous vivons qui l'est, la vie n'est pas mystérieuse simplement trop bruyante et compliquée, c'est une cacophonie que personne ne veut écouter. », ensuite elle a choppé son éternel sac à dos dégueulasse, qu'elle emportait dans ses soirées à la con qui craignent, tu sais ? Ces soirées où t'as n'importe quoi circulent et n'importe qui qui débarquent, pour le mettre sur ce qu’elle appelle sa veste mais qui ressemblait plus à un cahouet de marin breton et elle est partie, elle s'est de nouveau tirée, pour rentrer dans la voiture d'un type un peu plus vieux à l'allure de connard, et moi je suis resté là comme un débile, parce que c'est le cas j'en étais un, j'avais tout foiré avec elle encore une fois.

Aujourd'hui je sais même pas où elle est.

cette fille était un océan en pleine tempête qui s'était noyée dans son écume des jours heureux.

Fais moi confiance je sais ce qui est bon pour toi.
—  La phrase favorite d'un garçon que j'ai fréquenté pendant quelques mois. J'ai fais ma première fois avec lui. Elle n'était pas consentie mais “il savait mieux que moi ce que je voulais". J'avais 15 ans lui 18, j'ai nié la vérité longtemps puis l'ai refoulé pendant la fin de mon lycée. Je suis depuis ce jour incapable d'utiliser le mot qualifiant cet acte. J'ai des séquelles, psychologiques certes, de l'extérieur tout semble aller pour le mieux chez moi, mais en réalité je suis brisée et fatiguée de me battre. Je suis à la limite de pleurer à chaque fois que je lis des récits de jeunes filles à qui il est arrivé la même chose  alors pour elles et pour celles qui n'osent pas en parler : courage les filles, ils ne nous détruiront pas, ils ne voleront pas nos vies, nous sommes fortes, VOUS êtes fortes!
Parce que j’ai besoin de péter mon câble

“Tu aurais été une bonne amie si tu n’étais pas lesbienne.”

Je commence, sérieusement, à en avoir assez des remarques sur mon orientation sexuelle (attendez, en plus j’ai que 15 ans et j’ai aucune expérience de couple ou sexuelle les gars ! Elle est pas encore définie !).

Très bien, je suis dans une établissement privé catholique. Mais excusez-moi, mais la religion catholique ainsi que les “enseignements” de la Bible ne sont pas le pilier de vie et de fonctionnement de la France ! Et encore heureux je suis athée ! Dans mon lycée il y a des catholiques, des protestants, des musulmans, des shintoïstes, des athées etc etc. L’école nous prend par rapport à notre comportement et non notre religion et/ou notre opinion. Je respecte que des gens ne soient pas favorable à l’homosexualité/bisexualité, mais quand-même.

Au début de l’année, personne ni-même moi, ne savait que j’allais tomber amoureuse d’une fille de ma classe. Personne ! Cela ne m’a pas empêché de me faire des amis. Quand je me suis rendue compte que j’avais des sentiments pour une autre fille, j’ai commencé à douter et à être mal à l’aise de garder cela pour moi. J’en ai donc parlé à ma meilleur amie, qui est allée le répéter au petit copain de cette fille, qui est allée le répéter aux gars qui sont en internat avec lui, qui sont allés le répéter à d’autres gars, ETC. Putain mais les gars ! Je suis toujours la même ! Qu’est-ce que cela peut faire que j’aime les filles ou les gars, ou les deux même ? Eh bien selon un ami, j’aurais été “une bonne amie si je n’étais pas lesbienne”. Quoi ? La blague, on s’apprécie énormément et depuis qu’on est venu lui raconter MA VIE (à mon insu, sinon c’est pas drôle) c’est bon je ne suis plus quelqu’un d’appréciable, je suis une tâche, une hypocrite, quelqu’un de toxique. Très bien.

Ensuite on notera les propos déplacés. Alors je ne sais pas (ou plus) si c’était dit sur le ton de l’humour, mais le petit ami de la fille que j’aime a répondu ceci à ma meilleure amie :

“Pourquoi ma meuf ? Toujours elle. On va pour un plan à trois ?!”

J’espère bien que c’était le ton de l’humour, et encore c’était très déplacé. Je ne suis pas un jouet, un sextoy, un vide-couilles, un vide-tout-ce-que-tu-veux. Je suis une fille, une ado de 15 piges, un être humain doté de raison, d’émotion, d’une personnalité, de sentiments. Pas une paire de seins, de fesses avec un vagin (ou “chatte” dans le milieu). Y a pas écrit “pute gay” sur mon front, il n’y a rien d’écrit d’ailleurs et tant mieux, parce que se coller mutuellement des post-its sur le front, c’est quand tu joues au Devine Tête ! Et vu comment tu as pris ma sexualité pour un jeu, j’aimerai bien te faire remarquer que la tienne est un désastre, comme pour la plupart des gars de mon âge avec tout ce que j’entends.

Merci, j’avais besoin de gueuler un bon coup, parce qu’au delà de ça, j’ai le droit d’aimer qui je veux et je ne l’ai pas choisi. Je ne vais pas insulter ceux qui ne sont pas comme moi (ce qui revient à insulter tout le monde), ni les rabaisser. Un peu d’humanité n’a tué personne.

Et aussi, même si c’est pas méchant, dire ne pas être contre une fille bi ou gay, c’est capter ça h24 dans ta façon d’aimer. Mais c’est un détail, un tout petit.

Elle était amoureuse de toi, et tu le sais tu l’as toujours su, dans la façon dont elle te regardait, la façon qu’elle avait de faire semblant de ne pas te voir, parce que bien-sûr que t’étais la première chose qu’elle voyait dans la pièce en arrivant. Tu sais elle n’avait jamais osé parler de ses sentiments, elle était pas douée pour ces choses mais toi c’était différent, si elle disait rien ça l’aurait tué, ça l’a tué déjà. Et toi la seule chose que t’as fait avec tous ces sentiments pour toi, tu les as juste ignoré, comme on ignore des gens qui n’ont pas d’importance lorsqu’on passe devant, n’avait-elle aucune importance pour toi ? Tu pouvais pas lui faire ça, elle est pas si forte que tu crois, elle fait semblant parce que toute sa vie on lui a dit d’être forte mais elle faisait comme si elle était, c’est juste qu’elle montrait pas ses fêlures, mais à toi elle n’a pas hésiter parce qu’elle avait confiance. T’as agis comme un idiot, je veux dire ont sort pas de la vie des gens comme tu l’as fait, surtout vue comment t’es arrivé, je veux dire non. Alors non elle t’en voulait pas, même si je pense que ce détail ne t’intéresses pas. Elle t’en voulait pas parce qu’elle t’aimait, ça grever les yeux putain, je peux pas croire que tu ne l’es pas compris. Elle n’aurait jamais pu t’en vouloir alors elle s’est mis à s’en vouloir. De quoi ? D’avoir crue que tu pouvais l’aimer, d’avoir était aussi stupide, et évidement que au fond elle savait qu’elle devait pas s’en vouloir, elle le savait, mais t’arrêtes pas ces voix qui sont dans sa tête. T’étais l’être le plus extraordinaire qu’elle avait rencontré et elle avait fini par oublier à quel point elle était extraordinaire. Elle avait fini par oublier toute ces choses géniales qu’elle était. Alors oui il lui aura fallu du temps, du temps pour respirer à nouveau, pour voir des choses sans lui, elle n’avait pas de regret, elle avait essayé pour la première fois de sa vie, elle avait suivi ses propres conseils. Elle arrêtait pas de dire que maintenant elle ne l’aimait plus, mais elle le disait tellement que dans ces mots que tu pouvais comprendre qu’une partie d’elle l’aimais toujours un peu, et l’aimerait toujours un peu, et elle avait aucune idée de comment faire pour arrêter de penser à lui. Alors elle continuait quelque fois.

À la base, il n’avait pas voulu sortir. Il aurait préféré rester chez lui, à se lamenter sur son sort, et à se renfermer sur lui-même. Et puis, il ne savait pas trop pourquoi, mais il s’était finalement retrouvé à cette fameuse soirée. Son pote l’avait trainé là, et avait disparu pour s’amuser avec d’autres gens plus marrants que lui. Il était donc assis dans un fauteuil, dans un coin, sa cinquième bière à la main, à regarder les gens autour, sans oser se lever pour se tirer de là. En vérité, il regardait cette fille, qui dansait, seule, n’importe comment. Elle avait l’air complètement saoule, ses mouvements étaient désordonnés, et pas du tout en rythme avec la musique. Elle n’était pas spécialement belle, mais, avec l’aide de l’alcool dans ses propres veines, il était hypnotisé par cette fille. Elle avait l’air de se sentir vraiment bien, et il en était terriblement jaloux. Lui aussi aurait voulu se sentir bien. Il la dévorait du regard pour essayer d’absorber de son bien-être. Évidemment, ça ne marchait pas.

Il descendit le reste de sa bière d’une traite, soupira, puis ferma les yeux. Il avait envie d’être ailleurs. Peu importait où. Ailleurs. Contrairement à d’autres, la découverte de son cancer lui avait donné envie de disparaitre sans délai. Il ne voulait ni souffrir, ni imposer sa souffrance aux autres, à ses proches. Les yeux fermés, il ruminait sa colère. Les gens allaient continuer à vivre, heureux et préservés, tandis que lui allait crever comme un chien. C’était injuste. Il fût tiré de ses pensées par la sensation d’une main posée sur son épaule. Il ouvrit les yeux, et, à sa grande surprise, la fille était là. Elle ne souriait pas, n’était pas triste non plus. Elle lui prit simplement la main et lui dit de venir. Il ne savait pas trop pourquoi, mais il la suivit. Ils sortirent. Dehors, elle prit une grande inspiration, regarda à gauche, puis à droite, et se tourna vers lui:

“Gauche ou droite?

-Hein?

-Gauche ou droite? Choisis!

-Euh… Gauche?”

Et ils s’en furent vers la gauche. À chaque carrefour auquel ils passèrent, ils firent le même rituel. Il ne savait pas trop où ils allaient, mais elle lui donnait l’impression d’avoir de nouveau du contrôle sur sa vie. Il faisait des choix, à chaque carrefour. Il choisissait le chemin qu’ils prenaient. Cette ballade nocturne, dans Paris, c’était une métaphore de la Vie.

Ils arrivèrent finalement en bas de la butte Montmartre. Elle demanda s’ils devaient monter, et il dit oui. Ils montèrent les marches, et il décida, une fois en haut, de s’asseoir par terre, face à Paris, la ville lumière étendue à leurs pieds. Elle posa sa tête sur son épaule, et demanda:

“On est bien, non?

-Oui, on est bien, dit-il, tout sourire.

-C’est mieux.

-Mieux?

-Oui, mieux. T’avais l’air triste, tout à l’heure. Je sais pas pourquoi, mais je m’en fiche. T’as des soucis, et t’es triste. Mais, tu vois, ce soir, pour venir ici, t’as choisi. C’étaient tes choix. C’est pareil pour la joie et la tristesse, c’est toi qui choisis. T’es triste parce que tu l’as choisi. La douleur est inévitable, mais la souffrance, elle, c’est juste une option. T’as peut-être mal, mais il suffit de choisir la joie, et tu seras bien, comme là.”

Oui, se dit-il, étonné qu’elle ait fait ça uniquement pour en arriver là. Oui, ils étaient bien.

dans son regard elle avait retrouvé l'équilibre déséquilibré.

elle avait posé ses mains sur ses oreilles,
elle avait hurlé dans un langage que personne ne comprenait,
elle serrait les poings, elle enfonçait ses ongles dans sa chair,
jusqu'à saigner, jusqu'à pleurer, jusqu'à s'péter les dents à force de les faire grincer,
elle criait
“dégage, putain, dégage, dégage, dégage, […], dégage.”
et lui la regardait, les bras ballants, la gorge sèche, les larmes absentes, il pleurerait ce soir, ouais, quand les lumières seraient toutes éteintes et que le noir engloutira petit à petit chaque parcelle de la pièce comme de son âme.
il la regardait, debout, là, devant elle,
il regardait ses yeux fermés et toutes les petites rides autours, il regardait le mouvement de ses lèvres, il regardait ses phalanges devenir blanches à force de trop serrer.
et il l'aimait.
il l'aimait et il voulait lui dire, d'une voix brisée, lui murmurer,
il voulait lui cracher que c'était de sa faute tout ça, qu'elle a débarqué comme ça, qu'il a rien pu faire, qu'elle lui a dit “j'vais t'sauver” et qu'elle l'a sorti d'là, de toute cette merde, cette spirale sans fin, ce goût de destruction,
il voulait lui dire tout ça, qu'elle foutait le feu à l'intérieur de lui, que son cœur cramait à chaque regard, que sa lèvre pissait l'sang à force de d'la déchirer avec ses dents, il voulait lui dire, ouais, qu'elle le rendait dingue, putain,
elle le rendait barge,
il en avait rêvé de lui dire
“ j'deviens déglingué, j’t'attends sans arrêt, j'marche et j'tourne en rond, j’t'attends sans arrêt, t'es pas là putain, t'es pas là, j'regarde à la fenêtre à chaque inconnu qui passe, j’t'attends sans arrêt, t'es pas là putain et j'en crève, tu comprends ? y a ce truc qui me dévaste en dedans, comme si tu empoignais mes poumons de toutes tes forces, et t'es pas là et j’t'attends, le monde tombe, j'passe des heures à fixer l'plafond blanc pour redessiner tes sourires,
j'passe des nuits à lutter contre la folie,
j’t'attends, j'passe mon temps à faire ça. tu n'viens pas putain, t'es pas là. ”
il voulait lui dire qu'elle le rendait malade.
que c'était trop grand.
que c'était trop. mais qu'il voulait la prendre dans ses bras, qu'elle pouvait bien lui foutre des coups d'poings, des coups d'têtes, des coups d'dents, qu'elle pouvait bien s'écrouler, lâcher prise en s'agrippant à lui comme si c'était sa vie, qu'elle pouvait faire tout c'qu'elle pensait, il voulait lui faire comprendre, à elle, qu'il ne la lâcherai pas, parce qu'il en est incapable, parce que tout, sans elle devient inanimé.
mais il la regardait, les bras ballants, se faisant violence pour ne pas pleurer.
elle avait ouvert les yeux, elle savait.
elle sentait aussi, l'ouragan, la tempête, le sentiment trop grand pour eux,
elle savait qu'avec cette chose il serait toujours dans le « trop ». elle savait.
et lentement les tremblements s'arrêtaient, et doucement elle relevait la tête.
et délicatement c'est elle, la petite, la minuscule et l'orage, c'est elle qui le serra de toutes ses forces.
parce que peu importe ce qu'il se passera demain ou même ce qu'il se passait hier,
elle savait que c'était lui,
le foutu sens à ce bordel insensé.

C'était le genre de petite salope que tu pensais ne pas pouvoir approcher, par dégoût de sa bouche ayant traîné dans toute la ville, mais dès qu'elle te disait un mot, toute cette saleté que tu avais construit dans ton imagination s'avérait fausse, car l'innocence que dégageait sa voix te brisait les côtes. Elle était folle, je l'ai su à son regard, à ses yeux, ses gestes, ses mains, son corps, son âme, sa manière d'allumer trois clopes à la suite, dans l'espace de 10 minutes alors que tu n'avais toujours pas fini ta première. C'était comme la folie en personne, elle pouvait se taire, rester silencieuse et ouvrir la bouche soudainement en exubérant sa sociabilité et son humour d'un autre monde. Elle riait comme si elle allait mourir, souriait comme si la vie était belle, et te regardait comme si t'étais Jésus uniquement parce que tu pouvais lui apporter ce qu'elle n'avait jamais eu. Petite conne que j'aie aimé, de la première seconde à son dernier putain de souffle. Elle et ses théories, ses théories sur la vie. Elle oubliait qu'elle n'avait que 17 ans, elle pensait vivre dans un tornade, qu'elle avait tout vu, tout vécu, tout ressenti. Je me souviens encore, de toutes ses paroles. Quand on marchait ensemble, la nuit sous les lampadaires éclairés, dans le froid. Dans ce putain de froid que seule, elle, pouvait effacer. Elle faisait naître Dieu un matin, pour le tuer au lendemain. Sous prétexte que sa vie est misérable, elle avait toujours une raison de se plaindre, d'être malheureuse. Elle prétendait toujours le contraire, mais je le savais. Je vais bien me criait-elle les larmes aux yeux avant de s'allonger sur le sol de ma chambre avec un joint entre les lèvres, pour y rester pendant des heures, sans rien me dire. Et je ne disais rien. Ce qui m'importait c'est qu'elle était là. Elle aimait tout le monde, personne n'était méchant, tout le monde méritait sa chance. Elle avait développé une théorie sur la folie, selon laquelle tous ces pervers, psychopathes, alcooliques, toxicomanes que l'ont voyaient défilé dans les rues de mauvais quartiers, ou dans le métro, n'étaient pas fous. “Je ne comprends pas comment l'on peut considérer une personne comme folle, à partir du moment où elle a réussi à s'habiller”. Elle me faisait rire, cette gamine. Elle ne croyait pas à l'amour, prétendait que jamais personne ne l'avait aimé alors qu'autour d'elle, de misérables garçons s'agenouillaient dans l'espoir d'un retour. Pendant ce temps-là, elle s'agenouillait auprès d'autres, de tous ceux qui ne voulaient pas d'elle. Pour se consoler, elle se faufilait dans les draps d'abrutis, pour oublier, pour ne pas s'attacher, car elle mendiait de l'amour, alors que ce n'était qu'une flippé. Elle haïssait l'amour, ce continent inconnu, sur lequel elle n'osait pas foutre les pieds. Elle préférait l'éphémère, la chaleur humaine, l'instantané qui s'effacerait, juste le temps de se sentir en vie, regardée, appréciée. Elle se plongeait toujours dans des illusions car sa réalité était noire. Pourtant, elle croyait au destin. Tout ira bien, je n'avais pas besoin de le lui répéter, elle le savait même en hiver. Elle était folle, je te dis. Parfois elle dansait pendant des heures avec moi, en riant, j'en avais mal au ventre. Elle voulait s'en aller, et elle disparaissait des mois entiers. Avant de revenir, avec sa cigarette entre les lèvres et qu'un mot: désolée. Je la giflais, elle ne disait rien. C'était un corps mort dans une âme vivante. Un jour, elle s'en est allée, et elle n'est jamais revenue. Je le sais, parce qu'elle se croyait immortelle, mais voulait mourir. Je crois qu'elle essayait de se prouver quelque chose. Je ne l'ai jamais retrouvé, mais parfois la nuit quand je ne dors pas, je la vois allongée à côté de moi, et elle s'excuse encore une fois.

Il est tard, ce soir, et mes pensées fusent. Je pense à mon présent et je ne vois que de l’ennui. De l’ennui, à perte de vue. De la morosité, à perte de vue. Et dire que je me pensais roi du monde, meilleur que tous et destiné à quelque chose de grand. Finalement, je ne sais pas quoi faire. Tout m’ennuie. Les livres, les jeux vidéos, les séries. Petit à petit, je me sens sombrer. Chaque jour, je me sens un peu plus seul, malgré ces gens qui m’entourent et ces amis qui m’aiment et cette famille qui me soutient et cette fille que je désire et qui me désire. Rien n’y fait. Lorsque je suis seul, vraiment seul, à la maison, je bois. Parce que ça m’occupe. Parce qu’après, les choses que je fais sont tout de suite plus amusante. Je ne bois pas beaucoup, non. Juste assez pour que la brume vienne enlacer mes sens, pour que je me sente bien. Ce soir, il est tard, et je n’ai pas bu. Je vagabonde sur internet, me demandant ce que je fais encore sur cet ordi de merde à une heure pareille. Je visite des forums, me dit qu’ils sont intéressants, puis réalise que je n’ai pas le courage d’y participer. Il y a des millions, des milliards de sites sur internet. Et je visite tout de même toujours les dix mêmes. Je pose l’ordinateur. Je voudrais mettre de la musique, mais ça réveillerait mes parents. De la musique sur l’ordinateur, avec les écouteurs? Ah oui. Oui. Mais quoi? Rien ne me fait envie. Toujours cette non-envie, ce sentiment perpétuel que rien ne vaut la peine d’être fait. Puis je viens ici. Et j’ai envie d’écrire. De vous parler. Déjà l’heure du 200ème billet. Et bientôt 1700 personnes qui suivent ces mots que je mets bout à bout pour fabriquer des histoires, des sentiments, des souvenirs… Je me dis que j’aimerais rencontrer chacune de ces personnes, puis je réalise que ça ne changerait probablement rien à mon ennui. Je souris avec amertume en repensant à ce projet de livre que j’avais, et que j’ai abandonné depuis presque 9 mois maintenant. Ou plutôt, que j’ai oublié, dans un coin de mon ordinateur. Je repense avec un large sourire moqueur à cet idiot que j’ai rencontré en faisant du rôle-play, qui voulait écrire un livre, mais qui ne savait pas conjuguer les verbes ou les participes passés… Et puis, finalement, je me ravise. Lui, il avait la motivation. Moi, j’ai peut-être l’orthographe, j’ai peut-être les images et les sentiments. Mais est-ce que j’écris? Non. C’est un peu du gâchis, me chuchote mon ego. C’est dommage, répond ma sincérité. Trop tard, continue mon défaitisme. Tu es con, chantent en cœur tous les aspects de ma personnalité. Je m’ennuie alors j’écris, sans but. Simplement… Pour parler. Avec l’espoir fou et irréel qu’après, ça ira mieux. Mais, au moins, je commence à fatiguer. C’est déjà ça. Tant que je dors, je ne m’ennuie pas. C’est déjà ça.

C'est une bonne personne, tu sais et dès que je l'ai vu, j'ai senti ce coup de foudre, cette coupure de courant à l'intérieur de moi. Il me faisait un effet impressionnant rien qu'à le regarder. Personne avant lui savait m'foutre autant d'étoiles dans le ventre. J'ai saisis ma chance quand l'occasion s'est présenté, bien évidemment. Mais j'sais pas, c'est tellement fragile qu'sa pourrait se casser à tout moment. Puis, j'veux pas être celle qui ramasse les morceaux mais j'ai pas vraiment les mots. Il me rend dingue. Sa façon d'être, c'est pas tout le monde. Tu vois, il est juste unique, impressionnant et si parfait. Parfait parce qu'il n'essaie pas d'être quelqu'un d'autre mais seulement lui, à partir de ça, ses qualités et ses défauts ne comptent plus. Le seul problème, c'est qu'il ne me manque pas tout le temps. Et le plus horrible, c'est que je pourrais vivre sans lui. Quand les gens me demande si je suis amoureuse, je leur ris au nez. Et je gâche tout pour des sentiments que je connais plus, des émotions que je ne vois pas. Je ne sais plus aimer, c'est affreux, je ne sais plus aimer, mon dieu. Je vis une relation à un sens. C'est salement triste de me regarder passer à côté de lui. Être dans l'incapacité de ne rien pouvoir faire parce que l'on a tout donner. Avoir espérer un cœur guérit alors que ce n'est que le début du saignement.
Elle rêvait de romance et de liberté. D'un amour à la passion destructrice, d'un désir l'un pour l'autre à l'égal d'un incendie ravageur. Elle savait bien que l'amour c'était compliqué, que quand le cœur se mêlait à la raison, il ne s'en échappait que confusion. Elle a vu Romeo mourir pour Juliette, Alfred de Musset et George Sand se séparer maintes et maintes fois, mais ce qu'elle ne savait pas c'est que quand on se liait cœur et âme à ceux d'une autre personne, ce lien restait intouchable. Elle ne savait pas qu'elle continuerait à chercher son visage partout et ce même dans une foule de monde, qu'elle chercherait ce “petit truc” qu'il faisait en embrassant en chaque garçon qu'elle embrassait. Que la seule chose qui le sortirait de sa léthargie en prenant le métro, ce serait de passer près de quelqu'un qui sentait comme lui sans savoir qui c'était, si ce n'était pas lui. Qu'en s'endormant, le frisson qu'elle ressentait parcourir son dos était en fait un écho d'une caresse lointaine de celui qu'elle aimait encore et toujours.
—  Et avec un amour comme ça, on continuera de s'aimer même dans les vies prochaines.
I’ll be gone in a day or two

Louis en a marre. Enfin non, il s’éclate, vraiment, mais est-ce qu’ils ne sont pas censés… travailler ? Et ceux qui sont là en invité, est-ce qu’ils ne sont pas censés être de grandes stars mystérieuses ? Parce que pour l’instant, il a juste vu Liam Payne calmer la crise de nerfs d’un candidat, et Daisy Lowe lui mettre discrétement ses seins sous les yeux pour voir si c’était le genre de choses qui l’intéressaient. Et Louis n’est même pas sûr de devoir être flatté, elle avait juste l’air curieuse pour être honnête. Louis se lève de la table après avoir rigolé de la blague de Zayn sur une tapisserie, et essaye de retrouver le chemin de sa chambre. Honnêtement, il se perds içi, il ne savait même pas que Londres avait des appartements assez grands pour autant de monde. Ni qu’il allait se retrouver à Londres, d’ailleurs. Est-ce qu’il n’aurait pas du aller à l’autre bout du monde, comme les autres candidats ? Louis tombe devant la grande star de la soirée, Nick Grimshaw, dans le couloir, et hausse d’un sourcil. Il n’a pas vraiment eu l’occasion de le croiser depuis le début de la semaine, et s’en accomodait très bien, mais il lui laisse quand même le passage. “Alors, on s’amuse ?” Louis demande avec un grand sourire moqueur, sachant qu’il joue à merveille le rôle du gamin insupportable. Lottie lui avait dit d’arrêter pourtant, mais c’est beaucoup trop façile. “Vous manquez à la table, vraiment, vos amis vont commencer à vous oublier.”

Je n'arrive plus à rien.
Je n'arrive plus à écrire
Je n'arrive plus à manger
Je n'arrive plus à penser
Et même si je ne peux plus penser
Je n'arrive pas à l'oublier.
C'est un véritable cauchemar,
il n'y a plus rien qui va
et pourtant tout devrait aller pour le mieux.
Vous voyez moi-même je me contredis
ma vie est construite sur des paradoxes,
je vis pour mourir,
je me détruis pour tenter de vivre.
Et ils appellent ça une vie ?
Moi j'appelle ça un enfer,
un gouffre
un brasier.
Un peu tout ce que tu veux finalement
depuis que tu m'as laissée entre ses mains.
Vous voyez les meilleures personnes ne devraient pas avoir le droit de mourir,
et moi je ne devrais pas avoir le droit d'exister,
c'est contre productif
parce que vous savez il se battait pour le mieux,
et en pleine nuit, on lui a retiré ce droit aussi.
Mais pourtant il savait tellement mieux faire tout cela que moi.
Lui, il était né pour ça
et je sais ce que vous allez me dire
que tout le monde est né pour vivre
mais moi je peux vous répondre ce soir
que non.
Indubitablement non.
Survivre sûrement
mais peu sont les personnes ayant réellement le don d'exister
même à travers la mort
et tu étais de ceux-là.
Le UA Poudlard

François avait toujours été fier de représenter les valeurs de sa maison. Les jaunes et noirs! Les vaillants Poussouffles! Toujours gentils, honnêtes, bosseurs, et dégotant toujours la meilleure bouffe à la ronde! Et il ne pouvait s’empêcher de se dire, alors qu'il envoyait prévenir le cuisinier personnel de l’Élysée que ce soir, il mangerait dehors dans la meilleure brasserie de Paris, que oui, décidément, il représentait bien au moins une de ses valeurs.

Dans la voiture qui le menait a cette fameuse brasserie (non, pas un grand restaurant cinq étoiles, lui était un français normal, bon dieu), il repensa a tout ce qui avait pu le mener ici. Personne n'avait cru au Poussouffle du fond de la salle, le petit gros que personne ne voulait dans son équipe parce qu'il savait a peine tenir un balais, le Né-moldu qui arrivait a grand peine a faire un Experliarmius en 7e année. Mais il s'était acharné. Il avait travaillé. Il avait suivi de longues études, avait appris a manier la baguette, et retournant en France, à en fabriquer lui-même. Puis, fort de son enseignement magique et pâtissier, il avait commencé a introduire le concept de la Baguette de Campagne, une baguette magique faite uniquement du bois de nos campagnes, pour promouvoir l'artisanat français et redorer les valeurs du terroir. Avec plus de 40 emplois crées, il avait ainsi fait le buzz, et avait décidé de se lancer dans la politique, pour faire le bien. Car c'est le but ultime de tous les Poussouffles.

La voiture était arrêtée à un feu rouge. La tête collée a la fenêtre, François soupira, et cela créa un halo de buée contre la vitre. Il tenta de l'effacer avant que qui ce soit ne le remarque, mais il ne parvint qu'a ne faire des traces dégueulasses sur la vitres. Ses épaules s’affaissèrent. Elle, elle aurait su quoi faire. Il se rendit brusquement compte de la pensée qu'il venait d'avoir, et découvrit par la même occasion qu'il ne savait même pas de qui il parlait: Sego? Vava? Peut importait de toute façon! Il s'en voulait d'avoir eu cette pensée. Il n'avait plus besoin de ces femmes! Pendant des années, il s'était entouré d'anciennes Serdaigles, pensant améliorer son intelligence et son image par ce geste. Il avait eu tellement tors! Qui eu cru qu'il n'avait en réalité jamais eu besoin de réflexion, mais d'action, pas d'aigles, mais de griffons, et d'un griffon en particulier…

Le feu passa au vert et la voiture reparti. En regardant les lampadaires défiler, François se mit a rêvasser à ce jour ou il s'était débarrassé de Sego, et qu'il avait commencé a s’épanouir par lui même. Comme un bouton de fleur éclosant au printemps. Ce fut a ce moment qu'on lui avait proposé de se présenter pour le poste de Président de la République, ainsi que Président du Conseil Magique du Peuple Français. Il avait hésité, d'abord timide, puis l'avait envisagé. Quelle revanche incroyable sur la vie! Quelle revanche su tout ceux qui lui avaient dit que un Poussouffle ne pourrait jamais rien faire! Alors il avait bossé. Beaucoup bossé. Après un effort dur et long, et y était arrivé. Et avait découvert autre chose de dur et long.

Bien sur, au début, il ne s'agissait que de regards, de signes de têtes, de poignées de mains durant une seconde de trop. Il ne pouvait pas se permettre de plus grande démonstration d'affection. Mais les poignées de mains s'étaient changées en tapes sur l’épaule, les discussions s'aventuraient en dehors du travail, et bien que peu de sourires aient pu en témoigner, il semblait que quelque chose s'installait.
François avait tout fait pour s'en dissuader. Il agissait de même avec tous ses ministres, celui-ci n'était pas différent! Pourquoi ressentait-il alors ces papillons dans le ventre dès qu'il lisait son nom sur la liste du prochain meeting? Pourquoi cette joie soudaine lorsqu'il reconnaissait son pas dans un couloir? Il avait finalement abandonné. Il aimait.

Ce fut une torture, de ne pas pouvoir plus se rapprocher de son amour. François ne pouvait en effet passer trop de temps avec lui, car il s'agissait d'un ministre parmi tant d'autre, d'une tête éloignée de la sienne sur les photo officielles, et plus important encore, c’était un moldu. Jamais François ne pourrait être entièrement honnête avec lui, et ça, ça lui brisait le cœur. Alors il se contentait de l'observer de loin. De lui sourire. De lui accorder un plus gros budget. Oh, pas de quoi en alarmer les autres, mais assez pour le rendre heureux. Et son bonheur était tout ce qui comptait. Il voulait, il avait besoin, de plus en plus, d'être en tête-à-tête avec lui. Juste… observer son profil droit, sa tête carrée, ses smokings impeccable et cette bouche dont la moue perpétuelle était si tentatrice… L’atmosphère se remplissait alors d’électricité, et François avait du mal a se refréner dans des moment si intimes. Mais leurs fonctions respectives les avaient tenus éloignés, et le Chef de l'Etat ne pouvait l'autoriser. C'est alors que l'Idée lui vient. La Grande Idée. Il l'avait proposé au parti, mais en vrai, sa décision était déjà prise. Il allait le nommer Premier Ministre.

Ce fut tout ce que François espérait. Les têtes-à-têtes permanents, les entretiens, les secrets, les regards entendus. Mais la souffrance s'empirait à chaque minute qui passait, car il voulait tout lui dire, tout. Il avait envie de le plaquer contre un mur et d'embrasser chaque partiel de son corps, ou lui même de subir ce traitement, il n'était pas encore fixé. Il voulait partir avec lui, vivre de croissants et d'eau fraiche, loin de toutes ces responsabilité. Mais il était Chef d'Etat maintenant, et il ne pouvait pas se le permettre. Alors il se contentait d'une poignée de main, d'un “à demain!” et restait, à la fin, seul dans son bureau.

Se faufilant dans les rues de Paris, François se demanda combien de temps ca aurait pu durer. Des années, voir des décennies, probablement, et rien qu'a cette idée, il soupira tristement, ravivant de ce geste les traces faites précédemment sur la vitre. Heureusement, cela avait changé. Et François n'était pas peu fier de le dire, c'était grâce a lui. A la fin d'un meeting, il avait malencontreusement fait tomber un stylo tout-à-fait par inadvertance à l'insu de son plein gré, et le Premier Ministre, gentleman qu'il était, s'était penché pour le ramasser. Le Président, légèrement moins gentleman, en avait profité pour l'observer avec attention sous cet angle intéressant. Ou pour le dire plus simplement, le mater ouvertement. C'est alors qu'un détail avait attiré son attention.

Un détail inespéré.

Un détail que jamais il n'aurait pu deviner.

Un détail, mais qui allait tout changer.

De sa poche dépassait une Baguette de Campagne.

La joie qu'il ressentit a ce moment là lui arracha un cri. La raison de ce cri se retourna, et encaissa le choc de 80 kg de Président Français fonçant sur lui pour le serrer dans les bras. François lui avait tout dit, fiévreusement. Les yeux du Premier Ministre s'étaient mis a scintiller,  et les deux hommes s'étaient embrassé passionnément. Puis ils l'avaient fait trois fois sur le tapis de l'Elysée.

François en était a ce moment dans ses réflexions lorsque la voiture s’arrêta. Il baissa la vitre afin que personne ne note l’état de sa fenêtre, sorti du véhicule et observa le restaurant. La voiture reparti, mais le Président ne pouvait s'en soucier moins. Sur le seuil se tenait l'homme le plus magnifique au monde, un bouquet de fleurs dans une main et les plans de budget du mois prochain dans l'autre. L'homme d'action et de bravoure, le Gryffondor en armure scintillante, celui qui aurait pu dire chocolatine sans se faire vire du gouvernement, l'attendait.

François s'approcha, et déposa un tendre baiser sur les lèvres de Manuel. Son Manuel.

J’ai de la chance. 

J’étais tranquillement dans mon bain (en vrai j’y suis toujours, c’est pas évident de taper avec deux bras en dehors de la baignoire mais rien que pour l’expérience je me force) en train de mater un épisode de iZombie quand une scène entre Liv et sa mère est arrivée. Comme d’hab, la mère a tenté de faire entendre raison à la fille et s’est permis de faire des remarques sur ses choix de vie en se justifiant par un “je suis ta mère, c’est mon rôle”, et ça m’a fait réaliser que j’ai de la chance.

En vrai, je le savais déjà, mais disons que ça le confirme.

Ma mère ne s’est jamais comportée comme ça. Et elle le prouve tous les jours depuis quelques mois, en suivant tous mes rebondissements et les diverses opportunités qui me passent sous le nez ou que je choisis de refuser pour des raisons de convictions personnelles et de rêves, en me laissant faire et en s’abstenant de trop influencer mes décisions.

Encore hier, pendant sa soirée d’anniversaire, elle me disait qu’elle apprenait de plus en plus à me laisser faire et à se taire. Elle commence à me connaître, m’a-t’elle dit, et elle sait comment je fonctionne. Je parle beaucoup. Quand quelque chose m’arrive, quand une opportunité me tombe dessus ou qu’une idée nait dans mon cerveau, il faut que j’en parle tout de suite, que je pèse le pour et le contre à haute voix, face à quelqu’un, et c’est très souvent sur ma mère que ça tombe. Du coup, maintenant elle se retient de trop donner son avis sur la question parce qu’elle sait que quelques jours plus tard je vais revenir avec une autre conclusion, après avoir réfléchi, et que je ne ferai pas toujours le choix le plus attendu.

Ce qui compte pour elle, c’est que je sois heureuse, que je kiffe ce que je fais, et que je sois capable de l’assumer. Hier elle m’a dit que le seul truc qui la décevrait serait que je ne sois pas heureuse - puis elle s’est rattrapée, en disant que ce ne serait pas de la déception mais que ça lui ferait de la peine, plutôt. Parce qu’elle refuse de parler de déception en ce qui me concerne, en ce qui concerne mon évolution, mes choix et notre relation. Je ne suis pas là pour la satisfaire mais pour tracer ma route, me sentir libre de faire mes propres choix. Quant à elle, elle sera toujours là pour m’épauler en cas de besoin, maintenant qu’on a une relation d’adultes et que tout se fait dans une dynamique d’échange et non de don pur sans retour. 

Donc oui, j’ai de la chance, parce que je me rends bien compte à quel point c’est rare d’avoir un ou deux parents capables de mettre leurs rêves de côté et d’éviter de projeter leurs envies et leurs objectifs sur leurs enfants. C’est rare de les voir faire passer le bonheur de leurs gosses avant le leur, avant leurs peurs, leurs doutes et leurs inquiétudes. J’ai pas choisi le chemin le plus simple, mais elle me répète elle-même dans mes moments de doute que je l’ai choisi pour une raison, que je ne m’imagine pas faire autre chose et que mon bonheur, pour l’instant, est dans cette voie, dans cette quête, et qu’il faut que je continue à me battre, à en chier, et à me donner les moyens d’atteindre mes objectifs.

Je viens de prendre la décision de refuser une opportunité qui aurait pu m’apporter stabilité et dollars, ainsi qu’une bonne ligne sur mon CV et un réseau qui pue pas de la gueule, pour continuer à tracer ma route dans l’incertitude et - pour l’instant - la précarité. J’avais peur de décevoir ma mère en lui annonçant, mais j’ai à peine eu le temps de lui faire part de ma décision que j’ai bien senti qu’elle savait déjà avant moi que j’allais faire ce choix là et que c’était mieux pour moi. Même si elle flippe de me voir jouer la funambule de semaine en semaine en m’avançant de plus en plus dans une trajectoire sinueuse et instable.

Ce qui m’a rassurée, c’est qu’elle m’a dit qu’elle avait confiance. Elle a confiance en moi, en mes choix, et en ce que la vie me réserve. Je lui ai demandé si elle pensait que j’allais y arriver, que j’allais m’en sortir, et elle m’a juste répété “J’ai confiance”. 

Alors du coup, moi aussi. J’ai confiance.