nous

Je voudrais te prendre contre moi, te serrer contre mon ventre et remonter les draps au dessus de nos visages; te dire que c'est la nuit et que tout le reste ne s'est pas passé, que les tempêtes sont restées au pied du lit et qu'ici il n'arrivera rien. Je voudrais te dire que demain quand le jour secouera les rideaux, il suffira de garder les yeux fermés pour échapper à la vie, de rester là enlacées une dernière fois, à s'aimer sans respirer, pour se soustraire aux bruits du monde, leur faire croire que l'on n'est pas là, emmêler nos contours pour qu'ils ne nous reconnaissent pas, qu'ils nous oublient, jusqu'à ce que la douleur s'atténue, jusqu'à ce que l'on défasse tous les petits nœuds les ponts en lianes qui nous lient, doucement, sans geste brusque, sans se faire peur.