nom des gens

Ce matin, à Genève, un jeune homme francophone est venu me parler du livre que je lisais au bord du lac. On parlait depuis un bon moment quand il a finit par me dire: “Je peux te dire quelque chose? Tu t'énerves pas, hein. Le seul truc qui me dérange chez toi c'est ton accent français, genre tu fais vachement française quoi. Je préfèrerai que tu sois suisse.”

En vrai je suis française ET suisse. Parce que, grand nouvelle, l'accent, le nom des gens, leur apparence, leurs origines…n'ont rien à voir avec leur nationalité. Ni avec leur valeur en tant que personnes.

Au delà de la xénophobie évidente, le type s'attendait clairement à ce que je sois désolée de pas convenir à ses attentes. Il voulait quoi, que je m'excuse? Que je le supplie de m'apprendre à parler avec un accent vaudois comme lui?

anonymous asked:

Dans le film Le Nom des Gens, le personnage principal met un bulletin Sarkozy au lieu de Royal et hurle d'effroi lorsqu'elle s'en rend compte. Du coup, depuis que j'ai vu ce film, je vérifie que j'ai bien mis le bon bulletin. Aujourd'hui je l'ai fait au moins 3 fois car si je m'étais trompée, je n'aurais pas seulement hurlé mais j'aurais aussi fait une syncope. Suis-je la seule à le faire?

Omg, Le Nom des Gens, c'est pas le film avec une femme qui couche avec des mecs de droite pour les convertir à la gauche ?

détails des jours, 1.

message sans réponse, le plus ancien fil qui me retenait à toulouse s'effrite, une part de ma vie là-bas se délite, je ne tenterai plus de recoudre la déchirure. 

une belle après-midi, le sourire de la fille-papillon qui me serre dans ses bras, et grâce à tous nos projets, j’ai quand même un peu hâte de la rentrée. elle a promis de passer nourrir mes petites plantes, elle a répété combien mon appartement qui me ressemble tellement lui avait manqué. elle m’a demandé de venir au prochain concert du guitariste et de boucles d’or et de l’aider à leur trouver un nom. il y a des gens qui vous donnent l’impression de toujours être à votre place, et de compter beaucoup. la fille-papillon fait partie de ces gens-là. 

le voyage en train, sans fin, illuminé par les quelques minutes avant l’arrivée : une enfant-fraises m’a dit que j’avais un très joli blouson vert. elle a aussi fait semblant de conduire le train, et m’a tiré la langue en disant qu’elle avait gagné. elle avait un sourire très doux. 

mon voisin, un vieux monsieur qui profite de sa retraite pour explorer l’afrique et l’asie avec sa femme, qui m’a toujours dit lance-toi, voyage autant que tu le peux, fais ce qui te plait, c’est le plus important, a dit à maman qu’il voulait me voir. il est curieux, l’aventurière derrière mes airs réservés l’intrigue, semble-il, selon ses mots. 

ma chienne m’a suivie partout aujourd’hui. j’ai vidé ma valise pendant que mon frère s’étalait sur mon lit et que maman parlait de londres. après des mois d’absence, je suis enfin chez moi. 

[…]Je crois qu’au fond j’ai besoin de quelqu’un, je me sens me perdre et il faut que je parle de ce qui m’arrive, de ce qui s’est passé, de ce qui va arriver. Je sais qu’il faut que je le fasse, je sais, je sais… Mais je n’y arrive pas. J’y arrive pas et je pleure, je saccage tout, je cris dans mon oreiller, je cherche des moyens de me faire mal et puis j’abandonne pour pleurer de plus belle mais je. n’en. parle. pas. Je n’y arrive pas. Dis moi ce qui cloche chez moi, j’ai besoin de comprendre ce qui m’est arrivé. Parle moi de moi, de la personne que j’étais avant. Rappelle moi le nom des livres dont j’étais obsédée il y a juste 2 ans de cela. Décris la façon dont je m’habillais, et dis moi ce que je mangeais le midi aussi. Parle moi de mes passions, dis moi qu’est-ce que je faisais de mon temps libre? Rappelle moi le noms des gens avec qui je traînais, dis moi ce qui faisait qu’on était amis eux et moi. Et parle moi aussi de ma mère, j’ai besoin de me rappeler à quel point elle et moi on était proches. Et ma soeur? Dis moi, est-ce que je ne voyais mon père que 3 fois l’an déjà à cet époque? Et est-ce je passais déjà des week-end à me bourrer la gueule jusqu’à ce que je vois des étoiles dans mon appartement? Est-ce que je sortais déjà tard dans la rue rien que pour acheter de la weed dans les mains d'un gars connu pour avoir un casier judiciaire et ne s'être jamais pointé à son propre procès? Est-ce que je m'isolais déjà de mes propres amis au point qu'on ne me dise même plus bonjour et que plus personne ne s'assied à côté de moi dans le bus? Et les gens avec qui j'ai été amie, je m'amusais bien avec eux non?
Dis moi aussi comment tu fais pour dire que tu m'aimes alors qu'il y a un peu plus un an de cela tu ne passais pas 10 minutes sans m'envoyer de message, tu venais même me voir au milieu de la nuit parce que je voulais te voir et maintenant tu ne me voies même plus certaines fois quand on se croise dans le couloir, maintenant tu rentres chez toi le mercredi et vendredi après-midi au lieu de rentrer avec moi pour qu'on passe du temps ensemble, maintenant je passe des jours sans te voir et sans recevoir de messages. Est-ce que je m'accrochais à mes écouteurs comme si ma vie en dépendait de peur que quelqu'un débute une conversation avec moi parce que je ne sais absolument plus comment parler normalement à quelqu'un? Est-ce qu'à l'époque, je paniquais déjà en cours parce que j'ai oublié de prendre mes cachets contre le stress et l'angoisse qui me font croire que je vais parfaitement bien alors qu'ils n'agissent probablement pas du tout? 
J’ai besoin de réponses, j’ai besoin qu’on me ramène à moi. Je vis avec une étrangère, je sais pas qui elle est, je sais plus qui je suis, je sais pas comment j’en suis arrivée là et j’ai tellement peur. Je veux pas vivre avec elle, je veux pas devenir elle. S'il te plait dis moi qu'elle n'est pas vraiment celle que je suis maintenant. 
Je parle des autres, je parle de faits, de mes actes mais je ne parle pas vraiment de moi. De pourquoi j'ai peur. Je peux pas en parler. Pourquoi j'arrive pas à en parler? Je sais pas qui je suis, où je suis, ce que je fais, où je vais, je comprends plus, je sais plus, j'y arrive plus, je sais pas, je peux pas.
—  I believe I’ve become what they call a mess
Le nom des gens

J’écris le nom des gens à qui l’on ne peut pas faire confiance sur de petits bouts de papier à carreaux, et puis je les bourre au fond de mes poches.

Quand mes poches sont pleines (et seulement quand elles sont bien pleines), je les vide et je brûle les petits bouts jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune trace d’aucun carreau.

Alors je ne suis plus en colère.

Alors je peux faire le plein à nouveau.