nargue

Et puis soudain, bam. Mes insécurités qui me reviennent en pleine gueule. L’instant d’avant, je riais avec mes amis. L’instant d’après, le doute. L’envie d’arrêter de marcher, de se poser dans le premier coin isolé pour pleurer et les questions qui m’envahissent la tête.  Est-ce qu’ils m’apprécient ? Est-ce que je ne suis pas la meuf casse-couille qu’on invite par pitié ? Est-ce que je suis intéressante ? 

Un jour, peut-être, je n’aurais plus ces questions de merde qui me bousillent la tête, ni ces angoisses qui me rendent complètement barge et peut-être que la petite voix qui me nargue finira par n’être qu’un simple murmure. 

Mouvement - Conversations avec Agneau Pimenté

Dis, l'Agneau,
C'est quand
Qu'on rêve
D'évolution,
A l'ombre
De l'arbre
Où l’existence cesse
le cercle achevé?

Dis quand est ce qu'on
Laisse couler le sang
Dans nos verres
Couler le sang cotonneux
De nos nègres biscornus
Sur les prairies
Rouges et noires
Du triangle
Maternel?

Tu sais Sam!
J’ai pissé sur ces arbres
Qu’on ne voit plus qu’en A4
Et en pierre superposée
L’homme se nargue Etre immortel
Dans cette saisombre
Immense, notre nombrilisme
A absorbé, les ères précédentes
Et la matière noire de notre humanité.
Ce qui ne nous tait pas
Construit notre for;

Plutôt que des cercles
Soyons un poing
Le début de tout
Mouvement
La fin du rien.

Mensonges dans le temps,
Vérités sévères, d'une autre réalité,

Ces lignes
Lues, percutent
Comme autant de coups
Contre l'oubli.
Avançons!
Nous ne referons pas l'Histoire
Sa mémoire n'est pas la notre.
Écrivons peut-être.
Une Autre.
Où les mots revêches
Courbés en crochets
Dans l'antre de leur foi
Feront couler leur frayeur
Volubile.
Où les vers indisciplinés
Sèmeront le désordre parmi
Les têtes raides.
La parole trapue
Et la rime Crépue.
Le rêve se meut.


 @agneaupimente X @kramrr // RomEntisme Négre

Décris un paysage idyllique sans oublier d'exposer ce que tu ressens au moment où tu le découvres.

Ça ne m'inspire pas beaucoup on dirait une consigne, et les consignes on sait ce que c'est, c'est plein de bon sens et bien construit ça quadrille bien mais pas ma case, ça pose une femme, ce n'est pas pour moi. C'est comme cet « idyllique » légèrement suranné, ses « i » qui grincent ses « k » qui claquent et son double « l » qui me nargue comme s'il fallait deux elles pour voir un paysage, moi mon elle m'a quittée que faire dans ces cas-là, regarder les autoroutes contempler les parkings les plastiques irréels dans les supermarchés? Sans case et sans elle, peu à mon aise avec le temps, « au moment » (juste et rigoureux) où je regarde ma vie-parking (ses places ses angles qui ne sont pas droits) je ne vois rien à « exposer ». Ni poésie des asphaltes vides ni des faux vers d'Apollinaire à dire comme des béquilles pour boiter à trois pattes - je ne vois rien sur le moment on dirait que je manque d'à-propos, je comprends que c'était beau en retard et même pour avoir mal j'ai mal en décalé, le tac-au-tac me fait défaut j'ai le deuxième tac à contre-temps, alors j'attends, tac, plantée là toute seule sans double et sans tiret, comme une aiguille cassée qui cherche son tic et cache le Nord – cachons puisqu’ « exposer » me rend colère et rangeons la colère avec les moignons d'aile - je n' « exposerai » pas ce que j'ai « ressenti » (allons au bout du non ce mot est interdit, nivellement sémantique dirais-je à l'universitaire), « expose » c'est impudique, expose ta panne de cœur ton bronzage ton saphisme tes lingeries et tes croûtes au supermarché des ego et bien - tant pis pour les idylles je reste au fond du trou au fond du vide entre deux « l » à la lisière du paysage, sur le rebord ou sur le cadre, je reste où on m'a laissée (désertée). Géographie des ressentis plats : pas de paysage pas d'étalage pas de feuillages au long du ventre, pas de nœuds pas de nids dans tes cheveux, Ellie au fil de rien en dehors du sujet, Ellie zéro pointé et vos doigts qui m'exposent et gênent jusqu'à ma gêne.