nargue

Si on te l’a pas dit aujourd’hui

Aller arrête de faire cette sale tête, t’es pas belle quand tu fais cette moue bien bête, aller ressaisis toi et arrête de tirer incessamment sur tes clopes, c’est pas jolie une fille avec une cigarette, encore moins avec un pet, aller souris, montre tes dents au monde, c’est bien plus beau que tous tes doigts d’honneur, aller fais un effort, va faire du sport, mange équilibré, mais n’oublie pas de te faire plaisir avec des sushis ou un grec, et va dire à ta mère que tu l’aimes, malgré ce qu’elle a dit ou fait, elle aussi va pas bien parfois, aller prends des nouvelles de tes amis, demande leur comment s’est passée leur rentrée au lieu de les insulter ou de les ignorer, aller redresse toi, tu vaux bien plus que ça, roule toi pas en boule, déboule chez ton voisin d’arrondissement sans prévenir, tu sais que ça va le faire rire, aller joue du tamtam sur le dos de ce beauf qui t’adore et qui t’envoies toujours des snaps bien drôles, aller cesse d’avoir ton casque sur tes oreilles, va dire au monde que tu l’aimes, que t’es pas plus bas que terre, aller déploie tes ailes petit ange, va vivre le moment présent, prends tes billets de train et va retrouver ton amie pour aller péta des mères, aller embarque tes bouteilles d’alcool et vide les avec ceux qui te rendent meilleure, aller t’es marrante quand t’es alcoolisée avec des gens, tu grimpes partout et t’as l’impression que le monde t’appartient, aller bois pas ton whisky toute seule, c’est bien pathétique, va frapper à la porte du paradis, aller arrête de fuir, ça sert plus à rien cette connerie, et essaye de finir ce bouquin de la Beat Generation, tu sais que ces pages écrites vont t’illuminer, aller sors de chez toi, commence à vivre, va te créer des souvenirs qui ne sont pas délétères, aller barre toi de cet enfer, dis nique ta mère à Lucifer, nargue Morphée comme il se doit, toi t’es joliment vivante quand tu le veux hein, non ? Arrête de dire que c’est pas vrai, toi tu pues la joie quand tu le veux, aller donne du fric à ce SDF, ou un sourire, aller gamine, rends fière ta mère, appelle ta grand-mère, dis à ton grand-père “tu te rappelles …” même s’il s’en souvient plus, foutue maladie, aller reste pas collée devant ton ordi, va t’acheter de nouveaux habits, maquille toi si tu en as l’envie, mets ton pyjama dehors, qu’est-ce qu’ils peuvent bien dire, aller va chasser les étoiles, va promettre la lune à ce gamin torturé, dis lui des choses gentilles, il a besoin de t’entendre les dire, aller arrête de mentir, prétends à un avenir céleste, bosse tes cours, mais pas trop, ne fuis pas encore une nouvelle fois, passionne toi, écris, écris des pages aussi, aller prends ton regard hautain, mais pas pour mépriser ces passants, prends ton regard hautain pour hurler à tous ceux qui t’ont fait la misère, qu’ils n’ont pas réussi à te faire taire, aller cultive toi, balade toi dans un parc, va à cette expo que tu veux voir, va dans le son, c’est bien là que t’es vivante, aller danse, danse jusqu’à en avoir des crampes, bois, bois des dizaines de tequilas, prends peut-être un peu de drogues, mais pas trop hein, c’est moche une camée, prends les pour te faire de belles expériences avec tes amis de toujours, aller va à Bruxelles, va à Lyon ou Menton, débarque sans crier gare, aller je te connais, t’en meurs d’envie, attends pas un coup de pied au cul pour te ressaisir gamine, aller respire, inspire, expire, encore une victoire de plus, aller bats toi, bats toi s’il te plait.

Aller gamine, il est temps de vivre.

T'es vraiment une fille bizarre.  tu le sais ça ?
Ça fait quoi, quatre ans qu'on se connait, et j'ai toujours l'impression d'avoir devant moi une étrangère avec toujours de la malice dans les yeux. C'est comme si personne ne peux te connaître que je me dis souvent. T'as des réactions si imprévisibles parfois, une vraie névrosée comme j'en ai rarement croisé. je sais jamais à quoi m'attendre avec toi, si tu vas m'hurler dessus comme l'autre soir, ou si je vais tomber sur la jolie fille qui nargue le diable. 
(…)
Ah et t'sais, j'ose espérer, c'est c'que je crois, je veux croire plutôt. j'ose espérer que tu laisseras toujours la porte ouverte entre nous deux. que tu la laisseras à jamais entrouverte malgré tous nos éclats, nos coups bas, qu'meme si tu finis toujours par te braquer une fois sur deux, tu claqueras jamais la porte. J'ose espérer que malgré tout, tu laisseras pas la porte se fermer, encore moins en me laissant sur le pallier. J'espère sincèrement que tu te battes comme moi je l'ai fait cet été, que tu daignes te battre si jamais un jour je suis une nouvelle fois dans la merde, que tu me retiennes un tant soit peu, que là, oui j'ai tout perdu, j'ai perdu ma vie d'avant, mes amis d'antan, ma pseudo stabilité que j'avais réussi à construire, mais t'es toujours là, et c'est le principal. J'ose espérer, j'ose très fort espérer que le moment venu, tu rangeras ta fierté, ton amertume, et que tu viennes me sortir de toutes ces brumes.
(…)
Et arrête de me demander pourquoi je te supporte encore, tu m'as fait vivre l'enfer, comme personne ne l'a fait, t'as ta putain de fierté, ta grande personnalité et ton caractère sang chaud qu'on a du mal à remettre en place, mais c'que tu comprends pas c'est que je tiens à toi, que je peux pas tirer un trait comme ça, je ne me le pardonnerai pas. Et puisque t'es incapable de faire la part des choses, de recoller les bouts, j'attends que tu grandisses un tant soit peu. Et arrête de m'demander de dégager de ta vie, tu le sais ça, tu le sais que j’t'aime et que j'tiens à toi, et que je me rappellerai toujours le jour où on s'est rencontré, que ça a donné sens à tout c'qui restait de mon existence, que tes mots m'avaient marqués, que TU m'avais marqué et que t'as beau être une sale conne qu'a fait que des conneries ignobles, qu'a fait la merde avant de réfléchir, tu m'as prouvée que la vie elle vaut la peine d'être vécue. Je sais pas si tu t'en rappelles, t'façon tu t'rappelles jamais de rien, mais sans t'en rendre compte, tu m'as sauvée la vie, et non, ce n'est pas une énième perche que je te tends pour que tu puisses satisfaire ton ego surdimensionné  non, cette fois c'est pour te dire à quel point je tiens à toi, et que oui, tu m'en fais baver, qu’t'es détestable bien plus avec moi qu'avec tous les autres parce-que tu sais que je resterai toujours, foutue sociopathe va. je resterai toujours à côté de toi, parce-que tu vaux la peine, t'es une énergumène qui fait sentir vivre les gens, pas tous, je sais au combien t'en as si peu rien à foutre de certains, mais quand tu aimes, tu sais pas trop comment faire, mais tu fais, t'as tes choses qui te font défaut, mais t'as tous tes autres traits de caractère qui nous hurlent “putain ouai, faut la garder cette conne”.
(…)
Et je me souviens encore de nous deux quatre ans plus tôt, de nous deux, les foutus incompris qu'avaient du mal à vivre. Pas dépendant, ni indépendant, à mi-chemin entre l'amitié et l'amour, à mi-chemin entre la salvation et la destruction, à mi-chemin entre la réminiscence et l'enlisement. C'est ça notre relation, et si tu l'as pas compris, moi je le vois, et j'me battrai toujours pour cette relation si spéciale qu'on a, parce-que c'est pas donné à tout le monde, que y'a plus de mauvais moments que de bons, mais ça vaut la peine, ça vaut la peine j'te dis. Promis juré qu'on l'aura notre existence comme un film de Dolan, celle qu'est éprise de drame mais surtout avec des putains de souvenirs qui nous rappelleront toujours pourquoi on est en vie, pourquoi on continue d'avancer, et ça je sais que je peux l'avoir qu'avec toi. 
(…)
Dors bien, fais de beaux rêves, à demain peut-être ?
—  1:15, appel nocturne.

Elle a quitté son amie, et changé de pays
Elle s’est reconvertie
Elle a vendu sa boutique à une voisine et acheté une ruine
Elle fait le tour des prisons avec des pinceaux et son piano
Il a obtenu un diplôme d’oenologie
Elle médite sur la Recherche du Temps Perdu
Il est parti vivre à Berlin
Il écrit des poèmes sur son potager
Il lance des entreprises comme d’autres lancent des balles en l’air
Elle milite pour le futur des enfants
Elle défile pour la défense des droits sociaux
Elle apprend aux enfants le pouvoir de l’imaginaire et des mots lus
Un jour, il a décidé qu’il courrait pieds nus, désormais.

Adultes, grandes personnes, responsables et intégrés, ils inventent leurs vies, sans souci des convenances.
Temps grises, rides en pattes d’oie, leur regard brille d’espièglerie et quand on voudrait les voir rangés, leur flamme adolescente nargue le programme de leur obsolescence

—  Fouchtra - Obsolescence
4:21

J’ai envie de vous cracher toute ma haine à la figure c’soir parce que. Parce que j’suis énervée contre moi-même du coup j’me dis que c’est sans doute plus facile de s’énerver sur les autres. Bien, la vérité, c’est que vous me dégoutez tous autant que vous êtes, j’vous méprise et j’vous hais d’être presque parfait, je hais ceux qui ne souffrent pas, ceux qui sont heureux. Je hais la vie et la tristesse, je hais tout autour de moi mais surtout vous, je ris devant votre hypocrisie et de vos sourires qui me nargue, nous, moi, qui suis-je si malheureuse. J’vais pas vous cacher que souvent, je perd le contrôle accompagné d’un poing sur la table, je rêve de tous vous tuer. Et j’vous envie, vous et votre vie si tranquille. Pendant que moi, délaissé de tout espoir, je coule dans une marre lente et méconnaissable, je vous vois de loin, tous, avec vos visages titubant de bohneur. Face à vous, mes sourcils ne savent que froncés de colère sans jamais se lasser de vous regarder, stupide tous autant que vous êtes. Je ne peux plus vous voir étendre votre bohneur sur tout les toits. Vous voir coller les uns sur les autres parce que vous vous aimez trop. Et je n’en peux plus de tous vous croiser au détour d’une ruelle, je ne veux plus, vraiment plus poser mes yeux sur vos visages. Vous n’êtes qu’une bande de meurtriers car oui, vous avez tous autant que vous êtes, le pouvoir et la capacité de nous tuer en un unique sourire parce que. Parce que votre sourire est tout, tout ce que nous voulons. Un sourire reposant de sincérité, et je n’en peux plus, je suis fatiguée de vous mentir. Non ça ne va pas. Oui c’est de votre faute. Pourrissez en Enfer, c’est ce que vous méritez. Je veux mourir de haine, pas en paix. Putain, ne me touchez pas. M’parlez pas, j’veux pu vous entendre, j’veux pu vous voir, oh crevez-moi les yeux. Silence. Laissez-moi mourir.

On pleure quand il est trop tard
Et on gâche l'instant présent
On nargue le bonheur quand il se présente
Comme si on avait peur d'être heureux
—  Thug Love, Kery James