nargue

J'entends au loin l'appel de la liberté
La fugue me nargue mais mon corps s'oppose
La peur peut être mais l'envie oui
Dostoïvski à la main, mon manteau noir
Pour camoufler ma chair immonde
J'avance vers la gare bleutée et sans suspense
Un piano à la droite, la mort se brute contre les touches,
Le son est strident mais seule moi le comprend
Mal de dent, ma langue titille la douleur
J'entends les conversations inutiles
Je m'absente du corps que Dieu m'a inauguré
Je deviens phénomène à retardement
Rapidement, mon âme se promène
Je me retourne dans le train
Et là j'aperçois une main
C'est celle de l'absolue
Solitude apeurée
Je te quitte mon amour
Pour retrouver
Une autre adresse
Celle de ma demeure enchantée
Celle qui réside dans le coeur de mon enfance
Enfance gâchée et inexistante
Va t'en sale demeurée
Ne me colle pas ton odeur de mal-baisée
Je t'en prie, je suis déjà prise avec moi-même
Tu vas arrêter oui
Je pleure ta pauvre vie solitude
Tu es si perdue que la première venue
Qui te regarde
Brûle tes hanches et te voilà avec elle
Je suis prisonnière de toi, et tu m'encourages
Tu me fais la misère si tu n'es pas ma préférée
Tu viens vivre au fond de moi,
Tes grands yeux qui me dévorent l'âme
Et ton rire démodé
Sale garce

la nuit s’est enfin allongée sur la grève
afin d’écarter les arcs des nuages
pour laisser vagir les siècles des stèles
ces sceaux lénifiants que la steppe nargue   

Le territoire des raisins-secs

           J’utilise le tu et te nargue en chansons,

          mes complaintes aux blasons de tes façades crues,

          et le vison de l’animal m’appelle sans raisons,

          Tu me manques grand’mère, les rituels de ta vue

          au jardin resteront tes cendres abbattues

          et l’odeur dans le compost de tes raisins-secs