mur vert

le silence.

parce que souvent, il est toujours accroché à moi, dans le noir, dans la lumière, il m’écorche et m’oppresse. m’appuie le torse jusqu’à m’en casser les côtes. me coupe la respiration et me fait hurler sans un bruit. il est encore là pour me trancher la parole, pour faire fuir les mots. souvent, il s’accroche à moi ; le silence. le silence qui tue. le silence le plus profond. celui qui donne envie de crier la douleur que tu veux vomir depuis tant d’années. le silence hurlant.

ça a commencé quand j’avais environ douze ans. j’allais déjà mal avant, mais j’y arrivais. à mettre des mots. à parler. 

je vivais dans une grande maison. elle avait les murs verts et une marre dans le jardin. je l’adorais. mais si vous saviez les souvenirs qu’elle renferme. mon collège était un peu loin de chez moi, dans la commune d’à côté. à cette époque je vivais qu’avec mon père et ma petite soeur, qui elle, restait à l’école jusqu’à 18h30, quand mon père venait la chercher en étude. 

j’étais en cinquième. deuxième année de collège, pas vraiment d’amis, des gens encore enfants. malheureusement, je n’étais plus comme ça. mon enfance était déjà partie en fumée sous mes yeux. 

mon père a toujours été quelqu’un très à l’écoute, et il parlait beaucoup aussi, de lui, de ce qu’il ressentait, de ce qu’il allait pas, parfois j’avais l’impression de ne pas être sa fille car il parlait comme à une adulte, une psy, ou quelque chose dans le genre. il m’a toujours dit qu’il fallait que je parle, quand je le faisais, il se moquait de moi. me disant que c’était de la comédie, qu’en vrai, j’allais bien, et toutes ces conneries.

vous savez, j’étais jeune, quand je rentrais le soir dans cette maison, les murs froids, la solitude m’écrasait, tous les soirs, j’étais seule jusqu’à ce qu’ils rentrent. 

j’allais mal, cette année fut un tournant, je vous ai déjà raconté “Petite fille”, sachez que c’était avant. 

quand je poussais la porte de cette maison que j’aimais tant, je me sentais enfin libre, je pleurais, je chantais, je hurlais parfois même. c’était un soulagement d’enfin être seule. 

sauf que, je ne parlais plus, je me terrais dans mon silence. on avait beau me dire qu’il fallait que je parle, que je dise ce que je ressentais, mais jamais, jamais, aucun mot ne sortait de la bouche. pourtant, c’que j’aurais aimé que quelqu’un m’remarque et m’dise de tout lui cracher dessus, comment je me sentais, qu’est ce qu’il se passait.

ils ont tous cru que ça allait mieux, que j’m’en étais remise. mais à l’intérieur c’était si intense, ces émotions, cette absence qui me creusait, ces sanglots prêts à exploser, ces hurlements qui s’coinçaient dans ma gorge m’empêchant de correctement respirer. toute cette douleur prête à sortir à tout moment. je glissais, complètement hors du temps, hors de tout. j’avais appris à devenir invisible, j’avais appris à avoir ce sourire, constamment fixé aux lèvres. 

ce qu’il y avait à l’intérieur, c’était mon cauchemar, mon secret, mon monstre.

je rentrais des cours, j’étais si fatiguée, je ne dormais presque plus la nuit, enchaînant les nuits blanches jusqu’à terminer dans le lit de l’infirmerie. je balançais mon sac, et je m’enfermais dans ma chambre, je ne descendais que pour manger, c’est tout. ma solitude, ma bulle, mes démons, c’était à moi, personne n’avait le droit de s’occuper de moi, ils ne pouvaient pas savoir. pas comprendre. j’écrivais déjà à l’époque, des textes de gamine, mais quand je les relie, je sens la douleur et la peur qui me transpercent. j’écoutais beaucoup de musique. je plongeais dans une autodestruction qui ne m’a jamais réellement laissée. je rentrais des cours, j’étais si fatiguée que je me laissais crever chaque soir sans que personne ne remarque, vraiment, cette gamine qui n’attendait juste une main, un sourire, une parole, rien d’autre. une présence. 

c’est là, c’est à partir du silence que j’ai commencé ma réelle descente aux Enfers. que je ne raconterai pas. ou peut-être sans les “je” parce que c’est dur, c’est trop, beaucoup trop pour une fille de douze ans. 

il fallait qu’vous l’dise, tant qu’vous pouvez l’faire, parlez, faites-le, n’ayez pas peur. 

ne laissez pas le silence vous anéantir chaque mot qui essaye d’être hurlé.

aujourd’hui encore, les choses enfouies ne ressortent pas, le silence est une sorte de seconde peau dans laquelle je me loge quand tout dérape. comme un long chemin vers la mort, le silence, aussi beau soit-il parfois, conduira à votre perte.

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De retour de mes vacances à Cadenet, en Provence, … avec un très beau mur, des volets “just” magnifiques, et un chat “trop-trop” mignon !    :-)

… en seconde image, voici un “crop” à usage de wallpaper, pour ceux à qui ça pourrait faire plaisir ;-)

Back from my holiday in Cadenet , Provence, … with a beautiful wall , shutters “just ” beautiful, and a cat “ too - too ” cute! :-)

… Second picture , this is a “crop ” wallpaper to use, for those to whom it might please ;-)