mur face

Parce que j’peux plus.

J’reviens la plume plantée dans l’cœur, un trop plein de mots à dégueuler, il y a trop d’horreurs qui sont passées, d’atteintes au Monde que j’ai faites taire. Il y a plus qu’l’inspi dans les journaux, dans la pagaille, dans les bains de sang. Parce qu’on s’inspire de l’amour pour renaître dans la haine et j’ai plus qu’ces lignes pour exploser. Pour me rappeler c’que ça fait d’être vide de maux.
Il est trop tard pour te donner l’heure et trop tôt pour y faire attention. Mais j’ai la haine tu sais, chaque putain d’minute qui passe et j’le sens, mâchoire crispée, regard noir, silence de tombe, bras de bleus et toi qui chiale à l’arrière du bar. On a plus le temps pour ce genre de connerie. Plus le temps de pleurer, plus le temps de boire, plus le temps de crever et pourtant tu restes seule face au mur abandonnée à des désirs d’apocalypse. Relève-toi putain. Relève-toi. C’est trop facile tu sais ? Une balle dans l’crâne, un trou dans le bras, finir la plaquette, t’prendre une bagnole. C’est trop facile pour toi. Pour quelqu’un comme toi. Celle à qui on a foutu des espoirs sur le dos, gavée d’bonnes intentions, de promesses futiles et de projets aussi cons qu’importants. T’es l’art qui s’impressionne lui-même. La clope qui s’finit seule. T’es la drogue de ceux qui ont plus peur d’avoir mal et faut qu’tu décroches. Que tu rayes les miroirs dans lesquels règnent les vieux souvenirs. Tu sais moi je le vois à ton regard, à ton allure, tes tremblements, qu’t’attends juste que quelqu’un passe et t’dise putain à quel point tu fous tout en l’air en t’abîmant toi-même, qu’on t’retire la clope des lèvres la peur du corps la mort de l’esprit : qu’on te tende la main. Moi j’sais que dans tes silences il y a l’écho de mille mots tus et un Monde à redresser.
Moi
Sur les entailles de ta peau
J’vois les flambeaux d’empires Nouveaux
J’vois l’espoir d’un désespéré
La renaissance d’un condamné
Et des silences suicidés à l’encre noire, ce soir, j’écris la haine de te voir tout lâcher, peau drapée d’sang violacé, un dernier mot entre deux verres « tu sais, à force de s’foutre en l’air on atteindra l’septième ciel »