mouvant

(more) random french phrases and expressions i’ve picked up from watching movies in french all night

continuation of this post and this post 

  • ne pas avoir la moindre idée = to not have the faintest idea, not have the slightest idea
  • garder son calme = to stay calm
  • je vous donne la parole = i’m giving you a chance to speak, i’m allowing you to speak
  • prendre une décision = to make a decision
  • faites-moi confiance = trust me, have confidence in me
  • rester calme = to keep calm
  • sois prudente = be careful
  • sables mouvants = quicksand
  • je n’arrive pas à croire = i can’t believe
  • soeur jumelle = twin sister
  • je m’en veux = i feel bad, i feel guilty
  • de toutes mes forces = with all my strength
  • être au courant = to be informed, be aware
  • je me réjouis de = i’m very happy about, i’m very pleased with
  • s’emparer de = to seize, capture, take possession of
  • en ruines = in ruins
  • vous vous trompez = you’re making a mistake, you’re mistaken
  • commettre une erreur = to make a mistake
  • d’une manière ou d’une autre = somehow, one way or another
  • fort possible = very likely
  • mettre fin à = to put a stop to, put an end to

Et la mer fut fatale. Alors le roi sublime
Cria : — Tu n'es qu'un gouffre, et je t'insulte, abîme !
Moi je suis le sommet. Lâche mer, souviens-t'en. —
Et donna trois cents coups de fouet à l'Océan.

Et chacun de ces coups de fouet toucha Neptune.

Alors ce dieu, qu'adore et que sert la Fortune,
Mouvante comme lui, créa Léonidas,
Et de ces trois cents coups il fit trois cents soldats,
Gardiens des monts, gardiens des lois, gardiens des villes,
Et Xercès les trouva debout aux Thermopyles.

—  Victor Hugo - La Légende des Siècles , Les Trois Cents
L’étoile nommée Lou est aussi belle aussi voluptueuse qu’une jolie fille vicieuse
Elle est assise dans un météore agencé comme une automobile de luxe
Autour d’elle se tiennent les autres étoiles ses amies
Autour de l’automobile stellaire s’étend l’infini éthéré
Les Planètes rutilantes se montrent tour à tour comme des déesses callipyges sur l’horizon
La voie Lactée monte comme une poussière derrière
Le météore automobile
Des guirlandes d’astres décorent l’infini
Le météore automobile luxueux et architectural
Comme un palais
Est monté sur un bolide énorme qui tonne à travers les cieux qu’il sillonne d’éclairs
Versicolores et durables comme de merveilleux feux de Bengale
Et doux comme des baisers éternels
Et des rayons de soleil ombragent
Ainsi de beaux arbres
Printaniers
La route diaphane
Ô Lou étoile nommée Lou la plus belle des étoiles
Ô reine des Étoiles
Ton royaume s’étend en plaines animées comme les oiseaux
En plaines mouvantes comme un régiment
De Fantassins nomades
Étoile Lou beau sein de neige rose
Petit nichon exquis de la douce nuit
Clitoris délectable de la brise embaumée d’Avant l’Aube
Les autres astres sont ridicules et sont tes bouffons
Ils jouent pour toi des comédies
Fantasmagoriques
Ils font les fous pour que l’Étoile nommée Lou ne s’embête pas
Et parfois les nuits s sont mortelles
L’étoile nommée Lou
Traverse des prairies d’asphodèles
Et des fantômes infidèles
Pleuvent dans les abîmes autour d’elle
Mais cette nuit est si belle
Je ne vois que l’étoile que j’aime
Elle est la splendeur du firmament
Et je ne vois qu’elle
Elle est un petit trou charmant aux fesses des nuages
Elle est l’étoile des Étoiles
Elle est l’étoile d’Amour
Ô nuit ô nuit dure toujours ainsi
Mais voici
Les gerbes des obus en déroute
Qui me voilent
Mon étoile
Je baisse les yeux vers les ténèbres de ma forêt
Et mon intelligence amoureuse
Devient oiseau
Pour aller revoir plus haut plus haut
Plus haut toujours
Ce petit cœur bleuâtre
Qu’est mon étoile nommée Lou
Ma douce étoile qui fait vibrer au ciel
Des mots d’amour exquis
Qui viennent en lents airs dolents qui correspondent nuance à nuance à chaque chose que je pense
Étoile Lou fais-moi monter vers toi
Prends-moi dans ta splendeur
Que je sois ébloui et presque épouvanté
Que l’espace bleu se creuse à l’infini
Que l’horizon disparaisse
Que tous les astres grandissent
Et pour finir fais-moi pénétrer dans ton paradis
Que j’éprouve une sensation
De bien-être inouï
Que j’absorbe par toute ma chair toute mon âme
Ta lumière exquise
Ô mon paradis
—  Guillaume Apollinaire
Il faut bien que la pensée, quoiqu’elle y répugne, s’accommode de l’état de constante mutation de toute chose et devienne experte à manipuler des nuages dont la forme ni le lieu ne sont pas fixes mais transitoires et mouvants. C’est la mouvance et non la fixité qui doit devenir l’élément de mire de la pensée, son objet constant.
— 

Jean Dubuffet, Asphyxiante culture, Les Éditions de minuit, 1986

J’appris ce qui sépare la détresse de la mélancolie, et la sécheresse de la sérénité ; j’appris les hésitations du coeur, ses délires, l’éclat des grands renoncements et les murmures souterrains de l’espoir. Je m’exaltais, comme aux soirs où, derrière des collines bleues, je contemplais le ciel mouvant ; j’étais le paysage et le regard : je n’existais que par moi, et pour moi. Je me félicitai à un exil qui m’avait chassé vers de si hautes joies ; je méprisai ceux qui les ignoraient et je m’étonnai d’avoir pu si longtemps vivre sans elles.
—  Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée.
Une maille à l'endroit, une maille à l'envers

Dans la conception d'une phrase, d'un refrain, d'une réponse ou d'une attaque, il y a un lien. Le lien de la langue qu'on fait tourner et qu'on déroule syllabe par syllabe, point par point. Elle est instantanée la langue, elle est toujours là depuis le jour où l'on la connaît, comme une roue qui tourne depuis le jour où tu l'on sait marcher. Pourtant nos villes construites sur les débats et sur la rhétorique, retournant dans le sable épais et mouvant, seront oubliées longuement. Malgré nos grands discours, un jour il n'y aura personne, il n'y aura aucune langue pour parler de nous et de la manière dont avions le monde dans notre main et comment nous l'avons écrasé comme un oisillion. C'est une folie de penser, qu'une maille à l'endroit puis qu'une maille à l'envers, nous nous rattraperons dans uns toile tissée d'espoir. Nous continuons de tomber. Une chute, comme le sommeil, ne se rattrape jamais. Il faut d'abord atterrir, il faut d'abord se réveiller, pour espérer changer de bobine.

D'énormes nuages noirs camouflent dorénavant chaque parcelle de mon âme. Je me sens comme dans des sables mouvants. Je sombre petit à petit.
J'ai beau me débattre, j'ai beau user mon entière énergie à tenter de me sauver ; je sombre encore et encore, sans répit ni relâche.

Méli-mémots

“Le jour se lève sur cette autre nuit
Ombres obscures de rosée poudrées
Tout est néant dans le ciel de l'oubli
Rituel par trop familier et pourtant singulier

Quelques fresques se déclinent en nuages
Blanches fumées de mauresques désuètes
Un pourtour sans soleil dépeint un visage
Tristes fils pour une vie de marionnette

La terre est sèche de ce qu'elle a vu
Les bruits étouffés dans le jardin du destin
L'aléa de la rose éternelle est hasard inconnu
Ici ne demeurent que les mémoires du lendemain

Les rivières se sont taries à la fontaine
Marée basse de l'albatros échoué sur le rivage
Ondoyants sables mouvants de ces peines
Le désert n'a que faire des augures et mirages

Les falaises au loin griment les danaïdes
Sanglants écueils aux récifs larmoyants
À vol d'oiseau du paradis si proche du vide
Il n'est point de petite mort hurlant aux vents

À la droite des Cieux l'esquisse d'une flamme
L'Enfer réside toujours dans les détails
À travers les chemins escarpés de l'âme
Cire de barbelés et le cierge brûlé d'une faille

Failure originelle des êtres de bris de souffrance
Un dévolu de cristal jeté sur des rêves profanés
Ne plus rien percevoir que l'impasse et l'errance
Le temps n'était pas celui de toutes ces années

Les mots ne sont pas prophètes au Mont de Piété
Et s'ils l'étaient se seraient au prix de leurs vies
Alors que de couler l'encre cesse par pitié
Car j'ai bien trop à écrire qui restera incompris .”
©Gisèle-Luce de Christian -James

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POST-SCRIPTUM 118

DNA

DNA ON DNA

Non sans avoir préalablement rappelé quelques vérités d’ordre musicologique sur le silence et le bruit, le critique Lester Bangs énumère ses condensés d’électricité favoris dans un article du Village Voice datant de 1981. Y sont célébrés des classiques tels que « L.A. Blues » des Stooges, Vincebus Eruptum de Blue Cheer et Metal Machine Music de Lou Reed évidemment, mais aussi des disques alors aussi peu connus que ceux des Germs, de Jad Fair, de Teenage Jesus And The Jerks, de Mars et A Taste Of DNA – soit, pour les trois derniers, des combos no wave s’attaquant de front à la complaisance du rock américain squattant les ondes dans les années 1970. En fait peu de précédents à ce mouvement salvateur existaient, en dehors de l’album Trout Mask Replica dans lequel Captain Beefheart avait tordu le cou du rock en inventant une grammaire nouvelle ayant essaimé dans les marges. Appartenant au cercle fermé des formations compilées sur le légendaire No New York concocté par Brian Eno, le trio DNA s’est construit autour du guitariste chanteur Arto Lindsay. Dans un premier temps, Robin Crutchfield y tint les claviers avant d’être remplacé par l’ex-bassiste de Pere Ubu, Tim Wright, tandis que la Japonaise Ikue Mori, à la batterie, s’imposait comme l’héritière de Moe Tucker au sein du Velvet Underground, grâce à une technique rudimentaire mélangeant batucada et kabuki. Porté par des rythmiques primitives et constamment mouvantes, Arto Lindsay inventa en leur compagnie une poignée de chansons brèves pour la plupart compilées sur DNA On DNA, et qui ressemblent toutes à de faux départs sur les chapeaux de roues. Ici l’approche distanciée découle du fait que l’on a affaire à des non-musiciens (comme dirait Eno), venus à la musique par le biais des arts plastiques, et qui par exemple se reconnaissaient dans Fluxus. Sans modèle, Arto Lindsay maltraita donc une Danelectro douze cordes, à force de moulinets à contre-courant des arpèges et carillons en général tirés de cet instrument. D’ailleurs, tous les guitaristes de la no wave, souvent des filles, jouaient bizarrement, dans un style leur appartenant en propre (citons Pat Place au sein des Contortions, ou Conny Burg dans Mars). Si DNA laisse peu d’enregistrements, tous se révèlent rétrospectivement essentiels, avec leur mélange de free jazz et de syncopes psychotiques digne d’un Talking Heads sous amphétamines et décharné. A propos d’Ikue Mori, Lester Bangs (encore lui) parlera d’un Sunny Murray puissance dix (batteur free culte) avant d’exprimer combien il aurait aimé, au moment où le groupe sévissait, qu’un Albert Ayler soit encore là et joue avec eux.

( plus ou moins à propos de Lou Reed :

http://merzbow-derek.tumblr.com/search/lou+reed )

Souvenir estival

Les grandes surrections préparaient notre échec : touts petits – trop petits – face à ce tout mouvant… De grands moments, de longues ères – des planchers d’océans érigés en falaises, le dessin des rivages, des forêts déplacées : – par quelle voix poussant quel chant ? Qui rit au loin dans la nuit noire ? – Nous prédisions le sec : – quand il nous devançait.

Sans aucun doute excès de monde, un monde assourdissant d’insectes, un monde ouvert à tous les vents… Te souviens-tu, maman, des pins – que le soleil sécrétait verts ? Trop petits, les bateaux, trop petites les rades, toujours adolescents, toujours à demi mûrs – quand le grand Pan au loin chantait. Nous prenions des chemins qu’on avait déjà clos ; nous attachions aux murs des plages. Nous nous moquions – nous nous trompions.

Ça chantait, ça chantait – c’en était entêtant. Nous mettions à l’index : des enfants-à-ballons, des taxis pour la mer, des champs couverts de couleurs folles ; nous nous gaussions du temps : ici les rails, plus loin les gares ; nous avancions en haletant. Je te dis que les grecs adoraient les cigales, que les romains les haïssaient ; tu parlas de la Grèce, plus de trente ans plus tôt ; nous écoutions sans nous entendre – et le monde chantait, insensible à nos voix, à nos propres essais. On nous avait – déjà – battus.

Les grandes surrections annonçaient notre échec : nous partirions sans rien changer. Sur les vieux troncs de vieilles mues tournaient au blanc, les corps finissaient de se cuire – mais rien de neuf ne renaîtrait. Tout au plus dans nos yeux se trouva le soleil, tout au plus nous parlâmes, tout au plus – un instant – dans ta peau la chaleur oublia de cailler. Tu étais toujours belle, je voulus te le dire – et le vent frissonna. Des brouillards revenaient aux sommets des rochers.

Ne nous restait que ce présent : le chant des pins et des insectes, la mer bleuie par le soleil, ces quelques coquillages que tu savourais – dans ce bout de village, entre deux plis de karst. Il était déjà tard, nous avions trop marché. Tout était entêtant : le soleil sécrétant, l’odeur de sève et de bois fauve, la poussière et le bruit des élytres grattés – avec au loin, comme un ballot, tout le reste du monde étouffé de lumière. La mer vaquait entre les coques, les gens braillaient, Pan riait dans le loin en chassant des étoiles – nous étions trop petits, pas assez mûrs pour le comprendre – mais j’étais avec toi, et tout pouvait crouler : – tu m’avais fait Orphée, et tu étais Calliope.

Tout nous étourdissait – mais nous étions ensemble ; le monde pouvait bruire : je t’y ferais un chant.


T.T.d.F. - Voix d’Orphée-Noir

(22/07/2017)

Sans doute il y a des vices où l'âme s'installe profondément avec tout ce qu'elle porte en elle de puissance fécondante, et qu'elle entraîne, vivifiés, dans un cercle mouvant de transfigurations. Ceux-là sont des vices tragiques.
—  Le Rire, Bergson.

Tomber la nuit


“Je regarde tomber la nuit et je sombre avec elle
Ce clair de lune qui me supplie mais je suis déjà partie
J'ai trouvé mon étoile en un chant de crécelle
Souvenir d'une blessure aux contours de l'originel

À la jouvence meurtrie de mes années envolées
Le regard n'est plus que de tout ce que je n'ai pas vu
Ni les lettres déposées entre les lignes de ma destinée
Autant que se souviennent mes larmes mises et nue

Fol serait celui qui voudrait par ici me retenir
La fin est bien trop belle pour vous conter la préface
Les yeux clos et les paupières souillées de souvenirs
Que ne puis-je regretter sinon de ne laisser point de trace

La source de mon esprit s'est enfin tarie à la vie
Ce désert de la pensée en mirage de mes chimères
Le sable est si blanc de l'autre côté de la mélancolie
Mouvant près de moi une empreinte d'éphémère

L'existence n'est fleur de lys que pour les cœurs aimés
Déchirante quand elle fait chaos et précipice
Laissant derrière elle des ombres de rêves brisés
Naître et disparaître qu'en soit ainsi mon sacrifice

À ronger poussière l'âme entravée de mille ornières
Il fut de ces jours à en perdre le sens de la raison
La terre grimée de ce sang versé au nom d'un Père
L'avenir flouté en mes paumes de mains vermillon

Et s'il me fallait pécher pour être délivrée alors je l'ai fait
Prisonnière de trop de sanglots sans absolution
La liberté que je cherchais était sanglée à mes pieds
Les Enfers ou le Paradis peu importe et que tonne l'oraison

Je regarde tomber la nuit et je sombre avec elle
Ce clair de lune qui me supplie mais je suis déjà partie
J'ai trouvé mon étoile en un chant de crécelle
Souvenir d'une blessure aux contours de l'originel ”
©Gisèle-Luce de Christian -James

361°

A peine avait-il tourné le dos, que je me suis dit: merde, je crois que je tombe amoureuse. Pourtant, je ne le connais pas. Je ne le comprends pas mais j’ai cet élan irrépressible qui fait que j’ai envie, là, maintenant, de rester avec lui, de le connaître, de jouir de ce qui m’étonne, d’être emportée par sa personnalité troublante, d’apprécier même ses défauts et de lui faire du bien. Et c’est parce que, justement je ne sais pas qui il est. Même si je vais probablement être déçue, m’enliser dans sa différence comme dans des sables mouvants et rester collée, là où je ne devrais pas. C’est plus fort que moi, ce que je ressens pour lui me déplace, là où je n’aurais jamais pensé aller. Peu importe mon passé, peu importe cet avenir, peu importe cette vérité changeante: j’ai envie de l’aimer.

anonymous asked:

what are your favourite books? x

to name a few… A Short History of Decay, Tears & Saints (or basically anything by Cioran), The Conspiracy Against the Human Race (and basically everything by Ligotti), The Book of Disquiet, Crime & Punishment, The Blue Octavo Notebooks, Sleep Has His House, No Longer Human, Flowers of Evil, À rebours, To the Silenced, Valerie and Her Week of Wonders, Cible mouvante, On the Suffering of the World, Cosmic Pessimism, Songs from the Black Moon