mot image

     “J’te préviens Yann, si jamais je me fais enlever par des                       vikings islandais, tu viens me chercher !”

aussi connu sous le nom de : 

           Le Pire Montage de l’Histoire du Montage.


(c’est @watchingtoomanyshow qui m’a forcée)

Des mots sans images. Des mots sans mémoire de forme. Des mots très vagues. Des mots maigres. Des mots enchaînés à leurs lettres. Des lettres qui sont prêtes à se vendre à n'importe quel mot. Des mots lâchés du haut du troisième étage. Des mots sans bouées. Des mots échoués. Des mots qui poussent là où ils sont et qui n'ont rien à faire de l'horizon.

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La Lettonie, silencieuse et mélancolique dans les clichés de Katrina Kepule -
Dounia Mahieddine

 Katrina Kepule voit son travail photographique comme une documentation subjective de sujets sociaux d’actualité, qu’elle a décidé de montrer de façon mélancolique.
Sit silently. (© Katrina Kepule)

La série photo Sit Silently a pour sujet les rites des sous-cultures de Riga, la capitale lettone, et de sa périphérie. La photographe Katrina Kepule, elle-même Lettone, cherche à identifier les instants où l’Europe contemporaine rencontre quelques fragments de son passé – comme la période soviétique et l’éveil national en Lettonie.
On lui a demandé de décrire son travail :

“Je suis arrivée à la conclusion que mon travail est un documentaire subjectif, un peu élégiaque, après avoir été forcée de décrire l’atmosphère de mes photos.
Mais il est difficile de mettre des mots sur les images, je n’ai pas forcément envie de le faire.
C’est pour cela que j’ai choisi ce langage. Peut-être que ‘mélancolique’ aurait été un mot plus adéquat.”

Ce projet est pour l’artiste une façon d’aller à la recherche de sa propre identité lettonne.
Inspirée par des photographes comme Alejandro Chaskielberg ou Ricardo Cases, elle estime que ses photos ont tendance à décrire le silence et à exprimer un certain repos. Sans doute une des raisons pour lesquelles elle a pu s’inspirer des Lettons, qui sont de nature réservée.
Elle raconte dans une interview pour OstSeeMag :

“Parfois, les Lettons ne sont pas vraiment fiers d’eux.
D’une certaine manière, ils se sous-estiment.
Un jour, un ami m’a dit : 
'Les gens ici sont tellement tendus, parce qu’ils sont toujours dans l’attente d’un mauvais présage.' 
La plupart du temps, un Letton n’ira pas prendre un verre dans un bar avec ses collègues après le boulot.
Il y a déjà eu trop d’échanges au fil de la journée.

Le Letton va silencieusement entrer dans une boutique, sans adresser un regard au vendeur.
Le vendeur peut facilement lui faire peur, seulement en lui offrant son aide (en se forçant un peu, car lui-même préférerait économiser sa salive).
Le client letton se mettra sur la défensive et dira :'Non, non, non.’

Mais en même temps, au lieu de trop parler, le Letton un peu introverti peut souvent se perdre dans une profonde réflexion, et lorsqu’il créera quelque chose, ce ne sera pas insignifiant.
Et si des Lettons deviennent amis avec toi, ils seront aux petits soins.
L’amitié est très importante pour eux.”

(Photographies - Sit silently. (© Katrina Kepule)

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Cette semaine, j’ai eu la chance d’interviewer Damien D. et Damien R., auteurs de l’excellent blog À deux mains. Chaque jour, ils publient des mots et des images, et font confiance à la poésie. Ils ont gentiment accepté de répondre à mes questions, et vous devriez prendre grand plaisir à plonger dans l’univers de ces deux artistes bourrés de talent.

Tumblr – Pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?

Damien & Damien – Damien D., auteur, metteur en scène. J'ai 38 ans. Spectacle vivant, littérature, audiovisuel, j’ai toujours privilégié les croisements artistiques et le mélange des genres. Damien R., photographe, illustrateur, webdesigner, créateur polymorphe curieux d’explorer les supports de son temps tout en gardant un attachement à la simplicité de l’aquarelle et du papier. J’ai toujours un carnet, un pinceau à la réserve d’eau et un stylo plume dans ma housse d’appareil photo.

T – Parlez-nous de votre blog. Quelle est la démarche artistique derrière celui-ci ?

D & D – La démarche artistique est très liée à la rencontre et à des envies complémentaires. L'idée du blog était de n'en avoir pas trop. L'invention quotidienne implique une certaine immédiateté. C'est sur l'instant… L'influence du temps, des humeurs… Et l’envie de créer un espace, comme une respiration dans ce flux d’informations souvent intéressantes et très souvent intéressées. On voulait proposer un geste désintéressé.

T – Où puisez-vous votre inspiration ?

D & D – Absolument de partout. Une affiche du métro. Un regard croisé. Un vieux souvenir. Une impression fugitive. Une image floue. Une pensée au réveil.

T – Quel a été le déclic pour créer ce blog et pourquoi avoir choisi Tumblr ?

D & D – Le déclic s'est produit parce que Damien D. en avait marre d’écrire tout seul chez lui. Il voulait publier quelque chose. Alors il appelle Damien R. pour parler site et publication numérique. L'idée naît d'un dialogue images/mots. Avec ce défi un peu idiot : une publication par jour. Et ça fait 490 jours que ça dure ! 
Tumblr s'est imposé comme une bonne réponse à l'envie de publier tous les jours un « geste » créatif spontané. À deux mains semble y avoir trouvé un public très naturellement… C'est très agréable de recueillir des impressions immédiates de nos abonnés !

T – Quels sont vos trois blogs Tumblr préférés et pourquoi ?

D & D – Nous ne saurions vous faire une réponse précise et exhaustive. Ce qui nous amuse justement, c’est d’aller de connexions de sensibilité en connexions de sensibilité. Ainsi, nous nous noyons avec délectation dans le flot Tumblr en nous amusant à voir où se trouve la source des images ou des textes qui nous séduisent. C’est plutôt des types de publications qui nous intéressent : illustrations, photos anciennes, textes courts… pour peu que cela parle à notre sensibilité avec une certaine originalité. 

T – Merci beaucoup, messieurs ! Bonne chance pour la suite. :)

Images : Damien D. & Damien R.

Hello les amis ! Le prototype du sketchbook inktober est enfin arrivéééééééé ce matin !!!!! J'ai deux surprises à vous annoncer !

La première, c'est que j'ai écrit un petit mot pour chaque image dans le sketchbook qui s'appelle maintenant “paŝo”, comme ça, ceux qui connaissent déjà les images pourront redécouvrir le livre.

La deuxième, c'est que je lance demain matin, une campagne express Kickstarter (10 jours) pour toutes les personnes qui souhaitaient le pré-commander !!!! J'ai prévu plein de petites choses pour tous les budgets et envies !

Rendez-vous demain matin à 10h ! Des biiises

 
Hi guys! The inktober sketchbook prototype finally arrived this morning!!!! I’ve got 2 surprises to announce! The first one is that I wrote a few words for each drawing in the sketchbook that is now named  "paŝo", that way, those of you who already know the drawings will be able to rediscover the book. The second one is I’ll launch tomorrow morning a kickstart campaign (10 days) for everyone who wishes to pre-order it!!!! I planned a lot of things for every budget and every desire! See you tomorrow morning! Kisses

Parfois je lis des livres merveilleusement bien écrits. Tellement bien écrits que j’ai envie d’en parler, d’expliquer pourquoi c’est un chef d’œuvre, pourquoi il mérite de l’attention. Il y a ce livre où l’auteur décrit un voyage disons spirituel que fait un personnage. Dedans, le personnage passe la porte qui sépare matériel et immatériel, pour prendre une connaissance complète et spirituelle du monde et de l’Univers. Et c’est incroyable car c’est indicible, indescriptible, indéfinissable comme voyage, car c’est purement imaginaire et qu’on ne peut concrètement pas vraiment imaginer ce que donnerait la disparition de notre corps pour la création d’une entité psychique flottant dans l’Univers et étant à l’écoute de l’Univers entier. Mais l’auteur, lui, arrive à mettre des mots, des images là dessus. Il met bout à bout des fragments de parole pour créer dans nos têtes une idée, une description de ce qu’est cet indescriptible. Et puis ce livre où, en imaginant un kidnapping de sa personne par un humain venant de 500 ans dans le futur, l’écrivaine nous parle de ce qui s’est passé, selon cet être du futur, dans ce siècle que l’on vit et le suivant, et qui, lorsqu’on regarde bien, approche à grands pas. C’est comme si ce livre prenait le rôle de prophétie, nous mettait sous les yeux le futur horrible que l’on va connaître, et auquel on ne pourra échapper. Ou encore cet autre livre, où l’on voit ces enfants se faire massacrer par ce monstre qui prend forme de clown pour les approcher. La terreur et l’envie de vomir nous prend pour une simple description des veines, de l’os et de la chair qui pendent au dehors d’un bras arraché; des mots nous font ressentir la peur de mourir, et nous empêchent de dormir. Et tous ces autres livres dont je ne parle pas. Tout ça, tout ce génie, tout ce talent, dont je ne peux parler avec les gens autour de moi, car je sais qu’ils acquiesceraient poliment à mes dires, pour ensuite se demander entre eux quel temps il fera demain, s’il reste de la tarte aux framboises, si le boulanger est revenu de son congé maladie… Toute cette élévation intellectuelle réduite en miettes. Je suis découragé.