mort homme

Je suis un homme mort, coincé entre quatre mur. Je suis je suis je suis un homme moderne.[…] Société c'est perdu, nos amours sous tranquillisant.[…] Moi dans mes rêves d'Amériques, je tente de fuir.
—  Saez - Pilule. I FUCK YOUR MUM TRUMP
Un homme est mort hier soir.
Il a encore poussé la porte de son bureau, agacé par les propos de son supérieur qui maltraitait les femmes comme si elles étaient des objets. Après avoir traîné des pieds jusqu'à sa voiture, il souffla une énième fois en se remémorant ce qu'il avait à rendre pour demain, à la première heure. “N'oubliez pas le dossier des Hamilton il est important”, lui avait-il dit avant de boire son scotch d'un seul trait et de sourire à son assistante. Quel con.
Alors il avait démarré sa vieille bagnole en espérant ne pas croiser les flics. Petite musique grésillante à la radio, il s'alluma une cigarette tandis que la fumée s'échappait par la fenêtre. Encore une journée de passée. Les mêmes faux-sourires, les mêmes tactiques pour coincer les connards qui veulent l'héritage de leur femme. Les mêmes histoires qui ne tiennent pas sous contrat et ce stress omniprésent qu'ont les gens pour tromper l'Etat. Stupidité humaine.
Le soleil s'était couché sur l'autoroute, hier il était dans les orangés mais aujourd'hui il ne l'avait pas calculé. Encore une clope d'allumée, ça allait vraiment finir par le tuer. Il était arrivé, avait claqué la porte de sa caisse pour ouvrir celle de chez lui. Le bébé braillait encore, des fois il se demandait qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête à ce moment-là. Il traversait le salon mais sa femme n'était pas là, à la télévision toujours le même débat sur les OGM et les agriculteurs, il changea de chaîne pour finalement tomber sur du rap avec des filles à moitié à poil qui ne se respectaient pas; “foutue société” pensa-t-il.
Alors il monta à l'étage, le bébé braillait moins fort. Elle était là, assise, sur le lit, des valises à ses pieds sûrement remplies d'habits. Il lui a dit “chérie, tu pars en voyage ?” et elle lui a répondu “non, ce soir c'est toi qui pars”. Les yeux rouges, elle avait sûrement pleuré; quand il lui a demandé quand il devait revenir elle lui a répondu “jamais”.
Boulot. Argent. Société. Aucune raison valable pour y arriver, même le patron est un gros con quand il s'agit d'aimer. Alors il était parti avec ses deux valises sans vraiment savoir où il allait aller, il n'avait plus aucune raison d'exister.
Un homme est mort hier soir, et c'était moi. Je ne suis pas le premier ni le dernier, mais ceux qui meurent sont ceux qui finissent seuls. N'oubliez jamais ceux qui vous ont permis d'y arriver. C'est eux votre priorité.
—  lespiquresaines

« Ce qui rend un homme malheureux, ce n'est pas de mourir, ni même de mourir de faim. Beaucoup d'hommes sont morts. Tous les hommes sont mortels. C'est de vivre dans la misère sans savoir pourquoi, de travailler comme des bêtes sans rien gagner, d'avoir le cœur usé, d'être épuisé, isolé, sans amis, dans un “laissez-faire” glacial et généralisé. »


-Thomas Carlyle, cité par Jack London in Le peuple d'en bas.

May 7, 1916 - Verdun: Germans Capture Côte 304

Pictured - French troops take cover during a bombardment on Côte 304.

The battle of Verdun concentrated from February to May on the Left Bank of the Meuse River in front of the city of Verdun, in particular on the French positions located on a 295-meter tall hill called Le Mort-Homme, and another called Côte 304, which gave the French a vantage point and guarded the ridges where the French artillery was concentrated.

The two armies had been fighting over Mort-Homme for months by May, with the French holding the crest while Germans swarmed on the lower parts of the hill.  Trenches switched hands daily, regiments from both armies were decimated in days and replaced with new ones fresh for the slaughter.  In May, 500 German heavy guns opened up on Côte 304 for two days and one night, smashing in French positions poorly prepared without any deep shelters.  In one battalion, only three men survived, the rest of their comrades buried alive.  For those who survived, no food or ammunition came for days.

Reinforcements still filtered up to the French lines, but no one knew where to go or what to do. “Nobody knew exactly the location of the mixed up regiments,” wrote a French company commander, “It was impossible to move.  Orders had pushed up men on top of men and set up a living wall against the monstrous German avalanche.”

France’s living wall could not hold out forever.  On May 7, Côte 304 fell to the Germans, who immediately requested double tobacco rations to cover up the odor of corpses.  Some 10,000 French soldiers had fallen for this tiny corner of their nation.  The capture of Côte 304 marked the first penetration of the “Line of Resistance” which French commander General Henri Petain had set up upon taking command.  With Côte 304 fallen, Mort-Homme stood open to German flanking attacks. 

En dépit du soulagement que cela peut représenter de les savoir hors d'état de nuire, ne nous réjouissons pas de la mort de ces hommes, ils méritaient d'être jugés et de répondre de leurs actes.

Je suis étonnée que personne ne s’insurge du fait qu’il ait été abattu; ok cet homme avait plus que probablement de mauvaises intentions, mais on n’est pas aux USA. Nous, nos coupables, on les ramène vivants. Enfin, ça c’était avant. Et puis peut-être que le protocole, avec un mec et des explosifs, vrais ou faux, c’est de tirer. Mais nous nous accoutumons à la violence ; nous changeons. Je mentirais, pourtant, si je disais que je ne suis pas soulagée que cet homme soit mort. Pourquoi ? Parce que j’ai peur, moi aussi. Ça réveille des pulsions très simples, la terreur : je vis-tu meurs, tu vis-j’ai peur.