moi visage

anonymous asked:

* Et peut-être qu'on se sortira enfin les doigts et qu'on fera la révolution.* Traduction: Je veux être le héro du film zombie/post-apocalypse/mad max, et ça me gène pas de sacrifier du monde pour ça. Je suis certain que c'est les autres qui trinqueront et pas moi, et me sortir les doigts du cul maintenant, c'est pas assez cool. (Plot twist: ils font partis du ceux qui trinquent et ne s'en rendent compte que trop tard.)

C’est quoi déjà ce post, sur les gens qui votent pour le parti des “tigres qui te bouffent le visage” et qui sortent après “Pourquoi ils mangent MON visage ?”

Moi je suis 100% pour une révolution, pas certaine qu’on ait besoin d’attendre que Le Pen arrive au pouvoir pour ça.

Dans le tram en rentrant, un homme entre, un noir, et s'assoit. Comme tout le monde quand il fait mille degrés dehors, il est en sueur. A l'arrêt suivant, une vieille dame monte, s'assoit à coté de lui et commence à le dévisager de manière insistante. Même moi qui n'était pas du tout concernée ça m'a mise mal à l'aise. L'homme se tourne vers elle et lui demande si elle veut la place près de la fenêtre. Elle secoue la tête et lui dit:  "Non merci. Je suis juste surprise. Je ne pensais pas que les noirs transpiraient.“
Il hausse un sourcil. Moi, sciée, bouche bée, nos regard se croisent, il semble scotché et dépité mais me sourit et se retourne vers elle. Alors, avec cet espèce d'accent hyper caricatural digne des plus odieux albums de tintin, il répond: “Mais non madame enfin, moi pas twanspiwer! Moi juste invoquer dieu de pluie suw mon visage! Sinon moi twanspiwer paw langue et coussinet comme caniche de madame!” Bon moi, j'ai éclaté de rire. On a tchécké du coup. Et la dame est restée sans avoir trop l'air de comprendre ce qui venait de se passer.
On a toujours l’impression d’être plus jeune qu’on est. Je porte en moi tous mes visages passés, comme un arbre ses cernes. C’est leur somme qui fait de moi ce que je suis. Le miroir ne reflète que mon dernier visage, pourtant je reconnais tous ceux qui l’ont précédé.
—  Thomas Tranströmer - Les souvenirs m’observent