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PREMIÈRE CONFÉRENCE PANEUROPA ORGANISÉE PAR LE RÉSEAU RECONQUISTA À KYIV (28 AVRIL 2017)

Prolégomènes

De la solidarité militaire à la solidarité politique

Le 28 avril 2017, sous l'égide du mouvement européen Reconquista, s’est tenue à Kyiv la 1ère conférence Paneuropa qui a réuni des nationalistes et, en même temps, des paneuropéistes venus de toute l'Europe: de France, d'Italie, de Suède, de Suisse, d'Allemagne, d'Ukraine, de Lettonie, de Lituanie, d'Estonie, de Pologne, du Belarus, aussi bien que de Russie.

Pour les fidèles lecteurs et soutiens du blog Reconquista tumblr et des ressources affiliées, une telle conférence était naturelle et attendue depuis longtemps, si ce n’est même tardive.

Après tout, il s'agissait de matérialiser la synergie en cours entre les patriotes de l'Ouest et de l'Est de l’Europe qui, sous l'impulsion de problèmes similaires, se sont rencontrés à Kyiv en quête d’une place forte, d’un « Piémont » (NDT), d’un quartier général pour la Reconquista européenne qui devrait être réalisée séquentiellement dans les deux directions.

Ce n'était, cependant, pas la première manifestation concrète de la solidarité européenne dans le cadre du projet Reconquista.

La première vague fut inspirée par le déclenchement de la révolution hivernale de 2013/14 à Kyiv suivie par l'annexion de la Crimée par la Fédération de Russie et la guerre du Donbass avec les néo-Soviétiques soutenus par le Kremlin.

Perçu à juste titre par les volontaires étrangers comme une attaque venue de l’Est contre la culture européenne, ce conflit a réactivé la tradition de la résistance anti-communiste européenne datant des deux guerres mondiales, incarnée d'abord et avant tout par le mouvement des Corps francs allemands (Freikorps) qui a stoppé la propagation de la menace bolchevique dans les régions de la Baltique (Baltikum-NDT) et en Europe orientale.

Ce ne sont pas uniquement des Européens occidentaux qui ont pris les armes pour se tenir aux côtés des Ukrainiens contre les occupants néo-soviétiques: il existe un pourcentage considérable de volontaires russes et bélarussiens dans les forces armées ukrainiennes. Pour eux, en particulier les Russes, il s’agit de lutter pour leur propre patrie volée par les Bolcheviks en 1917 et cela constitue une chance de se réconcilier avec l'Europe dans les conditions du défi sans précédent posé à l'existence même de la culture et des peuples européens.

Voilà comment a été engendré le premier slogan de la Reconquista, “Aujourd'hui, l'Ukraine, demain la Rous’ et toute l’Europe !

La communication avec les nationalistes russes, dont la venue en Ukraine s’était faite sans possibilité de retour, a aidé les volontaires venus d’Europe occidentale à perdre leurs dernières illusions sur le régime poutinien conçu comme un « moindre mal » et une alternative à l’Occident pour l’Europe.

L’unité militaire qui a mérité d’être désignée comme leur seconde patrie, a été, par dessus tout AZOV, d’abord en tant que bataillon, puis en tant que régiment (en fait, l’équivalent d’une brigade) de la Garde Nationale d’Ukraine.

Le seul bataillon de volontaires ukrainiens qui ait été promu à l’échelon régimentaire occupe une place unique dans la nouvelle histoire de l ‘Europe qui s’écrit sous nos yeux en tant qu’unité de volontaires patriotes disposant de compagnies de reconnaissance, d’infanterie, d’artillerie, de chars (des T-64B1M-NDT) et plus encore.

C’est pourquoi les premières pages du Mouvement Reconquista ont initialement rempli le rôle de plateforme civile pour soutenir le front et les combattants blessés. Cependant, depuis que le conflit à l’est de l’Ukraine a été artificiellement gelé pour satisfaire aux accords de Minsk, la composante politique de la lutte de libération ukrainienne est également devenue de plus en plus importante.

Par conséquent, les vétérans du régiment AZOV ont joint leurs forces aux soutiens civils en lançant le parti politique Corps National, dirigé par Andriy Bilestkyi, fondateur et premier commandant du régiment, député et membre du Conseil National de Sécurité et de Défense d’Ukraine. Ce n’est, de plus, pas un hasard si cette dénomination (« Corps ») renvoie au registre militaire.

La mise en place d’une légion étrangère ukrainienne a, comme cela était prévisible, été incluse dans le programme politique du Corps National.

Son congrès fondateur s’est tenu le 14 octobre 2016, avec la participation de nombreux soutiens et partenaires étrangers.

Pourquoi l’Intermarium ?

Ainsi, le moment de la conférence pouvait, maintenant se mettre en place en second lieu.

Comme beaucoup d’entre vous s’en souviennent, le 17 décembre 2016, à la veille de la nuit la plus longue et la plus sombre de l'année, un événement culturel remarquable s’est tenu à Kyiv : la conférence « Pacte d'Acier » (c'est-à-dire entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest), qui s’est déroulée avant le festival musical Asgardsrei V.

Elle fut divisée en deux parties : des échanges ouverts comprenant une séance de questions/réponses avec les légendes française et russe du Black Métal, Peste Noire et M8L8TH, puis des allocutions prononcées par différents conférenciers invités.

L'auditoire venu de l'Ouest et de l'Est de l’Europe, de Russie et du Canada, unis par sa passion pour le Black Métal et ce qui en découle, à savoir l’aspiration à un changement culturel, ont écouté des interventions sur la philosophie du Black Métal, les horizons du renouveau païen et les perspectives d’une unité tout d’abord régionale, puis à l’échelle paneuropéenne dans le cadre de la "Grande Reconquista” basée sur une nouvelle noblesse et un élitisme paneuropéens.

Cette partie conclusive, qui a résumé les points clés de la conversation avec Peste Noire et M8L8TH en tant que voix respectivement venues d’Europe occidentale et de Russie, peut être également considérée comme la première conférence Paneuropa, ou du moins comme une introduction à ce projet.

Un des principaux messages de la conférence « Pacte d’Acier » à l’auditoire venu de l’Ouest a été celui d’un changement rapide du statut géopolitique des pays d’Europe centrale et orientale (CEE en anglais-NDT) suivi par les encouragements à utiliser ce potentiel dans la perspective d’un renouveau pour l’ensemble du continent européen.

La première conférence du Groupe d’Assistance au Développement de l’Intermarium (IDAG en anglais-NDT) s’est ainsi tenue à Kyiv le 2 juillet 2016, toujours à l’initiative d’Andriy Biletskyi et a servi un double objectif : garantir une alternative géopolitique pour l’Ukraine, rendue improbable par l’actuel gouvernement pro-UE et créer un centre pour autre intégration européenne.

À cet égard, l’IDAG se positionne en faveur des tendances autonomistes à l’encontre de Bruxelles des Quatre de Visegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie et République tchèque) qui ont refusé les quotas de migrants étrangers imposés à tous les pays membres de l’Union Européenne et ont été accusés par les technocrates bruxellois d’ériger un nouveau « rideau de fer » contre les politiques de la porte ouverte de la véritable patronne de l’UE, la chancelière allemande Angela Merkel.

En effet, les dirigeants de ces états sont bien connus pour leur déclarations «politiquement incorrectes» au sujet des flux de migrants dépeints dans les médias libéraux comme une simple question humanitaire.

Quelques exemples peuvent être mentionnés: Le premier ministre slovaque, Robert Fico a déposé un recours auprès de la Cour de justice européenne contre l’UE au sujet du plan des quotas alors que le premier ministre hongrois Viktor Orban a lui organisé un référendum contre les quotas de réfugiés et que Jaroslaw Kaczynski, le leader du parti « Loi et Justice » (PiS), a juré de manière répétée que la Pologne n’accueillerait aucun réfugié pour des raisons de sécurité, en ce qui concerne en particulier les agressions prévisibles de femmes polonaises par les demandeurs d’asile.

La présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, qui a mis en place le Groupe Adriatique-Baltique-Mer Noire composé de 12 pays membres de l’UE, ayant eu cette idée pratiquement au même moment que le président polonais Andrzej Duda, croit aussi que la solution au problème des réfugiés sera trouvée au-delà de l’Europe de Bruxelles.

Grâce à ses activités, la Croatie est souvent considérée comme le cinquième membre informel du Groupe de Visegrad, qui de plus a le vent en poupe et dont l’influence ne cesse de croître.

Le jeune ministre des affaires étrangères autrichien, Sebastian Kurz, a aussi appelé à l’ouverture de centre de réfugiés à l’extérieur des frontières de l’UE, mettant ainsi par son entremise l’Europe occidentale en connexion avec un vecteur d’intégration européen alternatif.

Peu de temps auparavant, les présidents polonais et croates avaient lancé l’Initiative des Trois Mers visant une pleine intégration macro régionale dans tous les domaines stratégiques (économie, énergie, autarcie, infrastructures, etc.) et à l’élargissement du poids géopolitique des pays d’Europe centrale et orientale devenus ainsi capables de s’opposer aux diktats politiques de Bruxelles, en particulier au sujet de la politique des réfugiés.

En outre, Andrzej Duda a invité le président ukrainien Petro Porochenko à rejoindre la résistance incarnée par les alliés régionaux naturels de son pays, suggestion qui a été, sans véritable surprise, rejetée par ce fidèle vassal de Merkel.

Cependant, cette division entre ces deux Europe s’est plus que jamais durcie : il suffit de se rappeler la tentative du président français nouvellement élu Emmanuel Macron d’imposer des sanctions à la Pologne pour avoir refusé la politique d’accueil des réfugiés imposée par l’UE et d’accepter de partager les demandeurs d’asile.

La critique des politiques économiques de l’UE par les pays de l’Intermarium est aussi largement compréhensible, étant donné sa relation intrinsèque aux valeurs culturelles et aux dynamiques démographiques.

Un exemple éclatant mettant en évidence l’importance de ce problème est représenté par l’initiative de l’Union des salaires (« Wage Union ») mise en place par 8 pays d’Europe centrale et orientale (Hongrie, Croatie, Lettonie, Estonie, Slovaquie, Bulgarie et Roumanie) avec l’objectif d’équilibrer les salaires sur l’ensemble du continent et d’empêcher les jeunes citoyens éduqués des pays d’Europe centrale et orientale d’émigrer irrévocablement.

Il est aisé de deviner que le vieillissement de la population n’est pas la seule conséquence de ce processus en cours : le manque croissant de jeunes en âge de travailler implique un remplacement par des immigrants non européens si l’on suit en cela les plans infâmes échafaudés par l’ONU.

Aussi, ce qui peut apparaître comme des aspirations séparatistes des pays d’Europe centrale et orientale à l’égard de leurs voisins de l’Ouest, sert en réalité l’objectif d’une intégration plus poussée à l’échelle de toute l’Europe sur la base d’une nouvelle axiologie.

De plus, là réside la différence entre le Groupe Adriatique-Baltique-Mer Noire conçu comme autonome au sein de l’UE et l’idéal d’un Intermarium souverain que le Corps National appelle de ses vœux, pour lequel la vocation de la région est de restaurer le système de sécurité européen et de devenir un « tremplin » pour une union alternative des nations européennes, la Paneurope.

Prenant en compte le fait que le régime de Poutine reste encore fort et qu’il continue à emprisonner les derniers nationalistes russes ayant pignon sur rue qui ne se sont pas encore exilés à l’étranger, le second slogan de Reconquista s’est alors imposé en ces termes : « Aujourd’hui l’Ukraine, demain l’Intermarium et la Paneurope ! ».

ll n’est ainsi pas surprenant de constater que de nombreux participants à la conférence de reconquista ont aussi pris part à la deuxième conférence du Groupe d’Assistance au Développement de l’Intermarium (IDAG) qui a eu lieu la veille, le 27 avril.

La Paneurope contre « la Paneurope »

Il n’en reste pas moins encore que la différence entre un Intermarium souverain et l’autre qui ne serait que simplement autonome n’est pas aussi frappante que celle qui existe entre la Confédération pan-européenne des nations souveraines suggérée par la première conférence Paneuropa qui s’est déroulée à Kyiv et le mouvement paneuropéen fondé par le diplomate austro-japonais Richard von Coudenhove-Kalergi, trois ans après la publication en 1923 de son livre intitulé « Paneuropa ».

Un simple coup d’œil permet de constater qu’à la fois la dénomination et le symbole choisis par Kalergi,pour son mouvement combinant des éléments renvoyant à la mythologie traditionnelle ( la croix solaire ) et à l’imagerie monarchique ( les couleurs bleue et or ), sont de nature à inspirer pleinement confiance.

On peut, au terme d’un recherche rapide, retrouver ses appels visionnaires, formulés en 1923, en faveur d’une Europe politiquement unie et militairement protégée capable d’échapper au destin d’être divisée « entre une colonie soviétique et un protectorat américain ».

De même, on pourrait être induit en erreur en découvrant parmi les références de Kalergi, des sommités intellectuelles comme Oswald Spengler, Rudolf Kjellen, Friedrich Nietzsche, et Giuseppe Mazzini ou par le fait que l’archiduc autrichien Otto de Habsbourg fut le cofondateur du Mouvement paneuropéen et son second dirigeant.

Cependant, il faut précisément affirmer que, sans l’ombre d’un doute, les principes défendus par Kalergi ont été adoptés par l’Union Européenne et sous-tendent sa politique suicidaire menée sur la question des réfugiés.

Serait-il encore de ce monde que le comte Coudenhove-Kalergi qui appelait de ses voeux en 1925 « la race du futur négroido-eurasienne, d’apparence semblable à celle de l’Egypte ancienne » qui « remplacera la diversité des peuples par une diversité des individus », ne se sentirait pas désemparé devant les politiques culturelles adoptées par l’UE et aurait le plus grand mal à établir un lien entre ses valeurs et priorités de base et le récent attentat terroriste de Manchester.

Aussi, la restauration de la signification originelle des symboles utilisés par le Mouvement paneuropéen du siècle dernier, grâce aux efforts conjugués des nationalistes et des paneuropéistes d’aujourd’hui, doit être considérée comme un acte de justice historique.

Les Habsbourg, en tant qu’incarnation vivante d’une unité européenne traditionnelle passée, pourraient aussi accueillir favorablement ce tournant identitaire en direction d’une véritable Paneurope.

La popularité croissante des discussions paneuropéennes dans la mouvance tercériste actuelle, combinée aux processus de désintégration au sein de l’Union Européenne, promettent de voir advenir de nombreux changements positifs.

Discours inaugural, interventions des participants venus d’Europe occidentale et de Russie

La première conférence Paneuropa qui s’est déroulée à Kyiv le 28 avril 2017 sous les auspices du mouvement européen Reconquista, a accueilli  des représentants de Casapound Italia qui entretient la flamme de la solidarité pan-européenne depuis sa création, du GUD (Groupe Union Défense), de la Nouvelle Droite française « historique », de l’organisation scandinave Nordisk Ungdom, des tercéristes allemands, un représentant de la branche suisse de Reconquista, du Centre Russe et de la Wotan Jugend (Russie), de la Generacija Obnove croate, des membres des organisations polonaises SZTURM et Niklot, de l’Union Nationaliste lituanienne et de Sinine Aratus (branche jeunesse du Parti Conservateur du peuple estonien), ainsi qu’un certain nombre d’invités ukrainiens, bélarussiens, russes, lituaniens, lettons, polonais et même chilien, rejoints plus tard par un ressortissant espagnol. La visite attendue d’une délégation grecque aura lieu ultérieurement.

Au nom des hôtes ukrainiens de la conférence, l’événement a été inauguré par un mot de bienvenue de Mykola Kravtchenko, responsable du secteur idéologie et propagande du Corps National.

Il est revenu un peu en arrière pour rappeler que le projet Reconquista est le résultat d’un processus lancé il y a deux ans. Aujourd’hui, comme il l’a justement fait remarquer, il existe comme un large mouvement décentralisé et organisé selon le principe du réseau, constitué des branches nationales respectives et d’un bureau de coordination à Kyiv.

Cependant, la tâche à venir sera de le hisser au niveau d’une organisation paneuropéenne unique composée de délégations nationales et de groupes chargés d’initiatives.

Les transformations géopolitiques rapides à l’échelle planétaire et surtout les menaces urgentes qui requièrent une réaction conjointe signifient qu’il est nécessaire de s’auto organiser et de créer des structures de soutien pour un système alternatif de sécurité et d’intégration européenne.

Pour chasser les doutes des esprits de ceux qui restent rétifs à toute forme d’unité supranationale en tant qu’idéal, Mykola Kravtchenko a fait référence aux rivalités historiques du passé liées à la mise en concurrence des intérêts nationaux.

Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, nous nous rencontrons en tant que représentants des mêmes nations, en tant que nationalistes souhaitant le meilleur pour leurs peuples. Mais, en tant qu’Européens, nos intérêts nationaux sont à présent les mêmes et coïncident au même titre que nos problèmes. Aussi, l’unité pan-européenne est avant tout dictée par des considérations pragmatiques et « patriotiques » compréhensibles par les nationalistes les plus passionnés.

À moins d’unir nos efforts dès maintenant, la culture européenne et les peuples qui la portent ne pourraient jamais se remettre de la destruction délibérée en cours de la véritable identité européenne par des agents et des idéologies hostiles.

Plus tard, Mykola Kravtchenko a laissé la place à Olena Semenyaka, secrétaire internationale du Corps national et coordinatrice du projet Reconquista pour la partie ukrainienne (la dimension des relations internationales qui renvoie à une « diplomatie et une géopolitique alternatives »).

Avant de révéler la vision des principes théoriques de l’unité pan-européenne selon le regard de la branche ukrainienne de Reconquista et des auteurs concernés, elle a prononcé quelques mots d’introduction avant d’inviter chaque participant à prendre la parole, en commençant par ceux venus d’Europe occidentale.

Europe occidentale

Sébastien Manificat, bien connu en Europe en tant que responsable en charge des activités internationales de Casapound Italia a été le premier conférencier d’Europe occidentale à s’exprimer. Casapound Italia (CPI), qui  représente « le fascisme du XXIème siècle au-delà de la gauche et de la droite », possède une longue histoire dans la mise en place d’« eurosynergies » par un travail social bien compris et des activités métapolitiques sur le web, qui contribuent à attirer des visiteurs étrangers venus du monde entier à la CPI. Plusieurs d’entre eux ont abouti ici et depuis lors, opérer sous la bannière de Casapound est naturellement perçu comme une contribution à la cause européenne en général et à chaque nation d’Europe en particulier.

Ce mouvement nommé d’après Ezra pound, poète américain renommé et sympathisant du potentiel révolutionnaire du fascisme italien, actif avant tout, dans le domaine de la culture et de l’économie, a toujours illuminé l’idée de la solidarité pan-européenne, en prenant soin de ne jamais homogénéiser, mais seulement mettre en valeur chaque caractère national et particulier impliqué.

Après avoir relaté l’histoire de Casapound Italia établie le 26 décembre 2003 avec l’occupation d’un immeuble vacant Via Napoleone III à Rome, pour contribuer à résoudre les problèmes de logement des familles italiennes, Sébastien Manificat a fait le point sur ses activités et ses principes de base : « Culture, solidarité, sports et (évidemment) politique ». Si l’activisme social et culturel exemplaire mené par CPI, orienté en particulier vers la jeunesse, a gagné une notoriété qui va bien au-delà de l’Italie, tout le monde ne sait pas que leur conception de la politique reste unique. Pour Casapound, la politique ordinaire, réduite à une lutte médiocrement menée pour des sièges au Parlement et plombée par le fardeau de la bureaucratie, est en phase terminale. Obsédés par la manie « d’être accepté », les politiciens modernes se détachent des véritables buts de la politique : garantir le bien commun et changer le monde. Cela ne signifie pas que CPI n’a aucune ambitions parlementaires ou souhaite rester dans l’underground.

En tant que mouvement qui compte plus de 6000 membres et a obtenu 6,6% des voix aux élections de Bolzano/Bozen l’année dernière, Casapound n’est pas sur le point de se retrancher de la politique.

Comme l’a souligné Sébastien Manificat, redéfinir la politique ( au niveau du langage, du symbolisme et de l’esthétique ) est au contraire ce qui doit être entrepris.

Ainsi, les aspirations révolutionnaires consistent à surmonter les déceptions communes concernant la politique et s’en évader en ouvrant une ère nouvelle dans la lutte sociopolitique.

Casapound Italia fut une organisation pionnière dans son soutien apporté à la lutte des nationalistes ukrainiens pris en étau entre le néo-soviétisme de Poutine et le marxisme culturel d’Occident, en observant de près les développements du Maidan et en jouant à bien des égards le rôle d’élément déclencheur pour la naissance du jeune mouvement pan-européen Reconquista à Kyiv. D’ailleurs, la Maison Cosaque ukrainienne (Kozatskiy Dim) n’est-elle pas désignée d’après la maison de Pound italienne, le cœur de CPI ?

L’attention du public s’est ensuite redirigée du sud vers le nord de l’Europe, vers la Scandinavie représentée à la conférence par les Suédois de Nordisk Ungdom (la Jeunesse Nordique) ainsi que par Sonic, un volontaire suédois du régiment Azov.

Nordisk Ungdom (NU) est une autre organisation qui fut l’une des premières à rédiger un communiqué de soutien « à une Ukraine libre » parmi ses homologues européennes et à envoyer une délégation sur le Maidan révolutionnaire et qui possède une histoire assez riche de coopération avec les nationalistes ukrainiens. Pas seulement d’ailleurs : NU participe par exemple régulièrement aux festivités organisées par les nationalistes polonais et accueille favorablement le processus de réconciliation initié entre nationalistes polonais et ukrainiens.

Par-dessus tout, ils se définissent comme une organisation identitaire scandinave et pensent que la Scandinavie tirera des bénéfices uniquement d’un dépassement des divisions nationales modernes au plus haut niveau organique. Il n’est donc pas surprenant de constater que NU se positionne en faveur de la création d’un bloc scandinave et considère comme « naturels » ses liens avec les pays de l’Intermarium (territoires compris entre les mers Adriatique, Baltique et Noire). De plus, ses membres sont sans équivoques au sujet des lacunes relatives à la mégalomanie et aux rivalités des « vieux nationalistes » au moment où nous assistons à l’effondrement de la civilisation européenne dans son ensemble.

Fredrik Hagberg, chargé des relations internationales au sein de l’organisation et son collègue Christian Mattsson ne sont pas des nouveaux venus en Ukraine. La première allocution à la nation ukrainienne de la part de Fredrik Hagberg se produisit de la manière la plus directe et publique, sous la forme d’un discours prononcé devant les révolutionnaires ukrainiens dans le bâtiment capturé de l’administration municipale de la ville de Kyiv durant les événements dramatiques de 2013-2014. Le point principal développé par son message, facile à deviner consistait en une description détaillée et choquante pour une mentalité européenne orientale des législations et pratiques imposées par l’agenda ultralibéral au sein de la société suédoise et un appel aux Ukrainiens de refuser de choisir entre l’Union Européenne et la Russie, à propos desquelles il n’est pas question de « moindre mal », et encore moins de « paradis » qui n’existe en aucun cas.

La réaction des mondialistes occidentaux ne s’est pas fait attendre : Fredrik Hagberg a été exclu de l’armée suédoise à son retour chez lui après un «voyage politique » en Ukraine.

Par chance, le cap en direction d’une union pan-européenne alternative défini à Kyiv après la révolution et la guerre avec les forces soutenues par Poutine montre que les graines semées par les amis européens de l’Ukraine donneront une récolte fructueuse pour toute l’Europe et ses patriotes dévoués comme Hagberg.

Cette fois, Fredrik Hagberg n’a pas eu à ouvrir les yeux de quiconque sur ce qui se passe en Suède et dans le monde en général. La mondialisation agressive mise en œuvre par le gouvernement porte aussi ses fruits. À la veille de la conférence, un demandeur d’asile (connu des services de renseignements suédois) a précipité un camion volé sur la foule déambulant dans les rues bondées du centre de Stockholm. Il a, en plus, commenté les propos scandaleux du président turc Recep Tayyip Erdogan qui a averti les Européens qu’ils ne pourraient plus se promener en toute sécurité dans les rues si l’Union Européenne continue à ergoter et à repousser la Turquie.

Pire encore, comme l’a justement fait remarquer Hagberg, la situation en Suède ressemble aux conditions sous lesquelles se sont tenues les dernières élections présidentielles en France : les populations allogènes des pays européens peuvent facilement mettre en minorité le vote de la population de souche autochtone malgré les décisions de cette dernière.

C’est une des raisons pour lesquelles Nordisk Ungdom ne participe pas au jeu parlementaire et ne compte pas plus sur lui pour changer véritablement l’état d’esprit actuel de la société suédoise. Défiant le  blocus informationnel mis en place par les médiats du système, aussi constant que les actions de NU sont brillantes et créatives, ils continuent à attirer l’attention du public sur les issues criminelles des politiques menées par l’Union Européenne et le gouvernement suédois qui approuvent « le choc des cultures » en Europe.

Les deux conférenciers suivants sont venus de France, le pays qui a renoncé à son héritage à la suite de la révolution anti-féodale de 1789, qui a inspiré les bouleversements les plus sanglants du XXème siècle, et a simultanément donné naissance à la première synthèse de la tradition politique européenne avec l’esprit de la modernité, l’Action Française, dans la mesure où celle-ci ne peut pas être considérée comme contre-révolutionnaire (ce qui n’est pas synonyme de restauration).

La Nouvelle Droite française « historique » (c’est-à-dire non réductible à la figure d’Alain de Benoist et son positionnement actuel, à maints égard en rupture avec la Weltanschauung qui a constitué le socle axiologique du G.R.E.C.E de la fin des années 70 à la première moitié des années 80-NDT) liée à nous par la figure de Dominique Venner, à la fois intellectuel encyclopédique et homme d’action, montre encore le chemin à travers ses trop rares représentants qui n’ont pas renoncé à transmettre l’héritage de la classique Troisième voie aux prochaines générations de tercéristes.

Le Groupe Union Défense (GUD), représenté à la première conférence Paneuropa à Kyiv par Steven Bissuel, le chef du GUD-Lyon, est proche des nationalistes révolutionnaires emblématiques du siècle dernier. Fondé au cours de la turbulente année 1968 comme une organisation étudiante radicale contre l’esprit de l’époque, elle a toujours combiné la métapolitique avec les initiatives sociales et l’action directe dans la rue.

« La révolte contre la fatalité » léguée par Dominique Venner, bien longtemps avant sa mort, est devenue le principe cardinal de cette communauté de Français qui, selon les mots de Steven Bissuel, ne veulent pas renoncer à des siècles de vieille civilisation par la faute de la mondialisation. Depuis octobre 2016, le mouvement a établi sa forteresse, le Pavillon noir, à Lyon. Loin de toute intention de se calmer et de se contenter d’activités plus paisibles, le GUD a marqué le quatrième anniversaire du « suicide de puissance » de Dominique Venner du 21 mai 2013 par l’occupation d’un bâtiment vide au 18, rue du Port-du-Temple à Lyon, pour fournir des conditions de logement décentes aux Français dans le besoin.

Comme Steven Bissuel l’a expliqué dans plusieurs entretiens, beaucoup considéraient que cela était impossible en France, et le 13 juin dernier, après plusieurs tentatives avortées de pénétrer dans les lieux, la police a finalement expulsé brutalement les défenseurs barricadés. Cependant, suivant en cela l’exemple innovant de Casapound Italia (Gianluca Iannone, président de CPI , s’est fendu d’une visite symbolique au Bastion Social), aussi bien que celui du Hogar Social espagnol, le GUD n’a pas seulement réussi à s’emparer d’un immeuble renommé Bastion Social, mais également à lancer un mouvement social sous cette même dénomination visant à recenser et réquisitionner les bâtiments laissés à l’abandon dans toute la France, tout en facilitant les conditions d’acquisition de logements pour les étudiants et les familles de condition modeste. Aussi, après l’expulsion par la police, le GUD a annoncé se donner un petit délai afin de trouver une nouvelle alternative qui puisse offrir un logement gratuit convenable aux personnes nécessiteuses.

Des douzaines d’organisations dans le monde entier ont déjà exprimé leur soutien passionné au mouvement Bastion Social.

Selon le Bastion social, plus de 8,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, soit une personne sur sept, entre 140000 et 150000 personnes sont sans domicile fixe.

Il faut dire que l’Etat français possède actuellement un parc de 78 millions de mètres carrés, dont 11 millions sont officiellement vacants, en incluant un million correspondant à des logements. Le gouvernement dépense des millions d’euros pour répartir des réfugiés économiques allogènes qui continuent à arriver quotidiennement en France,  puisque aucune restrictions n’ont été imposées après les horribles actes terroristes de Paris et de Nice. C’est pourquoi le GUD considère pleinement justifié de lancer un programme social à long terme, pour édifier , de ce fait, un « état dans l’état » et se préparer pour une guerre « civile » à venir tout à fait possible dans les pays européens noyés sous les flots de migrants.

Les principaux messages délivrés dans le discours de Steven Bissuel ont eu trait à l’étau qui se referme autour des Français, des oligarques qui vendent le pays au capital étranger et le remplacement de population aggravé par la déstabilisation du Moyen-Orient menée par les Etats-Unis. Mais l’attention aiguisée du public a été attirée par son commentaire sur l’élection présidentielle en France, le deuxième tour s’étant déroulé à la suite de la conférence de Kyiv, car les opinions concernant le Front National mené par Marine Le Pen sont très polarisées. Pas seulement en ce qui concerne les Ukrainiens qui sont bien conscients de l’alliance politique entre le Kremlin et le Front National, ainsi que du changement infâme de partenariat politique après la visite de Marine Le Pen en Crimée en 2013 et l’obtention d’un prêt  de 9 millions d’euros de la part de la Première banque russe en République tchèque en 2014 (en 2005, le parti nationaliste ukrainien Svoboda avait été le premier à faire une déclaration publique de soutien au Front National qui condamnait les gangs violents d’immigrés mettant le feu à des centaines de voitures dans les rues et la politique d’immigration sans limite dans son ensemble. Cette année là, une rencontre avait eu lieu dans la ville ouest-ukrainienne de L’viv entre une délégation du Front National et Oleh Tiahnybok, le leader de Svoboda.

En 2009, Jean-Marie Le Pen, qui avait souligné des attitudes politiques communes, avait signé un mémorandum de coopération entre Svoboda et le FN.

En 2011, après que Marine Le Pen ait pris la tête du mouvement, Oleh Tiahnybok avait pu la rencontrer au siège du parti dans la banlieue parisienne et avait étendu leur partenariat.

L’année suivante, quand le Parlement européen avait adopté un amendement visant à dissuader les partis démocratiques de participer à une  coalition avec le parti Svoboda qualifié de « raciste, xénophobe et anti-sémite ». Le FN avait renvoyé l’ascenseur à Svoboda et n’avait pas adopté ce texte).

Les nationalistes français et européens comprennent également que le « nationalisme civique » modéré du Front National pourra difficilement initier un quelconque changement en France qui, à certains égards, a déjà dépassé le point de non-retour.

Cependant, Steven Bissuel a souligné que son organisation ne se faisait aucune illusion à propos du FN, mais considérait que la candidature de Marine Le Pen valait toujours mieux que celle d’Emmanuel Macron, mais, plus important, qu’elle croyait qu’en cas de victoire du FN, le climat politique français serait plus favorable aux forces nationalistes, y compris dans le cas d’une collaboration avec les nationalistes ukrainiens et une promotion graduelle de leur point de vue.

De tels plans sont de toute façon en œuvre. Après tout, le GUD a été une des premières organisations françaises, et surtout européennes à soutenir la lutte des nationalistes ukrainiens pour la troisième voie, pour leur pays et pour l’Europe.

Citons juste un extrait d’une déclaration du GUD relative à la guerre menée par l’Ukraine contre les séparatistes soutenus par Poutine en 2014 :

« Dans ce contexte, il a semblé naturel au GUD de soutenir l’initiative du Praviy Sektor et l’armée ukrainienne qui combattent pour le droit de l’Ukraine à l’auto-détermination et contre l’ingérence des milices terroristes pro-russes. Le GUD est composé de jeunes activistes qui pourraient trouver de nombreux points d’accord avec le bataillon Azov, aussi constitué de jeunes volontaires luttant avec des moyens improvisés et qui ne sont pas financés, comme le prétendent certains ragots, par la CIA, le Mossad et Soros. L’histoire a montré que les jeunes gens qui se battent pour leur terre et meurent pour elle, comme c’est la règle, sont rarement soutenus par les puissances mondiales.

Il est étrange qu’en cherchant plus en avant au sujet des partisans des milices pro-russes, on finisse par rencontrer de bizarres relations avec les antifascistes de tous les pays…

Cependant, nous aimerions dire que nous ne sommes pas dupes du jeu des grandes puissances mondiales.

Nous sommes contre toute ingérence en Ukraine et n’importe où ailleurs des agents russes et occidentaux (OTAN, Union Européenne), notre seul parti étant celui du peuple.

À l’opposé de ceux qui veulent forcer les peuples à s’inscrire dans un système bilatéral rigide, la Russie ou l’Occident, nous portons notre troisième voie, au-delà de l’échiquier géopolitique du moment. »

De manière assez surprenante, Jean-Luc Mélanchon, le candidat de l’extrême gauche, a raflé plus de 19% des votes au premier tour des présidentielles.

En accord avec l’éclairage de Sébastien Manificat sur les « politiciens » modernes, Steven Bissuel a fait remarquer que ce résultat ne montrait pas tant la force de la gauche que la désorientation complète d’une société et l’absurdité des partis « idéologiques » actuels complètement coupé de l’action sociale. « Vous ne pouvez pas être un révolutionnaire quand vous avez été un sénateur de la gauche traditionnelle pendant 30 ans ».

La disposition décisive qui façonne le courant national-révolutionnaire et qui transcende les étroites divisions idéologiques est ce qui a véritablement attiré les mouvements d’avant garde de notre temps comme le GUD et Casapound, d’abord dans la rue, ensuite vers le combat frontal des patriotes ukrainiens.

Il existe néanmoins quelques pionniers de la Nouvelle Droite française qui ont aussi soutenu les nationalistes ukrainiens.

Pascal Lassalle, militant depuis plus d’un quart de siècle dans les structures ayant composé la Nouvelle Droite française « historique » ou issues de ses rangs (G.R.E.C.E, Synergies Européennes, Terre et Peuple) et ardent défenseur de la cause ukrainienne dans ce milieu intellectuel traditionnellement orienté vers la Russie (il suffit de mentionner Alain de Benoist, Guillaume Faye et un auteur lié à cette mouvance comme Jean Parvulesco ), est un des cofondateurs de la webradio Méridien Zéro, directeur d’une émission sur Radio Courtoisie et s’implique actuellement dans le nouveau projet européen de Gabriele Adinolfi qui se décline avec la Guilde des Lansquenets et le think tank Eurhope.

Il ne s’est pas seulement contenté de faire une allocution devant le public de la conférence, mais il a également lu un message adressé à la révolution ukrainienne par le légendaire cofondateur de l’organisation italienne « Terza Posizione » qui, au temps de la révolution du Maidan, avait été assez avisé pour voir que « l’Eurasie est une utopie, le Kremlin et la Maison blanche sont les héritiers de Yalta ».

Du reste, Pascal Lassalle a co-organisé et pris part à de multiples manifestations en France, Suisse et Ukraine visant à souligner les fondements historiques du droit des Ukrainiens à l’autodétermination, avec des développements autour de la lutte des nationalistes ukrainiens pour la troisième voie géopolitique  entre l’Euro-atlantisme et l’Eurasisme.

Parmi ces conférences, citons celles qui se sont tenues, d’abord en novembre 2014, organisée par le GUD à Paris avec un ancien volontaire du bataillon Azov, puis à Kyiv en juillet 2015 avec une allocution intitulée « Pour une troisième voie pan-européenne. La solidarité française avec l’Ukraine en guerre », enfin en septembre de la même année à Lausanne, invité par Bjorn Sigvald, le représentant suisse du mouvement Reconquista, étroitement connecté au segment français des tercéristes européens en tant que Romand francophone. Pascal Lassalle a aussi lancé la branche française de Reconquista et assuré régulièrement sa présence lors d’événements organisés par des organisations comme le GUD ou Synthèse Nationale (dernières en date, les rencontres intitulées « Une autre Europe est impérative » tenues à Paris en juin 2017 à l’initiative de Gabriele Adinolfi-NDT).

Cette fois-ci, le discours de Pascal Lassalle a incorporé le thème de l’imperium en tant qu’archétype de grande puissance pour l’Europe.

Sur ce point, la différence entre les visions ouest-européennes d’une union continentale tournant autour d’un empire européen, « au-delà des conceptions des nationalismes et des souverainismes étriqués », et le projet plus répandu en Europe orientale d’une « Europe des nations », a d’emblée donné matière à nourrir la réflexion.

Le point de départ de Pascal Lassalle fut le constat du déclin de l’aire romano-germanique du continent européen, en particulier son noyau carolingien franco-allemand.

Dans la cas de la France, les problèmes intérieurs bien connus sont aggravés par une orientation pro-Kremlin inhérente à la mentalité collective des élites et d’une bonne partie de l’opinion (une « passion française »), qui, de l’avis de Pascal Lassalle, s’explique par une vision romantique du pays de Poutine (le mythe de la « Sainte Russie »), une certaine identité de vue dans le domaine politique (conception statolâtrique centralisatrice et messianique) et un ADN égalitaire qui court de la Révolution française jusqu’au communisme soviétique, dans les tournants historiques des deux derniers siècles.

Même la Nouvelle Droite et de nombreux nationalistes français, induits en erreur par « l’autocratisme patrimonial » inhérent à la tradition politique russe fort éloignée de la tradition européenne en ce domaine, et dont le système oligarchique domestiqué de Poutine ne constitue que l’ultime avatar, tout cela combiné au « traditionalisme » naturel pour les Européens orientaux, sont gravement affectés par cette inclinaison inconsciente et parfois irrationnelle.

Pascal Lassalle s’était penché plus en détail dans son discours à Kyiv en 2015 sur le fait que l’historiographie française, reprenant purement et simplement les schémas classiques russes, ne pouvait que mettre en place des conditions favorables pour une  ignorance et une indifférence largement répandues à l’égard du mythe national ukrainien.

À l’opposée de l’Ouest, l’Europe orientale a le vent en poupe.

Pascal Lassalle a reconnu que l’agression de la Russie poutinienne constituait à la fois une tragédie et une chance pour l’Ukraine : « Il fallait connaître la guerre pour gagner la nation ! » Et les forces politiques qui ont réussi à saisir cette occasion sont devenues le Mouvement Azov qui a mis en place il n’y a pas si longtemps son parti politique, le Corps National.

Selon lui, ce courant incarne un « nationalisme soldatique » du XXIème siècle, mais aussi un néonationalisme avec de forts penchants pour l’unité des Slaves orientaux (la nouvelle Rous’ de Kyiv, l’Intermarium) et le paneuropéisme. De plus, le Corps National n’approuve pas le « vieux nationalisme » provincial qui nourrit trop souvent des attitudes chauvinistes.

En tant que résultat d’une synergie fructueuse entre le Mouvement Azov et les nationalistes polonais (qui ont tendance à considérer leurs équivalents ukrainiens comme des ennemis après le conflit ethnique en Volhynie dans les années 40 du XXème siècle), on a vu prendre forme la contrepartie de l’alliance nationale du noyau ouest européen, une alliance entre les deux plus vastes pays d’Europe orientale, l’Ukraine et la Pologne.

De la même façon que le Corps National développe « un état dans l’état » pour subvertir « le système d’occupation interne », les quatre pays du groupe de Visegrad, en particulier la Pologne et la Hongrie, ébranlent de l’intérieur l’agenda politique de l’Union Européenne, remettant en cause ses diktats économiques et culturels (avant tout, la politique des réfugiés). Ainsi, l’autonomisation croissante du V4 et les efforts du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium lancé par le Corps National offrent un corridor d’opportunités géopolitiques pour l’Europe occidentale.

Dans ce contexte, Pascal Lassalle se réfère métaphoriquement à l’Ukraine comme possible « Piémont » de l’Europe : le pays, qui ayant débuté aux niveaux national et régional, pourrait être en mesure d’impulser de manière décisive un mouvement d’intégration continentale capable d’entraîner ensuite les autres pays restants dans une nouvelle union paneuropéenne.

À ce moment, Pascal Lassalle en vint au point principal de son intervention lorsqu’il déclara que nous n’avons pas seulement besoin d’un « bloc continental », mais de la mise en œuvre sur une grande échelle du principe de l’imperium. Il a rappelé que d’éminents penseurs comme Julius Evola et Dominique Venner ont aisément défini l’empire comme le noyau de la tradition politique et historique de l’Europe.

Les peuples européens au cours de leur longue histoire ont pu assister à l’édification d’empires véritables (Empire Romain, Saint Empire Romain de Nation Germanique) ou d’autres qui n’en avaient que le nom (1er Empire napoléonien, IIIème Reich, URSS). Les véritables empires doivent respecter plusieurs critères comme s’appuyer sur un principe traditionnel relevant de la sphère du sacré et un pouvoir surplombant capable d’unir tout en les protégeant les identités de peuples apparentés mais divers sur la base d’un modèle fédéral bien pensé et du principe de subsidiarité.

Pour assurer notre avenir continental, il est vraiment nécessaire de se donner le maximum de moyens afin de rendre possible la réalisation de cet idéal supérieur qui pourrait s’étendre jusqu’aux rivages de l’océan Pacifique, dans une perspective grande-continentale eurosibérienne.

L’actuelle Union Européenne est indubitablement à l’extrême opposée de cette conception traditionnelle de l’Empire : elle est artificielle, maintenue par un système policier et dépourvue de fondements culturels.

En plein accord avec Gabriele Adinolfi, Pascal Lassalle a souligné que l’Europe ne s’est jamais vraiment libérée de la partition mise en place après-guerre par le monde de Yalta, entre les zones dominées par Washington (de pair avec ses marionnettes bruxelloises) et Moscou. De son point de vue, les Ukrainiens, nonobstant les empiètements chauvinistes en cours de la Fédération russe néo-soviétique, doivent aussi prendre garde à la menace représentée par la mondialisation américanocentrée.

Les Européens de l’Ouest ont subi depuis fort longtemps les effets délétères du néo-totalitarisme libéral et de ce fait, leurs représentants les plus conscients et les plus lucides peuvent partager utilement leur expérience avec leurs frères d’Europe orientale qui croient souvent naïvement que l’Occident est la terre de la Liberté à l’opposé de l’espace post-soviétique.

À leur tour, les Européens orientaux devraient être en mesure de démystifier le « village Potemkine » russe, en  ouvrant les yeux de leurs frères de l’Ouest sur la réalité oppressive et antinationale de la Fédération russe de Poutine qui a retourné l’infâme article « anti-extrémiste » du code criminel contre les Russes eux-mêmes.

La connaissance par certains Européens de l’Ouest du véritable visage de la « démocratie » d’après-guerre, combinée avec l’expérience de la résistance anti-soviétique des Ukrainiens, Polonais ou Baltes pourra donner naissance à la Troisième voie si longtemps attendue, au-delà de l’Euro-Atlantisme et du néo-Eurasisme.

À ce propos, Pascal Lassalle a fait une observation juste concernant les points forts de chacun des pôles européens : les peuples d’Europe orientale ont préservé leur « passionarité » telle que conceptualisée par l’eurasiste russe Lev Goumilev, à savoir une capacité à réagir de manière adaptée face aux défis majeurs de dimension historique et vitale ; les Européens de l’ouest possèdent un arsenal intellectuel plus élaboré pour améliorer et promouvoir la « Weltanschauung » archéofuturiste.

Unis, ils seront en mesure de l’emporter sur l’hydre aux deux têtes tournée vers l’Est et l’Ouest.

Russie

Après le discours de Pascal Lassalle qui a résumé symboliquement la partie ouest-européenne de la conférence, le terrain a été laissé à un représentant du Centre Russe et de la Wotan Jugend.

Alexeï Levkine, un émigré politique russe qui, bien avant la révolution du Maidan, s’est forgé une réputation de combattant implacable contre le régime anti-national de Poutine. Actuellement, il est activement impliqué dans les activités métapolitiques et éducatives du Mouvement Azov comme conférencier, éveilleur des jeunes générations d’Ukrainiens et de bien d’autres.

De plus, en tant que chanteur du fameux groupe de Black Métal « M8L8TH », Alexeï joue un rôle de boussole intellectuelle dont l’influence va bien au-delà d’une sub-culture marquée à droite.

Depuis sa venue en Ukraine en 2015, il a participé ou été en tête d’affiche de toute une série de concert d’extrême métal en hommage aux prouesses des volontaires ukrainiens en guerre. En 2016 et 2017, il a co-organisé, en collaboration avec Militant Zone, les festivals annuels Asgardsrei qui ont attiré des amateurs et des fans venus de l’Europe entière.

Le dernier festival Asgardsrei en date du 18 décembre 2016 a été précédé par la conférence métapolitique « Pacte d’Acier » (entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale) qui peut être considérée comme la première conférence Paneuropa, à Kyiv également.

Dans sa première partie, Alexeï Levkine au nom de M8L8TH et Famine au nom de Peste Noire ont engagé une discussion ouverte avec l’assistance en tant qu’interlocuteurs principaux, répondant aux questions relatives aux situations politiques respectives de l’Ukraine et de la France.

Du 11 au 14 juin dernier, Alexeï a co-organisé et participé au tournage à Kyiv d’un clip vidéo pour la chanson de Peste Noire, « Le dernier putsch », dédiée au Mouvement Azov.

En tant que représentant également du Centre Russe, une plateforme de coordination de l’émigration nationaliste russe basée à Kyiv, et du projet métapolitique Wotan Jugend, Alexeï a été interviewé plusieurs fois par ses sympathisants, les nationalistes polonais de Szturm en particulier, tout en ayant participé aux deux conférences du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium.

En d’autres termes, il a toujours été au premier plan des communications pan-européennes.

À l’époque de la révolution du Maidan et de la guerre à l’est de l’Ukraine qui s’en est suivie après l’annexion de la Crimée, la Wotan Jugend, qui s’occupait principalement de thèmes culturels, s’est transformée en une puissante plateforme d’information, répandant la vérité sur « le choix démocratique «  du « peuple russe » dans le Donbass et en Crimée.

Son site internet a mis l’accent sur les « rebelle » de l’est de l’Ukraine coordonnées, formés, sponsorisés et armés par des officiers russes du FSB, les combattants tchétchènes de Ramzam Kadyrov, toutes sortes de communistes et d’« antifasciste » européens et non-européens, aussi bien que les droitistes sporadiques d’Europe occidentale qui essaient de détourner leurs regards des portraits de Staline dans les quartiers généraux de la « DNR ».

Par conséquent, selon un schéma bien établi, il a été régulièrement piraté par les services spéciaux russes qui ont organisé une « scission » dans les rangs des nationalistes russes réussissant à « expulser » le segment pro-ukrainien et a commencé à promouvoir la « véritable » position de la droite russe. La ressource piratée n’a pas tenu bien longtemps, mais les personnes qui lui étaient liées, y compris Alexeï Levkine, ont dû prendre un aller simple pour l’Ukraine.

Cependant, ceci n’était pas un aboutissement inévitable de la solidarité des nationalistes russes à l’égard d’un peuple frère contre l’ennemi néo-bolchevique. Dans son discours, Alexeï Levkine a souligné que les nationalistes russes ont été, par dessus tout, inspirés par le succès confirmé des nationalistes ukrainiens à l’échelle européenne et voient l’Ukraine comme un point focal du renouveau européen d’après-guerre. La capacité à prendre les armes et de défendre la patrie contre l’envahisseur communiste jadis, a uni une jeunesse fougueuse partout en Europe.

Aujourd’hui, le régiment Azov est devenu un présent inestimable pour les patriotes européens avec une mentalité héroïque qui ne se confond pas avec le « monde moderne ».

Il est vrai que dans la Fédération de Russie, a continué Alexei Levkine, toutes les organisations nationalistes ont été interdites (la dernière en 2015). Cependant, il ne considère pas l’Ukraine uniquement comme un lieu qui offre plus de liberté et d’opportunités pour les activistes de droite. Comme il l’a fait remarquer, dans chaque mouvement, il y a toujours une différence de fonctions accomplies par certains types de personnes : les unes constituent la base matérielle du mouvement, les autres déterminent ses idéaux spirituels et contribuent à façonner la matière première pour aboutir à quelque chose de plus grand, de même que pour une statue ancienne.

C’est ce que des personnes comme Alexeï Levkine ont trouvé dans le mouvement Azov : la composante métapolitique qui comprend des « personnes différenciées » au sens évolien du terme ou des « humains d’un type spécial » qui ont préservé en eux une relation intrinsèque à l’Etre et révèlent la dimension métaphysique de la lutte politique et militaire à ceux qui sont impliqués.

La poste  d’éveilleur d’Alexeï  au sein du Mouvement Azov inclue des cours et des entraînements paramilitaires, avec dans cet ordre d’idée, des activités comme l’airsoft, un des rares manifestations de la société moderne dans laquelle une personne peut encore se confronter à l’élémentaire sans « éveiller les soupçons ».

Cependant, la manifestation européenne radicale de la volonté politique est encore possible.

Alexeï Levkine a donné l’exemple suivant d’un acte héroïque dans des conditions modernes.

Il a raconté l’histoire d’un jeune nationaliste russe (17 ans), Anton Konev, qui, il n’y a pas si longtemps (21 avril), a descendu un officier de haut rang du FSB , dans sa propre salle d’audience située dans la ville de Khabarovsk. Pour certains, « l’exploit » pourrait être assombri par le fait que pour obtenir une arme à feu, Konev a aussi tué un civil, le garde d’un stand de tir, et, accidentellement, un traducteur dans la salle d’audience. D’autres ne comprendront pas vraiment pourquoi les services spéciaux de la Fédération de Russie sont considérés comme l’ennemi principal par les nationalistes russes.

Alexeï Levkine a souligné que cet acte est digne de respect, parce qu’à l’opposé des terroristes islamistes qui se font consciemment exploser en ciblant des populations civiles, Konev (qui a aussi été abattu sur la scène de crime), a choisit une victime dont la liste des atrocités commises sur des patriotes russes est immense et a accompli avec succès une mission mortelle.

De manière prévisible, le FSB a concocté un scénario selon lequel ce « néo-nazi » (qu’ils ont lié à la Wotan Jugend, un honneur démenti par Alexeï Levkine), était un sympathisant de l’Etat islamique.

Ayant achevé son intervention avec une référence au type humain le plus élevé qui peuple les sagas et les poèmes épiques, qui constitue selon lui le véritable objectif de la lutte politique, Alexeï Levkine a appelé à entretenir la flamme de la Reconquista européenne, au-delà des vieilles divisions nationales, pour nous qui sommes l’avenir de l’Europe.

Interventions des participants venus d’Europe orientale.

Europe orientale

À l’issue du repas, les interventions ont repris et les thèmes développés se sont recoupés avec ceux abordés la veille à Kyiv également, au cours de la deuxième conférence du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium.

Elles ont concerné des problèmes spécifiques à l’Europe orientale et ont suscité de vives discussions avec l’assistance venue d’Europe occidentale.

La séquence des communications est-européennes s’est déroulée selon un spectre nord-sud, des pays baltes jusqu’à l’Ukraine et la Croatie.

Mindaugas Sidaravicius (Branche jeunesse de l’Union Nationaliste Lituanienne), comme maints participants à la conférence, n’en était pas à sa première venue en Ukraine.

En 2016, au nom de la même organisation, il a participé à la conférence inaugurale du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium.

Historiquement, les Ukrainiens et les Baltes ont toutes les raisons de s’unir contre l’ennemi commun néo-soviétique ; cependant, on considère généralement qu’ils continuent à avoir tous les deux des problèmes avec la Pologne.

Mindaugas Sidaravicius avait déjà remarqué auparavant que ses discussion avec les nationalistes polonais au cours de la conférence sur l’Intermarium constituait un moment réellement historique.

Il avait eu aussi l’occasion de s’entretenir avec le Centre Russe.

À l’occasion de cette première conférence Paneuropa, il a estimé que la réconciliation et la coopération lituano-polonaise a pleinement atteint un nouveau stade.

Cette fois-ci, Mindaugas a fait de la solidarité polono-lituanienne la clé de voûte de son propos qui a aussi abordé le « déficit de puissance » en Lituanie.

Il a fait justement remarquer que les premières tentatives pour édifier l’Intermarium au  20ème siècle ont échoué à cause des pays de la région, la Pologne et la Lituanie en particulier, qui n’ont su se départir d’attitudes chauvinistes.

Par voie de conséquence, la région est tombée sous la férule soviétique. Aujourd’hui, la zone Adriatique-Baltique-Mer Noire expérimente à nouveau une double pression, pour ne pas parler d’une offensive, venue de l’Est et de l’Ouest.

Prise en tenaille entre le marxisme culturel de l’Ouest et le néo-soviétisme de l’Est, la région de l’Intermarium n’a pas le droit de répéter les erreurs du passé.

Si nous voulons dire adieu conjointement à Bruxelles et au Kremlin, a souligné l’orateur, nous devons avant tout renoncer au chauvinisme.

Mindaugas Sidaravicius a proposé un modèle pratique pour la réconciliation lituano-polonaise.

Dans une première étape, un think tank commun devrait être mis en place unissant des représentants des deux pays.

Ils pourraient élaborer une vision des relations amenées à se développer dans l’avenir entre les deux pays, concernant en particulier le statut des minorités nationales respectives.

Le résultat de ces efforts conjoints pourrait être proposé au reste de la société dans chaque pays.

Le fait de surmonter les divisions qui affaiblissent l’Europe et font d’elle une proie facile pour les idéologies globalistes anti-européennes, devrait avoir cours de manière constante en Europe.

En effet, il faut souligner que les Polonais sont désireux de mettre en œuvre cette idée.

Aussi les fondements sont posés.

Au final, Mindaugas Sidaravicius a fait remarquer qu’il n’aime pas être habituellement catalogué en tant que « conservateur » ou « traditionaliste », parce que cela donne l’impression d’une nostalgie idéologique.

Refuser le chauvinisme et embrasser l’idéal paneuropéen serait pour lui la meilleure explication pour laquelle il considère fièrement ses vues comme « progressistes ».

En toute logique, l’intervenant suivant, Pawel Bielawski, venait de Pologne et a dédié son exposé à la thématique du nouveau nationalisme, avec l’intitulé : » La Nouvelle Droite est-européenne et le Nouveau Nationalisme ».

Il est depuis longtemps engagé dans des échanges intellectuels avec ses collègues ukrainiens bien avant l’amorce d’une coopération politique en 2016 quand il est venu soutenir les revendications de la « Marche de la Nation » organisée par le Corps National devant le Parlement ukrainien (Verkhovna Rada) aux côtés des organisations polonaises « SZTURM » et « Trzecia Droga ».

Bien que représentant de l’Association pour la Tradition et la Culture « Niklot », Pawel Bielawski, est parti de loin pour évoquer des questions économiques.

Assisté d’une présentation PowerPoint pour appuyer son propos, il a commencé par deux citations d’Alain de Benoist, figure éminente de la Nouvelle Droite française.

Dans la première, de Benoist critique le projet de l’Union Européenne et appelle à une union alternative, pouvant probablement s’initier autour du « petit » noyau carolingien.

Dans la seconde, il admet sa sympathie pour le combat des Ukrainiens pour leur identité nationale, mais en proclamant sans équivoque que si la révolution du Maidan aboutissait à renforcer le pôle américain et occidental « au détriment de la Russie », il serait « le premier à la condamner ».

Cela signifie, selon Pawel, que l’Europe occidentale retient toujours la possibilité de « sacrifier » l’Europe orientale à la Russie en tant que contrepoids présumé aux Etats-Unis ou en tant que simple superpuissance séparée de  l’Europe par une zone tampon.

Au contraire, nous concevons l’Intermarium comme le cœur de l’Europe opposée à deux formes de globalisations.

Au niveau économique, selon Pawel Bielawski, cette possibilité est pleinement réalisée au prisme des relations centre-périphérie établies entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale.

Le message principal est ici le suivant :

« Les nations pauvres fournissent des matières premières, de la main d’œuvre bon marché et un marché pour les vieilles technologies des pays développés, sans lesquelles ces dernières ne peuvent soutenir le niveau de vie dont ils bénéficient aujourd’hui. »

En d’autres termes, les pays riches ont intérêt à perpétuer cet état de fait.

Parmi d’autres, l’intervenant a fait référence au professeur brésilien Emile Sedar qui a fait remarquer à quel point le néo-libéralisme a plongé les pays « périphériques » d’Amérique latine dans l’extrême pauvreté et l’exploitation qui a privé les travailleurs de leur véritable « identité publique ».

Dans l’ensemble, Pawel Bielawski est complètemet d’accord avec Jaroslaw Tomasiewicz sur le fait que les pays d’Europe orientale devraient refuser le regard occidental porté sur le clivage droite-gauche et lutter conjointement pour la libération nationale et socioéconomique.

D’où le diagnostic ou, plus précisément, les prémisses formulées par Pawel Bielawski :

1)    Le combat politique en Europe occidentale est mené principalement sur le terrain culturel alors qu’il est sur le plan économique en Europe orientale, tourné contre l’impérialisme économique.
2)     La dépendance économique est complétée par une autre, de nature culturelle et idéologique (occidentalo-centrisme).
3)    Le capitalisme (néo)libéral est, par-dessus tout, un système anthropologique (homo economicus) qui place l’argent à égalité avec Dieu.

En conséquence, Pawel Bielawski suggère les issues suivantes pour l’Europe orientale :

1)    Primauté de la lutte économique sur son pendant culturel (national syndicalisme), entendue selon les termes du néo-nationalisme d’Ernst Jünger qui, d’une part, considère que le travailleur peut dépasser le capitalisme seulement en développant un sens de la communauté (nation) liée par le sang, d’autre part, soutient le fait que le mouvement nationaliste devrait se développer en mouvement ouvrier pour transformer les travailleurs en soldats politiques.
2)    Élaborer une narration est-européenne intelligible et promouvoir une identité correspondante au niveau de l’Europe toute entière.
3)    Parallélisme de la lutte spirituelle et économique destinée à l’élévation de l’homo religiosus au sens donné par Mircea Eliade à ce terme (une personne qui restaure le rôle pivot du sacré dans son existence).

Sur le plan géopolitique, ce programme est en voie de réalisation par l’entremise des propositions de l’Intermarium souverain.

Dans ce contexte, Pawel Bielawski exprime son  soutien total  à l’Union des Salaires (Wage Union), projet lancé par huit pays d’Europe centrale et orientale afin d’harmoniser les revenus sur l’ensemble du continent européen et empêcher les jeunes travailleurs qualifiés d’émigrer dans les pays plus riches d’Europe occidentale.

Ce projet a été abordé plus en détail au cours de la deuxième conférence de l’Intermarium.

Culturellement, ce dont nous avons besoin réside dans la création d’un Institut pour la reconstruction de la Culture, au sens donné à ce terme par Jan Stachniouk, un « think tank et un centre intellectuel de la révolution qui pourrait établir les fondements du changement de l’idéomatrice dominante (superstructure idéologique) d’une société donnée. ».

L’exposé de Pawel Bielawski a suscité fascination et grand intérêt au sein de l’assistance, mais aussi de vifs débats.

Les sérieuses accusations lancées à l’encontre de l’impérialisme économique ouest-européen, faisant écho aux déclarations officielles des leaders des états de la région qui critiquent les politiques économiques des pays du cœur de l’UE, comme l’Allemagne et la France, ont partiellement donné l’impression d’un message de division plutôt que d’intégration.

D’autres participants ont considéré que Bielawski faisait la promotion d’une vision du monde économique » erronée, bien que ce dernier ait mentionné les mots de Julius Evola sur l’inanité de mesurer les progrès de la culture en fonction du degré de prospérité matérielle, du niveau de productivité et de consommation.

Certains se sont même demandés si l’Union des Salaires n’était pas destinée à faire la promotion d’une sorte d’homogénéisation communiste artificielle des économies nationales.

Bjorn Sigwald, qui a quitté la prospère Confédération helvétique pour venir s’installer dans une Ukraine en guerre très éprouvée par la crise économique, a souligné que le niveau de vie outrancièrement élevé des pays d’Europe de l’Ouest était à la racine du déclin occidental et que c’était ce dont l’Europe orientale avait le moins besoin.

Et, à l’opposée, une autre partie de l’assistance en est arrivée à la conclusion qu’à ce stade, de nombreux nationalistes ouest-européens, qui en ont fini avec les problèmes économiques du siècle dernier, n’ont aucune idée de ce qui constitue les principaux problèmes évoqués dans la vie publique en Europe orientale (corruption, oligarchie, chômage, qualité juridique des services sociaux, prix élevés, etc.).

Les tenants enthousiastes de la réconciliation ukraino-polonaise, Filip Januszewski et Olena Semenyaka ont contribué à clarifier la « morale » de cette intervention.

Filip a justement fait remarquer que la situation économique négative explique que de nombreuses femmes polonaises refusent d’avoir des enfants ou repoussent la perspective de fonder une famille à cause de la dureté du travail quotidien.

Olena a souligné que l’Union des Salaires visait seulement à défendre l’équilibre des salaires et des prix ( trop élevés comparativement à ceux pratiqués en Europe orientale).

De plus, Sébastien Manificat de Casa Pound Italia a exprimé son soutien à l’initiative de l’Union des Salaires précisément parce que l’Italie perd également de la population en raison des salaires plus élevés en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni, ce qui montre que cette question ne concerne pas seulement l’Europe orientale.

Du reste, Olena Semenyaka a rappelé que de nombreux Ukrainiens qui ont participé à la révolution du Maidan étaient pro-UE parce qu’ils l’imaginaient faussement comme un « paradis économique », et que la faiblesse économique de l’Ukraine est la raison principale pour laquelle elle se trouve victime de chacun des blocs globalistes (capital transnational occidental ou « russe »), ou bien qu’elle pousse des femmes ukrainiennes à épouser des hommes aisés d’origine non-européenne.

Elle a ainsi conclu que l’objectif du « nationalisme économique » (qui est aussi favorisé dans le programme du parti Corps National) n’est pas de diviser l’Europe ou de faire sombrer les Européens orientaux dans un confort total, mais d’élaborer ensemble une alternative viable au capitalisme pour l’Europe et le monde.

Après tout, pour tous ceux qui sont familiers des idéologies de la Troisième Voie, il n’est pas nécessaire d’expliquer que le capitalisme ne concerne pas seulement le monde de l’économie  et que chaque mouvement sérieux défendant des valeurs de droite classiques devrait être capable de mettre en place son propre modèle économique.

Les deux exposés suivants ont confirmé que pour l’Europe orientale, le combat politique portait principalement sur le développement économique et l’autarcie, au nom du bien-être des nations.

Witold Dombrowolski, éditeur du magazine polonais « SZTURM » et impliqué simultanément dans une association de mouvements et d’organisations nationalistes polonaises, fut l’un des premiers à lancer la réconciliation et la coopération polono-ukrainienne aux côtés de Vladyslav Kovaltchouk pour la partie ukrainienne.

En plus de ses contributions thématiques pour « SZTURM » et d’autres initiatives éditoriales, Witold est arrivé comme correspondant photographe au sein du Maidan révolutionnaire durant sa période la plus sanglante pour mettre en lumière ces événements en Pologne.

Juste après, il est parti en expédition dans le Donbass déchiré par la guerre, visitant Donetsk et Sloviansk assiégée où il manqua d’être capturé par des militants de la « DNR », aussi bien que Pisky, Debaltsevo et Marioupol (en tant qu’invité du bataillon Azov).

Aux côtés du bataillon Donbass, il fut témoin de la meurtrière bataille d’Ilovaisk à laquelle ont pris part des unités de l’armée régulière de la Fédération de Russie.

À partir de ces périples risqués, Witold a organisé une exposition photographique intitulée « Du Maidan au Donbass. Ukraine 2014-2015 », qui s’est tenue à Varsovie et à Zakopane.

En plus, Witold étudie dans le domaine universitaire l’histoire du nationalisme ukrainien et celle du Mouvement Azov en particulier.

Juste après l’action de solidarité avec les nationalistes ukrainiens du Corps National pendant la Marche de la Nation, le 20 mai 2016, Witold Dobrowolski, au nom du magazine « SZTURM » a présenté le programme de la réconciliation polono-ukrainienne au cours de la première conférence du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium les 2 et 3 juillet 2016.

Parmi d’autres questions, en marge de la conférence, une action de commémoration conjointe en hommage aux victimes civiles ukrainiennes et polonaises des heurts ethniques des années 40 du 20ème siècle, les massacres de Volhynie en particulier, avait été planifiée.

Cette idée s’est concrétisée en août quand des nationalistes polonais et ukrainiens ont placé des gerbes de fleurs sur les monuments dédiés aux victimes des deux côtés pour manifester leur position commune contre le chauvinisme et en faveur d’une « futurologie » des relations internationales au lieu de focaliser sur le passé.

Actuellement, l’étape positive franchie  dans le domaine des relations ukraino-polonaises est si importante que les ennemis de la région, le régime actuel russe en particulier, ont fait tout leur possible pour déclencher les provocations chauvinistes contre la nouvelle réconciliation slave orientale qui est en train de prendre forme.

Dans son exposé de la première conférence Paneuropa, Witold Dobrowolski a fait mention de tels agissements : en octobre 2016, des sépultures de combattants ukrainiens de l’UPA (Armée Insurrectionnelle Ukrainienne-NDT) ont été profanées dans le village polonais de Werchrata ; en janvier 2017, une profanation du monument à Houta Pienacka et dans le cimetière de Bykownia ; en mars 2017, une représentation du signe de l’Idée de la Nation utilisé par le Mouvement Azov et un slogan anti-polonais ont été peints sur une croix commémorative à Gdansk par des individus non identifiés et cette liste n’est pas exhaustive.

Récemment, les provocations ont atteint un niveau supérieur : pendant la nuit du 29 mars 2017, le consulat polonais de la ville ukrainienne de Loutsk a été la cible d’un lance-grenade.

Cependant, les provocateurs qui osent commettre ouvertement des actions similaires ne s’en tirent pas toujours impunément : par exemple, des nationalistes polonais ont saisi des bannières et ont mené « une discussion préventive » avec Damian Bienko, leader de la Narodowa Wolna Polska qui a brûlé un drapeau ukrainien au cours de la marche de l’indépendance polonaise en 2016, ce qui a constitué un signe fort à l’endroit des intrus opposés à l’Intermarium et l’amitié polono-ukrainienne.

Plus tard s’est fait jour un autre défi lancé à l’amitié ukraino-polonaise, causé par la déstabilisation économique en Ukraine comme conséquence de la guerre hybride menée à l’est : la migration économique des Ukrainiens en Pologne.

À la lumière des précédentes interventions, il est clair que les deux pays souffrent de cette tendance croissante.

À présent, on compte plus d’un million de migrants économiques ukrainiens en Pologne.

À la fin de cette année, leur nombre aura doublé.

Le problème présente plusieurs facettes : éthique, économique et sociale.

Les nationalistes polonais, cherchent indubitablement à préserver la Pologne en tant qu’état monoethnique exemplaire.

Ils observent avec anxiété le processus de ghettoïsation au sein des étudiants ukrainiens qui résistent à l’assimilation et pourraient jouer à l’avenir un rôle subversif dans la société polonaise.

Sur le plan économique, les Polonais ont peur d’être privé de leurs emplois face à une main d’œuvre ukrainienne meilleur marché, qui alimente des sentiments chauvinistes.

Sur le champ social, les Ukrainiens sont exploités par les capitalistes qui les sous-payent, leur imposent des conditions de travail déplorables, ne leur donnent pas d’assurances médicales, etc.

Les nationalistes polonais, précise Witold Dobrowolski, sont parfaitement conscients que les Polonais à l’étranger, spécialement à Londres, font face exactement aux mêmes problèmes.

Du fait que l’immigration ukrainienne en Pologne est favorisée à la fois par le gouvernement conservateur du parti au pouvoir Prawo i Sprawiedliwosc (Loi et Justice) et les entrepreneurs qui prévoient de faire venir quatre millions d’immigrants supplémentaires dans le futur, Witold Dobrowolski suggère les mesures suivantes : attaquer les corporations internationales, stigmatiser les entrepreneurs qui exploitent et font venir des Ukrainiens, entamer un travail avec les syndicats pour combattre l’exploitation (à la fois des Ukrainiens et des Polonais à l’étranger), organiser des campagnes d’information et initier des changements législatifs des deux côtés.

Il est nécessaire de noter que les négociations entre diverses forces polonaises anti-immigration et les patriotes ukrainiens ont déjà commencé.

Au cours de ces discussions, on a mis l’accent sur l’importance de mettre en avant dans un espace d’information commun, des figures historiques comme le maréchal Josef Pilsudski sous le commandement duquel, aux côtés de l’armée de la République Populaire Ukrainienne (UNR) dirigée par Symon Petlioura, s’est déroulée la fameuse campagne militaire anti-bolchevique sous le slogan « Pour notre liberté et la vôtre ! ».

Cette requête a été accomplie sans tarder.

Le 12 mai 2017, les nationalistes polonais ont honoré la mémoire de Josef Pilsudski à Varsovie, qui ne célébrait pas seulement sa prise de pouvoir, mais aussi le jour de sa disparition et cela a attiré l’attention du public sur son projet d’Intermarium et d’accord sur la création d’une fédération polono-ukrainienne conforme à nos directives du jour.

L’intervenant suivant, le Croate Leo Maric, secrétaire international du parti  Generacija Obnove (Génération du Renouveau), en accord avec Josef Pilsudski, est persuadé que le meilleur modèle pour l’Intermarium réside dans l’Union Adriatique-Baltique-Mer Noire plutôt que dans sa version plus réduite  Baltique-Mer Noire.

Une telle vision va indéniablement à la rencontre des nouvelles tendances en cours en Europe centrale dans la perspective d’une restauration du projet Intermarium.

Le sujet de son intervention était en résonance avec le nom de son parti : « L’idée d’une politique générationnelle et la plateforme politique de la Génération du Renouveau ».

Comme beaucoup d’autres, Leo Maric a coopéré avec les nationalistes ukrainiens à maintes occasions, d’abord par sa défense des volontaires croates au sein des forces armées ukrainiennes et du régiment Azov en particulier (où l’on trouve pas mal d’entre eux), un droit qui a aussi été défendu par Vesna Pusic, le ministre des affaires étrangères croate, dans un entretien avec un reporter d’Al Jazeera en 2015.

En 2016, Leo Maric, de retour comme journaliste pour le portail d’informations Sloboda.hr, a pris la parole à la conférence inaugurale du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium.

Il a mis l’accent sur la préservation de l’identité culturelle dans les pays d’Europe centrale et orientale face au marxisme culturel occidental (néo-trotskisme) et au stalinisme culturel russe.

En octobre 2016, Leo Maric et Franco Cirko ont été invités au congrès de fondation du parti Corps National.

Pendant la visite, ils ont partagé leur projet de jeter les bases de leur propre parti afin de diffuser un niveau élevé de patriotisme dans la société croate dans une perspective de changements politiques longuement anticipés.

Cela fut fait le 4 février 2017, avec la création par un groupe de jeune activistes de moins de 30 ans d’un parti politique de nouvelle génération sous l’intitulé éponyme de Generacija Obnove (GO !), ce qui signifie la Génération du Renouveau, sous la présidence de Franco Cirko.

Depuis son lancement, le parti est devenu un partenaire du Corps National et s’est lancé dans la course pour l’Intermarium.

Le jour précédant la conférence Reconquista, le 27 avril 2017, au cours de celle de l’Intermarium, Leo Maric, se référant à de multiples exemples du monopole monopolistique nuisible de l’UE, a expliqué pourquoi les pays de l’Intermarium qui souhaitent maintenir leurs valeurs culturelles et identitaires devraient se libérer de la dépendance économique vis-à-vis de l’Occident (« un aspect géoéconomique »).

Du reste, il s’est, une fois encore, éternisé sur les buts et les possibles issues de l’Union des Salaires (Wage Union).

L’idée principale de la politique générationnelle est très simple et doit être comprise intuitivement : la vieille génération de politiciens ne peut se maintenir au niveau en face des nouveaux défis et incarne la personnification de la stagnation du pays, son véritable visage.

Selon Leo Maric, la nouvelle génération incarne l’avenir du pays et seul un renouvellement complet (remplacement ou « changement générationnel ») des officiels dans toutes les structures et les champs de la société croate (politique, économique, judiciaire, etc.) pourra faire la différence.

De plus, de la même manière que le Corps National qui prend des mesures contre l’oligarchie ukrainienne et les monopolistes étrangers, Generacija Obnove réclame un allègement du fardeau de la taxe pour les petits et moyens entrepreneurs afin de faciliter les initiatives économiques privées.

La différence générationnelle positive consiste dans le fait que seuls les plus jeunes patriotes peuvent soulever la question de la souveraineté croate et questionner les bénéfices de sa dissolution politique dans des structures internationales comme l’Union Européenne.

Il en va de même pour la répartition des quotas de migrants, la globalisation multiculturelle agressive et, surtout, l’agenda ultralibéral dans le système éducatif imposé par l’UE.

Il n’est pas nécessaire de se demander si les patriotes croates de nouvelle génération voient l’Intermarium comme un moyen de sécuriser leur avenir et celui des jeunes générations.

Il est assez intéressant de remarquer que tout cela renvoie à l’idée principale du livre de Julien Langella, un jeune auteur catholique français qui a soutenu le combat des nationalistes ukrainiens, intitulé « La jeunesse au pouvoir » (Pascal Lassalle en avait fait passer un exemplaire à Olena Semenyaka lors d’un voyage à Kyiv au printemps 2015-NDT).

En d’autres termes, la venue au pouvoir d’une nouvelle génération de patriotes européens en tant que révolte contre la sénilité politique et idéologique constitue la voie de la renaissance pour l’ensemble de l’Europe.

Finalement, Leo Maric a fait part des relations internationales et des activités de son parti.

Celui-ci coopère avec des Slovaques, des Hongrois, des Ukrainiens, des Polonais, des Baltes, dernièrement des Slovènes et plus encore.

Generacija Obnove apporte régulièrement son soutien aux initiatives du Groupe d’Assistance au Développement de l’Intermarium et envisage de mettre en place ses propres projets d’éducation politique.

La dernière partie de cette première conférence Paneuropa a été assurée ensuite par les interventions de la délégation ukrainienne.

Andriy Volochyne, représentant de l’ONG « MIPU » (Initiative Internationale en Soutien de l’Ukraine), membre de longue date du mouvement nationaliste ukrainien, co-fondateur en 2009 du Club Traditionaliste Ukrainien (UTK) et de nombreux autres projets métapolitiques ukrainiens, participe également aux projets et événements du Corps National et du Mouvement Reconquista.

Le 12 novembre 2015, le MIPU a organisé à Kyiv une conférence internationale intitulée « Forum Baltique-Mer Noire : similarités historiques et défis modernes ».

Ultérieurement, son dirigeant, Taras Osaulenko, député au Parlement (ancien responsable des relations avec l’étranger du parti politique nationaliste ukrainien « Svoboda » d’Oleh Tiahnybok-NDT), a fait une allocution dans le cadre de la conférence inaugurale du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium sur la question d’une résistance commune face aux méthodes de guerre cognitive pratiquées par la Fédération de Russie.

Cette fois, Andriy Volochyne, en tant que fondateur de l’association archéofuturiste ARFA et lui-même auteur d’un recueil de poésie archéofuturiste (intitulé « Incha Imperium »-NDT), a mis en application les principes de sa vue-du-monde dynamique dans le domaine géopolitique avec un communication intitulée « L’intégration archéofuturiste de l’Union Baltique-Mer Noire » (ce qui revenait à évoquer la potentielle Union Adriatique-Baltique-Mer Noire).

La prémisse d’Andriy Volochyne fut de considérer le projet Intermarium comme quelque chose de fondamentalement archéofuturiste, dans la mesure où il se projette dans l’avenir et, simultanément, a recours aux valeurs ancestrales et s’oppose ainsi à l’hégémonie (néo)libérale et à la domination du prétendu monde occidental.

Il a surtout la faveur des partis conservateurs, de droite et de centre-droite de la région.

Une coopération interétatique et entre partis renforcera les positions de ce nouveau paradigme dans la région et le reste du monde face aux problèmes imposés comme l’immigration de masse, l’abstraction des droits de l’homme, les lobbies LGBT, etc.

Au regard des tendances désintégratrices en œuvre au sein de l’Union Européenne comme le Brexit, cette construction pourrait cesser d’exister dans l’avenir et l ‘Union Baltique-Mer Noire pourrait devenir sa véritable alternative pour l’Europe orientale.

La popularité croissante du projet Intermarium en Ukraine s’explique par l’agression contre l’Ukraine menée par la Fédération de Russie qui a mis en évidence la complète inutilité du mémorandum de Budapest (qui devait garantir l’intégrité territoriale de l’Ukraine) et du droit international en particulier.

Par conséquent, les Ukrainiens et les autres peuples de la région qui se sentent menacés par la Russie sont, par-dessus tout, intéressés par l’Intermarium en tant qu’alliance défensive.

Cependant, argue Volochyne, la véritable locomotive de l’intégration Baltique-Mer Noire devrait être l’économie, car des investissements appropriés seraient susceptibles de contribuer à accroître automatiquement la dimension culturelle et politique de l’Union.

Le détonateur principal du développement régional archéofuturiste (redevable avec un temps de retard aux raisons bien décrites dans le fameux livre du Norvégien Eric Reinert, « Comment les pays riches sont devenus riches et les pays pauvres restent pauvres »-NDT), devrait être, selon Andriy Volochyne, constitué par les hautes technologies.

Par conséquent, les pays de la région devraient organiser des échanges de matières premières et minimiser ou bannir leur exportation.

Les nouvelles technologies, issues de la région, ne devraient la quitter seulement  sous forme de licences, de nouveaux services et produits.

Le tournant archéofuturiste dans l’économie régionale pourrait consister dans la restauration des antiques voies de déplacement comme la « route des Varègues aux Grecs », mais à la condition d’une exploitation optimisée de l’espace et du temps.

En particulier, l’archéofuturisme pourrait se manifester lui-même par sa propre organisation des grands espaces.

Les vieux bâtiments post-soviétiques pourraient laisser la place à des gratte-ciels, les châteaux abandonnés pourraient devenir de nouveaux hôtels, des restaurants et des résidences.

Cependant, la partie « archéo » représentée par la coopération culturelle dans la région ne doit pas pour autant être moins élaborée.

Andriy Volochyne a justement fait remarquer que cela devrait commencer par une interaction dans le domaine de l’information, qui, en retour, dépend du développement du tourisme et des infrastructures.

Au cours de son histoire récente, la région Baltique-Mer Noire a subit l’expérience d’une pesante influence culturelle étrangère.

Cependant, si l’impact culturel russe (soviétique) est en déclin, la marque du lobby cosmopolite occidental, celui d’Hollywood en particulier, est encore très forte.

L’augmentation de la production annuelle de films par des efforts conjoints des pays de l’Intermarium pourrait, par conséquent, créer de nouveaux emplois et faciliter la communication culturelle et l’intégration de ses peuples.

Andriy Volochyne a suggéré la mise en place des projets communs suivants :

-Fond d’investissement pour la zone Baltique-Mer Noire.

-Banque conjointe avec la création de sa propre cryptomonnaie basée sur le blockchain.

-Création de groupes de députés pour faire la promotion de l’Union Baltique-Mer Noire en Ukraine et dans d’autres pays.

-Lancement d’un portail touristique et de distraction multilingue.

-Création de l’agence d’informations Baltique-Mer Noire.

-Établissement de la Compagnie Baltique-Mer Noire spécialisée dans le tournage, le doublage et la traduction de films.

- Élaboration d’un réseau social Baltique-Mer Noire.

-Projets culturels communs, organisation d’événements musicaux, de festivals, de traduction et de présentation de livres, d’expositions artistiques, etc.

Andriy Volochyne a conclu par le fait que tous ceux qui ne souhaitent pas se laisser emporter par le courant dominant et se sentent inspirés par le rêve archéofuturiste, peuvent apporter leur contribution et le faire advenir à la réalité par la diplomatie ou des modes d’actions plus spécialisés.

L’intervenant ukrainien suivant, Iouriy Noievyi (membre du haut Conseil du parti Svoboda), s’est exprimé selon une plus large perspective avec son exposé intitulé « L’Internationale de droite de l’Europe ».

C’est un autre « vétéran » du mouvement nationaliste ukrainien qui a été un des lobbyistes les plus actifs en faveur de l’alliance nationaliste ukrainienne qui unit plusieurs partis et a abouti finalement au Manifeste national signé par le Corps National, Svoboda, le Secteur Droit et d’autres organisations nationalistes.

Obligé de quitter la conférence plus tôt, Iouriy Noievyi a fait part aux participants de la conférence des principaux thèmes de son allocution, concernant plus précisément les conditions selon lesquelles une union paneuropéenne pourrait devenir réalité :

1) Malgré l’existence de projets propres développés par la droite pour une Europe unifiée, cette dernière résulte nommément d’une initiative des libéraux. Il va sans dire que cette mise en œuvre est inefficace, catastrophique et essentiellement anti-européenne. Cependant, les nationalistes européens devraient apprendre à transcender leurs intérêts nationaux pour l’amour d’une Europe forte préservant ses identités et ses valeurs traditionnelles.

2) Il n’y a aucune position géopolitique solidaire à droite à propos d’un grand nombre de questions problématiques, le conflit ukraino-russe en particulier : certains soutiennent le Kremlin, d’autres les nationalistes ukrainiens, le reste se confine dans la neutralité. Si cela continue de la sorte, aucune « Europe des nations » ne sera jamais possible.

3) Les nationalistes européens devraient comprendre que l’attaque perpétrée sur une nation européenne par une force extérieure constitue une attaque contre tous et implique de prendre des mesures respectives. Autrement, ils ne seront pas surpris de constater que les Ukrainiens soient obligés de s’allier partiellement avec l’Occident qui ne manquera pas de leur imposer en échange son agenda destructeur.

4) La première conférence Paneuropa devrait se clore avec la signature par les participants d’un Manifeste paneuropéen les obligeant à suivre une feuille de route géopolitique préalablement élaborée en commun.

L’intervenante chargée de conclure cette conférence Paneuropa n’était autre qu’Olena Semenyaka qui représente la vision paneuropéenne développée par le mouvement Reconquista, en tant que coordinatrice du projet et secrétaire du Corps National pour les relations internationales.

Son allocution présentait de nombreux points communs avec celle de Pascal Lassalle et quelques autres et était précisément dédiée aux projets d’une Europe unie « venus de  Droite » par des théoriciens bien connus de la Troisième voie comme Ernst Jünger, Pierre Drieu La Rochelle, Julius Evola, Oswald Mosley, et d’autres.

Le titre de son exposé, en rapport direct, était « La Troisième voie géopolitique et la Paneurope ».

Olena Semenyaka commença par rappeler que l’archétype d’une Europe unie a toujours résidé dans l’Empire romain, si l’on met de côté les excès de la romanisation impériale.

Le Deuxième Reich d’Otto von Bismarck, à son tour, est devenu l’incarnation d’un bloc de puissance dynamique et capable de se défendre.

Bien que ses guerres aient été comparées par Gustave Droysen à la « mission civilisationnelle » d’Alexandre le Grand qui a uni pour la première fois les cités grecques sous la loi macédonienne avant de conquérir l’Eurasie, Bismarck a choisi la solution qualifiée de « petite allemande » et a mis l’accent sur une modernisation de l’Etat « venue de  Droite ».

Ce n’est pas sans incidence que Frédéric le Grand, le prédécesseur de Bismarck, peut être considéré de la « Troisième voie » géopolitique.

La solution « grande allemande » a été ravivée au cours de la Première guerre mondiale, a poursuivi Olena Semenyaka, et nous sommes tous portés à nous intéresser aux modèles basés sur cette double identité, dépourvus de chauvinisme ou de pangermanisme comme ceux de Friedrich Naumann ou Rudolf Kjellen qui offraient un protectorat politique et militaire à l’Europe centrale avec ses mouvements de libération nationale en pleine ascension.

Leurs doctrines géopolitiques peuvent êtres considérés comme un authentique projet d’union européenne. L’idée originale du Troisième Reich élaborée dans l’entre-deux guerres par Arthur Moeller van den Bruck présupposait également une alliance entre les « vieilles » nations de l’Ouest et les « jeunes » nations de l’Est.

Néanmoins, il est probable que la première théorie envisageant une Europe unie/impériale au-delà des chauvinismes nationalistes et du cosmopolitisme libéral ait été celle de Friedrich Nietzsche lorsqu’il se proclamait lui-même « mauvais Allemand, bien que bon Européen », ce qui était une des premières manières d’introduire le concept organique des peuples « vieux » contre les peuples « jeunes ».

Pour lui, les Allemands représentaient une nation encore incomplète, bien que jeune, qui avait préservé ses forces vitales.

Les Français, au contraire, étaient vus comme un « vieux » peuple, ce qui était démontré par leur humanisme et leur scepticisme aboutissant à une maladie de la « paralysie de la volonté » à l’échelle européenne, mais ils étaient beaucoup plus sophistiqués en terme de culture et de morale.

C’est pourquoi Nietzsche a accueilli favorablement la synthèse germano-française, ou plus largement romano-germanique, qui serait susceptible d’enrichir chaque côté de ses particularités manquantes.

Les personnalités « synthétiques » qui, aux yeux de  Nietzsche, ont productivement transcendé leurs limitations nationales étaient Frédéric le Grand, Napoléon, Beethoven, Heinrich Heine, Goethe, Stendhal, Richard Wagner.

La même division est vraie en ce qui concerne l’Europe occidentale et orientale.

Se considérant lui-même comme l’héritier d’aristocrates polonais, Nietzsche a sympathisé avec les « jeunes »  peuples d’Europe orientale et a espéré que la puissance accumulée par la Russie forcerait finalement l’Europe à devenir aussi puissante et dangereuse, abandonnant ainsi, se faisant, sa « longue comédie des petits états et dynasties aussi bien que ses multiples velléités démocratiques. »

Les idées de Nietzsche furent ravivées au moment de la Première guerre mondiale par Georg Simmel (« L’idée d’Europe », « L’Europe et l’Amérique. Considération sur l’Histoire universelle ». Ces deux textes ont été récemment publiés en français dans un recueil intitulé « Face à la guerre, écrits 1914-1916 », aux Editions Rue d’Ulm en 2015-NDT).

Combinée avec la distinction établie par Oswald Spengler entre la « culture » en tant que point maximum de puissance vitale d’un organisme culturel ou d’un être de type supérieur, et la « civilisation » en tant que phase de son effondrement, quand seule la carapace d’une culture autrefois créatrice demeure, la différence entre les nations « vieilles » et « jeunes » (ou tardives)  explique pourquoi l’union de l’Intermarium joue le rôle de plateforme pour la Reconquista paneuropéenne ou de laboratoire pour le renaissance de l’ensemble du continent.

Ceci, a bien sûr souligné Olena Semenyaka, ne renvoie pas à une approche dogmatique.

Il n’y a pas de tels peuples stricto sensu et les Scandinaves modernes, par exemple, pourraient sous certaines conditions retrouver de plus belle une passionarité héritée de leurs ancêtres vikings.

Les théories d’après-guerre de l’Europe unie suggérées par Ernst Jünger, Pierre Drieu La Rochelle, Julius Evola, Oswald Mosley, qui se sont fait les apôtres de modèles différents, mais similaires d’unité supranationale européenne, peuvent se résumer à travers l’idée de confédération paneuropéenne des nations qui tend à une mise en œuvre à grande échelle du principe de l’imperium tel qu’envisagé par la Nouvelle Droite.

Compte rendu rédigé par Olena Semenyaka.

Traduit et adapté par Pascal Lassalle.

Annexe :

MESSAGE DE GABRIELE ADINOLFI A LA RECONQUISTA UKRAINIENNE

Le 28 avril 2017, à Kyiv, durant la première conférence Paneuropa organisée par le réseau Reconquista, un message exaltant, adressé aux patriotes ukrainiens qui luttent pour leur identité nationale de la part de Gabriele Adinolfi, a été lu par Pascal Lassalle, militant de longue date dans les rangs de la Nouvelle Droite Française qui a toujours défendu une position pro-ukrainienne et participe à la Guilde des Lansquenets lancée par Adinolfi.

Comme nous l’avons déjà signalé, Gabriele Adinolfi avait soutenu, au moment de la révolution du Maidan,  la lutte des nationalistes ukrainiens pour une troisième voie géopolitique (« L’Eurasie est une utopie, le Kremlin et la Maison blanche sont les héritiers de Yalta »).

Il n’y a pas si longtemps d’ailleurs, les nationalistes révolutionnaires ukrainiens avaient eu la chance de lire une traduction de l’ouvrage de Ricardo Alvares,  « L’autonomie noire » qui contient un chapitre consacré à l’Histoire de « Terza Posizione » (organisation nationaliste-révolutionnaire cofondée par Adinolfi-NDT).

Aujourd’hui, au moment où l’Union Européenne impose agressivement son agenda d’extrême gauche au peuple ukrainien, de plus en plus de citoyens ukrainiens en guerre se sentent dégoûtés par cette « fête en des temps de peste ».

Aveuglés par le soutien occidental, les lobbyistes ukrainiens pro-UE n’ont pas remarqué que le manque de résistance apparent est le meilleur moyen de les laisser irriter les masses avec leur idiotie et de ruiner leur réputation.

La réponse organisée des forces patriotiques ukrainiennes se profile à l’horizon.

On pourra difficilement trouver un meilleur exposé de la naïveté des eurosceptiques pro-Poutine.

Seul l’esprit généreux et affûté peut se rendre compte que le gouvernement ukrainien pro-UE et le néo-soviétisme de Poutine sont tous deux inacceptables.

En avant vers la Paneurope qui germe au sein de la Kyiv révolutionnaire !

Olena Semenyaka

Responsable du Département international du Corps National (branche politique du mouvement Azov-NDT) et coordinatrice du projet Reconquista.

“Chers camarades,

Cela aurait été un grand plaisir pour moi d’être parmi vous si je n’avais déjà été retenu par un événement prévu de longue date à Milan.

Je vous reconnais une qualité rare de nos jours, celle d’être un exemple.

Un exemple de cœur, de bravoure, un exemple plus existentiel que politique, ce qui est même plus important.

Les fantômes des peuples d’Europe et la décadence croissante, à la fois biologique et spirituelle, plus qu’économique, reçoivent des réponses partielles, superficielles, théoriques, qui sont rarement traduites en actes.

En Italie, où nous avons vécu la tragédie, nous savons à quel point cela est important, à quel point cela créé une sélection, à quel point cela est formateur, à quel point cela engendre les meilleurs hommes, aussi nous n’avons aucune difficulté de reconnaître en vous la grandeur avec laquelle vous vivez la tragédie.

Tragédie et grandeur : quelque chose qu’aujourd’hui, nous pouvons trouver en Ukraine et chez nos camarades grecs.

Cela devrait suffire pour s’aligner à vos côtés avec le cœur et les nerfs, ainsi qu’avec la campagne, malheureusement limitée, de réinformation que j’ai menée contre tous les mensonges qui ont été déversés sur vous, provenant parfois, non de vos ennemis déclarés, mais de ceux qui devraient être vos alliés, ou des frères.

Cela m’attriste considérablement de constater la rancœur qui anime en Europe des milliers de personnes de l’extrême droite qui vous accusent.

Vous, qui faites votre devoir, répondez à la voix du sang, de la justice.

Vous vous réappropriez l’héritage de vos pères et combattez pour votre pays !

Les mêmes personnes qui vous accusent sont celles qui sont affairées à détruire l’idée d’unité européenne au nom d’un « souverainisme » libéral et bourgeois, vous accusant, en tant que sociaux nationalistes, de détruire une supposée unité eurasiatique !

Si ce n’était triste, ce pourrait être drôle.

La seule chose dont ces gens ont besoin est d’un bon psychiatre.

Ils vous accusent, vous ne le savez que trop bien, d’être des agents américains et israéliens, d’être des marionnettes de l’OTAN et du gouvernement de Kyiv.

Pour ces personnes, dont beaucoup probablement n’ont eu à subir qu’une contravention pour être passées au feu rouge, il importe peu que vous ayez encore des prisonniers, des martyrs tués par le gouvernement, que vous ayez marché sur le Parlement contre ce même gouvernement : ils n’en ont cure, ils ne veulent pas voir tout ça.

Ils ont besoin d’un « super héros » pour les défendre des Etats-Unis et pour lequel ils tueraient leur propre mère.

Ils s’accrochent à leurs rêves fantasmatiques et refusent d’affronter la réalité, celle des véritables relations entre puissances qui combattent au-dessus de leurs têtes et celle de l’héritage historique et social du bolchevisme, aujourd’hui davantage mafieux et libéral dans les « provinces ».

Vous avez choisi le plus mauvais camp, celui qui démontre que « le roi est nu », celui de Jiminy Cricket dans le dessin animé Pinocchio qui énonce la vérité et que la marionnette ne peut que seulement détruire avec un marteau.

Si j’étais chrétien, je vous inviterais à « leur pardonner, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ».

En tant qu’Européen, ce qui renvoie à quelque chose de beaucoup plus ancien, renfermant de toute façon dans son Panthéon également la religion de sa race, je vous invite à faire de même, parce qu’ils ne méritent pas votre colère, dans la mesure où entre ceux qui combattent et ceux qui se contentent de parler, il y a un fossé infranchissable, et il ne peut y avoir de confrontation, ce qui sonnerait comme une insulte pour ceux qui portent en eux l’esprit de Milice.

Sur le terrain politique, je suis d’accord avec vous en ce qui concerne votre idéal, votre éthique, vos principes historiques et votre programme social.

Je vous admire également pour vos efforts visant à faire émerger un pôle de puissance géopolitique régional en Europe par le biais du projet Intermarium.

Au sein de la désagrégation contemporaine et en tenant compte des messages de décadence venus de la partie occidentale de notre patrie commune, l’Europe, le choix de se protéger soi-même tout en gardant une approche plus large, est raisonnable.

Peut-être parce qu’au sein de notre patrie commune la mienne est à l’Ouest, peut-être parce que j’estime que sans un axe gibelin, je ne pense pas une nette rectification possible, je crois encore à l’unité européenne, avec toutes ses composantes, qui devrait se concevoir comme un empire contre l’impérialisme.

C’est la raison pour laquelle je considère l’Intermarium comme un véritable pas en avant sur le chemin  de la renaissance de nos peuples, soudés mais pas confondus, dans la puissance et dans l’Idée.

Ayant versé le sang sur les fronts intérieurs et extérieurs, je sais que vous possédez la nécessaire clarté de l’esprit, déterminée par l’expérience tragique et métaphysique, pour aller au-delà de la colère et des combines, au-delà des « bons » contre les « méchants » et, comme cela s’est produit maintes fois dans le passé, vous pouvez représenter une avant-garde réconciliatrice pour les gens opposés aujourd’hui les uns aux autres.

Je sais que si le grand espace boréal européen, tel que définit par Jean-Marie Le Pen, est un jour édifié, ce sera grâce à votre action intelligente, à votre grand cœur, et non en raison d’accords politiques et mercantilistes.

Je suis convaincu aussi que vous serez un exemple de stratégie politique à long terme, démentant une fois de plus les stupides marionnettes d’extrême droite qui vous attaquent.

Votre peuple est fort, courageux, exemplaire. Il a combattu l’impérialisme soviétique et le régime communiste presque douze ans après l’occupation (L’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne, la fameuse UPA, a combattu bien après 1945-NDT) et donne encore d’importants signes de vitalité.

Les Hongrois et vous, avez, en majorité, mené une lutte à mort contre le communisme.

Maintenant, nous devons l’achever sous toutes ses formes, en commençant par ses citadelles les plus fortes à New York et Londres.

Je suis certain que votre action politique sera plus que pertinente dans cette confrontation épique.

Merci en tout cas, pour votre force, votre courage, votre ténacité et l’esprit de sacrifice dont vous avez fait preuve.”

« Écrit avec ton sang, et tu découvriras que ton sang est esprit »

Gabriele Adinolfi

Traduction et adaptation : Pascal Lassalle