Taza (Berber: ⵜⴰⵣⴰ, Arabic: تازة) is a city in northern Morocco on the corridor between the Rif and Middle Atlas, 120 km from Fez, 150 km from Nador, and 210 km from Oujda. The old town is at an elevation of 585 m and is surrounded by fortifications; the newer town, established by the French in 1920, is located in a fertile plain at 445 m. The city’s in a mountain pass known as the Taza Gap, where the Rif mountains and the Middle-Atlas meet. Through this pass successive waves of invaders moved west towards the Atlantic coastal plains. Taza was first settled by Miknasa tribesmen (Imeknasen), a Zenata tribe of Morocco and western Algeria that originally came from Ifrikiya (now Tunisia), but migrated west in pre-Islamic times. The modern Moroccan city of Meknes bears witness to their presence, as does Mequinenza in Spain. The Almoravid Empire took over Taza in 1074; the, the Almohad Empire did in 1132. In 1248 the city was captured by the Marinids. Although Taza barred the route of Turks from Algiers seeking conquest, it fell to the French in 1914. The old town has monuments, mosques, and a 14th-century mderasa (Coranic school). 

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Les institutions économiques chez les Berbères, les igudar - itsamazigh.net
Deuxième extrait du livre "LE DAHIR DU 16 MAI 1930, DIT « DAHIR BERBÈRE », AU MAROC" de Lahoucine Outachfit.

Deuxième extrait du livre “LE DAHIR DU 16 MAI 1930, DIT « DAHIR BERBÈRE », AU MAROC” de Lahoucine Outachfit :

“Les Berbères ont créé les igudar / igidar (pluriel de agadir), tout d’abord comme de grandes constructions architecturales, mais aussi comme des institutions économiques. « Il existe des magasins collectifs qui prennent le nom d’agadir. Ce sont de grandes maisons carrées, pourvues à l’extérieur d’une seule porte qui mène à une cour centrale sur laquelle s’ouvrent quatre ou cinq étages de petites chambres. On accède à chacune d’elles par une échelle grossière taillée dans un tronc d’arbre en forme de « y » et par des chemins suspendus – isfoula – qui courent d’une chambre à l’autre. » [96]


     Igidar ou igudar est appelé ailleurs du nom d’igherm, pluriel igherman. Il s’agit là de grands greniers collectifs, construits comme des châteaux, souvent haut dans la montagne. Ces greniers ont été construits depuis des siècles et certains résistent encore aujourd’hui. Robert Montagne, dans les années 50, était surpris par la solidité des igidar car, dans les années 20, il croyait que cette institution n’allait pas résister face à la pacification, ni face à la politique des grands caïds, mais les années ont prouvé le contraire. Montagne a dit : « Miracle, c’est que la vieille institution berbère qu’on pouvait croire si dangereusement menacée il y a vingtcinq ans, a conservé sa vie et a prouvé jusque dans la période si difficile de la guerre, son efficacité souveraine dans la défense économique des populations montagnardes. Ceux des igidar qui avaient échappé aux destructions causées par la conquête de l’ancien makhzen ont, par un prodige d’adaptation, réussi à se maintenir, parfois même à se développer. » [97]


     Agadir, comme igherm, désigne le grenier communautaire « dans les deux aires linguistiques du sud du Maroc. La racine GHRM renferme l’idée de mur épais, solide, en pierre. Elle produit deux mots génériques utilisés pour l’habitat de l’Atlas et des vallées pré- sahariennes : igherm et tighermet. L’igherm désigne le grenier communautaire, hisen en arabe ; tandis que son diminutif féminin, tighermet, désigne un petit grenier. » [98]


     Le général Guillaume a décrit les igherman (pluriel de tighermet), dans l’Atlas central, en disant : « Le type normal de constructions de l’Atlas est la tighermet, kasbah de plusieurs étages, construite généralement en pisé, rarement en pierre. La tighermet est une forme d’architecture saharienne ; c’est une véritable forteresse, flanquée de bastions élevés, sans autres ouvertures vers l’extérieur que d’étroites meurtrières… Parfois, la tighermet est un simple grenier collectif dans lequel s’entassent, dans des cellules individuelles, les provisions de grain de toute une fraction. » [99]


     Dans le Sud marocain, où la pluie est indispensable pour la culture des céréales et de l’orge, la région passe parfois par de longues années de sécheresse, ce qui fait que les gens doivent maîtriser leur consommation. C’était là le but général des igudar / igidar. « De tout temps, le contrôle de la consommation journalière, associée aux produits des récoltes étalées sur plusieurs saisons, ont fait l’objet de pratiques conservatoires, dont la société d’abondance et les techniques de conservation modernes, notamment réfrigérées, ont fait perdre l’importance. » [100]


     Les Berbères ont inventés un système agricole qui consiste en le partage de l’année en deux pour leurs cultures. L’été, ils exploitent les champs céréaliers, ce qu’on appelle « les terres de lbur ou lesma’der », et pratiquent leur culture non irriguée, celle qui se fonde sur l’eau de la pluie. En même temps, ils ont aussi des champs tighula pour l’hiver. Ce sont des champs qu’on trouve souvent dans des oasis sous le nom de targa. Targa, pluriel targiwin, est un ensemble de champs, urtan, pluriel d’urti ou tighula, pluriel de taghult, où chaque personne du village possède quelques champs qui sont en général irrigués. C’est pour cela que les Berbères ont inventé aussi un système d’irrigation, car chaque famille dans le village a le droit d’irriguer ses champs. Ce système d’irrigation, tayssa, se base sur tawala waman. Et pour mieux calculer le droit de chacune des personnes du village, ils utilisent quelques mots comme : tanast (30 minutes d’irrigation), danq (1 heure d’irrigation), tirmt (12 heures d’irrigation)… Petit à petit, les membres de la tribu essayaient de développer le système irrigué par la multiplication des canaux. Ces travaux étaient effectués par tous les gens de la tribu en twizi. Ce développement des réseaux irrigués « a permis d’accroître les terres exploitées et d’irriguer les terrasses supérieures dans la vallée jusque de l’autre côté du village. » [101]


     Certaines tribus possèdent deux greniers, un dans la montagne, agadir udrar, et le deuxième dans la vallée, agadir u zaghar. Salima Naji donne l’exemple de la tribu d’Iberkaken, dans l’Anti-Atlas central. « Les Iberkaken possèdent deux habitats fixes ; l’un de la montagne au nord-ouest, l’autre de la vallée au sud-est, sur l’assif mda. Trois heures de marche relient ces deux espaces. Selon le cycle annuel des labours et des moissons au nord, du gaulage des oliviers et de la récolte des dattes d’automne au sud, les familles et le bétail migrent de la montagne vers la vallée, au gré des besoins. Trois greniers à grain accueillent, l’été venu, les récoltes des huit villages disséminés sur le territoire des hauts plateaux :agadir n’Tizzan, agadir n’Issuka, agadir n’Ighil. »

     Il faut noter donc, que les Imazighen sont très adaptés à leur territoire ; on voit qu’ils ont des terres pour l’été et d’autres pour l’hiver. En hiver, tout le monde va à lm’der pour labourer, ce qu’a constaté Charles de Foucauld lors de son séjour à Tintazart (près de Tata). « Plusieurs années de disette viennent de s’écouler ; aussi quelle joie a accueilli les premières ondées, prélude d’un hiver humide ! avec quelle précipitation tout le monde s’est jeté vers le mader ! avec quel entrain chacun laboure le plus qu’il peut ! pendant les jours que je viens de passer à Tintazart, il n’y avait dans le qçar ni un homme ni une bête : vaches, ânes, chevaux, mulets, chameaux, tout était au mader avec les hommes ; les femmes seules et les petits enfants gardaient les maisons. Toute la population mâle de la contrée, nomade et sédentaire, est massée depuis quinze jours dans cette étroite bande de terre. » [102]


     Il faut signaler donc, qu’il s’agit là des terres collectives où tout le monde possède son bien. C’est totalement donc contraire à ce qu’a avancé Laroui. Ce dernier croit « qu’il n’existe pas de terres collectives au Sous, pas plus que de magasins collectifs contrairement à ce qu’a pu penser de Foucauld. » [103]
     Laroui a donc critiqué de Foucaul sur ce point, mais les terres collectives existent encore de nos jours. Dans le sud-ouest, les Ichlehin possèdent toujours des m’ader où tout le monde possède sa partie appelée iziker (a). Lm’der n dawlgan, lm’der n-mayt, lm’der n-warwalen… sont quelques exemples des m’ader qui se trouvent près de Taghjijt.


     De son côté, Charles de Foucauld a cité quelques exemples des ma’der existant vers la fin du XIXe siècle dans la région de Tata. « La portion du lit de l’Oued Dra qui se trouve à l’ouest de Tisint est en grande partie cultivable : le fond, sablonneux sur presque toute son étendue, y devient fertile dès qu’il est arrosé. Ces parties labourables sont appelées mader. Six principaux maders sont situés aux confluents des six grandes tributaires du fleuve ; on les nomme : mader Ida ou Blal, mader Tatta, mader Aqqa, mader Tizgi, mader Icht, mader Imi Ougadir. » [104]

     Finalement, il est important de bien préciser à notre historien Laroui que Charles de Foucauld n’a rien pensé et non plus rien inventé, mais il a tout simplement décrit se qu’il a constaté lors de son séjour dans le sud-est marocain entre 1883 et 1884.”


Extrait du livre “LE DAHIR DU 16 MAI 1930, DIT « DAHIR BERBÈRE », AU MAROC”, de OUTACHFIT LAHOUCINE disponible en version numérique.

Source : itsamazigh.net

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21 juillet 1921 – 21 juillet 2016 : 95 ans après l’éclatante victoire de la bataille d’Anoual

Les rifains célèbrent aujourd’hui, jeudi 21 juillet 2016, les 95 ans de la Bataille d'Anoual dans laquelle les résistants rifains, guidés par le prince Abdelkarim El Khattabi, ont immortalisé une victoire inoubliable sur les forces d'occupation espagnoles.

Appelée le désastre d'Anoual par les espagnols, la bataille d’Anoual a marqué le début de la guerre du Rif, l’établissement de la République du Rif (1921-1927) et la naissance d’un mythe : celui d'Abdelkrim, héros de guerre, fin stratège et chef charismatique de la résistance.

Lors de cette bataille, les troupes rifaines ont écrasé l’armée coloniale espagnole. Le bilan est lourd. 14 000 soldats espagnols morts, 1 000 sont fait prisonniers.

Un peu d'Histoire :

La bataille d'Anoual, connue comme le désastre d'Anoual par l'historiographie espagnole (desastre de Annual en espagnol), opposa un contingent militaire espagnol à l'armée rifaine  de Mohamed Abdelkrim Al Khattabi, dans la région du Temsamane, dans le Rif en juillet 1921. Les affrontements ont eu lieu à 120 km de Melilla dans le Nord du Maroc et marquent le début de la guerre du Rif.

La victoire d’une armée de résistants rifains sur l’armée espagnole devint un important symbole de la lutte anticoloniale et marqua un tournant de la résistance au double protectorat espagnol et français instauré au Maroc.

Le désastre d'Anoual est une défaite cuisante de l'armée espagnole. Elle marque la naissance d’un mythe : celui d’Abdelkrim, héros de guerre, fin stratège et chef charismatique de la résistance.

La crise politique que provoqua cette défaite fut une des plus importantes que dût subir la monarchie libérale d'Alphonse XIII. Elle fut la cause directe du coup d'État  et de la dictature de Miguel Primo de Rivera .

Origine :

Depuis dix ans, l’Espagne éprouve beaucoup de difficultés à administrer la région nord du Maroc placée sous son autorité depuis 1912. Ses troupes se heurtent continuellement à des poches de résistance, particulièrement face aux tribus Temsamane  et Aït Ouriaghel.

En 1921, quatre tribus du Rif, les Aït Ouriaghel, les Temsamane, les Aït Ghannou et les Ait Touzine, déclenchent véritablement un vent de révolte et de résistance. À leur tête, Mohamed ben Abdelkrim al-Khattabi, alias Abdelkrim, âgé de 39 ans, fils de cadi (« juge ») du clan des Ait Youssef Ouaâli de la tribu des Aït Ouriaghel. Journaliste à ses heures, il possédait un bagage d'étude sur la technologie militaire avant d’entrer dans l’administration espagnole.

Le général Manuel Fernández Silvestre, qui commande les forces espagnoles dans la région, est convaincu d’avoir affaire à une petite bande de brigands et continue d’avancer vers le cœur du Rif. Abdelkrim lui fait alors porter un message d’avertissement en le mettant en garde contre le franchissement de l'oued Amekrane que le fier général décide d’ignorer. Celui-ci charge néanmoins Jésus Villar, un de ses chefs de bataillon, de poster 250 hommes à une dizaine de kilomètres à l'ouest d'Anoual dans la région de Temsamane  à Dhar Obaran. C'est un mont surplombant la région qui offre une vue stratégique sur la ville d'Al Hoceima.

Le 1er juin 1921, à peine les hommes de Villar franchissent-ils l'oued  Amekrane pour prendre position sur le “Dhar Obaran” qu’ils se retrouvent encerclés par un millier de combattants rifains et sont massacrés. Une poignée d’entre eux seulement parvient à fuir, abandonnant leur artillerie aux combattants d’Abdelkrim.

Grâce à la prise de ces canons, ces derniers poursuivent, près de deux mois durant, leur offensive. Dans l’après-midi du 21 juillet  1921, à Anoual, 5 000 combattants rifains fondent sur les 60 000 soldats espagnols, les contraignant à battre en retraite. À l'issue de trois semaines de combats acharnés, le contingent espagnol est taillé en pièces (le général Fernández Silvestre se suicida à Anoual).

Conséquences

Les guerriers d'Abdelkrim récupèrent à l'issue de la bataille le matériel abandonné par les troupes espagnoles en retraite soit : 20 000 fusils, 400 mitrailleuses, 200 canons de calibres différents (des 75 mm, des 65 mm et des 77 mm), un stock important d'obus et des millions de cartouches, des camions, des approvisionnements en vivres, des médicaments et du matériel médical ainsi que 2 avions. L'Espagne perdit lors de la bataille plus de 12 000 soldats, en plus des 700 prisonniers faits par le contingent rifain.

Cette défaite cinglante des forces coloniales fut lourde de conséquences de part et d’autre de la Méditerranée. C'est cette « humiliation » qui, en 1923 à Barcelone, incita le général Miguel Primo de Rivera à lancer un pronunciamiento et à instaurer une dictature militaire. 

La guerre du Rif dura encore cinq années et se solda par la résignation des rifains suite à la formation d'une coalition franco-espagnole, motivée par l'invasion de territoires français par les troupes d'Abdelkrim. On reproche aux espagnols leur utilisation de gaz moutardes.

Source : rifonline.net