malsains

O N   E S T    P A R T O U T

Je ne me prépare jamais à manger. 

Oui. 

Quand je me prépare à manger c’est toujours une omelette. 

C’est la seule chose. 

Je n’ai jamais fait d’enfant. 

Je suis resté fixé à l’enfance moi-même et je trouve normal de ne pas me reproduire dans un enfant. 

Si je savais faire plus qu’une omelette peut-être me serais-je reproduit mais j’en doute. 

Si je savais faire un gigot si je savais faire un poisson peut-être me serais-je reproduit mais j’en doute. 

En général les enfants ne savent pas cuisiner. 

Ils préfèrent s’ennuyer et demander un plat et alors on le prépare pour eux et on leur apporte. 

C’est un rapport à l’autre autoritaire et malsain je trouve. 

Je n’embête personne avec une demande de plat. 

Ça ne me vient pas à l’esprit et ça me viendrait à l’esprit ça me paraitrait malsain. 

Je mange ce qu’il y a et pas ce que je veux. 

Et quand rien n’est là je peux toujours aller acheter des oeufs. 

Je ne sais pas pourquoi je dis ça. 

Ça ne me regarde pas. 

Je ne fais pas une montagne. 

Je trouve malsain de faire une montagne et si je pousse je peux dire que je trouve malsain de faire quoi que ce soit. 

En général je ne fais rien je m’ennuie comme les enfants sauf que je ne demande rien à personne quand j’ai soi disant besoin de quelque chose. 

C’est la seule différence entre les enfants et moi. 

Je n’ai pas besoin de voiture pour aller de A à B. 

En général si on réfléchit bien on est déjà toujours à B et on n’a pas besoin de se déplacer. 

C’est l’avantage avec l’ennui : on est partout. 

Partout est un centre d’hébergement. 

Il suffit d’avoir un sac de couchage avec soi et on est partout dans son centre. 

Les personnes qui travaillent dans les centres d’hébergement sont polis et éduqués pour l’accueil. 

C’est un type de personnages valables. 

C’est des personnes qui font un travail sérieux d’accueillir des gens qui s’ennuient. 

Aussi elles sont très importantes et elles n’ont pas besoin de voter dans un parti politique pour croire faire une chose d’importante. 

C’est leur travail d’accueil la chose sérieuse importante et c’est tout. 

Une fois l’un d’eux m’a offert une cigarette et j’ai pris ce qu’il y avait même si je n’ai jamais fumé je l’ai fumée. 

Lui aussi. 

Puis il est reparti s’occuper à travailler. 

C’était un travailleur qui avait une femme anti cigarette à la maison il ne fumait qu’à son travail et jamais chez lui il me l’avait dit. 

Il n’y avait pas d’eau chaude à la douche le matin de la nuit où j’avais dormi dans le centre d’hébergement avec mon sac de couchage. 

Je m’étais concentré sur le froid de l’eau froide et j’avais diverti mon esprit et j’avais réussi à me laver sous cette douche froide sans hurler. 

Dans d’autres conditions si l’eau chaude avait marché je ne me souviendrais pas de cette douche. 

L’eau froide est un souvenir qui n’est pas sentimental. 

Je divertis mon esprit dans les situations déplaisantes. 

Pour divertir mon esprit c’est bizarre mais je le fixe sur la chose déplaisante et ça m’aide à endurer la chose déplaisante parce que je ne la ressens plus c’est bizarre. 

Les gens ne me croient pas mais c’est vrai. 

Ce n’est pas triste que les gens ne me croient pas, ça ne m’empêche pas d’agir. 

J’ai de l’action dans les mains et de l’énergie après avoir passé une longue nuit à dormir dans le sac de couchage où je couche. 

Je suis sensible au bruit s’il y a du bruit dans un centre d’hébergement la nuit ça met fin au débat et je ne peux plus dormir. 

Mais souvent il y a le silence et ça va. 

Le silence s’adresse à tout le monde, c’est pourquoi on dort. 

On dort à tous les âges de la vie. 

Mais personne n’est jamais un spécialiste du sommeil parce que souvent le sommeil vient quand il veut. 

On ne peut pas le demander. 

On peut demander un plat, s’il y a une activité-cuisine. 

Mais le sommeil n’est pas un genre d’activité et il n’entre pas dans le cadre des activités humaines qu’on peut demander. 

Le sommeil est plutôt un handicap à l’activité humaine, c’est comme un alcool qu’on boit pour ne plus avoir à marcher droit.

Je n’ai jamais tenu à dormir mais il m’a toujours fallu, tôt ou tard, en passer par là. 

Souvent la nuit. 

Parce que les activités sont établies et que le sommeil de nuit est l’activité fixe des choses de la nuit. 

Le reste du temps est plutôt dédié à l’ennui dans l’ordre des choses du jour. 

L’ennui c’est le jour et, je ne sais pas si vous avez remarqué mais la nuit on ne s’ennuie jamais, on angoisse. 

J’ai souvent aimé ne pas angoisser la nuit sans dormir et m’ennuyer à la place mais c’est une chose qui, tant pis pour moi, ne m’est jamais arrivé. 

Ce serait le bonheur de m’ennuyer la nuit comme je m’ennuie le jour. 

Je ne sais cuisiner que les omelettes et angoisser la nuit quand je ne dors pas. 

Quand la nuit je dors peut être que je m’ennuie à dormir, je ne sais pas. 

Je ne me rappelle de rien la nuit quand je dors. 

A part mes rêves. 

A part mes rêves je n’ai pas souvenir de grandes activités dans le sommeil.

Des fois je me dis que je serais mort ce serait pareil. 

Un sac de couchage n’est pas un vrai compagnon de jour et ce n’est pas non plus une raison de vivre un sac de couchage. 

Un sac de couchage est avant tout un sac et peut servir de rangement. 

Il semble que personne avant moi ne s’en soit aperçu.

C’est parce que les gens font trop de choses la journée et n’ont pas le temps pour s’ennuyer la journée et observer des découvertes le jour dans l’ennui. 

Une personne qui travaillait dans un centre d’hébergement dans lequel j’entrais pour dormir s’étonnait de voir que j’utilisais mon sac de couchage comme sac qui contenait mes vêtements ma radio ma brosse à dent mon ordinateur portable. 

C’est un sac d’objets le jour et un sac de personne la nuit il n’y a là rien d’étonnant. 

Quand on s’ennuie le jour la nuit on est épuisé et alors on dort dedans. 

Certaines personnes dorment dans leur voiture, c’est pareil. 

Et il y a même la radio, c’est vraiment pareil. 

On est partout. 

Surtout quand on s’ennuie. 

C’est pourquoi je n’ai pas besoin de voiture.   

J'suis désolée, j'suis désolée, j'suis désolée, j'suis tellement désolée d'être qui je suis. J'suis désolée d'pas réussir à vivre, et d'trouver un plaisir malsain à m'détruire.
Mon cœur à sauter un battement. Qu'est-ce qui se passe pour que je perde le contrôle ? Qu'est-ce que tu fous ? Tu ne sais rien de ce que j'ai pu traverser après ton départ et tu reviens comme si rien n'était arriver. Personne ne sais ce que tu me fais vivre. Comme un fantôme tu me hantes jusqu'à ce que j'arrête de respirer. Certains disent que je suis dans ma phase de provocation mais parlent sans même connaître mon prénom. La critique est si facile mais j'espère que ce tu vois devant toi te dégoutte. Tu hais celle que je suis devenue et j'aime que tu déteste ce que tu vois. Jeux dangereux. Qui va tomber le premier ? Je désire la destruction comme je méprise ta façon d'agir. Je deviens ton regret comme tu deviens ma pire addiction. Plus aucune issue, je tombe accro. Laissez moi sortir mais mon esprit malsain reprend le dessus sur tout. Personne n'est assez bien pour moi. Personne ne me fera mal autant que toi. Personne ne me redescendra sur terre quand je rêverais au prince charmant. Laissez moi m'enivrais de ce poison avant la fin. Mon autodestruction est proche mais je me battrais chaque jours comme si ça en valais vraiment la peine
—  #JM
les mains doublées.

On ne cesse jamais vraiment de serrer les poings, il y a juste un grand moment de calme, une espèce de sérénité malsaine qui te prend tout à coup le cou, et la paix s'infiltre en toi comme un viol.

On y croit, à tout ça, que le monde est droit et qu'on marche tous droit, mais bordel, y en aura toujours un pour foutre son pied en dehors. Alors c'est là que la paix dégage, et qu'les pensées t'assaillent en te tordant le ventre.

On ne cesse jamais d'être celui qu'on est, même quand on l'enterre avec des mensonges et des illusions, il resurgira au plus profond de toi, t'foutant une main sur la bouche et l'autre sur les yeux.

Et on les refera, les mêmes gestes et les mêmes erreurs, sans arrêt en boucle.

Comme un condamné il faudra suivre ton monstre, le tien, qui commande au fond de tes veines.  La paix se barre toujours, elle te laisse visage contre visage avec toi-même perdu au milieu de tes deux personnes intérieures, et dans ce cas, il y en aura toujours une en colère.

On ne cesse jamais vraiment de serrer les poings et d'les foutre en sang pour ne blesser personne.

On s'écorche pour ne pas subir, on s'tue pour ne pas infliger.

Il y en aura toujours des traces de morsures, de brûlures et désinvoltures sur un corps en désaccord. Il y en aura toujours des guerres à mener des champs de bataille déglingués sur une peau en morceaux.

Parce que c'est de la rage qui pourrit les os, c'est de la haine acide qui coule dans les artères. On finira toujours pas crever pour épargner au Monde nos corps bien trop crevés et nos âmes lacérées.

Teinté de rien

Si chaque homme s’avérait être à 100% réellement conscient de sa propre mort, la vie ne pourrait se frayer un chemin. 

La mort inspire la peur et la peur paralyse. 

Chaque seconde engendre la possibilité d’une fin subite. Si la notion de cette finalité se voyait chose réellement inculquée à notre lucidité, la peur et la mort l’emporterait sur la vie.

Nous sommes invincibles.

Au fond, les plus craintifs de ce monde se discernent peut-être simplement par une conscience malsaine plus vaste que la moyenne? Le désastre chaotique de l’inconscient les atteint plus que la normal?

Toutes mes minutes teintées de peur, je ne crains rien, mais je crains le rien.


G.T.”//

et quand j'le revois j'porte toujours une ceinture, trop serrée, et j'ai une boule au ventre son sourire qui se veut presque amical mais demeure glacial, y a des choses qui se perdent à tout jamais, et y a des choses qui sont volées, moi j'peux pas, j'peux plus regarder ses mains sans avoir envie de gerber, et t'essaies de pas y penser, tu serres les dents, mais c'est là, tout l'temps, c'est constant, c'est pour toujours, c'est définitif, c'est malsain, c'est étouffant, c'est déprimant et ça réveille la colère, la colère c'est fatigant mais ça éloigne le sommeil, c'est paradoxal, je ne veux plus qu'on me touche

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu'on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t'arrête
Auguste retraite.

J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.
(…)
Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.

—  Arthur Rimbaud (Fêtes de la Patience / 1. Chanson de la plus haute Tour - Poésies Complètes)
youtube

Malsain - Kvele Seg

Je m'appelle Aurélie et j'ai 15 ans.
Mon père est mort hier soir.
Non, ce n'est pas vrai. Évidemment, que c'est faux. Je ne l'aurais pas annoncé comme ça, enfin; je ne crois pas. J'ai un problème avec la réalité, je suis toujours obligée d'inventer certaines choses dramatiques. Je nourris mes textes de chagrins, de remords et de décès. C'est malsain, mais c'est toujours assez beau. Je m'inspire du malheur des autres, de leurs émotions. Je ne devrais pas, je sais; mais j'ai toujours trouvé le malheur poétique, alors…
J'écris depuis mes 13 ans. Au début, c'était pour lui dire que je l'aimais, que je ne voulais pas le perdre, c'était pour lui dire qu'il était tout pour moi et qu'il devait me faire confiance; même si j'ai compris bien plus tard qu'il ne me faisait pas confiance car il ne se faisait pas confiance à lui-même. Par la suite, j'ai commencé à inventer des histoires; et j'ai jamais vraiment réussi à décrire le bonheur, la joie, l'amour - le vrai -, j'avais et j'ai toujours du mal avec ce genre de choses. On a toujours plus de facilités dans une matière que dans une autre et l'écriture; c'est pareil.
Les jours se sont écoulés. Peu importe où j'étais, j'écrivais. Je ne m'arrêtais plus, même si je ne trouvais aucune importance à décrire ce que je vivais. Pour tout vous dire, il m'arrivait de décrire une fontaine ou même un arc-en-ciel. Je bataillais avec les mots, les rimes, le sens. J'en devenais folle; puis au final, je crois que le travail a payé.
Parce qu'à force d'écrire, de ne pas se relire, juste écrire, on s'entraîne et quelque chose de beau se crée. Le plus important est d'avoir son propre style d'écriture. Bref, je ne vais pas vous faire un cours de littérature sachant que je suis en seconde, et pas très cultivée.
Je suis timide, sensible, ambitieuse et parfois heureuse. J'ai des rêves que je garde au fond de moi - comme faire du cheval en Californie, m'endormir sous une pluie d'étoiles, nager dans l'eau claire - car énoncer ces rêves pourrait paraître étrange aux yeux de certains. J'ai des rêves de mélancolique, des pensées de poète, une vision de la vie bien différente de la votre. Et j'avais envie de vous écrire un roman pour me décrire; mais je m'en rends compte que maintenant : je bloque un peu, parce que j'aimerais bien me “dévoiler”, mais moi-même je ne me connais pas assez.
Peut-être que j'en ai déjà trop dit.
Ou peut-être que je vous ai menti.
—  lespiquresaines
2h00 et 10 secondes.

1h40

Assise dans son lit, complètement torchée, éclatée, bourrée, elle écrivait dans son portable ses pensées malsaines, ses idées noires, ses peurs, ses envies, sa vie.
Elle ne cessait d'écrire, des lettres s'assemblaient, des mots se formaient, des espaces séparaient les mots, des phrases se créaient. Un bordel, elle mettait tout. Sans y penser. Des mots, des lettres, quelques virgules, quelques points. Puis plus rien. Le vide, encore des mots, des phrases, des lettres, des larmes.
Elle écrivait ses tripes, elle écrivait son cœur, elle écrivait ses angoisses. Un mélange de noir et de blanc, de parenthèses et de guillemets. Rien de bien joli, rien de bien intéressant. C'était juste elle et ses mots.

1h49

Elle lâcha son portable, puis abandonna son corps dans son lit. Elle commença à pleurer, à réellement pleurer, des larmes coulaient tout le long de son visage pour finir sur sa couette. Parfois on pouvait entendre quelques mots sortir de sa bouche, une sorte de soupir étouffé, de désespoir consumé. Elle resta là comme ça. À pleurer son cœur, sa vie, ses rêves. Elle pleura à s'en faire mal au crâne, à s'en assécher les yeux.

1h55

Des souvenirs étouffants, brisants, refirent surface. Son cœur se serra, sa respiration devint de plus en plus lourde. Elle agrippa sa couette et la serra pour essayer d'évacuer un peu sa colère et sa peine.

(Silence assourdissant)

Elle continua comme cela, encore et encore. Elle essaya de se calmer. Un, deux, trois, quatre, cinq… Trop tard. Son cœur s'emballa tout en se serrant. Elle commença à trembler et à avoir peur, elle ne sentit plus son bras gauche, ses poumons la brûlaient, elle convulsait.
Un cri étranglé sortit de sa bouche.

(Le silence)

2h00 et 10secondes.

La jeune fille était morte.

Et si, en fait, 50 Shades n'était qu'une expérience sociale savamment déguisée en gigantesque plan marketing pour prouver au monde à quel point nous vivons avec le nez dans la rape-culture ? Genre, en montrant qu'avec un peu d'engouement, on peut faire passer des comportements abusifs pour quelque chose de romantique parce que ces habitudes toxiques sont profondément ancrées dans notre société… Et si c'était simpliste, répétitif et très mal écrit pour rendre ça accessible à un public plus large et mieux entrer dans le crâne des gens… Vous savez, histoire de faire en sorte que la claque ne soit que plus grande au moment de la révélation, un quatrième tome suivant Ana en thérapie suite à cette relation tenant plus de la codépendance malsaine que du rapport dominant / soumise… Ana qui réalise à quel point elle était fucked-up, elle aussi, dans son genre…

( Vous pouvez voir que j'en ai ma claque d'un sujet quand je vire conspirationiste pour tenter de l'améliorer )

J'essaye de faire des efforts. Tenter d'être plus forte, d'ignorer ces vagues malsaines. Il y a même des jours où je me lève, le sourire aux lèvres. Les pensées claires, l'envie de vivre qui cogne dans ma poitrine. L'escalier dans la pénombre que je connais par cœur, et que je dévale sans peur.

Mais je regarde le ciel, et je me rappelle.  

- Pourquoi j'entretiens des relations malsaines quand je sais qu'elles le sont ?
- Je crois connaître la réponse à cette question. Parce que tu espères avoir tort. Et chaque fois qu'elle fait quelque chose de dérangeant tu décides de l'ignorer et chaque fois qu'elle te fait plaisir elle arrive à te reconquérir et à te faire oublier toutes les mauvaises choses que tu disais à son sujet.
—  The Holiday