malsains

les émotions

- tired : fatigué-e / exhausted : épuisé-e / sick : malade

- bored : ennuyé-e / boring : ennuyeux/ennuyeuse / annoyed : saoulé-e (familiar)

- healthy : sain-e, en bonne santé / unhealthy : en mauvaise santé

- hungry : affamé-e / thirsty : assoiffé-e / full, stuffed : repu-e, rassasié-e

- happy : heureux/heureuse / cheerful : joyeux/joyeuse, gai-e

- lazy : paresseux/paresseuse / sad : triste

- angry : en colère / pissed : fâché-e / disappointed : déçu-e

- surprised : surpris-e / confused : confus-e

- sleepy : somnolent-e / jealous : jaloux/jalouse

- weird : bizarre, étrange / creepy : malsain-e

- curious : curieux/curieuse / intrigued : intrigué-e

MA VIE AVEC UN PÈRE PERVERS NARCISSIQUE

TW: maltraitance

Les gens ne comprennent pas.

Ils ne comprennent pas quand je leur dis qu’il est vital pour moi de couper les ponts avec ma famille ; encore moins quand je leur explique que je ne veux plus voir mon père.

Je le vois dans leurs yeux, dans leur façon gênée d’essayer de trouver des solutions à quelque chose qui n’en demande pas. Au fond ils me jugent, comparent ma situation avec la leur et attendent simplement de moi plus de « lâcher prise » et de « tolérance ». On me dit « tu sais des fois il faut pardonner, tous les parents font des erreurs » ou « Mais c’est ton père, quand même ! » ou encore « Oui mais tu sais la famille, c’est jamais facile, c’est pour tout le monde pareil !». Qu’est-ce que vous essayez de me dire au fond ? Que ce n’est pas « juste » de ne pas ressentir un lien avec sa famille? Est-ce qu’on doit tout pardonner à ses parents ? Même la pire des choses ? Et si c’était effectivement pareil pour chaque personne (soit-disant), qu’est-ce qui m’empêcherait de remettre en question cette norme de la famille sacrée, qu’il faut chérir à tout prix, envers et contre tout ?

Je viens d’une ville de 17’000 habitants en Suisse. Autant vous dire que là-bas les nouvelles vont vite. Tout le monde se connaît de près ou de loin, et les apparences, les masques sont omniprésents pour survivre dans ce microcosme où chacun surveille son voisin.

Ma famille composée de ma mère, mon père et moi paraissait idyllique. Des parents « très gentils », aimants, et toujours à l’écoute pour leur fille réussissant chaque chose qu’elle entreprenait, à l’école ou au conservatoire.

Mais voilà, sous ce masque d’union qui n’a finalement jamais existé, se cache le vrai visage de ma petite « famille » : violences physiques et psychologiques, chantages, dénigrement constant, menaces, mensonges et culpabilisation, mon père n’a jamais cessé d’être pour ma mère et moi une source de grande souffrance. Ma mère elle, suivait mon père dans chacune des choses qu’il décidait de faire, sans jamais le remettre en question. Il mettait tout en oeuvre pour paraître le papa le plus fort, le plus gentil, le plus compréhensif, le plus génial possible devant notre entourage et mes amis. J’étais isolé•e. Personne n’aurait jamais pu me croire dans ces circonstances.

Pour lui, c’était normal de taper son enfant.

Mes plus lointains souvenirs de violences physiques remontent à la période où la mémoire commence à être vive, vers 3-4 ans. Je me rends compte, après des années où je me suis voilé la face, de mon lourd passé d’enfant battu•e et aujourd’hui, pour la première fois, j’ose le regarder en face, et l’appeler comme tel, même si ça fait extrêmement mal.

Car quand on parle d’«enfant battu », on a l’image collective très clichée du bourreau rentrant du travail qui va chercher sa ceinture pour se défouler sur sa famille.

Mais pour personne mon père n’avait l’air d’un bourreau. Même pour moi. Oui, il était imposant, musclé, quelqu’un qu’on a pas envie d’embêter, mais au contraire il paraissait toujours comme le plus doux des agneaux aux yeux des autres. Des fois, ça lui arrivait de s’énerver en public, mais tout le monde en rigolait, en éludant le problème, en l’excusant qu’il était juste « un peu colérique », comme finalement « un bon père de famille »…

J’étais un enfant très anxieux, stressé, les médecins ou physiothérapeutes le disaient mais n’avaient jamais essayé d’approfondir la question ; et mon père et ma mère non plus. D’ailleurs j’ai commencé à avoir des crises d’angoisses très tôt à cause de cette maltraitance. Mes parents ne le comprenaient pas et n’ont jamais essayé de comprendre. Ils disaient toujours que j’étais une enfant « capricieuse et qui pleurait beaucoup sans raisons » alors à chaque fois ils m’enfermaient à clé dans ma chambre en se moquant de moi et de mes sanglots qui étaient selon eux trop « enfantins » pour mon âge, à dire « tu n’es plus un bébé, tu es ridicule de te donner en spectacle comme ça» (7/10 ans). Ils me laissaient sortir seulement quand j’avais fini de pleurer, après avoir dû gérer ma crise d’angoisse seul•e pendant de longues minutes voire des heures, couché•e sur le sol de ma chambre, ce qui a engendré de très gros traumatismes en moi à partir de là. Dans un album de famille dédié à mon enfance, il y a une photo que je déteste profondément et qui réveille en moi beaucoup de colère. C’est une photo quand j’avais environ 2 ans, où l’on voit que je crie très fort et que je suis complètement paniqué•e, et mes parents, au lieu de gérer la situation et de faire quelque chose, m’ont calé•e entre deux coussins du canapé pour me prendre en photo, pour pouvoir me montrer plus tard cette photo en disant « tu vois tu étais très peu supportable ».

Personne ne voyait ce que je vivais, et mes parents s’alliaient constamment contre moi, comme si j’étais leur ennemi•e, alors j’étais seul•e face à mon mal-être et je me disais que c’était moi le problème.

Il avait toujours une bonne excuse pour me frapper, soit je n’écrivais pas comme lui voulait que j’écrive les lettres attachées quand j’apprenais à écrire à l’école primaire, soit parce que j’étais sur son ordinateur et qu’il voulait chercher quelque chose sur internet, ou alors je ne fermais pas les stores comme lui voulait qu’on les ferme, ou parce que je ne parlais pas beaucoup selon lui, parce que je n’étais pas assez si ou ça, parce que je ne faisais pas assez si ou ça etc. Ce n’était jamais assez bien pour lui, alors il me hurlait dessus, et si ça ne suffisait pas il me frappait. J’avais peur car il pouvait changer d’humeur drastiquement, une toute petite frustration pouvait réveiller le monstre en lui et j’étais terrifié•e.

Face à cette violence, j’étais seul•e, sans défense, aucune. J’étais enfant unique, et ma mère, sous son emprise, protégeait mon père quoi qu’il fasse. J’ai alors commencé à avoir une période dans mon enfance, qui n’a heureusement pas duré très longtemps mais dans laquelle j’ai commencé à me comporter comme lui par mimétisme, parce que je ne comprenais pas toujours que son comportement était malsain, je pensais que c’était normal que je souffre et qu’on me fasse souffrir et qu’il y avait ça dans chaque famille. Quelques fois j’ai tapé mon petit cousin pour rien, ou même à l’école primaire j’avais donné un coup à une fille qui était censé être mon amie sans aucune raison apparente. Les professeurs ne comprenaient pas car j’avais de très bonnes notes à côté, et donc mon comportement leur échappait. Je ne rentrais pas dans une catégorie d’enfant typique. Personne n’a jamais eu conscience ni échos de ce qu’il se passait à la maison. Il y aussi eu une longue période où je parlais mal à ma mère et j’étais méchant•e avec elle car mon père me manipulait à le faire et vice versa (ma mère à moi) parce que mon père nous divisait pour mieux régner. D’ailleurs vers mes 8 ans une fois j’ai griffé ma mère, car je ne supportais pas qu’elle prenne le parti de mon père constamment, et il avait utilisé cela pour me culpabiliser et me montrer à quel point j’étais un•e enfant difficile et que je ne méritais pas leur amour.

Un jour quand j’avais 10 ans, il m’a humilié dans un restaurant bondé en me hurlant dessus et me giflant violemment à table. Tout le monde s’est retourné. Un long silence insupportable. Puis tout le monde a continué son repas. Personne n’a rien fait, rien dit, ni ma mère, ni les serveurs, ni le 3 familles assises à côté de nous. La seule conséquence a été qu’en sortant du restaurant un mec vienne vers moi et me dise « alors on a fait la mauvaise fille? ». Je me rappellerai toujours de son visage, la trentaine avec des lunettes de gars bien con et oppressant, tout autant pervers que celui de mon père. Tout le monde acquiesçait en silence la violence de mon père, même en public, alors je pensais que c’était ma faute et que je le méritais.

Combien de fois j’ai eu peur qu’il me tue.

Combien de fois il m’a dit « Je vais te tuer, je vais te tuer sale pétasse » en me courant après dans l’appartement avec son regard le plus flippant du monde, près à me sauter dessus pour me frapper ou me tenant par la gorge. Il n’y allait pas de main morte, des coups dans le ventre, des coups dans la tête, sur le visage, à me tirer les cheveux, à me coller contre un mur et à me taper où il pouvait.

Ses excuses étaient « qu’il n’y allait pas vraiment fort », qu’il « dosait sa force » parce que quand même « j’étais sa fille » donc que finalement je devais le remercier presque de ne jamais y mettre complètement sa force.

Moi ce que j’entendais c’était « j’y vais doucement car sinon tu auras des bleus sur ta peau et les gens se demanderont pourquoi, commenceront à s’inquiéter et à me soupçonner. »

Et puis j’ai grandi. Dans sa logique toxique de « c’est normal de taper ses enfants » je me disais que vu que je n’étais plus vraiment un•e enfant il arrêterait… Mais non, il a continué, et c’était encore pire. Même si la violence devenait plus rare car on se voyait moins souvent et que je commençais à me défendre verbalement et à laisser passer de moins en moins de choses, lorsque finalement il me frappait, c’était beaucoup plus fort qu’avant, car justement, je n’étais plus un•e enfant, donc moins « fragile » selon lui, ainsi il pouvait se défouler et se décharger sur moi sans prendre de pincettes (mais toujours en faisant en sorte que ça ne se voit presque pas bien sûr).

Quand ce n’était pas les coups, alors c’était par les mots qu’il exprimait sa haine envers moi.

Il y avait toujours une bonne raison de m’humilier, de casser ma joie lorsque j’étais heureuse, de minimiser mes peines quand j’étais triste, de me mettre mal à l’aise par rapport à mon corps, de détruire mes projets, ou même d’utiliser mes souffrances pour m’enfoncer encore plus bas.

Par exemple, il ne supportait pas que je puisse fermer la porte de ma chambre ou rester seule plus de quelques heures dans ma chambre, il venait sans cesse s’immiscer dans mon intimité en me culpabilisant et faisait de ma vie un enfer. Vers 14 ans, il m’a fait le cadeau empoisonné de me donner une chambre à moi beaucoup plus grande que l’ancienne, pour ensuite me le faire culpabiliser chaque seconde de ma vie, en disant que je ne le respectais pas, que j’étais une enfant pourrie gâtée. Il rentrait dans ma chambre sans toquer alors que je me changeais ou méditais pour me gueuler dessus, ou m’enfermait à clé des fois dans ma chambre ou alors m’enfermait à clé à l’extérieur de ma chambre, détruisait même de rage certains de mes objets. D’ailleurs, il fallait passer dans son bureau pour pouvoir accéder à ma chambre, ce qui lui permettait toujours d’avoir un grand contrôle sur moi, en voyant quand est-ce que je sortais ou rentrais de ma chambre, et de me faire des remarques dès que possible. On partageait plusieurs sessions sur un même ordinateur, il était administrateur et du coup je l’ai surpris en train de regarder tous mes fichiers/photos/mails, sans jamais s’excuser ni trouver cela inacceptable. Au contraire, il m’a juste regardé•e en rigolant. Lorsque j’étais au cycle (collège en suisse) et très mal intégré•e, il faisait des remarques moqueuses sur mon corps et de mes seins qui ne poussaient pas, me comparaient avec mes amies plus « gentilles » ou « moins difficiles », il me tirait les épaules violemment en arrière chaque fois qu’il en avait l’occasion pour que je me tienne « droite » parce que j’étais une fille alors je devais être jolie et que ce n’était pas comme ça que j’allais plaire aux garçons. Je me rappelle de moments au collège où mon père savait très bien que j’étais très isolée et harcelée mais pour m’enfoncer encore plus me disait sans cesse « ha mais je suis sûre tu plais aux garçons au fond» et il y avait quelque chose de très malsain là-dedans, pas comme s’il voulait que je plaise, mais que ça lui fasse peur que petit à petit je grandisse (sans oublier toute l’hétéronormativité derrière). Puis au lycée, il n’a d’abord pas supporté que je puisse avoir un copain, en rentrant dans des colères folles et complètement disproportionnées car il sentait qu’il perdait petit à petit du pouvoir sur moi. Il n’a pas accepté non plus que je puisse commencer à avoir quelques amis vers 17/18 ans avec qui je sortais le week end et me harcelait constamment au téléphone. J’ai fini par éteindre mon portable en soirée quelques fois, car c’était trop, c’était m’appeler chaque seconde, pour ensuite retrouver une 10aine de messages de menace sur ma messagerie tous plus flippants les uns que les autres. C’était beaucoup de disputes, car ça n’a jamais été possible de pouvoir avoir une discussion avec lui, beaucoup d’engueulades qui finissait généralement par des coups dans la tête d’ailleurs.

J’étais une fille assez modèle, je n’allais jamais dans l’excès, je faisais toujours attention et je respectais les horaires. Ramener des bonnes notes à l’école étaient assez facile pour moi, je comprenais vite et j’étais plutôt assidue dans mon travail. En dehors, je gérais 4 à 5 activités extra-scolaires, piano au conservatoire, solfège, danse, théâtre, etc. et je réussissais tout. Mais j’étais très déprimée, très stressée. Je voulais tout accomplir avec brio ce qui m’amenait dans un perfectionnisme maladif pour gagner absolument l’amour de mes parents, néanmoins je me voilais la face : mon père ne m’aimait pas et ma mère ne pouvait le montrer car constamment sous son emprise psychologique. Ce n’était pas de l’amour inconditionnel qu’ils avaient pour moi mais bien une illusion de soutien que je devais en vain acheter sans cesse par mes réussites.

Un jour j’ai eu mon bac, j’ai voulu partir de la maison, et c’est là que le véritable enfer a commencé.

Il a arraché mes papiers d’échanges linguistiques des mains et les a déchirés en mille morceaux. J’ai dû tout refaire. Il voulait décider à ma place ce qui était bon pour moi, il a refusé que je parte en année sabbatique car je sentais qu’il fallait que je souffle après 5 ans dans un lycée stressant et catholique. Il lui était insupportable que je puisse partir de la maison et qu’il n’aurait plus trop d’emprise sur son jouet. Quand j’ai parlé de trouver une colocation près de mon école supérieure, il voulait même que je fasse 4 heures de trajet aller-retour par jour à la place pour quand même rentrer le soir à la maison, en m’imposant un abonnement général de train 1ère classe qu’il avait payé avec son argent, qui coûtait 4250 francs suisses par année soit environ 4000 euros par an, une manière de me faire culpabiliser de tout l’argent gaspillé si je ne l’utilisais pas. Nous n’étions pas riches mais l’argent n’était pas un problème - car mes parents se tuaient au travail sans jamais s’arrêter et que nous avions beaucoup d’aide des grands parents (et que nous habitions en Suisse) - alors il en profitait pour me faire des cadeaux empoisonnés dans le genre et ensuite me culpabiliser de les avoir fait en disant « à quel point j’avais de la channnnnce d’avoir un père pareil, et à quel point je n’étais jamais redevable et donc une mauvaise fille pour son père ». Dans sa tête, tout l’argent venait de lui, à faire des blagues aux autres en disant « elles font ci elles font ça et moi bien sûr je paie!! » comme si ma mère et moi étions de grandes dépensières, ou qui le foutions dans la merde, alors que ma mère travaillait beaucoup elle aussi dans son travail de comptable mais aussi à la maison où elle faisait toutes les tâches ménagères pour lesquelles lui n’a jamais levé le petit doigt. Aussi, il m’imposait son aide lorsque j’en avais pas besoin, son aide qui n’était en fait qu’une volonté de contrôle sur ma vie, pour ensuite me faire culpabiliser de m’avoir aidée.

Il voulait pour son petit mérite personnel que je m’inscrive directement dans une école d’arts que j’ai quitté après 3 mois dans l’établissement, qui m’a finalement plus détruite qu’autre chose. Lorsque j’ai arrêté ces études, il ne m’a plus parlé pendant des semaines jusqu’à me dire « de toute façon je ne vois pas ce que tu as été faire là-bas, tu ne fais rien d’artistique. » (Mon présent est une bonne revanche à cette remarque déplacée)

Ma mère lui excusait tout. Elle prenait toujours son parti, quoi qu’il arrive.

Je ne me rappelle pas d’une fois où elle m’ait protégée. Un jour, je devais avoir 18/19 ans, j’étais dans la cuisine, un couteau à la main, menaçant mon père de l’utiliser s’il osait encore s’approcher de moi, car il m’avait couru après dans l’appartement en criant qu’il allait me détruire avec son regard flippant rempli de rage, et que je ne voyais juste pas d’autres solutions. J’en AVAIS MARRE !! Marre de m’en prendre plein la gueule, marre d’être terrorisée !!! Ma mère hurlait à la mort et me disait « s’il te plaît pose ce couteau c’est dangereux, tu es folle!!! ». J’avais peur que tout dégénère dans quelque chose de très glauque. J’ai demandé alors à mon père de me promettre que si je le posais il n’allait pas me taper, j’ai du répéter ça 1000 fois avant qu’il décide enfin de baisser ses poings car ma mère nous suppliait trop, et je l’ai finalement posé, mais…le seul énorme danger qui prenait toute la pièce c’était mon père, pourtant ma mère ne le voyait pas, ou ne voulait pas se l’avouer. Même après des années et des années de violences physiques à mon égard dont elle a été témoin très souvent et même lorsque je lui ai expliqué que je lui en voulais de ne pas s’interposer, jamais, au grand jamais, elle n’a fait quelque chose pour m’aider et se soulever contre mon père et son comportement. C’était mes parents contre moi, h24, 7 jours sur 7. Elle était et est toujours complice malgré elle.

Je suis pacifique. Je prône la paix et je ne veux du mal à personne. Aujourd’hui je ne peux pas regarder un film, une série, lire un livre avec des choses violentes à l’intérieur. Quand on l’a vécu aussi froidement, on sait ce que ça fait et on ne veut plus jamais la voir, on ne veut plus jamais que quelqu’un la subisse, même dépeinte dans une fiction, ça fait trop mal, c’est trop choquant. Pourtant, dans les moments où mon père essaie encore aujourd’hui d’avoir une emprise sur moi, même à distance, je vous avoue, il y a quelques rares fois où je rêve de pouvoir lui éclater la gueule, et de lui rendre tous les coups qu’il m’a envoyés pendant tant d’années.

Je me rends compte que les conséquences sur mon développement, ma santé et mon comportement sont énormes.

J’ai vu Kathleen Hana, membre du groupe légendaire Bikini Kill, en concert cette année. Cela m’a fait un bien fou, car finalement, on partage un parcours de vie assez similaire. Elle a vécu l’inceste par son père toute son enfance et adolescence, sa mère niant absolument tout. Aujourd’hui elle continue à se battre, malgré une maladie qui s’est déclenchée en elle vers ses 30 ans - Je pense qu’il faut prendre au sérieux le lien entre traumatisme et maladie - Elle a dit quelque chose comme ça entre deux chansons que je n’oublierai sans doute jamais « Quand tu as vécu dans une famille toxique, qui nie ta propre existence d’individu, alors ce qui est difficile, c’est qu’ensuite tu ne vas plus savoir faire la part des choses entre le respect et le non-respect, tu vas continuer malgré toi à laisser entrer dans ta vie des gens malveillants. Il faut que tu aies conscience de ça pour les empêcher, pour mettre des barrières, pour te soulever contre la violence et te faire confiance, c’est super important, parce que fuck them all. »

Et elle a complètement raison. Pendant mon adolescence et même après je ne me suis entourée quasiment que de gens, surtout des gars, très toxiques à ma vie, dont des pervers narcissiques et manipulateurs. J’ai été malmenée, harcelée, dénigrée dans ma personne et par rapport à mon corps, je les laissais nier tout ce que j’étais sans broncher ou presque. Lorsque je suis partie de la Suisse à 20 ans, la violence physique et psychologique a continué quelques temps dans mes relations amoureuses et amicales. Aujourd’hui je me protège. J’ai coupé les ponts avec tous ces gens et des gens qui gravitent autour d’eux. Je n’ai pas de compte à régler, ni à me justifier. Je dois enfin commencer ma vie aujourd’hui, à 23 ans, c’est à dire vivre pour moi, et comme je suis. C’est déjà ce que je fais un peu.

Je souffre de stress post-traumatique qui influe sur ma santé mentale (anxiété, angoisse, phobie sociale) mais aussi physique (constipation, migraines, mal de dos, fatigabilité aiguë). Je suis autiste ce qui accentue ces traits mais je pense que mon passé influe sur beaucoup de paramètres de ma vie. Je ne fais pas facilement confiance aux gens et j’attends très longtemps avant de m’ouvrir. Je ne parle pas beaucoup et je hais qu’on vienne me parler si on ne me connaît pas. J’ai peur d’ouvrir mes messages sur les réseaux sociaux ou dans mes mails, ou de répondre au téléphone car j’ai inconsciemment peur que ce soit un message méchant pour me harceler. J’ai du mal à communiquer, j’ai peur de faire du mal aux gens. Mais pourtant je me bats et je continue ma vie. J’essaie de déconstruire un maximum le comportement intériorisé que parfois j’ai encore, pour me protéger, à savoir avoir peur des disputes, penser que les gens vont tous m’agresser, ou au contraire, faire trop confiance aux mauvaises personnes, des choses comme ça.

Tous ces gens qui essaient de me culpabiliser en disant qu’être en colère, c’est mal, que c’est un mauvais sentiment, que ça détruit mon propos, que ça soit dans mes luttes ou dans mes projets artistiques. Je m’en fous de votre avis. J’ai pas besoin que vous compreniez. Moi ce que je sais, c’est que ma colère a une place, elle est légitime, et qu’elle doit s’exprimer absolument. Être en colère, ça ne veut pas dire forcément être violente ou haineuse, ça peut être un moteur pour des choses extraordinaires, et dans le dépassement de soi. Gérer un stress post-traumatique dû à un ou des pervers narcissiques relève d’un courage immense, et j’en ai enfin conscience. Je suis une survivante et personne n’a le droit de m’imposer comment je suis censée exprimer cela. Chaque année énormément de femmes sont tuées par leur conjoint ou par un membre de la famille. Dans mon entourage, des gens ont été tués par cette violence. Chaque semaine, dans les journaux, on voit « machin a tué sa femme au couteau, ou au fusil (les suisses après leur service militaire peuvent garder quelques années leur fusil chez eux) » on parle de « crime passionnel » pour minimiser toute la violence derrière. On fait passer ça comme un fait divers, rien de plus, alors qu’il est le reflet d’une société qui hait profondément les femmes. 


Je n’ai presque aucune relation avec ma mère (et avec ma famille de manière générale), pas parce que je pense que c’est une mauvaise personne, malgré qu’elle ait été complice des violences de mon père, mais parce qu’elle s’est complètement effacée. Elle ne vit pas pour elle, mais pour mon père. Chacune de ses décisions, elle les a calquées sur celle de mon père. Retourner vivre dans la ville d’origine de mon père n’a jamais été sa volonté, et pourtant ça fait maintenant plus de 25 ans qu’elle y vit. C’est un objet pour lui, pour asseoir sa domination, pour qu’on lui fasse à manger, qu’on lui prépare son café et qu’on lui lave ses habits. S’il était seul, il ne saurait pas du tout gérer sa vie. Je hais ce qu’il a fait de ma mère, à la dénigrer elle aussi, à lui hurler dessus, à faire sa victime devant elle dès qu’il en a l’occasion et à l’isoler complètement, comme un gourou le ferait. Au fond, j’entrevois ma mère, même derrière une masse opaque de brouillard qu’est l’emprise qu’à mon père sur elle, et c’est un être merveilleux, très passionné par diverses choses, mais emprisonné dans une relation. Elle n’a pas mérité cette vie là. Personne ne mérite ce traitement.

Aujourd’hui j’hésite entre couper définitivement les ponts avec eux, et prendre des nouvelles de ma mère car ce qu’elle traverse n’est pas facile. J’essaie un maximum que le comportement de mon père ne m’affecte pas et je mets beaucoup de limites.

Si un jour elle décide de réagir, je serai là pour elle, même à distance, toujours. Je sais que pendant toutes ces années elle n’a pas agi car elle était sous emprise. Même si je lui en veux, car elle a pu être très dure, ayant vécu moi aussi avec des pervers narcissiques comme copains, je sais ce que ça fait et l’impuissance ainsi que l’aveuglement face à cela. J’espère qu’elle s’en sortira, il n’est jamais trop tard pour décider de s’opposer à la souffrance qu’on nous fait subir. Néanmoins ce n’est pas à moi de gérer cela, ce n’est pas ma vie.

Je vous aime, j’espère vous êtes entourés de belles personnes.

Si ce n’est pas le cas, comme dirait Sophie Scholl :

“Stand up for what you believe in even if you are standing alone”

Love

OH MU 

J'suis désolée, j'suis désolée, j'suis désolée, j'suis tellement désolée d'être qui je suis. J'suis désolée d'pas réussir à vivre, et d'trouver un plaisir malsain à m'détruire.
T'es qu'une pute et une salope!“
"Les femmes sont toutes des putes et des salopes
—  Les insultes de mon ex mari, en hurlant, alors qu'il me téléphonait de chez ses parents où il était parti sans moi et les enfants, car je lui avais demandé le programme du weekend. Chaque fois que nous partions en vacances chez ses parents, il fallait faire les corvées que son père ne faisait pas pour sa mère. Il en est venu à me frapper et a failli me détruire. Après notre divorce, il s'est installé définitivement dans la maison de sa mère ou vit aussi son père (en province) en laissant ses enfants en région parisienne. Il a près de 50 ans… Sa famille ne m'a jamais apporté aucun soutien face à ses violences. Au contraire sa mère souhaitait qu'il vienne vivre avec elle. Il entretient également une relation malsaine avec sa sœur à qui il permettait de commander chez nous et de m'humilier.

Et je me mutile,
encore et encore,
j'ai les bras en sang ;
et je me mutile,
encore et encore,
pour me punir de manger,
et de vivre dans ce corps-là,
pour me punir d'être celle que je suis,
pour me procurer un plaisir (malsain),
parce que tu es partie,
et que je me sens terriblement seule,
pour oublier tous mes maux qui me rongent de l'intérieur,
pour apaiser cette souffrance qui me bouffe le cœur, le corps, et l'âme.

  • moi : je déteste le culte de la personnalité en politique, c'est dangereux, malsain, ça place l'homme avant ses idées, ça parasite le débat
  • aussi moi : *appelle MV "bébé" et "amour de ma vie", pourrait très bien avoir un poster de lui dans sa chambre, s'attache à des détails insignifiants sur sa personne, le trouve adorable*
Ouais en fait tu t'es juste servi de moi pour tes petites expérimentations sexuelles…“
"C'est un gars en or, tu sais pas ce que tu perds.  Et encore tu as eu bien de la chance qu'on te le présente puisque de toutes façons personne d'autre n'aurait voulu de toi!
— 

La première phrase est l'une des dernières paroles de mon premier petit ami lors d'une “médiation” organisée par ma “meilleure” amie quand je lui ai dit que je le quittais. Ce qu'il faut savoir c'est que je ne sentais pas à  l'aise avec ce type avec qui je n'avais rien en commun et avec qui j'avais perdu ma virginité parce que je m’étais sentie obligée de faire ça avec lui, en raison de la pression que me faisait subir notre “groupe d'amis communs”. Et parce que je croyais que c'était préoccupant de ne pas avoir de relation à 19 ans. 15 jours avant la rupture, ma “meilleure” amie me trouvant pas très bien m'avait invitée dans son studio. Ce que je ne savais pas c'est qu'elle avait aussi invité son copain à elle et le mien. Il a profité d'une de leur absence et a prétexté une “réconciliation sur l'oreiller" pour me forcer à coucher avec. J'ai du attendre le retour de mon “amie” le soir même pour pouvoir rentrer chez moi à une centaine de Km.

Je n'ai rien dit à mes parents. Ils ne savent pas.

Quand j'ai annoncé à ces gens là que je voulais le quitter, ils ont pris son parti et ont cautionné son acte. Ils m'ont “interdit” de le faire. Quand ils ont compris que je n'irais pas dans leur sens, ils m'ont dit la deuxième phrase que j'ai citée. Ils sont quand même venus avec mon ex chez moi, un jour où ils ont su que mes parents étaient absents, pour que je rende des comptes.
Et quand je lui ai donné mes raisons, c'est à dire le comportement qu'il avait eu avec moi, que je trouvais inadmissible, il m'a jeté cette phrase en pleine tête, avant de partir en claquant la porte et en pleurant.
J'ai quand même expliqué a mon “amie” qu'il m'avait violée. Parce que oui c'était bien un viol. Tour ce qu'elle a trouvé à me répondre, c'est qu'à la base c'était elle qui devait sortir avec lui, mais comme elle trouvait que son physique était trop répugnant pour elle, elle avait décidé de nous mettre ensemble pour qu'il lui lâche la grappe…

J'ai coupé les ponts avec ces gens malsains. Il m'a fallu plusieurs années pour oublier la souffrance physique et morale que j'ai ressenti  et pour faire à nouveau confiance à un autre homme.

Aujourd'hui, c'est vraiment le gros bad.
J'ai dormi 2-3h à cause de la chaleur, du fait que je suis dans un appart inconnu, que je dors avec ma pote… déjà, la journée commençait sympathiquement. Ensuite on est parties à l'école où se déroulent les oraux, on a parlé avec les jeunes surveillants ils étaient grave cools, puis on a observé deux oraux et j'ai trouvé les jurys gentils donc ça m'a un peu rendu contente. On a croisé une fille de ma classe qui a tout fini donc elle est en vacances et deux potes qui venaient passer leur premier oral (#CoucouLeMecDeMaClasseHabilléSwaguement). C'était trop bizarre, j'avais l'impression d'être revenue à Montpellier. Puis en même temps, y'a tous ces gens qui passent AUSSI leur CAPES de SES alors que nous on a passé une année à avoir l'impression d'être les 15 marginaux d'éco. Et ils ont l'air gentils et motivés, mais c'est nos concurrents. Ça nous fait devenir des petits êtres malsains qui se réjouissent lorsque quelqu'un se foire, parce que ça fait une place de plus.
Si il y a bien quelque chose que j'aurais appris cette année, c'est que ma passion pour ce boulot a réussi à faire de moi, juste un petit peu, un requin. Et même si c'est plaisant de me rendre compte que je suis capable de me dépasser, je déteste ça. Je n'aime pas fonder ma réussite sur la défaite des autres. Ça me rend très mal à l'aise. J'essaye de ne pas y penser car ça me démotive complètement.
Demain c'est le jour J. Je dois rester déterminée et tepu encore deux jours, et ce week end je redeviens un bisounours qui va à Disneyland après ses oraux de prof.

Se prendre trop la tête, à se méfier de l'autre, à toujours interpréter les moindres faits et gestes, à y trouver des significations malsaines, des mensonges, des trahisons, à ne plus voir un sourire sinon une armée de dents aiguisés. Le manque de confiance en soi bouffe de l'intérieur et nous fait repousser l'autre. Nous n'avons pas confiance en l'autre, parce qu'avant tout nous n'avons pas confiance en nous et à la possibilité d'être aimé.

anonymous asked:

JE CROIS QUE LE POINT SHIP lepoint(.)fr/politique/valls-macron-une-lutte-a-mort-10-05-2017-2126328_20(.)php

Le lien !

Je pleure. C’est trop pour ma petite âme sensible :

“Août 2014, l’idylle : (…) Le brun ombrageux, raide et tranchant, et le châtain solaire, accommodant et diplomate. (…) L'ironie de l'histoire veut que ce soit Valls qui ait propulsé Macron. Il le trouvait brillant, sympa ; il voulait dynamiser son gouvernement, la photo était belle.”

Une tragédie shakespearienne, je vous dis :

“ Nul ne se doutait à ce moment-là que Macron prendrait si vite autant de place. Une hypertrophie médiatique inacceptable pour Valls. Il fallait le voir maugréer, le 29 août 2015, dans une des froides salles à manger de l'hôtel Mercure de La Rochelle. « Il aurait dû venir ! Il est brillant, il aurait dû débattre avec les militants. Moi, c'est ce que j'ai toujours fait », s'énervait le Premier ministre.”

La rupture du 49-3 :

“L'exécutif passe en force. « Macron n'a rien dit, personne n'a rien dit. Mais personne n'était dupe de rien, se souvient Richard Ferrand, devenu secrétaire général d'En marche !. Il était comme un marathonien à qui on fait un croche-patte à 10 mètres de l'arrivée. » Des mois de travail, 400 heures de débats à l'Assemblée, 9 000 amendements étudiés, 2 000 amendements adoptés… balayés d'un trait de plume sur un parapheur.”

(Un coup je suis aww, pauvre Valli, le paragraphe d’après je suis aww, pauvre Loulou. Pauvres idiots.)

L’installation du D/s :

“Des jeux de pouvoir malsains se mettent en place. C'est ainsi que Matignon se met systématiquement à arbitrer en faveur des propositions d'Axelle Lemaire, la secrétaire d'État au Numérique, placée sous la tutelle de Macron. Pourquoi ? Uniquement parce que Macron ne la supporte pas, au point qu'il a demandé sa tête au président. Tout ce qui peut contrarier Macron est bon… pour Valls. Les petites humiliations invisibles se multiplient comme autant de piqûres de guêpe sur l'épiderme de Macron.”

Qui atteint son paroxysme lors du fameux clash à l’AN :

“« C'est Juppé que je visais », tente de se défendre Macron. « Mais alors, dis-le, dis-le ! » hurle Valls, qui reproche à son ministre de dévaloriser l'image de l'ensemble de la classe politique en mettant tout le monde dans le même sac. « C'est inacceptable. Pourquoi tu dis ça ? » lance le chef du gouvernement. Macron baisse les yeux. Ce jour-là.”

Bref, je me demande pourquoi on écrit des fics quand la réalité dépasse toujours la fiction.

les mains doublées.

On ne cesse jamais vraiment de serrer les poings, il y a juste un grand moment de calme, une espèce de sérénité malsaine qui te prend tout à coup le cou, et la paix s'infiltre en toi comme un viol.

On y croit, à tout ça, que le monde est droit et qu'on marche tous droit, mais bordel, y en aura toujours un pour foutre son pied en dehors. Alors c'est là que la paix dégage, et qu'les pensées t'assaillent en te tordant le ventre.

On ne cesse jamais d'être celui qu'on est, même quand on l'enterre avec des mensonges et des illusions, il resurgira au plus profond de toi, t'foutant une main sur la bouche et l'autre sur les yeux.

Et on les refera, les mêmes gestes et les mêmes erreurs, sans arrêt en boucle.

Comme un condamné il faudra suivre ton monstre, le tien, qui commande au fond de tes veines.  La paix se barre toujours, elle te laisse visage contre visage avec toi-même perdu au milieu de tes deux personnes intérieures, et dans ce cas, il y en aura toujours une en colère.

On ne cesse jamais vraiment de serrer les poings et d'les foutre en sang pour ne blesser personne.

On s'écorche pour ne pas subir, on s'tue pour ne pas infliger.

Il y en aura toujours des traces de morsures, de brûlures et désinvoltures sur un corps en désaccord. Il y en aura toujours des guerres à mener des champs de bataille déglingués sur une peau en morceaux.

Parce que c'est de la rage qui pourrit les os, c'est de la haine acide qui coule dans les artères. On finira toujours pas crever pour épargner au Monde nos corps bien trop crevés et nos âmes lacérées.

anonymous asked:

Lu dans je ne sais plus quelle chronique, une critique de la Vème République et de la monarchie présidentielle : "qui nous a donné un Chirac ou un Hollande comme Président, alors qu'elle a injustement écarté un Rocard ou un Séguin".

J’ajouterais bien “ou un Valls” mais je vais me taire.

“un homme naturellement ne peut pas tomber enceinte”

“« Je veut être un homme quand ça arrange, et une femme quand ça arrange aussi… c'est comme au resto, c'est à la carte en fait ! A un moment donné il faut rester cohérent ! Soit il choisit d'être un homme avec les avantages et inconvénients, soit l'inverse. »
« Je ne comprends pas cette situation… une femme qui prend des hormones pour être homme mais qui au final fait la chose la plus féminine au monde… »
« Je trouve ça malsain… Je n'ai absolument rien contre les transgenres mais c'est contradictoire de vouloir devenir un homme et vouloir porter la vie en sachant qu'un homme naturellement ne peut pas tomber enceinte. »
- Des commentaires à propos d’un homme trans enceint.”

J’ai regardé l’élection de Miss France 2017...

Bon, je sais les gens, là j'ai abusé. Là, ça fait beaucoup trop longtemps que je n’ai rien écrit. J'ai honte. Pour ma défense, j'ai eu tout un tas de trucs à gérer, le manque de temps et le boulot étant probablement le seul facteur dont j'ai envie de vous parler.

Mais j'ai décidé de reprendre. Et quoi de mieux pour le faire, que l'émission télé de l'année, celle qui incarne à elle toute seule, l'uniformisation de l'image de la femme dans la société, les clichés sur sa soi-disant bienséance morale, le fait de se servir du corps de la femme pour générer du blé tout en faisant passer celle-ci pour une ravissante idiote, je veux bien entendu parler de l'élection de Miss France 2017 que j'ai eu l'infini plaisir teinté d'exaspération de regarder pour vous.

Vous sentez déjà le malaise. Honnêtement je ne sais pas à quel moment j'ai eu le plus de peine pour elles. Quand je les ai vues dans ces déguisement grotesques multicolores qui déclencheraient une colique néphrétique à Cristina Cordula ou encore quand je les ai vues se trémousser sur Papa Pingouin dans des costumes fort heureusement un tantinet moins moches.


Autant vous l'avouer tout de suite, des élections de Miss France j'en avais vu beaucoup à une époque. Car moi aussi comme beaucoup de candidates l'ont dit je regardais Miss France étant petite fille en rêvant d'y participer un jour. Puis, le féminisme est passé par là. Autant vous dire, que c'est la première élection que je regarde depuis un certain temps et je suis très fière de vous dire que maintenant au lieu de noter les miss sur 20 (oui j'ai vraiment fait ça à une époque et oui j'ai expié mes fautes depuis donc chut) j'ai passé l'élection entière à me dire « non mais sérieusement….».

Rien a vraiment changé, ceci dit. L'émission commence avec le portrait des 30 candidates, où chacune d'entre elles se présente, dit ce qu'elle fait dans la vie, nous raconte le moment so fabulous qu'a été son élection à la couronne régionale, nous impressionne avec l'immense responsabilité d'être Miss France (je vous assure qu'on a déjà vu un chirurgien faire un pontage coronarien et se la ramener moins que ça) et nous dit qu'elle aimerait se battre contre le cancer, la sclérose en plaques, pour les enfants malades et tout un cas d'autres causes dont TF1 n'a rien à cirer mais bon il faut bien faire genre que cette vaste blague ne sert pas qu'à montrer des femmes légèrement vêtues à une heure de grande écoute. Le tout en faisant des poses « naturelles » dans les décors de leur région et de la Réunion où les miss sont parties en voyage.

Cette année, ils ont quand même fait très fort en ouvrant chaque portrait avec un plan où la miss virevolte avec un air candide toute de blanc vêtue sur une balancoire de synthèse à fleurs. Le summum de la niaiserie.


Elles ont globalement rien dit de très intéressant, à noter quand même quelques perles :

Miss Franche-Comté à réussi à dire que Miss France devait être le reflet  d'une génération de femmes accomplies et qu'elle espérait réduire les inégalités hommes/femmes.

Très clairement c'est raté. Il n'y a rien d'accompli dans l'image de 30 nanas ne représentant qu'un seul type de physique qui se baladent en troupeau habillées pareil, et à qui on a retiré tout ce qui les rend uniques.

Miss Auvergne nous a expliqué quant à elle qu'au lieu de fondre en larmes, elle a été prise d'un fou rire le soir de son élection.

J'imagine que c'est ce qu'on appelle un éclair de lucidité, n'est-ce-pas ? Il faudrait quand même rappeler que l'individu homo sapiens de sexe féminin n'a pas que l'option « fondre en larmes » dans son catalogue quand on lui apprend quelque chose qui lui fait plaisir. Ça me semble important.

Miss Poitou-Charentes pense que l'influence de Miss France est énorme, elle a la possibilité de faire changer plein de choses.

C'est le moment de la soirée où le conseil d'administration de TF1, à grande majorité masculin rigole doucement pour des raisons que j'ai déjà évoquées ci-dessus.

Miss Rhône-Alpes voudrait que son élection puisse amorcer un changement dans les clichés sur l'image de la femme que la société continue à perpétuer.

C'est tellement ironique que je sais même plus quoi dire . Je pense quant à moi m'engager dans la manif pour tous parce que les droits de la communauté LGBT comptent beaucoup pour moi.

Mais celle qui a probablement le plus pété un câble, c'est la présidente du jury Arielle Dombasle. Le côté positif, c'est qu'elle avait l'air ravie d'être là. Le côté un peu moins bien, c'est qu'on se demande ce qu'elle a pris avant de venir. Et quand Jean-Pierre Foucault lui pose la question qui demeure un mystère pour moi à savoir « que faut-il attendre d'une Miss France ? » sa réponse reflète parfaitement l'absurdité de toute cette élection.

« Il faut tout attendre d'une Miss France [rien que ça], c'est à dire que la beauté c'est tout un réseau complexe de choses et c'est la beauté de l'âme, la beauté du corps, la gaiété, l'élégance, la voix et c'est représenter quelque chose qui reste finalement un mystère. La beauté c'est un mystère.Et là on est en face de toute une..une..enfin on a le vertige tellement les unes sont plus belles que les autres et il va falloir choisir. »

Voilà et on a même voulu attendre de Miss France à un moment donné qu'elle arrête de faire caca, parce que le caca rentre pas franchement dans le réseau complexe de la beauté, mais fort heureusement ils ont arrêté la fumette à temps.

L'élection s'est poursuivie avec le traditionnel défilé en costumes régionaux puis le traditionnel défilé en maillot de bain, qui bien sûr ne peut se concevoir sans l'annonce préalable de Jean-Pierre Foucault.

« Elles tombent les capes, et se dévoilent en maillot de bain pour notre plus grand plaisir » avec le petit sourire de gros lourd qui va bien.



Voilà, ça c'est fait. Le moment est à présent venu de connaître les 12 candidates retenues pour la suite du concours. Vous savez le moment, où JPF, Sylvie Tellier et la Miss France de l'année précédente appellent les 12 nanas qui se ramènent devant la scène avec un sourire figé parce qu'apparemment elles ont à peine le droit de montrer qu'elles sont contentes.



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