malsains

BEING MEAN in French

balancer une vanne - to have a dig/level a cutting remark

bousculer - to push s.o around (figuratively not physically)

brimer qqn - to torment/bully s.o

brutaliser qqn - to bully s.o (physically)

embêter - to pick on s.o (children)

s’en prendre à - to bully s.o (physically)/to pick on s.o

engueuler qqn - to give s.o shit

une entourloupette - a trick/ruse (un mauvais tour joué à qqn)

un esprit malsain - a twisted person/depraved individual/sick individual/have a sick or depraved mind

être malfaisant - to be wicked

être méchant - to be mean

être un sale type - to be a bad egg

être un sujet de plaisanterie - to be the subject/butt of jokes

harceler - to harass/bully s.o

intimider - to intimidate/bully s.o

malmener/maltraiter qqn - to bully/order s.o around

une mauvaise plaisanterie - a sick joke

mesquin - mean-spirited

se moquer de qqn - to make fun of s.o/laugh at someone’s expense/laugh at

une plaisanterie d’un goût douteux - a tasteless joke

pourri jusqu’à l’os/la moelle - rotten to the core (person)

railler - to mock/to jibe

une raillerie - a jibe

un sale tour - a dirty trick

tyranniser - to bully s.o (faire peur à qqn)

les émotions

- tired : fatigué-e / exhausted : épuisé-e / sick : malade

- bored : ennuyé-e / boring : ennuyeux/ennuyeuse / annoyed : saoulé-e (familiar)

- healthy : sain-e, en bonne santé / unhealthy : en mauvaise santé

- hungry : affamé-e / thirsty : assoiffé-e / full, stuffed : repu-e, rassasié-e

- happy : heureux/heureuse / cheerful : joyeux/joyeuse, gai-e

- lazy : paresseux/paresseuse / sad : triste

- angry : en colère / pissed : fâché-e / disappointed : déçu-e

- surprised : surpris-e / confused : confus-e

- sleepy : somnolent-e / jealous : jaloux/jalouse

- weird : bizarre, étrange / creepy : malsain-e

- curious : curieux/curieuse / intrigued : intrigué-e

MA VIE AVEC UN PÈRE PERVERS NARCISSIQUE

TW: maltraitance

Les gens ne comprennent pas.

Ils ne comprennent pas quand je leur dis qu’il est vital pour moi de couper les ponts avec ma famille ; encore moins quand je leur explique que je ne veux plus voir mon père.

Je le vois dans leurs yeux, dans leur façon gênée d’essayer de trouver des solutions à quelque chose qui n’en demande pas. Au fond ils me jugent, comparent ma situation avec la leur et attendent simplement de moi plus de « lâcher prise » et de « tolérance ». On me dit « tu sais des fois il faut pardonner, tous les parents font des erreurs » ou « Mais c’est ton père, quand même ! » ou encore « Oui mais tu sais la famille, c’est jamais facile, c’est pour tout le monde pareil !». Qu’est-ce que vous essayez de me dire au fond ? Que ce n’est pas « juste » de ne pas ressentir un lien avec sa famille? Est-ce qu’on doit tout pardonner à ses parents ? Même la pire des choses ? Et si c’était effectivement pareil pour chaque personne (soit-disant), qu’est-ce qui m’empêcherait de remettre en question cette norme de la famille sacrée, qu’il faut chérir à tout prix, envers et contre tout ?

Je viens d’une ville de 17’000 habitants en Suisse. Autant vous dire que là-bas les nouvelles vont vite. Tout le monde se connaît de près ou de loin, et les apparences, les masques sont omniprésents pour survivre dans ce microcosme où chacun surveille son voisin.

Ma famille composée de ma mère, mon père et moi paraissait idyllique. Des parents « très gentils », aimants, et toujours à l’écoute pour leur fille réussissant chaque chose qu’elle entreprenait, à l’école ou au conservatoire.

Mais voilà, sous ce masque d’union qui n’a finalement jamais existé, se cache le vrai visage de ma petite « famille » : violences physiques et psychologiques, chantages, dénigrement constant, menaces, mensonges et culpabilisation, mon père n’a jamais cessé d’être pour ma mère et moi une source de grande souffrance. Ma mère elle, suivait mon père dans chacune des choses qu’il décidait de faire, sans jamais le remettre en question. Il mettait tout en oeuvre pour paraître le papa le plus fort, le plus gentil, le plus compréhensif, le plus génial possible devant notre entourage et mes amis. J’étais isolé•e. Personne n’aurait jamais pu me croire dans ces circonstances.

Pour lui, c’était normal de taper son enfant.

Mes plus lointains souvenirs de violences physiques remontent à la période où la mémoire commence à être vive, vers 3-4 ans. Je me rends compte, après des années où je me suis voilé la face, de mon lourd passé d’enfant battu•e et aujourd’hui, pour la première fois, j’ose le regarder en face, et l’appeler comme tel, même si ça fait extrêmement mal.

Car quand on parle d’«enfant battu », on a l’image collective très clichée du bourreau rentrant du travail qui va chercher sa ceinture pour se défouler sur sa famille.

Mais pour personne mon père n’avait l’air d’un bourreau. Même pour moi. Oui, il était imposant, musclé, quelqu’un qu’on a pas envie d’embêter, mais au contraire il paraissait toujours comme le plus doux des agneaux aux yeux des autres. Des fois, ça lui arrivait de s’énerver en public, mais tout le monde en rigolait, en éludant le problème, en l’excusant qu’il était juste « un peu colérique », comme finalement « un bon père de famille »…

J’étais un enfant très anxieux, stressé, les médecins ou physiothérapeutes le disaient mais n’avaient jamais essayé d’approfondir la question ; et mon père et ma mère non plus. D’ailleurs j’ai commencé à avoir des crises d’angoisses très tôt à cause de cette maltraitance. Mes parents ne le comprenaient pas et n’ont jamais essayé de comprendre. Ils disaient toujours que j’étais une enfant « capricieuse et qui pleurait beaucoup sans raisons » alors à chaque fois ils m’enfermaient à clé dans ma chambre en se moquant de moi et de mes sanglots qui étaient selon eux trop « enfantins » pour mon âge, à dire « tu n’es plus un bébé, tu es ridicule de te donner en spectacle comme ça» (7/10 ans). Ils me laissaient sortir seulement quand j’avais fini de pleurer, après avoir dû gérer ma crise d’angoisse seul•e pendant de longues minutes voire des heures, couché•e sur le sol de ma chambre, ce qui a engendré de très gros traumatismes en moi à partir de là. Dans un album de famille dédié à mon enfance, il y a une photo que je déteste profondément et qui réveille en moi beaucoup de colère. C’est une photo quand j’avais environ 2 ans, où l’on voit que je crie très fort et que je suis complètement paniqué•e, et mes parents, au lieu de gérer la situation et de faire quelque chose, m’ont calé•e entre deux coussins du canapé pour me prendre en photo, pour pouvoir me montrer plus tard cette photo en disant « tu vois tu étais très peu supportable ».

Personne ne voyait ce que je vivais, et mes parents s’alliaient constamment contre moi, comme si j’étais leur ennemi•e, alors j’étais seul•e face à mon mal-être et je me disais que c’était moi le problème.

Il avait toujours une bonne excuse pour me frapper, soit je n’écrivais pas comme lui voulait que j’écrive les lettres attachées quand j’apprenais à écrire à l’école primaire, soit parce que j’étais sur son ordinateur et qu’il voulait chercher quelque chose sur internet, ou alors je ne fermais pas les stores comme lui voulait qu’on les ferme, ou parce que je ne parlais pas beaucoup selon lui, parce que je n’étais pas assez si ou ça, parce que je ne faisais pas assez si ou ça etc. Ce n’était jamais assez bien pour lui, alors il me hurlait dessus, et si ça ne suffisait pas il me frappait. J’avais peur car il pouvait changer d’humeur drastiquement, une toute petite frustration pouvait réveiller le monstre en lui et j’étais terrifié•e.

Face à cette violence, j’étais seul•e, sans défense, aucune. J’étais enfant unique, et ma mère, sous son emprise, protégeait mon père quoi qu’il fasse. J’ai alors commencé à avoir une période dans mon enfance, qui n’a heureusement pas duré très longtemps mais dans laquelle j’ai commencé à me comporter comme lui par mimétisme, parce que je ne comprenais pas toujours que son comportement était malsain, je pensais que c’était normal que je souffre et qu’on me fasse souffrir et qu’il y avait ça dans chaque famille. Quelques fois j’ai tapé mon petit cousin pour rien, ou même à l’école primaire j’avais donné un coup à une fille qui était censé être mon amie sans aucune raison apparente. Les professeurs ne comprenaient pas car j’avais de très bonnes notes à côté, et donc mon comportement leur échappait. Je ne rentrais pas dans une catégorie d’enfant typique. Personne n’a jamais eu conscience ni échos de ce qu’il se passait à la maison. Il y aussi eu une longue période où je parlais mal à ma mère et j’étais méchant•e avec elle car mon père me manipulait à le faire et vice versa (ma mère à moi) parce que mon père nous divisait pour mieux régner. D’ailleurs vers mes 8 ans une fois j’ai griffé ma mère, car je ne supportais pas qu’elle prenne le parti de mon père constamment, et il avait utilisé cela pour me culpabiliser et me montrer à quel point j’étais un•e enfant difficile et que je ne méritais pas leur amour.

Un jour quand j’avais 10 ans, il m’a humilié dans un restaurant bondé en me hurlant dessus et me giflant violemment à table. Tout le monde s’est retourné. Un long silence insupportable. Puis tout le monde a continué son repas. Personne n’a rien fait, rien dit, ni ma mère, ni les serveurs, ni le 3 familles assises à côté de nous. La seule conséquence a été qu’en sortant du restaurant un mec vienne vers moi et me dise « alors on a fait la mauvaise fille? ». Je me rappellerai toujours de son visage, la trentaine avec des lunettes de gars bien con et oppressant, tout autant pervers que celui de mon père. Tout le monde acquiesçait en silence la violence de mon père, même en public, alors je pensais que c’était ma faute et que je le méritais.

Combien de fois j’ai eu peur qu’il me tue.

Combien de fois il m’a dit « Je vais te tuer, je vais te tuer sale pétasse » en me courant après dans l’appartement avec son regard le plus flippant du monde, près à me sauter dessus pour me frapper ou me tenant par la gorge. Il n’y allait pas de main morte, des coups dans le ventre, des coups dans la tête, sur le visage, à me tirer les cheveux, à me coller contre un mur et à me taper où il pouvait.

Ses excuses étaient « qu’il n’y allait pas vraiment fort », qu’il « dosait sa force » parce que quand même « j’étais sa fille » donc que finalement je devais le remercier presque de ne jamais y mettre complètement sa force.

Moi ce que j’entendais c’était « j’y vais doucement car sinon tu auras des bleus sur ta peau et les gens se demanderont pourquoi, commenceront à s’inquiéter et à me soupçonner. »

Et puis j’ai grandi. Dans sa logique toxique de « c’est normal de taper ses enfants » je me disais que vu que je n’étais plus vraiment un•e enfant il arrêterait… Mais non, il a continué, et c’était encore pire. Même si la violence devenait plus rare car on se voyait moins souvent et que je commençais à me défendre verbalement et à laisser passer de moins en moins de choses, lorsque finalement il me frappait, c’était beaucoup plus fort qu’avant, car justement, je n’étais plus un•e enfant, donc moins « fragile » selon lui, ainsi il pouvait se défouler et se décharger sur moi sans prendre de pincettes (mais toujours en faisant en sorte que ça ne se voit presque pas bien sûr).

Quand ce n’était pas les coups, alors c’était par les mots qu’il exprimait sa haine envers moi.

Il y avait toujours une bonne raison de m’humilier, de casser ma joie lorsque j’étais heureuse, de minimiser mes peines quand j’étais triste, de me mettre mal à l’aise par rapport à mon corps, de détruire mes projets, ou même d’utiliser mes souffrances pour m’enfoncer encore plus bas.

Par exemple, il ne supportait pas que je puisse fermer la porte de ma chambre ou rester seule plus de quelques heures dans ma chambre, il venait sans cesse s’immiscer dans mon intimité en me culpabilisant et faisait de ma vie un enfer. Vers 14 ans, il m’a fait le cadeau empoisonné de me donner une chambre à moi beaucoup plus grande que l’ancienne, pour ensuite me le faire culpabiliser chaque seconde de ma vie, en disant que je ne le respectais pas, que j’étais une enfant pourrie gâtée. Il rentrait dans ma chambre sans toquer alors que je me changeais ou méditais pour me gueuler dessus, ou m’enfermait à clé des fois dans ma chambre ou alors m’enfermait à clé à l’extérieur de ma chambre, détruisait même de rage certains de mes objets. D’ailleurs, il fallait passer dans son bureau pour pouvoir accéder à ma chambre, ce qui lui permettait toujours d’avoir un grand contrôle sur moi, en voyant quand est-ce que je sortais ou rentrais de ma chambre, et de me faire des remarques dès que possible. On partageait plusieurs sessions sur un même ordinateur, il était administrateur et du coup je l’ai surpris en train de regarder tous mes fichiers/photos/mails, sans jamais s’excuser ni trouver cela inacceptable. Au contraire, il m’a juste regardé•e en rigolant. Lorsque j’étais au cycle (collège en suisse) et très mal intégré•e, il faisait des remarques moqueuses sur mon corps et de mes seins qui ne poussaient pas, me comparaient avec mes amies plus « gentilles » ou « moins difficiles », il me tirait les épaules violemment en arrière chaque fois qu’il en avait l’occasion pour que je me tienne « droite » parce que j’étais une fille alors je devais être jolie et que ce n’était pas comme ça que j’allais plaire aux garçons. Je me rappelle de moments au collège où mon père savait très bien que j’étais très isolée et harcelée mais pour m’enfoncer encore plus me disait sans cesse « ha mais je suis sûre tu plais aux garçons au fond» et il y avait quelque chose de très malsain là-dedans, pas comme s’il voulait que je plaise, mais que ça lui fasse peur que petit à petit je grandisse (sans oublier toute l’hétéronormativité derrière). Puis au lycée, il n’a d’abord pas supporté que je puisse avoir un copain, en rentrant dans des colères folles et complètement disproportionnées car il sentait qu’il perdait petit à petit du pouvoir sur moi. Il n’a pas accepté non plus que je puisse commencer à avoir quelques amis vers 17/18 ans avec qui je sortais le week end et me harcelait constamment au téléphone. J’ai fini par éteindre mon portable en soirée quelques fois, car c’était trop, c’était m’appeler chaque seconde, pour ensuite retrouver une 10aine de messages de menace sur ma messagerie tous plus flippants les uns que les autres. C’était beaucoup de disputes, car ça n’a jamais été possible de pouvoir avoir une discussion avec lui, beaucoup d’engueulades qui finissait généralement par des coups dans la tête d’ailleurs.

J’étais une fille assez modèle, je n’allais jamais dans l’excès, je faisais toujours attention et je respectais les horaires. Ramener des bonnes notes à l’école étaient assez facile pour moi, je comprenais vite et j’étais plutôt assidue dans mon travail. En dehors, je gérais 4 à 5 activités extra-scolaires, piano au conservatoire, solfège, danse, théâtre, etc. et je réussissais tout. Mais j’étais très déprimée, très stressée. Je voulais tout accomplir avec brio ce qui m’amenait dans un perfectionnisme maladif pour gagner absolument l’amour de mes parents, néanmoins je me voilais la face : mon père ne m’aimait pas et ma mère ne pouvait le montrer car constamment sous son emprise psychologique. Ce n’était pas de l’amour inconditionnel qu’ils avaient pour moi mais bien une illusion de soutien que je devais en vain acheter sans cesse par mes réussites.

Un jour j’ai eu mon bac, j’ai voulu partir de la maison, et c’est là que le véritable enfer a commencé.

Il a arraché mes papiers d’échanges linguistiques des mains et les a déchirés en mille morceaux. J’ai dû tout refaire. Il voulait décider à ma place ce qui était bon pour moi, il a refusé que je parte en année sabbatique car je sentais qu’il fallait que je souffle après 5 ans dans un lycée stressant et catholique. Il lui était insupportable que je puisse partir de la maison et qu’il n’aurait plus trop d’emprise sur son jouet. Quand j’ai parlé de trouver une colocation près de mon école supérieure, il voulait même que je fasse 4 heures de trajet aller-retour par jour à la place pour quand même rentrer le soir à la maison, en m’imposant un abonnement général de train 1ère classe qu’il avait payé avec son argent, qui coûtait 4250 francs suisses par année soit environ 4000 euros par an, une manière de me faire culpabiliser de tout l’argent gaspillé si je ne l’utilisais pas. Nous n’étions pas riches mais l’argent n’était pas un problème - car mes parents se tuaient au travail sans jamais s’arrêter et que nous avions beaucoup d’aide des grands parents (et que nous habitions en Suisse) - alors il en profitait pour me faire des cadeaux empoisonnés dans le genre et ensuite me culpabiliser de les avoir fait en disant « à quel point j’avais de la channnnnce d’avoir un père pareil, et à quel point je n’étais jamais redevable et donc une mauvaise fille pour son père ». Dans sa tête, tout l’argent venait de lui, à faire des blagues aux autres en disant « elles font ci elles font ça et moi bien sûr je paie!! » comme si ma mère et moi étions de grandes dépensières, ou qui le foutions dans la merde, alors que ma mère travaillait beaucoup elle aussi dans son travail de comptable mais aussi à la maison où elle faisait toutes les tâches ménagères pour lesquelles lui n’a jamais levé le petit doigt. Aussi, il m’imposait son aide lorsque j’en avais pas besoin, son aide qui n’était en fait qu’une volonté de contrôle sur ma vie, pour ensuite me faire culpabiliser de m’avoir aidée.

Il voulait pour son petit mérite personnel que je m’inscrive directement dans une école d’arts que j’ai quitté après 3 mois dans l’établissement, qui m’a finalement plus détruite qu’autre chose. Lorsque j’ai arrêté ces études, il ne m’a plus parlé pendant des semaines jusqu’à me dire « de toute façon je ne vois pas ce que tu as été faire là-bas, tu ne fais rien d’artistique. » (Mon présent est une bonne revanche à cette remarque déplacée)

Ma mère lui excusait tout. Elle prenait toujours son parti, quoi qu’il arrive.

Je ne me rappelle pas d’une fois où elle m’ait protégée. Un jour, je devais avoir 18/19 ans, j’étais dans la cuisine, un couteau à la main, menaçant mon père de l’utiliser s’il osait encore s’approcher de moi, car il m’avait couru après dans l’appartement en criant qu’il allait me détruire avec son regard flippant rempli de rage, et que je ne voyais juste pas d’autres solutions. J’en AVAIS MARRE !! Marre de m’en prendre plein la gueule, marre d’être terrorisée !!! Ma mère hurlait à la mort et me disait « s’il te plaît pose ce couteau c’est dangereux, tu es folle!!! ». J’avais peur que tout dégénère dans quelque chose de très glauque. J’ai demandé alors à mon père de me promettre que si je le posais il n’allait pas me taper, j’ai du répéter ça 1000 fois avant qu’il décide enfin de baisser ses poings car ma mère nous suppliait trop, et je l’ai finalement posé, mais…le seul énorme danger qui prenait toute la pièce c’était mon père, pourtant ma mère ne le voyait pas, ou ne voulait pas se l’avouer. Même après des années et des années de violences physiques à mon égard dont elle a été témoin très souvent et même lorsque je lui ai expliqué que je lui en voulais de ne pas s’interposer, jamais, au grand jamais, elle n’a fait quelque chose pour m’aider et se soulever contre mon père et son comportement. C’était mes parents contre moi, h24, 7 jours sur 7. Elle était et est toujours complice malgré elle.

Je suis pacifique. Je prône la paix et je ne veux du mal à personne. Aujourd’hui je ne peux pas regarder un film, une série, lire un livre avec des choses violentes à l’intérieur. Quand on l’a vécu aussi froidement, on sait ce que ça fait et on ne veut plus jamais la voir, on ne veut plus jamais que quelqu’un la subisse, même dépeinte dans une fiction, ça fait trop mal, c’est trop choquant. Pourtant, dans les moments où mon père essaie encore aujourd’hui d’avoir une emprise sur moi, même à distance, je vous avoue, il y a quelques rares fois où je rêve de pouvoir lui éclater la gueule, et de lui rendre tous les coups qu’il m’a envoyés pendant tant d’années.

Je me rends compte que les conséquences sur mon développement, ma santé et mon comportement sont énormes.

J’ai vu Kathleen Hana, membre du groupe légendaire Bikini Kill, en concert cette année. Cela m’a fait un bien fou, car finalement, on partage un parcours de vie assez similaire. Elle a vécu l’inceste par son père toute son enfance et adolescence, sa mère niant absolument tout. Aujourd’hui elle continue à se battre, malgré une maladie qui s’est déclenchée en elle vers ses 30 ans - Je pense qu’il faut prendre au sérieux le lien entre traumatisme et maladie - Elle a dit quelque chose comme ça entre deux chansons que je n’oublierai sans doute jamais « Quand tu as vécu dans une famille toxique, qui nie ta propre existence d’individu, alors ce qui est difficile, c’est qu’ensuite tu ne vas plus savoir faire la part des choses entre le respect et le non-respect, tu vas continuer malgré toi à laisser entrer dans ta vie des gens malveillants. Il faut que tu aies conscience de ça pour les empêcher, pour mettre des barrières, pour te soulever contre la violence et te faire confiance, c’est super important, parce que fuck them all. »

Et elle a complètement raison. Pendant mon adolescence et même après je ne me suis entourée quasiment que de gens, surtout des gars, très toxiques à ma vie, dont des pervers narcissiques et manipulateurs. J’ai été malmenée, harcelée, dénigrée dans ma personne et par rapport à mon corps, je les laissais nier tout ce que j’étais sans broncher ou presque. Lorsque je suis partie de la Suisse à 20 ans, la violence physique et psychologique a continué quelques temps dans mes relations amoureuses et amicales. Aujourd’hui je me protège. J’ai coupé les ponts avec tous ces gens et des gens qui gravitent autour d’eux. Je n’ai pas de compte à régler, ni à me justifier. Je dois enfin commencer ma vie aujourd’hui, à 23 ans, c’est à dire vivre pour moi, et comme je suis. C’est déjà ce que je fais un peu.

Je souffre de stress post-traumatique qui influe sur ma santé mentale (anxiété, angoisse, phobie sociale) mais aussi physique (constipation, migraines, mal de dos, fatigabilité aiguë). Je suis autiste ce qui accentue ces traits mais je pense que mon passé influe sur beaucoup de paramètres de ma vie. Je ne fais pas facilement confiance aux gens et j’attends très longtemps avant de m’ouvrir. Je ne parle pas beaucoup et je hais qu’on vienne me parler si on ne me connaît pas. J’ai peur d’ouvrir mes messages sur les réseaux sociaux ou dans mes mails, ou de répondre au téléphone car j’ai inconsciemment peur que ce soit un message méchant pour me harceler. J’ai du mal à communiquer, j’ai peur de faire du mal aux gens. Mais pourtant je me bats et je continue ma vie. J’essaie de déconstruire un maximum le comportement intériorisé que parfois j’ai encore, pour me protéger, à savoir avoir peur des disputes, penser que les gens vont tous m’agresser, ou au contraire, faire trop confiance aux mauvaises personnes, des choses comme ça.

Tous ces gens qui essaient de me culpabiliser en disant qu’être en colère, c’est mal, que c’est un mauvais sentiment, que ça détruit mon propos, que ça soit dans mes luttes ou dans mes projets artistiques. Je m’en fous de votre avis. J’ai pas besoin que vous compreniez. Moi ce que je sais, c’est que ma colère a une place, elle est légitime, et qu’elle doit s’exprimer absolument. Être en colère, ça ne veut pas dire forcément être violente ou haineuse, ça peut être un moteur pour des choses extraordinaires, et dans le dépassement de soi. Gérer un stress post-traumatique dû à un ou des pervers narcissiques relève d’un courage immense, et j’en ai enfin conscience. Je suis une survivante et personne n’a le droit de m’imposer comment je suis censée exprimer cela. Chaque année énormément de femmes sont tuées par leur conjoint ou par un membre de la famille. Dans mon entourage, des gens ont été tués par cette violence. Chaque semaine, dans les journaux, on voit « machin a tué sa femme au couteau, ou au fusil (les suisses après leur service militaire peuvent garder quelques années leur fusil chez eux) » on parle de « crime passionnel » pour minimiser toute la violence derrière. On fait passer ça comme un fait divers, rien de plus, alors qu’il est le reflet d’une société qui hait profondément les femmes. 


Je n’ai presque aucune relation avec ma mère (et avec ma famille de manière générale), pas parce que je pense que c’est une mauvaise personne, malgré qu’elle ait été complice des violences de mon père, mais parce qu’elle s’est complètement effacée. Elle ne vit pas pour elle, mais pour mon père. Chacune de ses décisions, elle les a calquées sur celle de mon père. Retourner vivre dans la ville d’origine de mon père n’a jamais été sa volonté, et pourtant ça fait maintenant plus de 25 ans qu’elle y vit. C’est un objet pour lui, pour asseoir sa domination, pour qu’on lui fasse à manger, qu’on lui prépare son café et qu’on lui lave ses habits. S’il était seul, il ne saurait pas du tout gérer sa vie. Je hais ce qu’il a fait de ma mère, à la dénigrer elle aussi, à lui hurler dessus, à faire sa victime devant elle dès qu’il en a l’occasion et à l’isoler complètement, comme un gourou le ferait. Au fond, j’entrevois ma mère, même derrière une masse opaque de brouillard qu’est l’emprise qu’à mon père sur elle, et c’est un être merveilleux, très passionné par diverses choses, mais emprisonné dans une relation. Elle n’a pas mérité cette vie là. Personne ne mérite ce traitement.

Aujourd’hui j’hésite entre couper définitivement les ponts avec eux, et prendre des nouvelles de ma mère car ce qu’elle traverse n’est pas facile. J’essaie un maximum que le comportement de mon père ne m’affecte pas et je mets beaucoup de limites.

Si un jour elle décide de réagir, je serai là pour elle, même à distance, toujours. Je sais que pendant toutes ces années elle n’a pas agi car elle était sous emprise. Même si je lui en veux, car elle a pu être très dure, ayant vécu moi aussi avec des pervers narcissiques comme copains, je sais ce que ça fait et l’impuissance ainsi que l’aveuglement face à cela. J’espère qu’elle s’en sortira, il n’est jamais trop tard pour décider de s’opposer à la souffrance qu’on nous fait subir. Néanmoins ce n’est pas à moi de gérer cela, ce n’est pas ma vie.

Je vous aime, j’espère vous êtes entourés de belles personnes.

Si ce n’est pas le cas, comme dirait Sophie Scholl :

“Stand up for what you believe in even if you are standing alone”

Love

OH MU 

J'suis désolée, j'suis désolée, j'suis désolée, j'suis tellement désolée d'être qui je suis. J'suis désolée d'pas réussir à vivre, et d'trouver un plaisir malsain à m'détruire.
Je préfère être seule ou presque, ne “compter” sur personne plutôt que d'avoir pleins de gens autour de moi, qui finiront par me laisser tomber, ou qui me décevront. Il ne faut pas faire confiance en un claquement de doigts. Les gens sont malins, malsains, profiteurs, il faut rester méfiant, et faire confiance aux bonnes personnes. On peut se tromper, mais hélas c'est la vie.
—  aureliusz - la confiance.
La Suisse, Pays du Conformisme

(Trigger Warning : Suicide, Dépression)

à Chris.

* Vulnérabilité /on *

Quand je parle de la Suisse et de mon canton d’origine (le Valais), on dit sans cesse que j’exagère, que je me fais des films, que je me victimise pour faire mon intéressante. Souvent on parle à ma place, on ne veut pas entendre ce que j’ai à dire à ce sujet, car je suis soit-disant trop critique sur tout, que je vois le mal où il n’est pas, et que de toute façon, « il y a des cons partout ».

Pendant des années j’ai douté de moi-même, de dépression en dépression je me suis détestée de ressentir ces émotions qui se bousculaient dans ma tête. Je sentais fortement un malaise constant auquel je n’arrivais pas à trouver de raisons exactes, ou de mots pour l’expliquer. Voyant que personne ne semblait me comprendre, un cercle vicieux interminable a pris place dans lequel je mêlais relations amicales/amoureuses toxiques et dégoût de moi-même.

Et puis un jour, j’avais 18-19 ans, j’ai eu l’idée d’arrêter pendant un instant de croire que le problème émanait de moi. Me réveillant à moitié de ce coma psychologique avec des yeux nouveaux, le vrai visage de la Suisse m’a alors éclaté au visage pour la première fois et ça n’était pas beau à voir. Un long périple allait alors commencer.

Historiquement le Valais est un des cantons de la Suisse où des personnes qu’on nommait « sorcières » se réfugiaient entre le 14ème et le 18ème de part ses vallées et ses montagnes. Je me suis alors intéressée à ce sujet et ai commencé à faire des blagues sur le fait que j’étais une « sorcière du village », cette appellation me plaisait beaucoup car elle décrivait exactement ce que je ressentais, le fait de me sentir comme un misfit, un outsider constamment, et encore plus lorsque j’ai quitté mon lieu d’origine. J’ai pu lire à ce sujet que ces individus qu’on voulait à tout prix associer à la magie noire à cette époque, n’étaient pour la plupart que des femmes (mais aussi certains hommes) vivant souvent dans une précarité extrême, souvent persécutées, violées, malades mentaux, handicapées, ou simplement qu’on estimait trop suspectes ou dévergondées de part leur désintérêt pour les préceptes religieux catholiques et la vie établie en communauté. Ces histoires m’ont tout de suite fascinée, d’une part car je trouvais choquant à quel point les affaires et condamnations par l’Eglise était infondées (pour la plupart complètement irrationnelles) et comme tout le monde semblait acquiescer ce féminicide sans broncher; d’autre part car étant Asperger, il était très facile de m’identifier à ces individus différents en dehors des normes, essayant malgré tout de vivre selon leurs valeurs et leur propre perception du monde.

Et puis j’ai fait ou en tout cas essayé de faire bonne figure jusqu’à mon bac. Néanmoins après mon lycée je savais qu’il fallait que je m’en aille, que je fuis le Valais avant d’en finir pour de bon. J’avais la conviction enfouie que si je ne partais pas de cette ambiance valaisanne, j’allais simplement finir sous un pont ou au fond d’une falaise, et que mon bien-être et ma place se trouvaient manifestement ailleurs. J’ai fini par partir de la Suisse pour commencer une license, atténuant un peu, pour un certain temps, mes angoisses et idées noires. Cependant, cela n’a été que de courtes durées, et mon passé m’a retrouvée même si je croyais l’avoir semé.

Après beaucoup de remises en question, même si parfois j’en doute encore ,me sentant si seule avec ma meilleure amie par rapport à ce sujet qui nous touche toutes les deux, je peux dire avec certitude maintenant, que ce que je ressens vis à vis de la Suisse est légitime, que je n’exagère pas, que personne n’a le droit de me taire ou de minimiser ma souffrance, qu’il est donc primordiale d’en parler.

En Mai 2016, est sorti « Au nom de l’Ordre et de la Morale », documentaire sur France TV, dont sa description : « Durant des décennies, jusque dans les années 1980, des milliers de jeunes Suisses ont été jetés en prison sans procédure judiciaire, stérilisés, placés de force dans des familles d'accueil ou en maison de rééducation simplement pour avoir eu une conduite jugée menaçante ».

La Suisse étant le pays d’Europe ayant condamné le plus d’individus pour sorcellerie ou magie noire entre le 15ème et le 18ème siècle, on peut alors se demander si cette chasse aux sorcières n’est pas en train de perdurer sous nos yeux. Lorsqu’on voit Oskar Freysinger brandir sa queue de cheval au nom d’une liberté pour en finir avec le voile et la burka, ou quand on se fait agresser à plusieurs reprises dans une foule de personnes car on a les cheveux colorés, alors peut-être qu’il y a en effet de quoi creuser.

Des ruelles, forêts, montagnes bien propres pour accueillir nos touristes riches, cacher la vaisselle sale au placard. Car au fond qu’est ce que la Suisse continue de fuir comme ça ? Pourquoi ne montre-t-elle pas son vrai visage ?

L’été passé ma mère m’a demandée à table : « Pourquoi tu es autant énervée contre la Suisse ? » Je lui ai répondue « Parce qu’on interdit aux gens d’être eux-mêmes ici, on m’interdit d’être moi-même. » puis elle m’a dit « Mais c’est quoi être « toi-même » ? » Je ne sais plus bien ce que je lui ai répondu, mais aujourd’hui si je devais répondre à cette question je dirais sûrement : « avoir la permission de m’aimer pour ce que je suis profondément, sans tabous, sans barrières, sans  jugements; ne pas devoir me cacher, me changer dans mes propos, dans mon apparence ou dans mon comportement pour être faussement conforme à ce que l’on attend de moi pour ne pas qu’on m’harcèle ou qu’on m’agresse. Vivre dans le respect de soi-même et des autres, de mes/leurs différences. »

Mais sortir ce genre de discours en Valais est malheureusement passer pour une personne « faible » ou « fragile », et surtout se mettre en grave danger. Je ne pense pas être faible. Etre hypersensible n’est pas une faiblesse mais une force qui me permet d’être critique ou d’apprécier à leurs justes valeurs les choses qui m’entourent, et je n’échangerais cela pour rien au monde. Néanmoins pendant très longtemps j’ai culpabilisé à propos de tout ce qui touchait à mon être, notamment de cette soit disante fragilité. Une des principales raisons était que personne ne m’avait diagnostiquée Asperger pendant mon enfance et adolescence par désinformation complète des médecins de la région; mon comportement était souvent un point d’interrogation ou une source d’énervement pour mes parents (qui ne trouvaient pas d’aides extérieures pour avoir les outils pour gérer mes crises par exemple) et une raison pour m’humilier pour les autres. Les préceptes judéo-chrétiens étant encore fortement ancré en Suisse, je me disais aussi sans cesse que c’était ma faute si je souffrais, je disais à ma mère que j’allais aller au diable, que j’étais la pire enfant qui pouvait exister. Je ne correspondais pas à ce qu’on attendait ici et je savais que je n’appartiendrais jamais à tout ça. (cf ma bd de jury de deuxième année)

Le décor s’accorde à la mentalité qui ne veut pas s’ouvrir vers l’extérieur : 2 rangées de montagnes se faisant face emprisonnant au milieu d’elles une vallée appelée le Valais, ainsi que ses individus voulant parfois « l’indépendance du Valais » pour bien marquer leur chauvinisme ou une bouteille de rouge dans le pif pour avoir une excuse s’ils harcèlent des filles aux cheveux courts qui feraient mieux de savoir ce qu’elles sont comme genre.

Il faut être FIER d’être VALAISAN car quand même, on a de beaux chalets et on fait de la bonne fondue. Il faut être FIER d’être un chauvin raciste et antipathique, il faut être FIER d’être complètement à côté de la plaque et de stigmatiser tout ce qui nous semble bizarre, étranger et pas NORMal. Il faut être FIER de faire des histoires pour que la Pride soit annulée sur la place à Sion et accepter les bras ouverts l’armée se pavaner devant des enfants à l’exact même endroit. On s’estime Valaisan de souche, alors qu’on a des ancêtres italiens, français, suisse-allemands, allemands, kosovares, serbes, portugais, espagnols et j’en passe, et on vote contre les réfugiers, les migrants et les musulmans car « quand même la Suisse aux Suisses. » On veut interdire le port du voile, chose complètement grotesque et digne d’une politique de la peur car en 22 ans je n’ai croisé quasiment AUCUNE femme voilée en Valais et MEME si c’était le CAS, QU’EST CE QUE CA CHANGERAIT A VOTRE VIE. Et après, biensûr, ça nous parle de « liberté individuelle ».

Il y a cette ambiance malsaine, un mélange de catholicisme encore bien ancré et un certain nationalisme du « on a de la chance quand même d’être né en Suisse » qui empêche les gens de communiquer, de s’exprimer, de montrer leur désaccord (le fameux compromis) et de montrer leur faiblesse au monde. On forme des gens frustrés et énervés de ne pouvoir s’exprimer comme ils aimeraient. D’ailleurs il y a peu de manifestations en Suisse.

Il y a aussi le fait d’apprendre depuis ses 3 ans qu’en fait tout ce qui nous arrive de cool dans la vie on ne le mérite pas vraiment, qu’on devrait avoir honte. Je me rappelle de ce prof de solfège qui faisait en fait partie d’Ecône (mouvement catholique extrémiste) (je l’ai su bien plus tard) regardant ma montre Edwige et voulant m’expliquer pendant tout son cours à quel point Harry Potter c’est le mal, que la magie n’existe pas, que je ne devrais pas aimer ce genre de choses. Il y a aussi ce prof de religion chrétienne au lycée, qui un jour nous a fait un cours sur la contraception naturelle alors que nous avions 15 ans et qu’il était clairement dangereux de nous dire « que la pilule et la capote… bouarf vous savez c’est hasbeen». Néanmoins, J’ai malgré tout ce que je pourrais en dire de mon éducation catholique de bons souvenirs des retraites pendant mon lycée dans des endroits perdus en montagne dans la nature. Pourtant je ne peux m’empêcher de repenser à ses ambiances extrêmement malsaines ou l’on avait la possibilité d’aller se confesser et qu’on se retrouvait tous à chialer devant le confessionnal (car il y avait une chapelle dans la maison ou l’on logeait pendant la retraite), juste par l’émotion d’avoir ENFIN pu s’exprimer réellement. Car finalement la religion chrétienne comme je l’ai vécue c’est ça, c’est attendre la petite salle cachée avec le prêtre bien patriarcal pour déverser tout ce que l’on ressent qu’on avait jamais pu exprimer jusque-là.

Après, Il y a toutes ces normes insupportables, normes que l’on retrouve ailleurs mais qui en Valais sont insupportablement accentuées. Les gens ne s’expriment pas, ils ont honte d’eux mêmes et de ce que leur corps ressent alors ils en veulent très forts aux gens qui prennent la liberté de le faire. Pendant extrêmement longtemps j’ai eu l’impression (mais ça n’était sûrement pas qu’une impression) de me faire BOUFFER, bouffer mon énergie positive juste pour alimenter la frustration des autres. Aussi de manière générale je me suis enfermée dans des relations très toxiques par défaut, je me suis effacée pendant des années en laissant mes propres besoins et envie dans un coin de ma tête, je me suis isolée car il n’y avait presque personne avec qui partager de manière saine mes centres d’intérêts, et surtout j’ai eu l’impression d’apprendre les choses au ralenti. Je sais c’est bête mais je ne peux pas m’empêcher de me comparer à quelqu’un qui aurait vécu dans une grande ville ou dans un milieu moins fermé, et je me demande si ces personnes en me voyant se rendent compte toutes les choses que j’ai du déconstruire pour arriver à leur niveau de compréhension du monde, de déconstruction de tabous, des luttes sociales et j’en passe. Aujourd’hui j’ai l’impression de TOUT devoir déconstruire TOUS les jours, et je ne sais même pas si mes proches ou mon entourage en ont conscience. C’est un travail de longue haleine, alors quand je croise une fille de 17 ans qui a déjà tout compris au féminisme et aux autres luttes je suis à la fois émerveillée (je pense qu’elle se reconnaitra) et je la trouve badass et d’un autre côté je pense à moi à 17 ans et j’ai envie de vomir d’à quel point on ne me laissait aucune liberté. Bref ne vous comparez pas, c’est nul et pas constructif.

A 19 ans j’ai eu la bonne idée de me teindre les cheveux en vert. je me suis faite agressée à 3 reprises en pleine rue, dont 2 fois prise en photo à mon insu. Une fois un groupe de types ont voulu me prendre en photo dans une foule, un me serrait le coup avec son bras en me disant dans l’oreille « Mais pourquoi tu fais ça, t’as un sacré problème dans ta tête », un autre était devant moi avec son iphone avant que je finisse par me débattre et que j’éclate son téléphone par terre. Evidemment il y avait 30 personnes dont des amis autour de nous mais personne n’a rien fait, à part un ami (que je remercie d’ailleurs) qui s’est intercalé après 5 minutes. Une autre fois on m’a tiré les cheveux pour me faire tomber par terre car on estimait que je n’étais pas assez « féminine » avec ces cheveux colorés.

Et en dehors de mon apparence je ne parle pas des 503939 fois où je me suis faite harcelée même par mes soit-disants amis ou proches, à m’harceler parce qu’on voyait d’un mauvais oeil mon intérêt pour le féminisme, le véganisme et les luttes sociales de manière générale, à dire que j’étais une lesbienne (comme si lesbienne était une insulte), que je n’étais pas assez féminine, que je ne me mettais pas en valeur à m’énerver comme ça, que j’avais un problème, que je faisais ça parce que « mon copain était à l’étranger et que j’étais triste».  

Alors on crache sur tout ce qui est dehors de nos deux pauvres montagnes, on a peur, on critique,  on voit l’étranger comme le loup qui risquerait d’entrer dans la bergerie. Mais au fond à s’entredéchirer comme ça, à se nier soit-même et les autres, est-ce que nous ne sommes pas nous les loups ? Où avons-nous perdu notre intériorité, est-ce qu’on aurait pas laissé la Suisse nous lobotomiser le cerveau par sa volonté nationaliste à être « neutre » dans absolument TOUT ? N’avez-vous pas conscience qu’être neutre dans un monde d’injustice, c’est nourrir et faire partie de l’oppresseur ??

Mes raisons de parler aujourd’hui de tout ça sont très claires. C’est déconstruire toute cette merde, tout ce passé merdique, ou crever sur place. C’est mettre à la lumière du jour des années de souffrance psychologique que PERSONNE ne semble vouloir écouter sans juger. Sans ma meilleure amie qui vient de la même région je ne serai sûrement pas là sur ma chaise à écrire des textes aujourd’hui. Je suis sûre de n’être pas la seule à ressentir tout ça et c’est pourquoi j’aimerais qu’aujourd’hui on m’écoute.

Estelle Marchi

Assise sur ton lit, le téléphone posé à proximité, tu es en attente sans te l’avouer. Cet après-midi, tu es allée jusqu’au portail pour vérifier dans la boîte à lettres attachée à la grille, tu n’avais pas de lettre et demain ce sera trop tard. Ont-ils tous oublié? Ce soir, tu attends que quelqu’un téléphone pour te dire qu’il se souvient, qu’il pense à toi. Personne n’appellera, tu sais bien que c’est impossible, tu sais qu’ils jugent malsaine ton obsession des dates, ta fidélité calendaire, mais tu attends quand même, tu ne fais rien d’autre qu’écouter le silence de l’appareil posé à côté de toi, anticipant sans y croire le moment où sa sonnerie te fera sursauter.
—  Anne Godard

L'autre jour une fille nulle est venue me voir en me disant mots pour mots “j'ai regardé une émission sur M6 qui parlait d'un tueur en série et à un moment ils parlaient d'une victime qui avait ton nom de famille.” J'ai pas répondu parce que je n'avais pas envie, mais comme la curiosité morbide des gens n'a pas de limite elle m'a ensuite demandé “c'est un membre de ta famille ?”. Ce à quoi je me suis barrée sans un regard. Sincèrement je ne comprendrais jamais les gens qui regardent ce type d'émission, c'est tellement malsain, mais alors elle, elle bat tous les records de malsanité. Elle a osé venir me demander de but en blanc si je fais partie de la famille d'une victime sachant qu'elle connaît la réponse vu que l'on voit mes parents dans l'émission. Mais c'est quoi ces gens morbides ? Ça vous attire tant que ça le malheur et la mort ? Et faire du mal aux gens aussi ? Non parce que ma tante je ne l'ai jamais connu mais son meurtre me reste quand même en travers de la gorge. J'suis née un an après sa mort, j'en avais quatre lors du procès alors ça a bercé mon enfance et aujourd'hui encore ça m'arrive d'y penser lorsque je suis dans des périodes sombres. Non mais sincèrement je ne comprendrai jamais cette attirance qu'on les gens pour le meurtre et le sang, c'est pernicieux je trouve, et je ne veux même pas parler de ces émissions perverses et nuisibles, ça me dégoûte encore une fois de l'espèce humaine.

Aujourd'hui j'avais envie de faire une folie alors j'ai acheté un malabar à la fraise dans une boulangerie quelconque. Tout le monde sait qu'en plus du chewing-gum, ce bonbon possède aussi un petit tatouage collant, j'ai donc regardé ce qu'était le mien. Quelle fut ma surprise quand j'ai découvert que c'était des fausses entailles avec du sang (très réalistes). En plus de trouver ça d'une ironie malsaine j'ai été très triste et révoltée qu'on donne ce genre de tatouage à des gosses.
Comment l'idéal d'un enfant peut être d'avoir ce genre de “symbole” sur le corps ? Il n'y en a pas assez qui portent ces marques pour de vrai ?
Ça m'a fait pitié, je l'ai laissé sur le comptoir et je suis partie.

Maman : oh il a une maladie mentale lui c'est un attardé

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Prof d'histoire : Effectivement il avait une maladie mentale, c'était un psychopathe, un fou.

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Maman : Ne parle pas à des gens comme ça. Ils sont dangereux tu sais, très dangereux.

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Maman : Parce que tu sais il va pas bien du coup il veut que tu ailles mal aussi, limite “il te dit oh vient pleurer avec moi”. Ils veulent que tu sombres dans la folie avec eux, ces gens sont égoïstes, ils sont fous et malsains.

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Ça fait mal vous savez.

Ouais en fait tu t'es juste servi de moi pour tes petites expérimentations sexuelles…“
"C'est un gars en or, tu sais pas ce que tu perds.  Et encore tu as eu bien de la chance qu'on te le présente puisque de toutes façons personne d'autre n'aurait voulu de toi!
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La première phrase est l'une des dernières paroles de mon premier petit ami lors d'une “médiation” organisée par ma “meilleure” amie quand je lui ai dit que je le quittais. Ce qu'il faut savoir c'est que je ne sentais pas à  l'aise avec ce type avec qui je n'avais rien en commun et avec qui j'avais perdu ma virginité parce que je m’étais sentie obligée de faire ça avec lui, en raison de la pression que me faisait subir notre “groupe d'amis communs”. Et parce que je croyais que c'était préoccupant de ne pas avoir de relation à 19 ans. 15 jours avant la rupture, ma “meilleure” amie me trouvant pas très bien m'avait invitée dans son studio. Ce que je ne savais pas c'est qu'elle avait aussi invité son copain à elle et le mien. Il a profité d'une de leur absence et a prétexté une “réconciliation sur l'oreiller" pour me forcer à coucher avec. J'ai du attendre le retour de mon “amie” le soir même pour pouvoir rentrer chez moi à une centaine de Km.

Je n'ai rien dit à mes parents. Ils ne savent pas.

Quand j'ai annoncé à ces gens là que je voulais le quitter, ils ont pris son parti et ont cautionné son acte. Ils m'ont “interdit” de le faire. Quand ils ont compris que je n'irais pas dans leur sens, ils m'ont dit la deuxième phrase que j'ai citée. Ils sont quand même venus avec mon ex chez moi, un jour où ils ont su que mes parents étaient absents, pour que je rende des comptes.
Et quand je lui ai donné mes raisons, c'est à dire le comportement qu'il avait eu avec moi, que je trouvais inadmissible, il m'a jeté cette phrase en pleine tête, avant de partir en claquant la porte et en pleurant.
J'ai quand même expliqué a mon “amie” qu'il m'avait violée. Parce que oui c'était bien un viol. Tour ce qu'elle a trouvé à me répondre, c'est qu'à la base c'était elle qui devait sortir avec lui, mais comme elle trouvait que son physique était trop répugnant pour elle, elle avait décidé de nous mettre ensemble pour qu'il lui lâche la grappe…

J'ai coupé les ponts avec ces gens malsains. Il m'a fallu plusieurs années pour oublier la souffrance physique et morale que j'ai ressenti  et pour faire à nouveau confiance à un autre homme.

L'espérance, pour moi, est fasciste

Tel qu'un Français le conçoit, ce n'est pas une idéologie, mais une méthode, la meilleure connue et la plus moderne pour régler le conflit ouvert depuis plus de cent années entre le travail et l'argent. Dans ce procès, le fascisme soutient contre l'argent les droits du travail qui sont justes, et que les prérogatives usurpées de l'argent ne permettent plus de satisfaire.

Le fascisme, au rebours du marxisme, est positif. Il s'appuie sur ce qui est. La première de ces réalités est la nation, sol et peuple, dont il doit réunir et coordonner toutes les forces, dans l'intérêt supérieur de la communauté nationale, qui coïncide exactement avec l'intérêt du plus grand nombre de citoyens.

C'est dans une nation régie par un pouvoir vigoureux et stable, travaillant au maximum de ses forces et de ses ressources, et où les fruits de ce travail se répartissent aussi justement que le permet l'imperfection terrestre, c'est dans cette nation que les citoyens jouissent de la plus grande prospérité et de la plus grande sécurité, seul but de toute bonne politique.

Réaliste, le fascisme reconnaît, protège et encourage la famille, la propriété, l'émulation qui sont à la base de l'existence humaine. Il ne tend pas à niveler la société, ce qui serait l'avilir. Il rétablit au contraire la hiérarchie des mérites, disloquée par la démagogie.

Il est unificateur, et il ne peut avoir d'autre expression et d'autre armature que le parti unique, absorbant et régularisant la vie politique du pays.

Il restaure le pouvoir autoritaire, le seul naturel, le substitue au pouvoir incertain et malsain issu des élections perpétuellement faussées, il consulte le pays grâce à des organes délégués par des réalités non politiques, dont les principales sont les métiers.

Pour bâtir cet édifice, le fascisme doit réduire à l'impuissance de nombreux ennemis, qui sont aussi ceux de la nation.

Lucien Rebatet

Et je me mutile,
encore et encore,
j'ai les bras en sang ;
et je me mutile,
encore et encore,
pour me punir de manger,
et de vivre dans ce corps-là,
pour me punir d'être celle que je suis,
pour me procurer un plaisir (malsain),
parce que tu es partie,
et que je me sens terriblement seule,
pour oublier tous mes maux qui me rongent de l'intérieur,
pour apaiser cette souffrance qui me bouffe le cœur, le corps, et l'âme.

les mains doublées.

On ne cesse jamais vraiment de serrer les poings, il y a juste un grand moment de calme, une espèce de sérénité malsaine qui te prend tout à coup le cou, et la paix s'infiltre en toi comme un viol.

On y croit, à tout ça, que le monde est droit et qu'on marche tous droit, mais bordel, y en aura toujours un pour foutre son pied en dehors. Alors c'est là que la paix dégage, et qu'les pensées t'assaillent en te tordant le ventre.

On ne cesse jamais d'être celui qu'on est, même quand on l'enterre avec des mensonges et des illusions, il resurgira au plus profond de toi, t'foutant une main sur la bouche et l'autre sur les yeux.

Et on les refera, les mêmes gestes et les mêmes erreurs, sans arrêt en boucle.

Comme un condamné il faudra suivre ton monstre, le tien, qui commande au fond de tes veines.  La paix se barre toujours, elle te laisse visage contre visage avec toi-même perdu au milieu de tes deux personnes intérieures, et dans ce cas, il y en aura toujours une en colère.

On ne cesse jamais vraiment de serrer les poings et d'les foutre en sang pour ne blesser personne.

On s'écorche pour ne pas subir, on s'tue pour ne pas infliger.

Il y en aura toujours des traces de morsures, de brûlures et désinvoltures sur un corps en désaccord. Il y en aura toujours des guerres à mener des champs de bataille déglingués sur une peau en morceaux.

Parce que c'est de la rage qui pourrit les os, c'est de la haine acide qui coule dans les artères. On finira toujours pas crever pour épargner au Monde nos corps bien trop crevés et nos âmes lacérées.

Il y a des hommes lourds qui pensent être couillus comme des taureaux de concours, qui écrasent de leur virilité malsaine les femmes trop fragiles, et il y a des hommes élégants et délicats qui les considèrent et les respectent dans leur fragilité.
Il y a aussi des femmes fatales qui n'ont de vraiment fatal que le vide intersidéral de leur cœur, qui maltraitent les hommes sensibles, et il y a des femmes attentionnées et touchées par les hommes qui osent montrer leurs failles.
Certaines combinaisons à l'intérieur de ce petit monde sont parfois improbables quand d'autres se font dans une harmonie parfaite, parce que tout colle, tout s'emboîte, même les failles. Surtout les failles.
—  Agnès Ledig - Pars avec lui
  • moi : je déteste le culte de la personnalité en politique, c'est dangereux, malsain, ça place l'homme avant ses idées, ça parasite le débat
  • aussi moi : *appelle MV "bébé" et "amour de ma vie", pourrait très bien avoir un poster de lui dans sa chambre, s'attache à des détails insignifiants sur sa personne, le trouve adorable*