malevick

L'Echine du Saint II - La Belle au Bois Dormant

L’Échine du Saint, Samedi 4 juillet, 10h05

- Putain mais c’est vraiment un marécage vos rues, serait temps de penser à inventer le bitume non ?
- Dans certaines zones on est au-dessous du niveau de la mer, alors quand la marrée monte, ça s’infiltre entre les pavés, me répond Baptiste sans me regarder, ignorant ma petite pique. Ici, ce sont les quartiers des apprentis, ils sont nombreux à essayer d’accéder au rang de maitre, la grande majorité échoue. Évites de trainer seule la nuit ici, ce n’est pas un endroit pour une jeune fille.
- T’as cru que j’étais en sucre ou quoi ? Je suis mage, celui qui m’attaque j’le baise moi.
Baptiste n’a aucune réaction, contrairement aux locaux alentours qui me lancent quelques regards bizarres.

Il me fait toute la visite de sa ville. Elle est curieusement construite, comme un pic qui s’avance dans l’océan. Ça devait être une presqu’île à un moment donné, mais des remparts ont été construits tout autour d’elle et elle est entièrement rattachée au continent à présent. À son extrême limite a été construit ce qui semble être un château, ensemble de hautes tours qui se tendent comme des doigts vers le ciel, et aux pieds desquels la terre s’arrête. Une falaise de 200 mètres de haut qui plonge directement dans la mer. Je ne comprends même pas comment des gens ont pu avoir la curieuse envie de venir habiter là en premier lieux, c’est assez… inapproprié pour construire une ville : étroit, escarpé en haut, mouillé en bas.
- C’est à cause de la Maison des Trépassés, explique Baptiste, quand nous ressortant d’un magasin de sablés ou j’ai pu enfin faire pipi et me ravitailler en sucre.
- La Maison des Trépassés ?
- Les tours. Autrefois c’était un temple, il en reste quelques traces, mais depuis plus de mille ans c’est devenu le lieu de travail et de vie des Maitres Embaumeurs. Ils ont élevé leur savoir au rang d’art et c’est devenu un marché si rentable qu’une ville s’est construite autour d’eux. On est les premiers producteurs mondiaux de cercueils, urnes funéraires, thanatopraxie et taxidermie, avec tout leur cortège de médiums et autres mystiques…
- Tu veux dire qu’ils empaillent des gens ? Genre toute la ville empaille des gens ?
- Oui. Nos clients viennent de partout pour embaumer leurs proches, il y en a pour toutes les bourses, mais les meilleurs sont les Maitres Embaumeurs, ils réalisent des prouesses.

Tandis qu’il me parle, nous remontons les rues vers la fameuse Maison des Trépassés. Ici, ça semble être le quartier de la taxidermie. Dans toute les vitrines sont exposées des sarcophages peint : des animaux de compagnie, des chevaux, des rockets, des nardres et même une vouivre ! Un chariot passe, remplit de petites momies de chat soigneusement étiquetées. J’hésite entre le rire et le dégout.
Plus on remonte, plus les rues deviennent riches. Les boutiques sont plus chics et portent des noms pompeux : « La Belle Mort », « L’Habit du Saint » et mon préféré « Ce que veulent les morts ».
- Vous ! Étrangère, partez, fuyez ! La mort arrive, elle vient pour nous tous cette fois ! Oh oui, nul autre échappatoire que la fuite… Priez, priez la Mort de nous épargner, nous, ses humbles serviteurs ! Je me dégage brutalement de l’illuminé qui m’a saisi le bras. Déjà il ne se préoccupe plus de moi, allant crier son discours apocalyptique à d’autres, plus réceptifs probablement.
- Désolé pour ça, s’excuse mollement Baptiste. Le climat est favorable à ce genre d’énergumène.
- Le climat ?
- Oui, je suppose que c’est à cause de ça que ton maitre est là, on a essuyé quelques tempêtes récemment. Rien de vraiment dramatique, mais Grand-mère a l’air de prendre ça au sérieux.
On arrive devant la maison des Trépassés au sommet des falaises. Elle domine toute la ville ainsi. Je ne crois pas avoir déjà vu un bâtiment si haut. Ses tours sont rongées par la mer, ce qui leur donne un étrange aspect décrépît. Vraiment, elles me font penser à des doigts décharnés, des doigts de lépreux rongés par le temps et les éléments. Au sommet, une bande d’oiseaux noirs volent en criant dans le vent.
- On peut entrer ?
- Viens, murmure Baptiste.
A l’intérieur, c’est frais, haut de plafond, circulaire. Ça doit être l’ancien temple dont il m’a parlé au-dessus duquel ont été construites les tours. De petites ouvertures percent le haut des murs et éclairent le centre de la pièce. Une femme y est allongée, sur un support de pierre.

Baptiste reste à l’entrée alors que je fais le tour du piédestal
La femme qui y est allongée à l’air endormie, mais je présume qu’elle est morte, c’est un endroit trop bizarre pour dormir. J’hésite presque à passer mes doigts sous son nez pour vérifier. Elle doit avoir entre vingt-cinq et trente ans, avec de longs cheveux frisés, la peau sombre, richement vêtue.
- Qui est-ce ?
- Fiona, la fille du Grand Maitre.
- Elle est morte ?
- Depuis six mois.
- Ah… c’est heu… impressionnant…
Baptiste ne répond pas. C’est fou. Comment ont-ils fait pour la garder si parfaite ? Ça me donne des frissons.
Je me retourne vers mon guide. Il a l’air un peu chamboulé. Peut-être qu’il la connaissait ?
- On y va ? C’est pas tout mais les sablés ça m’a pas suffi. Renard et ta GM ont dû finir.
Il se secoue un peu et nous quittons le tombeau. Au moment où je passe la porte, je sens le picotement d’un regard sur ma nuque et me retourne brusquement. Ce n’est pas la morte qui me fixe, comme je l’imaginais, mais quelqu’un dans l’ombre d’un escalier qui disparaît immédiatement. Bien. Admettons. Bitch, I’m out.
- Baptiste attend-moi !

Setnan VIII - Premiers Orages

Gare du Chemin Vert, Setnan, 13h40

Je suis dégoulinante de sueur, essoufflée, au bout de ma vie. Sérieusement, cette journée a tellement mal commencé ! Réveil cinq heure, mise à la porte d’un Rocket collant et questionnement existentiel jusqu’à midi : partir ou rester. Résultat des courses, quand tante Grételle m’a appelée pour déjeuner je me suis rendue compte que si je voulais partir, il fallait que je me casse dans une heure. Et là, panique à bord, j’ai balancé toutes mes affaires en vrac dans la malle de mon grand-père et je me suis tirée en gueulant à la vielle que je partais en stage. J’ai couru mais comme une malade sur le chemin, avec ma valise de trois tonnes, et tout ça pour quoi ? Pour me retrouver sur le parking de la gare sans trace de ce connard de Renard.

Le Chemin Vert, c’est la seule gare de la ville. De là partent une dizaine de cars pratiquement vides la plupart du temps, mis à part deux trois pecnauds chelous… Sérieusement, on voyage pas beaucoup dans Outre-Monde ; à cause des failles les trajets et la communication entre les villes sont assez aléatoires. Sans compter que ça peut parfois être plutôt dangereux.

Après cinq minutes à tourner en rond, je trouve finalement mon nouveau maitre, à discuter avec le chauffeur du car 3 qui part pour… L’Echine du Saint.

L’Echine du Saint, l’Echine du Saint… ça me dit vaguement quelque chose, mais j’ai jamais été très douée en géo.

Je dois être folle, partir avec un parfait inconnu dans une ville inconnue sans en parler à personne, putain, je dois être folle. Il ne m’a pas encore vue, j’ai le temps de faire demi-tour, de m’enfuir, non ?

- Un ticket mad’moiselle ?
- Heu…
- Elle voyage avec moi.

Le chauffeur hausse les épaules et vient ouvrir la soute pour que je range ma valise pendant que mon maitre finit sa cigarette sans bouger le petit doigt pour m’aider avec ma valise de trois tonnes.

- Vous êtes bien chargée dites donc miss, qu’est-ce que vous allez faire avec ce monsieur à l’Echine du Saint ?
- Heu… stage de coiffure ?
- Vous devriez faire attention, dit-il comme si je n’avais rien dit. Cet homme je le connais, il est dangereux et…
- Malevick ? Dépêche toi, lance Renard depuis l’entrée du bus.
Le chauffeur rougit et m’attrape le bras.
- Faites attention mademoiselle, d’accord ?

Il me laisse partir et pendant un instant, une fraction de seconde, j’ai une sensation bizarre. Comme porter son regard au-delà du miroir d’un lac pour voir le fond avec ses rochers acérés. Il y a cet homme, tout à fait banal, grand front, nez plat et visage allongé. Et puis si je regarde différemment, il y a autre chose, quelqu’un de difforme, aux vêtements étranges. J’ai un hoquet de stupeur et je suis de moins en moins sûre de vouloir partir.

- On ne fixe pas les gens comme ça, lâche mon maitre d’une voix trainante.

Je déglutis en hochant vaillamment la tête en suivant Renard qui monte dans le car. Qu’est-ce que je fais ? Je devrais m’en aller, rentrer chez moi… au lieu de quoi je m’assois à côté de mon maitre en essayant de ne pas fixer le chauffeur. Plus je le regarde, plus l’effet de double vision empire. Pour donner le change, je fais mine de m’intéresser à l’agencement du car, avec ses fauteuils aux motifs géométriques, ses grandes tablettes et ses couvertures pelucheuses. Ça devait être le top du car moderne y a vingt ans, maintenant c’est juste confortable et franchement rétro.

Le car démarre difficilement. Je sens que ça va être long.

- Il a quoi le chauffeur ?

Renard relève les yeux de son journal et fixe brièvement le chauffeur.

- Comment ça, il a quoi le chauffeur ?
- Tu vois pas ?

Il semble pas remarquer le tutoiement. Tant mieux, j’ai jamais aimé vouvoyer les gens qui me tutoient.

- Non.
- Regarde, il a deux apparences, si tu regardes au fond t’sais, vraiment bien.

Renard baisse les yeux vers moi, avec l’air de quelqu’un qui sent que ça va être long et difficile.

- Tu as quel âge déjà ?
- Mais si je te jure ! Regarde j’invente pas !
- Quinze, seize ans ?
- Dix sept, que je grogne, un peu vexée.
- Dix-sept ans et tu n’as jamais vu de voyageur régulier ?
- Hein ?
- Les gens qui passent souvent près des failles. Ca alter leur enveloppe charnelle à force. Ils ne s’en rendent pas compte, c’est parce que tu es mage que tu peux le voir. Tu vas comprendre quand on va passer près de la faille de Saint George.
- La faille de Saint George ?
- As-tu la moindre connaissance géographique ? demande-t-il en se replongeant dans son journal.
- Pas trop nan.
- Au point de ne pas connaître le nom de la faille la plus proche de ta ville ?
- Ah si, si… j’avais oublié le nom, en plus elle est loin, mes profs disent qu’elle est pas un danger pour nous.

Cette fois il referme définitivement son journal, ce qui me permet d’en voir la couverture : un truc sur l’économie.

- On va reprendre depuis le début : que sais-tu sur les failles exactement ?
- Beu, plein de trucs…
- Plus précisément ?

Je sens qu’il est pas hyper patient comme gars.

- Bah chai pas moi, plein de trucs, elles sont dangereuses, faut pas s’en approcher, y s’y passe des trucs bizarres et c’est à cause d’elles que nos villes sont « séparées temporellement. »

Séparées temporellement, ça sonne bien, j’ai dû lire ça quelque part. Renard semble attendre la suite, alors je hausse les épaules.

- Voilà hein, après le reste c’est des détails techniques, je sais les choses qui garantissent ma survie c’est déjà pas mal !

Court silence incrédule.

- Tu as emmené un journal vierge ?
- Bah j’ai un carnet ou on est censé noter nos observations pendant le stage, c’est mon oncle qui me l’a offert au début de l’année quand…
- Sors-le.

Je grogne et me relève pour attraper mon sac à dos que j’ai balancé dans le panier au-dessus. Heureusement que je l’ai pas fichu dans ma malle tiens. C’est un carnet plutôt cool, relié en cuir, mon oncle me l’a ramené d’un de ses voyages et me l’a offert pour mon stage. Je suis contente qu’il serve finalement. Il a fait graver dessus : « Créatures de nos régions volume 2, par M.L.», ce qui est assez classe il faut le dire.

Renard attend que je me sois installée pour écrire et commence à me parler des failles, et moi je note tout, même ce que je savais déjà (je suis pas une ignare non plus hein).

Leur création remonte à six millénaires, la date exacte n’est pas connue, mais on considère que la faille du Chat Gris est la plus vielle. Elles sont une déchirure entre notre monde, Outre-monde, et notre planète jumelle, qu’on appelle le Monde Premier. Nous somme la réplique d’un monde parfait, mais comme un jumeau plus faible nous sommes instables.

Autrefois, nous évoluions en parallèle, superposées dans deux espaces-temps différents sans jamais nous croiser. Lorsque la première faille est apparue (à peu près en même temps que la magie), cet équilibre précaire s’est brisé. Notre monde glisse vers le Monde Premier, aspiré par ses failles, sa matière, son essence, le temps lui-même disparaissant par ses incisions.

Afin de ralentir cette désagrégation, la réalité se distord près des failles. Le Temps ralentit jusqu’à presque se figer, la matière se déforme, parfois la gravité elle-même est altérée. Il existe une multitude de failles et chacune à ses particularités.

Il est impossible de traverser, du moins c’est ce que m’ont dit mes maitres. A cette question, Renard a juste haussé les épaules et a entrouvert la fenêtre pour fumer alors que nous laissons Setnan derrière nous, longeant la mer vers l’Echine du Saint.

Devant nous, une tempête s’annonce, de gros nuages noirs masquent l’horizon. Je peux d’ici entendre le tonnerre qui roule sourdement. Je n’ai jamais aimé l’orage, je suis une flippette dès la première zébrure dans le ciel.

Mais cette créature immense derrière les nuages, apparue à la faveur d’un éclair, l’ai-je imaginée, ou est-elle vraiment là ?


Fin du Chapitre 1


L'Echine du Saint I - Machin, la Vieille et Moi

L’Essence de la Rose, dimanche 5 juillet, 09h36

La faille de Saint George a foutu un sacré bordel dans notre voyage. C’est une faille de « temporalité », ça m’est revenu en voyant ses effets, j’ai dû l’étudier en classe. Elle fait partie des failles les plus communes et les moins dangereuses. Elles apparaissent sans qu’on sache vraiment pourquoi et figent toute une région dans le temps. Concrètement, ça veut dire que les objets, l’architecture, et même les moyens de transport font un bond dans le passé quand ils arrivent dans le champ d’influence de Saint George.

Et super concrètement, ça veut dire que depuis ce matin six heures, mon t-shirt collector des Virgin’s suicide s’est transformé en putain de cotte de maille. Je vous dis pas la crise de nerf que j'ai eu en voyant mes affaires changer d'époque. Comme pour le chauffeur de car, ça a commencé par une sorte de double vision, une superposition de deux époques. Et puis ça a empiré, et finalement basculé. Je me suis retrouvée assise dans une charrette avant d'avoir compris ma vie.

J'ai un peu arrêté de me plaindre (sainement !) depuis qu'on est arrivé en ville. C'est trop cool une ville moyenâgeuse. Enfin, ça pue un peu, mais c'est cool. On s'enfonce dans les ruelles, Renard demandant régulièrement son chemin pour la maison d'une certaine « Ambre ». Apparemment, c'est une de ses anciennes apprenties, elle lui aurait réclamé de l'aide et c'est pour ça qu'on est là. J'ai pas pu en apprendre davantage, mais en fait je suis pas certaine que Renard en sache beaucoup plus, il fait le mystérieux comme ça mais bon… Les gens ont une façon de parler rigolote, j'aime bien les écouter, même s'ils ne semblent pas enchantés de nous aider. J'ai l'impression que c'est moi qui les met mal à l'aise, avec ma tenue de chevalier –pas hyper pratique ce truc par d’ailleurs-.

Ah, voilà, c'est elle. Le numéro 12 de la rue des charbonniers. Une maison toute mignonne au bout d'une ruelle étroite, avec une boutique au rez-de-chaussée, des fleurs aux fenêtres, un pas de porte soigneusement balayé. Ça a l'air d'être une herboristerie de ce que je peux voir : « L'Essence de la Rose ».

C'est une petite vieille qui nous ouvre. Enfin vieille, moi j'dis vieille mais j'sais pas, elle a peut-être soixante, soixante-dix ans ? Un truc du genre ? Avec des cheveux blancs, l'air toute sèche, comme une jolie fille qu'on aurait laissé pendre à un cintre dans un grenier. Enfin une vieille quoi.

Elle dit rien, elle fixe Renard, qui la fixe en retour…

Ça devient gênant. Et j'ai envie de pisser.

- Tu nous laisses entrer ? Je viens de faire six heures de car et le double dans une charrette, Ambre, articule finalement Renard.

Alors là, je suis mais carrément d'accord ! Pipi, pipi pipi… La vieille s'écarte, effarée, et on rentre dans sa boutique. Ça a l'air d'être une herboristerie, ça sent fort les huiles essentielles, comme dans la salle de bain de ma tante.

Ambre referme la porte derrière nous et vient poser ses mains sur les pommettes de Renard. Elle le tripote quelques secondes, lui la laisse faire, lève les yeux au ciel, avant de finalement se dégager. Le silence retombe, pesant. Faut que j'aille pisser putain. Je ne comprends pas ce qu'ils ont, mais mamie a l'air fasciné et horrifié à la fois. C'est assez drôle à voir.

- Et donc tu tiens une pharmacie ? Finit par demander Renard en se détournant, posant ses affaires sur le comptoir pour observer les lieux.
- Vous n'avez pas vieilli, répond-elle dans son dos. Renard grogne, sans se retourner.

A ce moment-là, la porte s’ouvre sur un gars qui transporte un gros sac d'herbe.

- Bonjour messieurs dame, salut-il sans entrain.

Les poches qu'il a sous les yeux putain ! Quand je pense que je me plains des miennes. C'est dommage parce qu'à part ça, il est plutôt mignon. Il pose son chargement dans l'arrière-boutique avant de revenir, nous trouvant exactement dans la même position.

- Grand-mère, tu les connais ?
- Oui, oui… c'est mon ancien maître, Renard, répond Ambre, d'une voix tremblante.
- Et je suis sa stagiaire, Malevick.

Non, parce que là, clairement ils m'ont oublié. D'ailleurs la vieille semble seulement remarquer ma présence à ce moment-là et me jette un regard lunaire avant de revenir vers Renard, lui tournant autour.

- Tenez, Malevick, Machin…
- Baptiste, rectifie d'une voix faible le jeune homme, sans que Renard ne relève.
- …prenez ça et allez vous acheter des biscuits. Prenez votre temps, visitez la ville, ça risque d'être long.

Putain je me le fais pas dire deux fois ! Je prends les pièces d'or qu'il me tend (c'est lourd ces machins-là !) avant de sortir, Baptiste sur mes talons. Tant pis pour ma pause pipi, je ferais derrière un buisson, l'ambiance est trop pesante ici.