macronic

anonymous asked:

Je vais pas voter pour lui au 1er mais merde arrêtez avec vos "Macron l'opportuniste". Avant la politique le mec se faisait plus de 100 000 euros par mois et vivait tranquille dans l'anonymat avec sa blonde bien conservée. La belle vie quoi. Donc bon, se lancer dans la politique comme il l'a fait c'est plus dégradant pour lui qu'autre chose. Et cette mani de plus taper sur quelqu'un comme Macron qui certes, n'est pas parfait, plutôt que la facho Le Pen, c'est assez significativement malsain.

Alors tu as mal choisi ta cible car ça fait 6 ans que je blogue ici, ça fait donc 6 ans que je tape sur le Pen, expose ses dérives et la dangerosité de son discours en permanence. J’en déduis que tu n’es pas ici depuis très longtemps car mes positions sont très claires depuis toujours. 

Le principe de l’énarque qui, grand seigneur, renonce à son salaire, le rembourse à l’Etat pour le bénéfice du “greater good”, ça ne m’émeut absolument pas. Pourquoi ? Car il renonce à ce statut pour en draguer un autre, beaucoup plus avantageux qui durera jusqu’à la fin de sa vie. 

Après, je le comprends. Quand tu arrives à grimper comme ceci en quelques années top chrono, qu’est-ce qui t’empêche de croire que tu peux chopper la présidence ? D’autant plus, quand tu fais une politique LR au sein du PS ? Rien, absolument rien.
Quand bien même il perdrait, il est pile poil au dessus du bipartisme. Donc si la droite passe, il peut draguer LR pour un poste puisque la plupart des politiques LR vont le soutenir quand Fillon devra abandonner la course. 
La gauche Vallsienne s’effondre, donc la question du PS-Valls au second tour ne se pose pas. Mais si elle s’était posée, il aurait pu draguer un poste aussi, puisqu’il est adoubé par Valls. 

Macron n’a pris absolument aucun risque en abandonnant ses devoirs d’énarque. Il vend le truc comme un dépassement des clivages politiques, mais au fond, ça n’est qu’un parachute. Surtout ne froisser personne pour continuer sa grimpe politique, donc on va draguer les gays ET LMPT, on va draguer le travailleur et le pauvre ET la banque, etc. Toutes ses déclarations vont dans ce sens et elles sont d’une condescendance folle. 

Un dépassement des clivages politique ne peut être qu’une vision, et je pense que tout le monde s’accorde là-dessus. Ce n’est rien dépasser du tout que de reprendre des vieilles recettes par-ci par-là. Macron n’a pas de vision sinon celle d’un énarque, et ça fait 40 ans qu’on a ça au pouvoir. 

Et à titre purement personnel, s’il gagne la présidentielle, c’est d’autant plus dangereux qu’il n’est pas en mesure d’apporter cette fameuse vision. L’insatisfaction des français est écrite d’avance car ils ne veulent plus des vieilles recettes. La gauche vient d’échouer, si le centre/indéfini échoue… Imagine que Fillon passe, il échouerait aussi. Le virage extrême-droite sera ensuite obligatoire, et j’insiste sur l’obligatoire car l’insatisfaction sera stratosphérique. Au mieux, Macron négocie un répit. Personnellement, je n’ai que faire d’un répit. 

anonymous asked:

salut. c'est une question un peu bête mais je suis curieux.. évidemment Le pen est souvent comparée à trump alors selon toi qui est le candidat le plus "Bernie Sanders" des élections françaises cette année ? je sais pas trop sur tous les candidats et leurs programmes mais macron me semble assez respectable ?

Macron semble respectable ?!!!! Macron est un suceur de PEL et une fraude à la politique. Preuve en est l’exode de politiques en train de le rejoindre face au scandale Fillon à droite et la radicalité d’Hamon à gauche. Il n’incarne absolument aucun changement ni même amélioration. Il est un pur fruit du système bipartiste gauche-droite, adoubé par le système, prêt à continuer ce système. C’est un opportuniste incompétent. Je ne comprends même pas comment sa candidature peut être si prise au sérieux. Je ne me l’explique pas. 

Bernie Sanders, ce serait plutôt Hamon. Il incarne la gauche pure et dure, c’est à dire des progrès sociaux, une vision du progrès résolument centrée sur l’humain et le bien-être des citoyens. Certains diront Mélenchon, je ne suis pas vraiment d’accord car Mélenchon incarne un extrême. Les extrêmes me dérangent profondément, qu’ils soient de droite ou de gauche car les analyses qu’ils font de la société font profondément biaisées.
Pour moi, Bernie est loin d’être un extrémiste. C’est juste un homme plein de bon sens > alors c’est Hamon. 

Si les politiques étaient des types d'élèves
  • François Hollande : C'est le mec qui est délégué cette année. Les gens ont voté pour lui parce que c'était le nouveau, ils ne le connaissaient pas bien et il avait l'air sympa. Au final il fait plus baisser la moyenne de classe qu'il ne la remonte, à force d'organiser des soirées d'intégration tous les week-ends.
  • Jean-François Copé : Lui, il était délégué l'année dernière. Pourtant, personne ne disait avoir voté pour lui. On ne sait pas comment, mais il n'empêche qu'à l'arrivée il avait 28 voix sur 29.
  • Jean-Luc Mélenchon : C'est l'élève au fond de la classe. On ne l'entend jamais, sauf lorsqu'il hurle pour défendre soit-disant les intérêts de ses camarades, alors que ce qu'il veut c'est juste emmerder les profs.
  • Arnaud Montebourg : C'est le mec à côté de la fenêtre, la tête dans les nuages, et qui écrit des Ôdes à la lune tout le long des cours de philosophie.
  • Benoît Hamon : Il est gentil Benoît. Serviable, drôle, mais moche. Il aimerait bien plaire mais il se fait constamment friendzoner par les filles de la classe. Pourtant, il ne le sait pas mais il est la muse d'Arnaud qui lui dédie tous ses poèmes.
  • Emmanuel Macron : C'est l'élève au premier rang, sympa avec tout le monde, ses profs et ses camarades l'adorent, il est beau, et plus tard il reprendra l'entreprise de papa. Il est cool Manu mais il a bien un défaut, c'est l'énorme melon qu'il doit porter sur ses épaules
  • Marine Lepen : C'est la blonde "pro-vie", "pro-abstinence", "pro-culture catholique" mais surtout pro-connerie au milieu de la classe, là où on ne peut pas la voir distiller ses paroles dégoulinantes de supériorité.
  • François Fillon : C'est le mec à qui tu n'a jamais parlé de l'année, qui te paraissait timide et discret, pas méchant. Mais quand enfin tu lui adresses la parole, tu comprends pourquoi il n'ouvrait jamais la bouche.
  • Manuel Valls : C'est le bon copain. Vous allez boire de temps en temps des bières au bar en face du lycée, parlant de tout et de rien, mais surtout de ce qu'il veut. C'est qu'il te ferait peur parfois à imposer ses sujets de discussion en hurlant "49.3". Tu as perdu le contact depuis et tu comprends pourquoi.
  • NKM : C'est la fille avec qui tu passes le plus de temps. Vous vous amusez à bitcher sur les autres élèves et à préparer vos DM ensemble. Enfin, elle prépare les DM et tu les recopies.
  • Tag yourself.
  • Je suis un mélange de Benoît Hamon et de Mélenchon.

Qui a été humilié ? Celle qu’on traitait de guenon tous les matins ? Celle qui recevait des menaces de mort ? Celle sur qui on lançait des œufs ? À l’inverse, qu’on trouve un quart de virgule où j’aurais tenu un propos humiliant. Ce n’est pas faute d’en avoir entendu et d’avoir quatre enfants qui, en se levant le matin, les entendaient. 

Mais je ne compte pas, je fais rempart parce que, derrière moi, il y a des gens. Les agressions physiques homophobes, c’est La Manif pour tous qui les a supportées ? Les insultes homophobes, la disqualification de toute famille en dehors de celle avec un papa, une maman, un petit garçon et une petite fille… Ces gamins qui ont entendu qu’on les traitait d’enfants Playmobil. Elle était dans quel camp, l’humiliation ?

—  Christiane Taubira répond aux propos d'Emmanuel Macron sur les humiliés de la “Manif pour Tous”

On me parle de progrès, de “réalisations”, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes.

Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemin de fer.

Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme.

— 

Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme (1950), éd. Présence africaine, 1989

English :

“They tell me about progress, about “realisations”, cured illnesses, about a quality of life raised above itself.

I speak from societies emptied from themselves, trampled cultures, undermined institutions, confiscated lands, assassinated religions, shattered artistic wonders, extraordinary possibilities annihilated.

They hurl facts, statistics, road, canals, railroad mileages at me.

I speak from thousands of men sacrificed to the Congo-Ocean railway. I speak from those who, as I write, are digging by hand the port of Abidjan. I speak from millions of men torn away from their gods, their habits, their life, their dance, their wisdom.

I speak from millions of men who were taught fear, inferiority complex, quaking, kneeling, despair, how to serve & defer.”

Aimé Césaire, Discourse on Colonialism