ma petite vie

Cette année j'ai envie de profiter de mes potes, à fond, j'ai envie de faire des voyages, des sorties et plein de soirées, j'ai envie de passer mon temps avec eux, vivre des moments inoubliables, des moments qui resteront à graver à jamais tu vois. J'ai envie de vivre des putains de trucs avec eux, filmer chaque moment, profiter de chaque instants, prendre des milliards de photos, des belles comme des dégueulasses, des photos qui reflètent notre amitié. J'ai envie de pouvoir regarder tout ça plus tard, m'en souvenir et me dire que putain c'était bien, j'ai envie de faire les pires conneries, des trucs débiles mais qui nous feront rire à s'en péter le bide. J'ai envie de vivre chaque instant comme si c'était le dernier, de voir mes potes sourires et me dire que j'ai de la chance de les avoirs dans ma vie ces petits cons là. J'ai juste envie de profiter d'eux pendant qu'il est encore temps.

Quand sa y est …. aujourd'hui j'ai officiellement 27 ans.

Elle a claqué la porte en partant. J'ai senti qu'elle était fâchée, peut-être même hors d'elle, en tout cas elle m'en voulait. Elle en avait assez de me voir avachi sur le canapé, elle avait envie de vivre elle, besoin d'action, d'aventure, de plus que tout ce que je pouvais donner. Ma petite vie tranquille me convenait bien pour ma part, je ne demandais rien de plus avant qu'elle ne débarque. Elle a chamboulé tous mes principes, toutes mes habitudes, mon petit quotidien miteux a été foutu en l'air et je n'ai rien dit. Je l'ai laissé faire. C'est peut-être pour ça qu'elle m'en veut aujourd'hui, je crois que d'une certaine façon, je lui ai donné l'espoir que j'allais changer pour elle. Elle a transformé ma vie, je ne le nierai jamais puisque c'est la réalité, elle l'a vraiment bouleversée. Et pourtant, elle a claqué la porte en sortant. Parce qu'on peut changer une vie, mais on ne change pas les gens.
—  justevivante
Ecoutes ma petite, la vie c'est pas un contes de fée, c'est pas tout beau tout rose et tout ne se termine pas merveilleusement bien, non. Non, la vie c'est plutôt bourré d'obstacles, remplis de larmes et de chutes toutes plus hautes les unes que les autres. Parfois on se relève et on apprend à devenir heureux, et on y arrive. Mais parfois rien ne se passe comme on l'aimerait, parfois, on sombre profondément, on chute une fois, deux fois, trois fois et au bout de la quatrième on se relève plus, on baisse les bras et on attend que ça nous retombe dessus, parce qu'on sait que c'est jamais fini, que quoi qu'on fasse on aura toujours des merdes qui vont nous arriver, et qu'au final on sait même pas si demain on sera encore là pour en parler..
Et à chaque début de semaines, chaque début de journée c'est la même chose. Je me demande ce que je fou ici. Ce que je vais faire de ma petite vie minable. Et je trouve jamais de réponse.

j’essaie simplement de ne pas penser qu’à moi, de voir plus loin que ma petite vie pourrie, j’suis à la recherche de sens, je déteste ne pas comprendre et j’me sens comme dans une autre galaxie en ce moment, des trucs se passent autour de moi mais je comprends rien, j’arrive pas à communiquer avec les autres parce que je sais pas comment communiquer avec moi, j’ai toujours accordé une importance beaucoup plus grande à l’esprit qu’au corps, considéré que le corps n’était qu’une enveloppe et ne comptait pas, j’ai pensé que détruire mon corps rendrait mon esprit plus fort, j’ai toujours du mal à penser autrement pourtant je sais pertinemment que c’est faux, que les deux vont ensemble, je n’arrive pas à comprendre pourquoi le corps me rend si mal à l’aise, me trouble, arrêter de nourrir le corps pour pouvoir plus nourrir l’esprit n’était pas une bonne idée et pourtant cela me semble encore si logique, si normal, et j’ai commencé par dire “j’essaie simplement de ne pas penser qu’à moi” pourtant je n’ai fait que de parler de moi, peut-être parce que j’ai l’impression d’être une autre

Parfois j’ai envie de parler virtuellement à certains d’entre vous et je me dis que vous êtes intimidants et que vous allez me trouver nulle et bête et inintéressante avec ma petite vie 
Comment est-ce que je suis supposée parler à des gens dans la VRAIE VIE alors que même à 3000 km je me décompose dès que je dois dire “bonjour” à quelqu’un ?

J'ai vu Pierre cet après-midi. Ça m'a fait du bien. C'était la bulle de douceur qu'il me fallait depuis quelques temps.
Il a dit qu'il aimait bien mes cheveux, et qu'il était fier de moi.
Il m'avait promis, je ne sais quand, qu'il arrêterait de fumer quand j'aurai trouvé un projet professionnel… Et je crois qu'il est dans la merde parce qu'il va falloir qu'il la tienne sa promesse.
Et j'me rends compte que j'ai de la chance de l'avoir encore dans ma petite vie. Il est bienveillant avec moi. Toujours.
Je lui avais écrit un petit carnet un jour, et quand je lui ai donné, c'est la seule et unique fois où j'ai vraiment eu l'impression de le toucher. Aujourd'hui il a ouvert son sac noir, et il l'a sorti, ce carnet qui date d'il y'a deux ans “il est toujours là”. Et j'ai pas trop su quoi répondre quand je me suis rappelé tout ce que j'avais griffonné dedans. Ça m'a fait un pincement à l'âme je crois.
C'était doux, le soleil, les quais, le vent. C'était chouette.
J'me sens plus apaisée, plus sereine.
J'ai vraiment de la chance d'avoir Pierre, Lucy, et mon chéri, ici sur Lyon… J'me sens un peu comme “moi en mieux” quand je suis avec eux. Juste, vraiment moi en fait.

Merci @nothardtobehappy (traite moi de niaise ou de fragile si tu veux 💞)

Sur la petite échelle de soie qu'il déroule dans sa chanson il s'évade de sa prison
La marotte du fou c'est le spectre du roi et sa marotte à lui c'est celle de l'amour le seul roi de la vie
Ma petite reine de cœur ma petite sœur de lit
Le ramoneur parle de sa belle
chacun l'écoute tous sourient aucun ne rit de lui
Je suis son œillet
elle est ma boutonnière
Je suis son saisonnier elle est ma saisonnière
Elle est ma cloche folle et je suis son battant
Elle est mon piège roux je suis son oiseau fou
Elle est mon cœur je suis son sang mêlé
Je suis son arbre elle est mon cœur gravé
Je suis son tenon elle est ma mortaise
Je suis son âne elle est mon chardon ardent
Elle est ma salamandre je suis son feu de cheminée
Elle est ma chaleur d'hiver je suis son glaçon dans son verre l'été
—  Jacques Prévert

« Je ne te reconnais plus » qu’elle m’a dit au bord des larmes.

J’avais envie de lui répondre « moi non plus », mais je me suis tue.

Elle me lançait plein de compliments, pendant que j’avais les yeux fuyants. Je savais plus trop comment, comment j’ai pu m’absenter de ces moments de bons vivants. Je ne me suis pas reconnue cet après-midi, je me suis levée de mon lit machinalement, des nuits fractionnées toutes les quatre heures, il paraît que c’est à cause de la drogue, à ce point-là ma vie a des goûts de pathétique. Maman est en bas, je l’entends, elle est dans la cuisine, elle doit être entrain de faire la vaisselle, encore un repas de famille que j’ai manqué, rentrer avec les premiers métros n’a jamais été une très bonne idée, le faire-semblant ne suit plus au bout d’un moment. Aller, un joint pour se réveiller, un joint pour s’endormir, et puis parfois de la codéine entre deux inspirations, rien que pour éveiller les papilles par une amertume vomissante. T’es tombée bien bas que mon oncle m’a dit d’un regard, je l’ai ressentie la honte qui la parcourt dès qu’il croise ma carcasse, il a honte, et il est déçu aussi, j’aurais pu faire mieux, j’aurais pu finir tout en haut, à la place je n’ai fait que du surplace. En réalité, ce regard n’est plus si assassin au fil du temps. Parler me paraît étranger, converser me demande un effort surdimensionné. Les inconnus défilent, s’arrêtent devant moi, ils me servent un verre ou me passent un joint, je les remercie d’un grand sourire et des yeux baladeurs. Ils tentent un semblant de conversation, faire connaissance comme on dit, assez vain de leur part, il y a quelques temps je me suis renfermée dans un mutisme à faire pâlir un mort

Puis un type écorché vif vient me saisir, je crois que c’est mon ami, à cette heure de la nuit rien n’est très lucide dans ma petite vie. Il m’éloigne une fois les inconnus rassasiés de discussion, il se place devant moi, il me demande qu’est-ce qui va pas. Et moi je reste là, à le fixer droit dans les yeux, les pupilles dilatées, le souffle entrecoupé, les yeux vitreux, balayant tout ce qui restait de pieux dans ce jeu, pour lui répondre les yeux humides, la voix qui faiblit un « je ne sais pas » si lasse qu’il en a fait tomber sa flasque, elle s’est renversée à nos pieds, et moi aussi je me suis effondrée. 

Une amie me reprend en vol, et de nulle part me dit « tu vois toi, tu fais partie des bons vivants, de ceux qui sont toujours plein d’énergie, t’as toujours une connerie à sortir, t’oublies ta personne, tu fais toujours passer l’autre avant, t’es comme une enflure, t’es là, tu fais mal parfois, mais t’es là, on peut pas t’enlever de là, t’es toujours là, même si on te fuit, tu réussis à réapparaître dans nos vies quand on ne l’attend pas. T’es quelqu’un qui pue la joie, qui fait sourire avec ton humour pas cher payé, mais t’as une part de noir dans tes entrailles. Et fronce pas les sourcils comme ça, tu dupes personnes avec tes rires aux éclats, t’es toute cassée. Mais le pire dans tout ça c’est que tu restes là, debout, à sortir pour combattre l’ennui, tu te forces à sourire et t’y arrives, et c’est déjà pas mal, on part de bien bas. Prends du temps pour toi, ta grande gueule utilise là pour tuer ta neurasthénie, ta fulgurante mélancolie n’aura pas ta peau, promis. la paix, la paix n’est qu’une destination d’une vie gamine, ne t’apaises pas à coup de thc, enivre toi du soleil, cultive toi avec tous ces livres, illumine toi devant les films de la nouvelle vague. Soit bien-pensante mais jamais méprisante. Ne détourne plus jamais le regard face au miroir, ce serait la plus détestable des défaites. La bataille de l’hiver t’a mise une raclée, mais la guerre n’est pas inachevée, il existe encore des victoires à remporter, et des démons à malmener. Voilà ce que je me tue à te dire. ».

Je suis partie me coucher, la laissant en plan, sourde à toutes ces belles paroles, je lui ai soupirée “reviens demain, c’est pas aujourd’hui que je vais me bouger”. Une larme a parcouru sa joue empourprée par les effluves d’alcool, je lui ai lancée un dernier regard, comme pour lui dire “c’est trop tard, la rêveuse a laissé place à la couche-tard, sors de ma vie avant qu’il ne soit trop tard”

J’ai envie de mourir

C’est con , mais c’est vrai. Je ne vois pas l’intérêt de continuer cette course effrénée après des idées de futur joyeux. Futur qui sera surement tout aussi chiant et inutile que le présent.
Je ne comprend pas les gens. Tout le monde est d’une incohérence crasse à mes yeux. Les simples d’esprits sont légion.
Pourtant j’ai pas vraiment à me plaindre. J’ai même l’impression de me renier en écrivant ça , tellement j’ai toujours presque méprisé les gens sur ce réseau social. Non sérieusement , on dirait un meeting de victimes anonymes. Tout les gens qui se sont fait bolosser dans leur vie sont la.
Pi moi j’y suis aussi du coup. J’crois que ça me rend encore plus pitoyable. 
Ce texte ne sera surement lu par personne étant donné que j’ai jamais essayé de développer ce tumblr. Mais j’ai trop besoin d’exprimer. Et mes amis me considèrent tous tellement comme le mec toujours drôle , souriant , un peu atteint mais battant , que je me vois mal leur lâcher un “ j’ai envie de mourir” comme ça , sans pression. Ouais , en y repensant , ça ne passerait vraiment pas. Je ne sais même pas pourquoi j’écris. J’me tâte. Je vais peut être vous raconter ma vie , et j’ai assez d’égo pour que ça fasse au moins 150 pages , ou peut être que dans deux lignes je vais pas finir ma phrase et je posterais ça en m’en battant les reins , j’irais fumer un join et dodo. On verra.

Je m’appelle Pierre. J’ai 20 ans. J’suis née à Berlin en 1995. Ensuite mes parents sont allé s’installer en Bretagne , ou j’ai passé mon enfance , puis à Lyon ou je suis actuellement.
Quand j’étais petit , on m’as toujours dis que j’étais un peu chelou , un peu spécial. Mais jusqu’à mes 11 ans je m’en battais franchement les couilles. J’avais la mer , la dune , deux trois copains en dehors de l’école , une famille aimante , un petit frère casse couille mais c’est notre lot à tous , nous les ainés.

Il n’y à pas grand chose à dire sur cette époque. C’est l’age de l’éveil , c’est le plus beau , celui ou je voudrais retourner si j’avais le choix. Reprendre les choses à zéro , avant que tout s’accélère.

Vers 9 ans , en voyant mon décalage avec mes camardes , on m’a emmené voir un psy , on a fait des tests , des jeux à mes yeux.
J’suis surdoué. Le psy a dit ça comme un aveux , mes parents l’ont entendu comme une victoire. Pour moi c’était le début des emmerdes.
Surdoué , quel mot ! Surtout pour ma mère , aimante mais loin d’être brillante.

Quel belle merde. Surdoué. J’sais que je m’attarde trop dessus , mais les gens doué savent à quel point c’est important dans une vie. J’ai 165 de Qi. Je met la bite à Einstein , youhou ! J’en ai jamais rien fait. Je crois que ce texte représente l’effort intellectuel le plus intense de ces dernières années pour moi.

A partir de ce moment , ma petite vie sans pression à commencé son lent mais inexorable déclin. J’étais devenu le petit génie , à qui tout allait sourire. J’allais être la fierté d’une mère fonctionnaire, dégoutée de son propre manque de réussite.
J’allais avoir des bonnes notes. C’était même pas une question, j’aurais des bonnes notes , sinon ça allait chauffer. On a déménagé , la famille en Bretagne étant pourrie de intérieur , c’était mieux pour nous de partir.

Lyon.

Une grande et belle ville. Plein de gens aigris et minables , hargneux et petits , tellement humains que ça me donne la gerbe.

J’suis arrivé dans un collège de la banlieue proche de Lyon , je fleurais encore bon l’iode et le sel.
J’me suis retrouvé dans une cour grise et anonyme , aux milieu de 6èmes qui avaient l’air angoissés.
Pas moi. Moi j’étais le meilleur , ma mère me l’avait répété suffisamment souvent pour que ça rentre. Je crois que c’est même jamais sorti , mon égo c’est un dinosaure , encore aujourd’hui. 

Alors fatalement , quand un p’tit gars se croit meilleurs que les autres , ses camarades se font un plaisir de le remettre à sa place.
Je me suis vite rendu compte que ça n’allait pas être simple. Et j’étais encore loin de la réalité , pas simple c’est une euphémisme.
Il n’y a rien de pire que les enfants pour ça. Vous savez pourquoi ? Ils ne savent pas. Ils n’ont encore rien vécu , ils n’ont pas eu mal, ils n’ont pas vomi d’angoisse , pas tremblé dans la rue sur le chemin du lieu d’oppression. Ils sont la , tout con dans leur innocence.
Ils m’ont bouffé , ils m’ont mastiqué et ont recraché des petits bouts de moi. Des tout petits morceaux , hachés fin que j’essaye de recoller.

Peut-on m’en vouloir que le jouet ne marche plus , une fois que tout est remis en place ? Quelque chose est cassé. L’enfant rieur s’est perdu sur le chemin du collège, comme beaucoup d’autres.
Ca à duré 4 ans. 4 longues années , au personne ne m’entendait. J’avais l’impression de hurler dans une bourrasque , l’air me renvoyait mes mots dans la gorges, m’asséchait les yeux et l’âme. De rieur , heureux et aventureux , je suis devenu renfermé , aux aguets. Fou.

La folie c’est une chose étrange; elle est plus laide que la mort. Mais elle est si douce. On se blotti dedans et elle te donne le réconfort que tu n’as pu trouver ailleurs.

Tu te mets a longer littéralement les murs. Tu pleures moins , ton cœur est sec.
Tu apprends à courir vite , et a cacher les bleus.
Oh c’est rien , je suis tombé dans la cours maman. T’inquiète !

Tu vomi le matin , la bile te reste dans la bouche toute la journée. Les jambes flageolantes ,  tu prends le chemin de l’école. Tu douilles. Une journée de plus , une course de plus , une humiliation de plus. Tu t’enfermes dans les livres , tu essayes de ne plus penser à rien. Tu relis les même histoires chevaleresque et rêve de mondes sans injustices et sans peur , ou tu serais jugé à la force de tes bras et la pureté de tes sentiments.

Mais tes sentiments ne sont plus purs. Oh non. La haine te fait flamber le coeur. Tu perds le contrôle. Une humiliation de trop , tu leur sautes à la gorge.
Tu te découvre un talent certain pour faire mal. Ils sont si fragile. Un bras disloqué plus tard , c’est moi le méchant. Et eux sont des agneaux que l’autorité se doit de défendre.


Je crois que j’ai un peu trop divagué. Bref. Mon collège c’était la merde. Mon lycée , c’était mieux. Mais c’est moi qui n’allait plus. J’étais cassé. J’ai pas d’autre mots pour me décrire à cette periode. Plus rien ne me menaçait , j’avais changé d’établissement. Mais c’était trop tard , au moins 4 ans trop tard.

Je prenais tout dans la gueule , les gens après les avoir évité pendant si longtemps me semblaient vide. Vide de sens et de réflexions , de sentiments.
Un lycée , puis deux , trois , quatre , cinq , six. Si t’es lyonnais toi qui me lit , il y a de bonnes chances que tu m’ais croisé entrain d’errer dans les couloirs de ton lycée un moment ou un autre. T’as pas du faire gaffe? 

 Ensuite est venu l’hôpital , après une énième crise d’angoisse. 

J’ai eu l’impression de voler ma place. On ne cessait de me répéter que j’avais de la chance d’être la. Je ne la voyais pas vraiment. J’suis resté deux mois à bouffer des pilules , j’ai perdu 15 kilos , j’me suis barré.
Mon médecin était un con. Un vrai Con. J’avais déjà du mal avec les gens , et du mal avec les cons , lui il cumulait les deux. Je crois que je n’arrive pas à respecter les gens que je pense inférieur à moi sur un point de vue purement intellectuel en fait. 

Voila comme à chaque fois que je fais quelque chose , au bout d’un moment je me met à trouver ça vain. Pourquoi j’écris ça moi. On s’en fout bordel. J’ai envie d’écrire un livre. Pas sur moi hein. Sur un monde , une histoire avec des gens bon et droit. Mais je sais qu’à la deuxième page j’effacerais tout.


J’suis triste en fait. J’ai le coeur en pleurs dès que je regarde des infos , des gens , quand je sors voir la crasse du monde. Quand je couche avec une fille. Quand je vous écris ces lignes. J’suis triste et je ne sais pas pourquoi.

Voila , j’ai définitivement perdu l’envie pour aujourd’hui. La tristesse est un peu passée , je vais aller fumer, planer un peu et dormir. Jusqu’à demain. Peut être que demain ça ira mieux. Je renfile mes chaussures et je me remet à courir.
Demain tout ira mieux. Et si ça ne va pas mieux je reviendrais ici. Peut être que quelqu’un m’y attendra. J’espère un peu trop surement. 

Au revoir adolescence, t'as été vraiment très jolie. Tu m'as fait faire toutes les premières fois que je devais faire pour être armée à affronter la vie comme une grande. Tu m'as fait un peu boire, beaucoup manger, pas mal pleurer, tu m'as donné quelques diplômes et tu m'as fait voyager. Tu m'as montré que le bonheur ne se trouve pas seulement dans notre cocon familial, que parfois c'était important de regarder un peu plus loin pour mieux comprendre et apprécier les choses. Tu m'as fait rencontré toutes les personnes que je garderai pour toujours dans mon coeur, tu m'as montré qui j'aimais vraiment, qui restera toujours là. Tu m'as également arraché des personnes sans qui je n'aurais jamais vu la vie du même angle, tu m'as fait comprendre que la mort c'est pas juste un mythe, c'est une réalité douloureuse avec laquelle je dois apprendre à vivre. Tu m'as offert 5 ans et demi d'amour avec la personne que j'ai le plus estimée au cours de ma petite vie, tu m'as permis de grandir avec cette personne, d'apprendre à tout partager avec elle. À 21 ans, je prends une décennie de maturité dans la gueule : je redeviens célibataire, j'ai un métier qui se dessine, je prends conscience que maintenant c'est moi qui décide entièrement de tout ce qui va se passer. Ça fait beaucoup de liberté d'un coup, tu sais. Mais je vais apprendre à gérer tout ça et à l'apprécier.
T'as vraiment été jolie, chère petite phase de transition entre deux âges, mais maintenant on doit se quitter. C'est plus toi le boss aujourd'hui, et même si c'était vraiment chouette de se laisser porter, c'est moi qui prends les rênes maintenant.

Implosion

C’étais il y a deux ans déjà.  

Il y a deux ans je débutais involontairement le disjonctement de mon cerveau. Il y a deux ans les dernières émotions nécessaires à l’implosion de mon esprit entraient brutalement en collision avec ce dernier. Il y a deux ans je commençais à m’auto-flinguer sans le savoir.

J’voudrais revenir en arrière, prendre la gamine paumée que j’étais -il faut dire que ça, ça n’a pas beaucoup changé- dans mes bras et lui dire d’arrêter. J’voudrais lui dire, te prépare pas pour cette soirée, n’y va pas, dis que t’es malade, qu’tu peux pas. 

J’voudrais lui dire, regarde, regarde la chance que t’as, de la peau lisse de tes bras et d’tes cuisses, de ta mémoire qu’t’a pas encore perdue, de la confiance de ta mère qu’ta pas encore trahie, d’ta tête qu’t’as pas encore foutu en l’air et de ton corps que tu peux encore regarder sans dégoût. 

J’voudrais lui dire, profite, putain, profite d’Emma qu’est encore là, de ton sommeil sans artifice, du temps qu’t’auras bientôt plus, sors, s’il te plaît sors plus avec les gens qui comptent pour toi, lis plus, va voir plus d’expo, plus de films, écoute plus de musique. 

J’voudrais lui dire, règle vite tes problèmes avant qu’ils ne te bouffent la vie, demande à partir en pension, balance tes lames, arrête de boire, commence jamais à fumer. Oui je sais, ton père est un abrutis et ça changera jamais, tu ne le changeras jamais mais c’est pas ça qui va t’empêcher d’être heureuse et tu verras bientôt que c’est très facile de l’ignorer, ne le laisse pas avoir de l’emprise sur toi.

J’voudrais lui dire, termine tes études avant de penser aux garçons, ils sont pas encore prêts et toi non plus, pour le moment vous ne pouvez vous faire que du mal, te précipites pas, t’as tout ton temps, t’as toute ta vie et là, maintenant, c’est pas ce qui compte. 

J’voudrais lui dire, réfléchis-y à deux fois avant de faire quelque chose d’important, et l’fais jamais quand t’es triste. Oui tu vas p’têtre faire des conneries, mais c’est pas grave, c’est pas grave, pardonne-toi, t’as le droit de te pardonner. 

J’voudrais lui dire, ne laisse jamais quelqu’un te faire sentir minable, inutile, inintéressante ou inférieure. Parle plus fort, et parle seule, affirme plus tes idées, t’as le droit de penser différemment des autres, ça veut pas dire que t’es bizarre ou que t’as tors. Ai plus confiance en toi.

J’voudrais la serrer fort dans mes bras, la rassurer, lui donner la force, le courage qui m’manque aujourd’hui pour continuer, le courage que j’avais déjà pas à l’époque.

Mais t’sais quoi, j’peux pas faire ça, ce s’rait beaucoup trop simple, n’est-ce-pas ? J’peux juste contempler ma vie, cette petite chose que j’ai maladroitement bâti, ramasser les morceaux qui reste, essayer d’les assembler ensembles et espérer qu’ça tienne encore un peu.