lourdement

Originally posted by dolceblackh

Beaucoup d’hommes confondent la politesse avec la drague parce qu’on les conditionne à penser que toute marque d’intérêt ou simplement de courtoisie, quand elle provient d’une femme, équivaut à de la séduction. A l’opposé on éduque les jeunes filles justement à limiter l’expression de leur intérêt pour éviter de “provoquer” des réactions d’empressement, voire de harcèlement de la part des garçons.

Ainsi, souvent, quand une jeune fille ou une femme est harcelée (ou lourdement draguée) elle n’a pas instinctivement une réaction défensive mais un réflexe d’instrospection: qu’est-ce que j’ai fait, dit, qu’est-ce que je lui ai laissé penser etc.

C’est donc pour ça que beaucoup de femmes peuvent réagir, au contraire, de manière défensive lorsqu’un homme leur témoigne de l’intérêt, de peur justement de déclencher une réaction en chaîne dont elles se blâmeront, et seront aussi blâmées par la suite, même si elle débouche sur de la violence.

Si vous êtes un garçon et que vous déplorez le fait que les femmes soient sur la défensive: agissez différemment. Cessez de penser systématiquement que toute marque d’intérêt d’une femme signifie qu’elle vous veut. Respectez les limites quand elle en pose. Elle ne répond pas à vos messages, semble vouloir prendre de la distance? Ne suivez pas les conseils de Fimina; elle ne veut pas que vous la pourchassiez, elle veut que vous la laissiez tranquille.  Réagir quand un de vos amis est en colère après une femme qui lui “a laissé penser des trucs” c’est aussi nous rendre service, comme être clair sur vos intentions. 

Il faut bien comprendre que l’actualité - et nos vies, nos entourages - sont remplies de femmes qui ont été tuées, violées, frappées, insultées, pour avoir simplement dit non, à un inconnu, mais aussi à un ami, un collègue, un voisin. Les femmes utilisent donc des techniques de détournement, d’apaisement, pour éviter de mettre les hommes en colère, et donc éviter de se mettre en danger. En lisant ça vous vous dites probablement, mais je ne suis pas violent, comme une femme de mon entourage peut penser que je pourrais le devenir, ou que je pourrais me mettre à la harceler? Tout simplement parce que la majeure partie des agresseurs fait partie de l’entourage et que nous avons toutes ou presque eu un ami ou un collègue qui a eu ce genre de phase, et qu’on ne peut pas savoir si ça ne pourrait pas vous prendre aussi. Il faut comprendre qu’on vit dans cette réalité pour comprendre nos réactions. 

On est parti à Bruxelles avec L'espagnol
  • On a pris un ouibus, et c'était le premier de L'espagnol, il était tout excité c'était trop chou
  • On s'est perdu environ 4 fois avant de trouver la bonne direction une fois arrivé à Bruxelles
  • On a acheté des clopes et du tabac belge
  • On s'est posé en terrasse et il a commandé un thé arabe, et oh mon dieu j'aime pas le thé, mais j'aurais pu mourir pour celui ci
  • On marchait au hasard dans Bruxelles, et on a vraiment adoré la ville
  • On est rentré dans une boutique pour acheter un cigare et quand le mec a dit “on a des cigares de 3 a 40€”, on s'est regardé avant de dire “alors on va vous prendre un cigare à 3€”
  • Puis on s'est mis à la recherche de notre premier endroit où se poser pour commencer notre première bouteille
  • On a trouvé une place classe, et L'espagnol n'arrêtait pas de dire “mais c'est quoi cette place ?”
  • On a fumé le cigare
  • Ça m'a déçu
  • Et on a cherché un McDo pour faire pipi
  • On est rentré dans un, allé à l'étage qui était fermé, puis en plein milieu de mon pipi, toutes les lumières se sont éteintes: le McDo fermait
  • On est sorti en courant et en rigolant
  • Deuxième endroit où se poser: une place remplie de gens
  • On a parlé anglais, vu des flics embarquer un mec, et des “swaggers” danser (comme disait L'espagnol)
  • On a encore bu plusieurs verres puis on a fini dans un bar à danser et remplir nos verres en douce
  • Un mec m'a dragué lourdement au fumoir, mais à la fin il m'a donné un pull, alors ça va
  • L'espagnol a vomi toutes ses tripes en sortant (le kebab était vraiment mal passé)
  • Il s'est allongé par terre et j'ai joué à 1010 pendant qu'il dormait
  • Après je l'ai réveillé et on est parti en quête du McDo H24
  • Y avait un gang et le chef du gang c’était un mec en fauteuil roulant 
  • J'ai voulu dormir mais la sécurité m'a réveillée
  • J'ai parlé avec un néerlandais en anglais, puis avec un nantais en français
  • Un malfrats enrhumé m'a piqué mes mouchoirs (bon en vrai la scène c'est qu'on m'a ouvert la petite pochette de mon sac à dos, mais j'ai rien de valeurs dedans, rien que des médocs, du coup le mec a pris des mouchoirs en lot de consolation)
  • On a voulu voler L'espagnol et il en a parlé pendant 1h
  • Je parlais à Bn par message, et quand je lui ai dit qu'on avait voulu voler L'espagnol, elle a compris qu'on avait voulu le voler lui en entier pour l'emmener
  • Après on a rejoint la gare où on devait prendre le bus à 9h50
  • Il était 7h quand on est arrivé
  • Ce fut les 2h les plus longues de ma vie
  • On a pris le bus
  • Je suis rentrée chez moi à 12h, j'ai mis le réveil à 18h, mais mon téléphone s'est éteint et je me suis réveillée à 5h du mat
  • C'était notre aventure à Bruxelles
Je Nous (Genoux)

“ Ne t'attache pas à moi ” ses mots résonnent encore dans ma tête.
Mon coeur se serre.
Je crois qu'il est trop tard.
Alors je me traîne lourdement sur le chemin du retour.
Mes larmes me menacent.
Il est trop tard.
Mes larmes m'ont vaincu.

JE T’AIME 

Personne ne m'a appris ce mot. Je l'ai senti venir des profondeurs de ma chair, monter de mon sang à mes lèvres et s'envoler vers ta jeunesse et la force féconde qui est en toi.
Je l'ai entendu sortir de ta bouche avec ivresse. C'est un oiseau doré qui s'est posé sur mes yeux, si doucement d'abord, et puis si lourdement que tout mon être en a
chancelé.
Et je me suis abattue dans tes bras, tes grands bras où je me sens fragile et protégée.
La parole qui promet et qui livre, la parole sacrée jailli de notre vie ardente, planait sur nos têtes dans un clair rayon. Sylvius ! te souviens-tu ?
Alors j'ai vu passer l'Heure, l'Heure unique qui nous souriait et levait dans ses mains un caillou blanc.
Sur sa tunique, une à une, lentement les roses de son front s'effeuillaient.
J'ai vu cela à travers mes paupières fermées, la joue appuyée contre ton cœur qui marque des secondes éblouis- santes, comme un balancier de rubis.

II
J'ai regardé ton corps debout, simple et altier comme un pilier d'ivoire, ambré comme un rayon de miel.
Je l'ai regardé, les mains croisées sur mes genoux, sans l'effleurer, dans la contemplation fervente de sa splendeur, et je l'ai aimé avec mon âme plus passionnément.
Je me sens presque craintive, dominée par ce rythme qui chante à mes sens une mystérieuse musique ; je m'exalte silencieusement devant ce poème de grâce virile, d'élégance hautaine, de victorieuse jeunesse.
O Sylvius, dis-moi que tu me donnes toute ta beauté. Dis-moi qu'elle est mienne, ta tête rayonnante imprégnée de soleil, dis-moi que tu m'abandonnes ta poitrine large où je m'étends pour sommeiller, tes hanches étroites et dures, tes genoux de marbre, tes bras qui pourraient m'écraser et tes mains si chères, où mon baiser lent se dépose au creux des paumes caressantes.
J'ai regardé tes lèvres fières qui plient sous les miennes, tes dents où mes dents se sont heurtées illuminent ton sourire, ta langue chaude m'endort, et quand je m'éveille de mon vertige, c'est pour revoir ton corps triomphant,
altier comme un pilier d'ivoire, ambré connue un rayon de miel.

III
Cette nuit tu as pris ma tête entre tes doigts impérieux et tu disais, les dents serrées : Ne bouge pas.
Et je me suis abandonnée, le front cerclé par la couronne ardente qui se rétrécissait.
Pourquoi n'as-tu pas enfoncé les ongles plus avant? Je n'aurais pas bougé et la douleur, venue de toi, serait entrée délicieusement dans ma chair.
Ton désir jeune et délirant peut romore mes muscles, courber mes os, me faire râler d'angoisse, je suis ta chose, Sylvius, ne laisse rien de moi, puisque ma volonté
s'en est allée à la dérive, dans l'eau attirante de tes yeux.
Et cette nuit, passive et nue, n'étais-je pas une reine sous la couronne vivante de tes doigts refermés.

IV
Pendant cette minute inoubliable où nous nous sommes aimés plus loin que la terre, plus haut que le ciel, dans un monde resplendissant j'ai connu toutes les amours.
Un feu surnaturel les a fondues dans mion cœur, comme en un creuset dévorant.
J'ai été la mère, la sœur, l'amante; j'ai été ta chair, ton sang, ta pensée, ton âme emportée vers l'au delà, vaste et illuminé.
Ton front s'appuyait au mien ; qu’ est-il venu de ta vie vers ma vie dans cet éclair de radieuse pureté?
Dis-moi Sylvius, quel dieu puissant nous a prêté alors un moment de sa divinité.

V
Que mon âme murmure autour de ton âme comme une abeille autour d'un calice parfumé.
Que mon amour coule dans ton cœur, comme à travers les menthes bleues, la source innocente qui vit au soleil.
Que ma pensée soit une colombe blanche posée sur ta pensée.
Et que ta vie se referme sur ma vie, comme le cristal sur la goutte d'eau prisonnière qu'il garde depuis de milliers d'années.

VI
Tu ne me diras pas : Non.
Souviens-toi que j'ai baisé tes lèvres, afin qu'il ne leur échappe que des paroles de douceur.
Tu ne laisseras pas monter la colère dans tes yeux.
Souviens-toi que j'ai baisé tes paupières, pour que ton regard soit une caresse sur le mien.
Tu ne lèveras pas le doigt qui me menace.
Souviens-toi que j'ai baisé tes mains, afin qu'elles ne retiennent que des gestes de tendresse.
Tu ne t'éloigneras pas de moi.
Souviens-toi que j'ai baisé tes pieds, pour qu'ils reviennent fidèles vers ma maison.
Tu fermeras ton cœur à l'amour d'autres femmes.
Souviens-toi que j'ai baisé ton cœur à travers ta poi- trine, afin qu'il soit à moi par delà le tombeau.

VII
Je ne te dirai plus combien je t'aime, Sylvius, je ne sais plus.
Je poserai ma joue sur l'écorce du chêne, l'arbre de force et de fierté, je lui dirai : Que ta feuille s'envole pour lui porter l'orgueil de mon amour. J'irai vers le bouleau délicat qui palpite, l'arbre rêveur comme un rayon de lune, je lui dirai : Que ta feuille s'envole jusqu'à celui qui a tout mon amour, pour lui en dire la douceur.
J'irai vers l'alisier qui se dore en automne, l'arbre aux fruits précieux plus beaux que des bijoux, je lui dirai: Que ta feuille s’,envole, par elle il connaîtra l'ardeur de mon
amour. Tu feras un bouquet des frêles messagères et tu les laisseras se flétrir sur ton cœur.
Qu'y a-t-il au fond des landes tristes à la fin du jour?
Le dernier rayon du couchant, droit comme un couteau d'or.
Qu'y a-t-il sur les branches des chênes, quand l'ombre verse sa cendre fine sur les marais?
Des poules noires qui vont dormir.
Qu'y a-t-il vers les cabanes aux toits ondulés, dans le silence gris des brumes ?
Des bergers hauts sur leurs échasses, de longs troupeaux qu'on n'entend pas.
Et dans mon cœur, si lourd de ton absence, qu'y a-t-il ?
Toi, mon grand amour, toujours toi.

Le Livre pour Toi.

Marguerite Burnat-Provins
1872-1952


*

Peut-etre déjà publié par mes soins mais quand on aime… N’est-ce pas ! …

Il ne faut pas me dire les choses brusquement, comme hier, dans le salon de thé. Je ne peux pas les entendre, je ne suis pas prête. Ne me donne pas de l'amour à grandes louchées, je ne peux pas l'avaler. C'est comme si tu gavais un affamé du Sahel, tu le ferais crever.
Aimer, je ne sais pas, j'imagine, j'essaie de savoir avec toi… Aimer, c'est savoir ce dont l'autre a besoin et dans quelle quantité. Ne pas le bousculer, ne pas le prendre d'assaut. Ce n'est pas seulement répondre à ton besoin de donner, d'aimer, c'est s'adapter à l'autre. Je ne peux pas prendre tout ce que tu me donnes, en insistant si lourdement. Cela me donne envie de régurgiter… Je t'en supplie : écoute-moi, sois patient, avance lentement…
—  J'étais là avant, Katherine Pancol

« Je peux avoir des espérances à titre personnel et être déçu. Et ça m'arrive souvent dans ma vie privée, d'avoir ce genre d'espérances face aux femmes et d'être déçu. » a lancé Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, le 27 juin à Quotidien. Le 2 août, lors d'une interview à Konbini, il se disait « déçu » de la tenue « peut-être un poil trop ample » de la chanteuse Rihanna, reçue à l'Elysée pour parler d'éducation, notamment celle des petites filles. Il a également lors de cet entretien eu un comportement digne du hashtag #balancetonporc en flirtant lourdement avec la journaliste qui l'interrogeait. Attitude et propos choquants, mais pas étonnants : le Premier ministre Edouard Philippe ne s'est guère distingué lors des votes des lois sur l'égalité sous le quinquennat Hollande, que ce soit le mariage pour tous, où il s'est abstenu, ou celle sur l'égalité réelle entre les femmes et les hommes en 2014, lorsqu'il s'est abstenu à la première lecture et qu'il était absent à la seconde. C'est par ailleurs sous Emmanuel Macron que le ministère des Droits des femmes a disparu pour n'être réduit qu'à un secrétariat d'Etat – avec donc moins de budget et de personnel et une présence au conseil des ministres sous conditions – et le choix du Président ne s'est pas porté sur une femme pour Matignon, alors même qu'il avait affirmé y être favorable. D'autres personnalités distinguées par En Marche, comme Gérard Darmanin, ministre de l'Action et des comptes, ou encore certains députés, comme Oliver Serva, député de la première circonscription de Guadeloupe, n'ont pas été étrangers à la Manif pour tous et à son homophobie assumée. Les excuses des intéressés n'ont cessé de pleuvoir… après la révélation des faits. La République En Marche, parti du « renouveau », « seul adversaire capable de vaincre le FN », ne pouvait guère se permettre de voir de telles mises en accusation s'abattre sur elle au sortir triomphant de l'élection présidentielle, puis des élections législatives. On pourrait presque en venir à oublier ce que sont réellement les discriminations et ce qu'elles impliquent.

Les discriminations, ce sont des visages, ceux de leurs victimes. C'est tout le sens des photos des victimes noires de la police américaine diffusées notamment par Black Live Matters et d'autres organisations anti-racistes sur les réseaux sociaux et lors des manifestations en répétant #sayhisname ou #sayhername, ou en France de la figure d'Adama Traoré, d'Ilan Halami, de Marie Trintignant ou de Théo. Dans les mouvements sociaux anti-sociaux aux Etats-Unis, les pancartes des manifestants, ralliés sous le mot d'ordre « We The People », montraient des visages de personnes discriminées, par exemple celui d'une jeune femme voilée. Le mois des fiertés de 2016 a été entaché par le sang des victimes de l'attentat d'Orlando aux Etats-Unis le 12 juin, qui a coûté la vie à cinquante personnes dans une boîte gay. Les camps de torture en Tchétchénie et les politiques répressives dans certains pays du Moyen-Orient viennent encore démontrer que les persécutions dont est victime la communauté LGBT dans le monde sont loin d'être terminées. En France, les agressions de couples gays ne sont pas des cas isolés, comme on l'a constaté encore récemment à Lyon le 28 juin. Ce sont aussi les visages des personnalités qui les combattent ou les encouragent. Barack Obama, premier Président des Etats-Unis noir, a très largement contribué à protéger par la loi la communauté LGBT américaine, comme – entre autres –  en octobre 2009 avec une loi fédérale qui reconnaît à un crime motivé par l'homophobie le statut de « hate crime ». Christiane Taubira a lutté toute sa vie contre le racisme et a porté le mariage pour tous en France. Emma Watson a utilisé sa célébrité pour créer une campagne HeForShe et faire un discours féministe à l'ONU en 2014. A l'opposé, Donald Trump et son vice-président homophobe Mike Pence, Marine le Pen ou encore Vladimir Poutine et son lieutenant tchétchène Ramzan Kadyrov ne cachent guère leurs haines vis-à-vis des minorités, à grands renforts de déclarations intolérables, voire d'actes barbares perpétrés à leur encontre.

Les discriminations, ce sont des vies. Elles reposent sur un système légal et social qui conditionnent la vie des minorités. En témoignent tous les tweets des hashtags #balancetonporc en France et #metoo à travers le monde suite à l'affaire Weinstein pour dénoncer le harcèlement sexuel dont les femmes font l'expérience quotidienne. On ne peut ignorer non plus tous les témoignages de contrôle au faciès, d'injures racistes, sexistes ou islamophobes dans l'espace public et de discrimination à l'emploi, puis de plafond de verre malgré les quotas, de slut-shaming… Les chiffres de violences parlent d'eux-mêmes. Une femme sur trois est exposée à des violences dans le monde, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son conjoint. En neuf mois, en 2016, la police américaine abattait pas moins de 700 personnes, dont une immense majorité d'Afro-américains et d'hispaniques. Les menaces et actions islamophobes en France ont triplé entre 2014 et 2015. Les chiffres de l'antisémitisme ont certes diminué, mais, comme l'a rappelé Bruno Le Roux en présentant son bilan, les actes terroristes à Toulouse en 2012 et à l'Hyper Casher ne permettent pas de baisser la garde. La stèle à la mémoire d'Ilan Halami a été profanée encore récemment. Vient s'ajouter à tout cela un contexte peu favorable à l'avancée des luttes contre les discriminations : élection de Donald Trump aux Etats-Unis, attentats terroristes, montée des nationalismes un peu partout en Europe… Les vies des personnes discriminées sont déterminées par un environnement parfois franchement hostile : le mariage pour tous ne s'est pas fait sans remous, que ce soit en France avec la Manif pour tous ou en Allemagne, dans un délai certes bien plus court, mais avec une chancelière et un parti conservateur de droite qui s'y sont opposés au Bundestag. La PMA – et la GPA – promettent elles aussi de provoquer une levée de boucliers conservateurs. Les jeunes homosexuels ou transgenres peuvent encore être jetés à la rue par leurs parents en France, comme le prouve la nécessité de structures d'accueil comme le Refuge. L'homophobie a encore de beaux jours devant elle avec des animateurs télé comme un certain Cyril Hanouna, qui trouvait très drôle d'« outer » sur un plateau un jeune gay dans son émission pas plus tard que cette année. Que dire de la culture du viol, présente dans la bouche de citoyens comme de policiers qui culpabilisent les femmes victimes de harcèlement, voire de viol ? Des inégalités salariales persistantes entre les hommes et les femmes, qui s'élèvent à 24% en France ?

Les discriminations, ce sont des combats. Ces combats sont souvent portés par les minorités qui s'organisent en mouvement social – la Gay Pride née le 28 juin 1970 à New York après les émeutes de Stonewall l'année précédente ou Women’s March plus récemment aux Etats-Unis – contre le système qui les discriminie – la Gay Pride d'Istanbul de 2017 où la communauté LGBT a défilé dans les rues malgré l'interdiction du gouvernement – ou contre des mouvements conservateurs, comme la Manif pour tous en France. Aujourd'hui, ils se développent, voire s'exportent, aussi en grande partie grâce aux réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter. Les combats peuvent aussi diviser le mouvement social lui-même, comme le féminisme. Si le féminisme intersectionnel – qui prend en compte tous les aspects de la vie d'une femme qui peuvent encore plus la discriminer, comme sa couleur de peau ou sa religion – semble être celui qui est le plus à même de respecter la définition de féminisme, c'est-à-dire l'égalité homme-femme et la liberté pour chaque femme de faire en toute conscience ses choix et sa vie, des courants au sein du mouvement perturbent aujourd'hui cette définition. Les trans-exclusionary radical feminists excluent les femmes transgenres de leurs luttes, les sex-worker exclusionary radical feminists excluent les prostituées, une partie des radical feminists promeuvent une certaine haine des hommes et le féminisme « blanc » est l'inverse du féminisme intersectionnel et défend le seul type de femme « convenable » à ses yeux, la femme blanche occidentale. Ces discordes au sein du courant féministe ne sont pas les premières, puisque déjà au XIXème siècle en Angleterre, des femmes bourgeoises réclamaient des droits non pas parce qu'elles considéraient les femmes comme égales aux hommes au nom de l'égalité des genres, mais au nom de leur patrimoine égal à celui de certains hommes, laissant donc leurs consoeurs plus pauvres à leur oppression. La question qui déchire souvent le féminisme est celle du voile. Son port est protégé par un ensemble de textes au nom de la liberté de croyance, de la loi de 1905 en France à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme en passant par l'article 10 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne. Linda Sarsour, une des leaders de Women’s March, est par ailleurs voilée, preuve que voile et féminisme ne sont pas entièrement incompatibles. Tous ces combats continuent encore aujourd'hui, à travers les mouvements sociaux, les manifestations, les associations et les réseaux sociaux. A nous de ne pas rendre les armes tant que la discrimination sera le quotidien de certaines minorités.

J'en ai lourdement ras-le-fion de voir cette satanée pub pour cette merderie d'application qui vous indique à quelle personnalité celebrement conne vous ‘ressemblez’. Quelle saloperie de résidu de limande pourrie

Angoisse, ma belle angoisse, dis moi qui est la plus frêle.

Mon anxiété c'est mon double, c'est comme une petite bête, une boule informe, toujours présente, toujours là pour moi.

Je vais essayer de m'en détacher, car elle n'est pas moi

Je vais essayer de l'écrire.

Aujourd'hui je me suis réveillée, elle s'est assise à califourchon sur mon ventre, cette petite chose, elle s'est agrandie d'un coup et m'a frappée en pleine figure. Bonjour. Ou plutôt non, mauvais jour, comme hier, tu sais, ça va chier. Dès le matin. Alors je reste sous la couette. Elle se met derrière moi en position de cuillère et commence à me chuchoter à l'oreille : « bon il faut que tu te lèves parce qu'il faut que tu fasses du vélo mais si tu restes tu auras pas le temps parce qu'il faut que tu fasses aussi ta quiche pour ce midi il faut que tu manges aussi ton petit déjeuner et puis y a plus de batterie dans l'ordinateur il faudrait que tu lises aussi et puis souviens toi il y a ton exposé et ton linge dans la machine à étendre il faut que tu partes d'ici deux heures il faut que tu finisses cet exposé pour après les vacances il faut que tu rattrapes tes cours que t'as raté parce que je faisais que de te parler comme ça et je t'ai retarder il faut aussi que tu fasses ton interro en retard et puis finir aussi ce livre de cinq-cent cinquante pages parce qu'il faut que tu fasses ton exposé dessus il faut que tu lises aussi l'autre livre et il faut que tu te replonges dans ton mémoire et que tu lises ce livre et puis ce livre et puis ce livre et puis tu sais il faut que tu arrives a lire plus de trente pages par jour je sais que je te prends la tête mais tu sais il faut parce que sinon tu vas tout rater tu te souviens qu'il y a l'agrégation les mille pages de grammaire les livres à lire l'année prochaine mais avant le mémoire en avril et les heures de travail que ça va te demander au fait tu veux pas une cigarette ? Une bière ? Huit bières ? Comment ça tu ne vas pas bien d'accord je te laisse deux minutes avec ton tout petit Courage et je reviens de suite.»

Je me suis levée, j'ai mis mes affaires de sport, je suis arrivée dans le salon, vide, silencieux, j'ai ouvert les volets, j'ai renoncé à faire du sport, j'avais mal au ventre. Mon café a le goût de chaussette, le petit déjeuner pas de goût, j'ai regardé mon 6e épisode en deux jours (tout le monde me demande toujours comment j'ai le temps de voir autant de séries). La petite bête informe, pendant tout ce temps, avait noué mes tripes autour de mes chevilles et se laissait traîner lourdement derrière moi sur le sol. Elle a refait son speech :

« il faut que tu manges aussi ton petit déjeuner et puis y a plus de batterie dans l'ordinateur il faudrait que tu lises aussi et puis souviens toi il y a ton exposé et ton linge dans la machine a étendre il faut que tu partes d'ici une heure il faut que tu finisses cet exposé pour après les vacances… » et puis elle a continué ainsi : « tu sais y a la poubelle qui va déborder tu l'as pas sortie hier il faudrait faire la vaisselle et puis nettoyer parce qu'il faut que tu prépares aussi tes affaires que tu t'habilles et puis te maquille et puis tu sais y a tout a préparer et penser demain qu'il faut que tu ailles au centre ville mais prend la voiture ou peut-être le bus mais a pied c'est trop long et puis je suis dans ton ventre et je tiens à y ». Elle a surtout continué à tirer sur la boule dans le ventre, à l'écarteler aussi. J'ai dis merde. Il faut que j'arrive à me détendre surtout, à la faire taire cette connasse. Culpabilité, qui fumait dans un coin s'est contentée de lâcher un sale rire, elle aussi elle passe son temps à se moquer de moi. Bon et cet exposé ? Mais comment au juste on se débarrasse de l'anxiété ? Tu devrais penser à ton linge, j'ai pas envie de bouger. Il faut que je me batte, je peux pas rester comme ça, on t'as laissé un message, tu vas les rappeler quand ? Je déteste le téléphone.

L'anxiété ce n'est pas moi. L'anxiété c'est mon cerveau qui délire et qui a peur des événements extérieurs. Ou plutôt, c'est simplement l'expression de l'interprétation qu'en fait mon cerveau. Je suis capable d'y arriver, mais j'ai une peur bleue de ne pas réussir. Alors le cerveau bloque. L'événement est à portée, il suffit de grimper vers. Mais l'anxiété concentre le dénivelé de deux années dans la toute petit boite de la journée. Mon anxiété veut me faire rater, parce que c'est sans doute plus facile de rater que de se battre. Elle peut rester sur On, laisser le filet de voix se dévider, me laisser seule face à ça. Je l'écouterai simplement, en faisant ce que j'ai à faire. Tant pis pour le poids du ventre, tant pis pour la solitude, tant pis pour l'avenir qui ne m'inspire déjà que du regret. Je vais sortir marcher. Je vais essayer. Tant pis. Tant pis pour l'ennui, pour les pensées qui tournent à plein régime, tant pis pour les murs invisibles qui ont poussé dans ma maison et qui m'empêchent de circuler, tant pis pour les vêtements qui traînent par terre et pour le temps que j'aurais perdu à cause de la culpabilité, tant pis pour les journées grises et trop longues, tant pis pour les pensées morbides et les faiblesses alcoolisées.

J'aurais au moins réussi à créer quelque chose à partir d'elle.  

L’automne s’installe nonchalamment.. .

Le froid envahit la place

Sans la trace d’un orage insidieux.

Pourtant, il semblait là.

Une empreinte paradoxale flotte lourdement.

Les fruits hors saison pourrissent & nourrissent les poisons ténébreux.

Un incendie serait rêvé !

Embrasant le désir qui certains jours s’enterre.. .

Ravivant les plaisirs des amours meurtrières.. .

Non.

Tout demeure dans cet entre-deux.

Resplendir appartient au passé,

& de l’avenir dépend l’air glacé.

Rien n’est figé, le flou s’empare de la ville.

Cependant, rien ne bouge, le mouvement attend, fébrile, stérile.

La volonté est alors destructive.

L’envie d’arracher la chair,

De mordre la poussière déjà volatilisée,

Est irrépressible, incontrôlable.. .

Oui !

Le froid envahit la place

& je voudrais cet orage subversif.

En-corps.. .

Qu’il recommence à dévaster les plaines,

Qu’il continue à défoncer nos chaînes.

Mais,

L’automne s’installe nonchalamment.. .

Celui qui m'embrassait de force quand j'avais 6 ans. Celui qui a téléphoné à un numéro au hasard dans l'annuaire, qui a demandé si j'étais Liliane, j'ai répondu que non, j'étais sa fille et ce porc s'est quand même masturbé et a raccroché après avoir joui. Il m'a laissé avec l'impression que j'étais dégoutante. Celui qui est venu chaque matin pendant une semaine nous montrer sa bite à ma copine et moi alors que nous attendions le bus pour aller au collège. Ceux qui ce sont montré plus qu'insistants pour coucher avec moi alors que je n'en avais pas envie et qui ont fini par obtenir ce qu'ils voulaient à grand renfort de paroles culpabilisantes. Ceux qui m'ont fait des allusions graveleuses - amis, connaissances, famille ou inconnus . Ce patron qui m'a coincée aux toilettes lors de mon premier jour de travail. Ce même patron qui ne supportait pas que des clients masculins me parlent et me faisait des crises de jalousie. Encore ce patron qui a tenté de m'enivrer pour que je baisse ma garde et qui a fini par me renvoyer parce que je ne portais pas assez de jupes. Cet autre exhibitionniste qui m'a rattrapée dans la rue alors qu'il faisait nuit noire, qui a commencé à me caresser et m'a balancé un coup de pied voyant que je ne me laissais pas faire. Ceux qui m'ont tripotée dans la rue. Ceux du métro avec qui je me suis forcée à sourire et à rester gentille tellement j'avais peur qu'ils m'en collent une. Celui qui m'a fixée tout le long du trajet, m'a suivie lorsque je suis descendue et m'a proposé de l'argent pour coucher avec moi. A ceux qui m'ont dit “paye ta chatte” alors que je retirais de l'argent d'un distributeur… et tous ceux que j'ai pu oublier..

Toute première fois :     Christine Boutin enfin adaptée au cinéma !

« LA MODE, C’EST LES GAYS »

Cette phrase immortelle de Christine Boutin semble avoir été le mot d’ordre des producteurs de Toute première fois, la première comédie française post-mariage pour tous. Mais que cette bonne vieille Christine se rassure : Toute première fois a beau être *encore* un film sur les gays, c’est un film qui -peut-être par inadvertance- risque de lui faire plaisir, tant il se plaît à représenter une réalité inversée et mensongère,conforme en tous points à celle que la pasionaria de la cause homophobe tente de nous faire croire depuis des années. 

Au lendemain du déferlement de haine de la Manif Pour Tous, Toute première fois choisit en effet de dépeindre une France où l’homophobie n’existe pas, où les enfants gays sont favorisés par leurs parents bobos au détriment de leurs frères et sœurs martyrisés pour leur conformisme hétéro bourgeois, et où l’hétérosexualité doit être « assumée » face à une famille désapprobatrice. Mais loin d’être une parabole à la White Man, qui imaginerait un monde alternatif pour sensibiliser la majorité aux discriminations subies par les minorités, Toute première fois présente cette vision fallacieuse comme une réalité contemporaine, entérinant cette théorie réactionnaire qui fait des hétérosexuels les nouveaux opprimés, soumis aux quatre volontés du tout-puissant lobby LGBT.

Dans Toute première fois, quand un type se fait tabasser dans la rue, la suggestion d’une agression homophobe est réduite à la parano cocasse d’une folle hystérique. Parce que bien sûr qu’en ces temps éclairés, les violences contre les homosexuels ne sont plus qu’un mauvais souvenir ! Ce qui explique que notre sympathique héros se prononce contre la Gay Pride, sur le principe que « on est au 21ème Siècle, les hétéros ne défilent pas avec des slips en cuir ! » Parce qu’évidemment qu’au 21ème siècle l’égalité est en place et la discrimination c’est du passé, alors pourquoi la maintenir, cette marche ridicule ?

Mais le clou du spectacle, c’est bien entendu la scène de « coming-in », où un fils précédemment gay finit par avouer à ses parent qu’il est tombé amoureux d’une femme, et s’entend dire par son père « T’as changé d’orientation, tu changes de père ! », par sa mère « Tu pouvais pas t’empêcher de rentrer dans le rang comme un con de bourgeois ! » et par sa sœur « A cause de ta différence, on m’a toujours traitée comme une paria dans cette famille ! » Parce que BIEN ENTENDU, ça se passe comme ça en 2015. 

Si on se risque à une analogie avec la représentation des noirs dans le cinéma américain, on constate qu’avec Toute première fois, le cinéma français mainstream entre dans la phase « Sidney Poitier » de la représentation des homosexuels. En résumé, passé la phase 1, celle du stéréotype le plus extrême (les noirs représentés exclusivement comme des esclaves ou des domestiques, les gays comme des folles façon Zaza Napoli ou l’impérissable Gérard des Filles d’à côté), la phase 2 vise à prendre ses distances avec le stéréotype, au point de gommer soigneusement tout ce qui fait sa spécificité, afin que le public consente à tolérer l’existence de la minorité représentée. Ce qui nous renvoie à Sidney Poitier, première superstar noir du cinéma américain, emblème de l’Amérique progressiste des 60’s, condamné à ne jouer que des héros irréprochables, policiers ou médecins ultra successfuls, qui parlent et s’habillent comme des bourgeois blancs, dénué de la moindre trace trop visible de culture afro-américaine. Ce qui est bien gentil, mais participait à nier la réalité de l’expérience de 99% des noirs de son époque. C’est exactement ce que fait Toute première fois pour les homosexuels en 2015, sans même avoir l’excuse d’être un film plein de bonnes intentions destiné à faire passer lourdement un message maladroit sur l’acceptation.

Car dans Toute première fois, les homosexuels sont juste des hétéros qui couchent (à peine) avec des hommes. Les scénaristes ont pris bien soin de leur imaginer des métiers *non-connotés * (chirurgien ou directeur d’institut de sondage) et précisent dès que possible qu’ils ne ratent jamais un match de foot. Les costumes semblent avoir été choisis pour leur neutralité absolue, à commencer par les horribles caleçons portés par Pio Marmaï - sans doute les sous-vêtements les plus hétérosexuels jamais sélectionnés par un costumier de cinéma. Et quand ces gays-là font un strip-tease pour leur mec, ce n’est pas à cheval sur un fauteuil au son de Partition de Beyoncé, mais en gesticulant pataudement sur du Screamin’ Jay Hawkins. C’est tout juste si on n’entend pas les réalisateurs hurler à leurs acteurs : « PLUS VIRIL ! SURTOUT PAS PÉDÉ ! »

Au-delà de ce ripolinage hétéro délibéré, Toute première fois fait l’effet d’un film conçu par des individus n’ayant jamais approché un homosexuel à moins de 200 mètres. En témoigne le pote gay *ostentatoire* censé apporter du contraste au couple hétéromo formé par Pio Marmaï et Lannick Gautry, une sorte de gargouille aux tenues et aux dialogues tout droit sortis d’une boutique de farces et attrapes des années 80. Le problème de ce parti pris, c’est qu’il assèche drastiquement le potentiel comique du film : le protagoniste incarné par Pio Marmaï a beau répéter ad nauseam qu’il est gay, sa caractérisation et son interprétation vont si peu en ce sens que le fait de tomber amoureux d’une femme ne le contraint nullement à recalibrer sa vie pour les beaux yeux de sa blonde -ce qui constitue tout de même le principal réservoir de comédie du film- à l’exception de lui cacher l’existence de son fiancé. Tout bien considéré, le personnage du fiancé incarné par Lannick Gautry pourrait être remplacé par un femme que ça n’y changerait pas grand-chose, si ce n’est que le film se transformerait en apologie de l’adultère, et que par conséquent plus personne n’aurait envie d’applaudir à la fin.

En l’état, la relation entre Marmaï et Gautry demeure si peu incarnée et si peu crédible que le film n’a aucun mal à pousser son public à souhaiter activement leur rupture pour que Pio puisse enfin vivre son grand amour, d’autant que les scénaristes ont fait le choix d’associer l’homosexualité à une vie planplan et ennuyeuse, à l’opposé d’un amour hétéro synonyme de spontanéité, de fun et de fraîcheur. Mais comme on pouvait s’y attendre, les personnages féminins se révèlent aussi lamentablement conçus que les personnages gays : une suédoise complètement décérébrée (mais si jolie !) et une harpie aigrie qui devient enfin aimable après s’être fait dérouiller par le beauf misogyne de service. Dans ce rôle abjectement ingrat, Camille Cottin assène au film quelques décharges de comédie salutaires, unique embellie d’un casting généralement désastreux.

Au terme d’un troisième acte tout droit sorti d’un autre film, notre protagoniste parvient enfin à conquérir sa belle (après un test de courage, rien que ça) et lui fait une déclaration qui promet de devenir culte dans tous les stages de conversion à l’hétérosexualité :

« Tu m’as montré qu’on peut essayer autre chose. Faut pas avoir peur c’est tout ! »

Problématique, dites-vous ? Pas de souci, rajoutons une demi-douzaine de plans du cul de Pio Marmaï, et les gays n’y verront que du feu ! Et tant qu’on y est, terminons par une scène de mariage gay sortie de nulle part, ça fera gay friendly ! Et hop, la couverture de Tetu, parce que l’approbation des hautes instances de la communauté gay, c’est comme tout le reste, ça se négocie.

J’entends déjà les fondamentalistes du LOL, pourfendeurs des méchants critiques qui font rien qu’à nous gâcher notre plaisir : « Mais c’est pour riiiiire ! » A ceux-là je n’ai qu’une chose à répondre : notre vision du monde est façonnée par des représentations -littéraires, cinématographiques, télévisuelles, iconographiques- et la comédie ne fait nullement exception à la règle. Alors plutôt que de balayer d’un revers de la main toute tentative d’analyse déterminée à aller plus loin que « mdr krkrkr », il serait peut-être temps de s’interroger sur ce que véhiculent -plus ou moins consciemment- nos œuvres *pour rire*.

Adverbs

1) female form of the Adjective +ment

p.ex. lent (masculin), lente (féminin) : ADV lentement

2) ADJ ending with -ant ou -ent –> -amment/-emment

p.ex. constant. ADV: constamment

3) alternative to -ment:

paraphrasing with: d’une facon/ manière +ADJ

d’un air (=visage)/ d’une voix (=facon de parler) / d’un pas (facon de marcher) +ADJ

–> L’auteur écrit sur la France d’une manière intéressante.

–> Il regarde la femme d’un air curieux et puis il lui parle d’un ton aimable.

Attention: sometimes there’s a different meaning between the ADJ and the ADV: 

 p.ex.: heureux (happy) vs heureusement (fortunately)

           lourd (heavy)       vs lourdement (serious)

thoseweirdthings a réagi à votre billet “200 followers minific celebration”

Le.Taboulé. ಠ _ ಠ

si tu pensais que j’avais oublié tu te trompais lourdement ༼⌐■ل͜■༽


chiyumi94 a réagi à votre billet “200 followers minific celebration”

Qui c'est qu'a foutu du taboulé là-dedans ?! XD

je ne révélerai pas mes secrets mais la façon dont cette question est tournée m’a fait revoir des images fantastiques et j’ai rigolé toute seule pendant 5 minutes

OK, je comprends plus rien. On quitte le village où on a fait une partie de basket avec des jeunes tibétains fans de NBA, où on a été hébergés dans l'arrière salle d'un petit restaurant. On marche une petite heure, aucune voiture à l'horizon pour nous prendre en stop. L'altitude se fait toujours sentir, essouflement, mais les maux de tête ont disparu. Le ciel s'assombrit lourdement jusqu'à agglomérer des nuages menaçants au dessus de la montagne vers laquelle on se dirige. J'ai l'impression que je vais assister à un déluge. Les éclairs commencent à claquer. On atteint un village au moment où tombent les premières gouttes. On croise un vieux monsieur, auquel on mime un toit au dessus de nos têtes pour s'abriter le temps de la pluie. Il acquiesce instantanément et nous désigne le portail de sa maison. D'où on est, on entend vaguement une musique. Il nous fait signe d'entrer dans le jardin. Il y a des crânes de Yak posés sur le muret de sa maison, avec les cornes. Le son s'intensifie, on croirait des percussions qui imitent le battement d'un coeur. Il nous fait à nouveau signe d'entrer, cette fois dans la maison. Désormais le son est saisissant, on découvre qu'un vieil homme assis au fond de la pièce fait claquer des cymbales qui actionnent un bâton qui vient frapper un énorme tambourin fixé au plafond. Le bruit étouffe tous les autres, on ne s'entendrait pas parler, c'est tellement fort qu'il fait vibrer nos poumons comme dans les concerts. On nous fait asseoir. On nous cale des assiettes de légumes trop bons sous les yeux, un bol de lait de yak, une tasse de thé, des petits pains. Jsuis prise au dépourvu. Soudain un vacarme s'ajoute au battement rituel. Ça vient de dehors. Des grêlons gros comme des calots se déversent dans le jardin. On retourne à table. Les décorations sont magnifiques. Les murs sont faits en plein de petits rangements, rouges avec de fins dessins de plantes et fleurs roses et blanches, ou oranges avec des dessins inqualifiables bleus et roses, il y a des tentures parfois bouddhistes, un poêle imposant au milieu de cette énorme pièce, qu'ils ravivent en bouse de yak tous les quarts d'heures. On nous ressert dès que nos verres sont vides. Il y a une jeune femme et son mari, le grand père, le vieil homme religieux et deux enfants de moins de 6ans. Des gens viennent dans la maison toute l'après midi comme si c'était un lieu de passage. Le vieil homme au fond ne cesse de tambouriner en rythme, je remarque qu'il baragouine des choses. Un instant ils s'arrête, façonne de petits pics marrons comme en pâte à modeler, les peint en rouge, puis continue son rituel. Le grand père et la femme l'assistent. Je les regarde dans l'incompréhension la plus entière. Ils sont chargés de déverser les petits pics marrons devenus rouges contenus dans une coupelle au fond du jardin, au signal du vieil homme. Ils courent pour effectuer leur tâche. Parfois mettent du liquide dans les coupelles, parfois doivent les retourner quand elles sont vides, parfois ils déposent les petits pics derrière une sorte d'autel. Je pige quedal. J'suis complètement perdue. Des fois ils se font gronder parce qu'ils ne prennent pas la coupelle au bon moment. Je reste toute l'après midi assise là à rien faire, assise à regarder des scènes que je ne comprends pas. Le vieil homme et le grand père prennent chacun l'extrémité d'une ficelle puis le grand père traverse la pièce, revient en pliant le fil et en le roulant sous ses doigts. Jpense à rien. Jsais juste pas quoi penser. Le grand père tient une louche dans laquelle il a préparé un truc noir qui fume, le vieil homme positionne un papier au dessus de la fumée, qu'il tient avec une pince très fine d'une main tout en agitant un instrument de l'autre. Et la dame qui se met à étendre la pâte des nouilles fraîches et qui les découpent à la main à cent à l'heure. Plus tard, le grand-père ira dans l'arrière cour, un champ de paille au milieu duquel trône un autel, et se mettra à tourner autour tout en jetant des louches de thé partout dans le champ. J'suis complètement dépassée par les événements. Jcrois que je vis un choc culturel.

Saison 1 épisode 3: Kiss

(les mecs se sont pas foulés pour les titres)

(les titres en VF sont bien plus *recherchés* et font lourdement référence au cinéma, LA PASSION DE DAWSON!)




Joey et Dawson sont ENCORE sur le lit de Dawson, mais pas pour la bagatelle, ah non madame, pas de ça chez nous. Ils regardent Tant qu’il y aura des Hommes (From Here to Eternity en VO), et la célèbre scène du baiser. Dawson trouve que tout doit être parfait, comme dans ce film, pour un baiser, 

Joey, qui a beaucoup moins de nichons que dans l’épisode précédent n’est pas d’accord et trouve qu’il faut laisser faire le moment (je vous résume parce qu’en vrai ça dure 70 minutes).

On apprend dans cet épisode que Joey est serveuse dans le restaurant familial. Prenons 2 secondes pour préciser la situation familiale de Joey:

mère: morte

père: en taule

soeur: enceinte

beau-frère: NOIR

OUI car Joey ne parle de son beauf qu’en disant “my sister’s BLACK boyfriend”. 

Bonne ambiance. 

Joey la serveuse apporte donc un Filet-o-Fish à ses potes Dawson et Pacey puis s’assoit avec eux. Dawson radotte sur Jen (qu’il n’a toujours pas pécho et pas pécho j’entends embrasser sans la langue). Arrive un charmang jeune homme qui capte l’attention de Joey. Problème: c’est sûrement un fils de bourges descendu de son bateau (remember the pontons) pour prendre une frite à emporter au resto de la famille à Joey qui a 4 ronds verts sur Tripadvisor et qui valait bien le détour. 

Le soir venu, Joey fait le tour des #pontons et trouve le BG sur un bateau en train de jouer du violon, normal quoi. 

Pour ne pas que le mec sache qu’elle est une pauvre serveuse fille de taulard et belle soeur d’un NOIR elle planque très discrètement son tablier dans son dos:

Elle fait croire qu’elle est ici en vacances avec ses parents, qu’elle vit à NY et après des minauderiess de compet, elle lui fait croire qu’elle s’appelle…

(elle se rattrape en Deborah Carson) (Quelle cruche). Elle accepte d’aller faire du bateau avec lui le lendemain. 


MEANWHILE Miss Tamara Jacobs donne des cours du soir à Pacey qui est un gros cancre qui fout le dawa en classe:

Pacey en profite pour négocier un dépucelage de la bite, mais Tarama le rembarre encore une fois. 


LE LENDEMAING

Joey va à son rencard. Elle s’est fait chique avec du rouge à lèvres du Club des Créateurs de Beauté et les boucles d’oreille de sa communion

Elle continue ses mythos tout l’aprem genre elle est une fille de riches et à un moment tu CROIS qu’ils vont s’embrasser, ils ont joué à se sentir le cul à quatre pattes sur la plage comme des enfants innocents et puis bam ils se retrouvent tout l’un sur l’autre et…


Pfff


(je vous ai épargné toute une partie boring de l’épisode qui concerne la classe de cinéma de Dawson et qui dure autant qu’un film Roumain sélectionné à Cannes)


Dawson a réussi à convaincre Jen de tourner dans son *film* et il l’emmène dans un lieu secret et romantique et interdit et romantique pour tourner la scène finale. Dawson emporte un minitel au cas où (?)

Jen, qui a investi dans un lisseur ghd doit jouer la tristesse: 

Dawson est subjugué par ses talents d’actrice, et trouve que c’est le moment parfait pour un rapprochement, tout y est la lumière, le cadre magnifique, c’est comme ça qu’il imaginait son premier baiser tout bien paramétré, et là encore tu y crois mais…

Dawson a laissé tourner la caméra! Jen pense qu’il veut faire une sex tape sur le minitel le gros dégueulasse!

Dawson essaie de dissiper ce malentendu (apparement ça dure des plombes car sur le plan suivant il fait NUIT) et finalement c’est Jen qui est désolée et qui a PEUR de l’embrasser maintenant. On s’en sortira jamais. 


QUAND SOUDAIN!

QUELQU’UN VIENT! C’EST UN ENDROIT INTERDIT! FUYONS! TROP TARD POUR LE MINITEL!!! VITE!!!! LA CLEPSYDRE!

Ils vont se planquer dans un endroit tout pourri sous des toiles d’araignées, pas le genre d’endroit propice au premier baiser selon les boring théories de Dawson et pourtant, oui, oui, oui! 

Joey est retournée voir le mec qui joue du violon sur le bateau et GUESS WHAT

WOW! Tout le monde s’est dépucelé la langue ce soir!

Y’en a même qui se sont dépucelés d’autres choses: la caméra de Dawson a continué à tourner (alors qu’on a bien vu que le minitel était éteint dans la scène précédente, SCRIPTE!) et on y voit de loin sur l’écran que ça enregistre un couple en train de faire l’amour! Oh la la!

Et sur le dernier plan on se rend compte que c’est Pacey qui a trempée le biscuit dans le tarama!



(ça date d'il y a 40 ans):
Je devais avoir dans les 20 ans. J’étais dans le métro, maquillée pomponnée bien sapée (pour une fois) car j’allais à une soirée. Un relou (comme quoi ça ne date pas d’hier), assis en face de l’autre côté de l’allée, n’arrêtait pas de me mater lourdement. Alors j’ai ouvert mon sac à mains, sorti mon Opinel n°5 qui ne me quitte jamais (très pratique en toutes occasions), l’ai ouvert, et ai commencé à me curer soigneusement les ongles avec. Le mec a ouvert des yeux comme des soucoupes et est descendu rapidos à la station suivante.
Je vous aime — d’un amour âpre et avide certes, mais aussi d’un amour désintéressé. J’aime que vous m’aimiez, mais j’aime aussi que vous existiez simplement, tel que vous êtes. Je vous aime avec gravité aujourd’hui — lourdement, profondément — c’est souvent ainsi.
—  Simone de Beauvoir, lettre à J-L Bost