livres de poches

L’homme d’affaires et ancien compagnon d’Yves Saint Laurent, grand lecteur de Flaubert, Coetzee et Stendhal, poursuit la vente de sa bibliothèque.

La bibliothèque de Pierre Bergé est mise aux enchères par Sotheby’s à l’hôtel des ventes Drouot (Paris). Parmi les 1.600 ouvrages rares : la première édition des Confessions de Saint-Augustin, publiée en 1470, une Divine Comédie de Dante du 15e siècle, un exemplaire de Madame Bovary avec une dédicace de Flaubert à Victor Hugo. Montant total estimé de la collection : 40 millions d’euros. L’homme d’affaires a expliqué vouloir remplacer ses précieux livres par des éditions de poche.

Après la retentissante vente aux enchères, en 2009, de la collection d’art qu’il avait constituée avec Yves Saint Laurent (206 millions d’euros), et celle de ses pièces d’art marocain (1,4 millions d’euros) en novembre dernier, c’est sa bibliothèque personnelle que met aujourd’hui en vente Pierre Bergé.
Une passion découverte dès l’adolescence et qui fut l’objet du premier métier de Bergé : courtier en livres anciens. Les 1600 livres sont ainsi promis à être dispersés lors de six ventes, la première d’entre elles se tenant le 11 décembre à l’Hôtel Drouot à Paris.

La collection regorge de trésors : la première édition des Confessions de Saint-Augustin, publiée en 1470, une Divine Comédie de Dante du 15e siècle, un exemplaire de Madame Bovary avec une dédicace de Flaubert à Victor Hugo, un Scrap Book de William Burroughs, l’exemplaire personnel de Charles Dickens de David Copperfield, un manuscrit autographe du Marquis de Sade ayant échappé à l’autodafé exigé par la police, un album de dessins de Guillaume Apollinaire… La collection est estimée à plus de 40 millions d’euros.

Daily inspiration. Discover more photos at http://justforbooks.tumblr.com

« Comment ne pas devenir un Loup des steppes et un ermite sans manières dans un monde dont je ne partage aucune des aspirations, dont je ne comprends aucun des enthousiasmes ? Je ne puis tenir longtemps dans un théâtre ou dans un cinéma ; je lis à peine le journal et rarement un livre contemporain, je suis incapable de comprendre quels plaisirs et quelles joies les hommes recherchent dans les trains et les hôtels bondés, dans les cafés combles où résonne une musique oppressante et tapageuse, dans les bars et les music-halls des villes déployant un luxe élégant, dans les expositions universelles, dans les grandes avenues, dans les conférences destinées aux assoiffés de culture, dans les grands stades. Non, je ne suis pas capable de comprendre et de partager toutes ces joies qui sont à ma portée et auxquelles des milliers de gens s’efforcent à accéder en se bousculant les uns les autres. Ce que j’éprouve dans mes rares instants de bonheur, ce qui constitue pour moi un ravissement, une expérience extraordinaire, une extase et une élévation de l’âme est connu, recherché et apprécié par la majorité tout au plus dans la littérature ; dans la vie, on traite cela de folie. Et de fait, si la majorité a raison, si cette musique dans les cafés, ces divertissements de masse, ces êtres américanisés aux désirs tellement vite assouvis représentent le bien, alors, je suis dans l’erreur, je suis fou, je suis vraiment un loup des steppes, comme je me suis souvent surnommé moi-même ; un animal égaré dans un monde qui lui est étranger et incompréhensible ; un animal qui ne trouve plus ni foyer, ni oxygène, ni nourriture. »


In : Hermann Hesse - Le loup des steppes, aux éditions Livre de Poche, traduit de l’allemand par Alexandra Cadé, p. 48.

6

The Many Faces (and Book Covers)
of The Phantom of the Opera

It is probably safe to assume that Gaston Leroux never envisioned the enormous and enduring success his potboiler thriller The Phantom of the Opera would go on to achieve. He lived long enough to see the release of the 1925 Universal Pictures silent-film adaptation starring Lon Chaney. Other adaptations for both stage and screen followed, but it was Andrew Lloyd Webber’s blockbuster musical that turned the novel and its eponymous character into a pop culture phenomenon; the musical is now the longest-running show in Broadway history. The novel and its narrative have become one of those stories that everyone thinks they know, probably due to a number of spectacular scenes and set-pieces—the phantom’s unmaksing, the chadelier drop, etc—used in nearly every adaptation. However, those scenes are surprisingly different when encountered on the pages collected between the covers presented here.

Top row: Gaston Leroux; an early French edition (1920) of the novel, the artwork of which has been repurposed for the current Penguin Classics edition.

Second row: Three vintage French published paperbacks with the one on the right using what appears to be an artistic rendering of the mask worn by Claude Raines in the 1943 motion picture adaptation, which bring us to…

Third row: Media tie-in editions!!!, Lon Chaney, the cinema’s most famous iteration of the phantom, graces the cover of this paperback edition (left); a paperback using the promotional artwork from the Andrew Lloyd Webber musical and its feature film adaptation (middle); a French paperback (right) for an unknown-to-me adaptation, then again, it might just be a photo cover meant to evoke one of the countless cinematic, theatrical, or television versions.

Fourth row: Three covers in plush red-velvet hues, including the only one here to make reference to the infamous chandelier scene (left) and the current French paperback edition (right). 

Fifth row: The  Greg Hildebrandt-illustrated edition published in the mid-1980s, featuring the masquerade ball scene on its cover; right, an interior illustration from this edition of the narrative’s most famous moment—Christine unmasking the Phantom as he plays the organ.

Bottom row: Modern Library’s paperback edition (left) features a dapper gentleman in opera dress but otherwise makes no reference to the story on the pages within. Spoiler alert, Puffin Classics! Its cover image (middle) is the Phantom Erik’s unmasked face, while the Bantam Classics edition (right) draws upon yet another iconic scene from the narrative, the Phantom ferrying Christine across the subterranean lake that lies beneath the Paris Opera House.