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Elite Women’s Race Highlights | 2015-16 Cyclo-cross World Cup – Lignieres-en-Berry, France - YouTube

D185   /   Jean-Luc   /   61 ans   /   Torgon /   retraité

Aujourd’hui, je suis allé couvrir la course Lignières Historiques. C’était une journée caniculaire et beaucoup de gens ont donc préféré le lac au circuit, tant pis pour eux. Avant de partir moi aussi profiter d’une baignade, j’ai interviewé un homme qui courait sur une magnifique et mythique moto.  

Jean-Luc a grandi et a fait sa scolarité à Cernier avant de faire un apprentissage de faiseur d’étampes. « A la base je voulais faire mécanicien de précision car je faisais tellement le pignouf avec les deux roues, mais j’ai finalement terminé dans les étampes car ils avaient besoin d’un mécanicien qui soit capable de se débrouiller. Au début, c’était un peu une punition mais avec les années j’ai vraiment commencé à adorer cela. Il faut sans cesse s’adapter pour que cela fonctionne. J’ai bossé cinq ans dans le domaine mais ensuite, dans les années 1980, il y eu la crise dans le domaine de l’horlogerie et on n’avait plus besoin de nous. J’ai alors fait l’armée en tant que garde de fortification et j’y suis resté onze ans ! C’est malheureusement une des raisons qui a poussé ma femme à demander le divorce, ce que je peux comprendre car on n’est jamais à la maison pendant l’armée. Après cela, j’ai travaillé chez Swisscom dans le raccordement pendant une dizaine d’années mais dans ce domaine aussi, l’entrée en bourse ayant renversé le modèle économique, j’ai fini par perdre mon emploi. Mais au final c’était le top car on était encore payé pendant une année ! J’ai eu le temps de faire quelque chose de malin : j’ai acheté une maison et je l’ai complément retapée pendant 18 mois. Après avoir retravaillé encore quelques années dans les étampes j’ai trouvé une place de surveillant de prison. J’en ai fait mon métier pour douze ans avant de prendre une retraite anticipée à l’âge de 58 ans grâce au bénéfice de la maison que ma nouvelle épouse et moi avions décidé de revendre.»

Et depuis la retraite, vous faites quoi ? En rigolant il me dit : « Alors je retape une maison qu’on a acheté en France et je fais des démonstrations de vielles motos, cela me fait voyager un peu partout en Europe. »

Ce mode de vie vous rend-il heureux ? « Ah oui, moi ce qui me rend heureux c’est de voir des gens qui sont bien autour de moi. J’aime faire plaisir aux gens pour me faire plaisir. »

Et cette moto alors il vous a fallu combien de temps pour l’assembler ? « Ca a débuté comme cela : quand j’étais tout petit, il y avait un homme dans mon village qui avait cette Norton et j’allais toujours lui rendre visite en vélomoteur. En 94, quand j’ai connu ma nouvelle épouse, nous étions allé voir une rétrospective de nouvelle moto et là je vois une personne avec cette moto. Je suis allé vers lui en lui disant : Nous, les jeunes, on ne pourra jamais avoir une moto pareille. Il m’avait répondu : si vous en voulez une, vous en aurez une ! Et des années plus tard, j’en ai enfin trouvé une ! Et on m’avait conseillé d’aller voir un certain M.Lamber pour la restaurer. Et il s’est avéré que ce M.Lamber était la fameuse personne qui m’avait prédit qu’un jour j’en aurais une. Il a aujourd’hui 84 ans et depuis je suis comme son gamin, je fais partie de la famille. », me dit-il en rigolant.

La moto que Jean-Luc roule est une Norton Manx de 1955, c’est un véritable mythe. Il y a tous les grands qui ont roulé là-dessus.

Le portrait de hier vous demande : quelle est votre voiture préférée ? « Alors c’est une voiture que je ne pourrai jamais m’accorder. Il s’agit d’une Bugatti 35, cela correspond à ma moto mais en version voiture. »

Et quelle question proposez-vous pour l’interview de demain? « Qu’est ce qu’il fera le jour d’après ? »

Ma petite question rituelle : quel est votre rêve ? « Continuer encore longtemps comme cela. »

Pour conclure, il nous conseille encore de rester soi-même sans embêter la société.