lignes dessin

Un journal intime est une entreprise de lutte contre le désordre. Sans lui, comment contenir les hoquets de l’existence ? Toute vie est une convulsion : une semaine se passe au soleil, une autre dans l’ombre, un mois dans la paix, un autre sur la crête. Tout cela ne fait pas un destin, mais un effroyable battement, une trémulation de cauchemar. Le journal est la bouée de sauvetage dans l’océan de ces errements. Chaque soir, on y revient. On lui voue sa fidélité. Et grâce à lui une ligne se dessine, la vibration s’apaise en une très légère oscillation. S. T.
Sylvain Tesson est notamment l'auteur aux Équateurs de Petit traité sur l'immensité du monde, Éloge de l'énergie vagabonde, Géographie de l’instant ainsi que de plusieurs recueils d’aphorismes. Récemment, il a publié Sur les chemins noirs (Gallimard, 2016).

Vous voyez, ces lignes, celles dont on dit qu’elles révèlent l’avenir d’un individu…Vous savez d’où elles viennent? Ce sont les cicatrices des premières pulsations. Au moment où le coeur se met à battre, les mains du foetus se contractent, et les lignes se dessinent pour toujours.
—  Florian Zeller