lieu commun

“Dans l'épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le ​"​cogito” dans l'ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l'individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. Je me révolte, donc nous sommes.“

Albert Camus
"L'Homme Révolté” (1951)

Parler du « déclin de l’Occident », du « danger du matérialisme », de la « crise de la civilisation », est devenu, depuis quelque temps, un lieu commun. C’est à la même tendance que correspondent certaines idées que l’on formule en vue de telle ou telle « défense » et certaines prophéties qu’on lance au sujet de l’avenir de l’Europe ou du monde.

En général, il n’y a guère plus, dans tout cela, que dilettantisme « d’intellectuels » ou de journalistes politiques. Il ne serait que trop facile de montrer combien souvent, dans ce domaine, tout commence et finit par du pur verbalisme ; de montrer le manque de principes qui le caractérise et combien de choses qu’il conviendrait de nier se trouvent, en fait, affirmées par la plupart de ceux qui voudraient réagir : de montrer, enfin, combien peu l’on sait ce que l’on veut vraiment, combien plus on obéit à des facteurs irrationnels et à des suggestions obscurément accueillies.

Si l’on ne peut donc raisonnablement attribuer le moindre contenu positif à des manifestations de ce genre, celles-ci n’en gardent pas moins, incontestablement, la valeur d’un symptôme. Elles montrent qu’on sent remuer des terres que l’on croyait solides et que les perspectives idylliques de l’« évolutionnisme » ont désormais fait leur temps.

Julius Evola, “Révolte contre le monde moderne”

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LIEU COMMUN / TOULOUSE / PRINTEMPS DE SEPTEMBRE 2012 

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