let-me-stay-here-forever

Charlie Bradbury - Cuddling

Charlie:

Losing both of her parents to a drunk driver had left an everlasting impact on Charlie Bradbury. She was never comfortable with the idea of being alone; and though she had been able to hide behind her bubbly personality, the young redheaded woman suffered from a constant desire to be surrounded by people who might care about her well-being. 

I suppose that is why she tends to be a bit enthusiastic when it comes to cuddling. 

Not that you mind.

Charlie has managed to transform snuggling into an art form, never failing to keep you comfortable and cozy within her loving embrace. Seeming to crave the feeling of your smooth skin underneath her fingertips, she cradles you against her body, delicately caressing your arms and rubbing the sensitive space just underneath the base of your skull. 

“Never leave.” you would murmur into her shoulder, rolling onto your stomach so that you could position yourself on top of her. Leaning your forehead against her jawbone, you would inhale deeply, waltzing your fingers over the sliver of bare skin peeking out from in between the waistband of her pajama shorts and the hem of her t-shirt. “Never leave me, Charlie.”

“If you tell me to stay…” the redhead hummed, her small hands playing with your hair. Positioning her arm so that it rest near the center of your back, Charlie would turn her head so that her nose just barely brushed against your hairline. “…let me stay here forever, [Y/N].”

x

———————

Self-Para : Let Me Stay Here Forever. (Glenn)

Lorsque Glenn avait tourné à l’angle du dernier couloir, ses espoirs de retrouver Jessie s’étaient clairement amoindris. Pas l’ombre d’un étudiant ou d’un ravisseur. Juste le silence et ce sang coagulé qui collait sous les semelles de ses chaussures.

La prochaine équipe d’intervention allait bientôt rentrer dans le bâtiment, et Glenn serait vite démasqué. Il devait se faire à l’idée qu’il avait essayé. Il avait essayé mais il n’était pas parvenu à tenir sa promesse. Jessie allait devoir s’en sortir seul. Sans son aide. Et cette idée le terrorisait.

Mais son cœur s’accéléra en observant une ombre se dessiner juste en face de lui. Il plissa les yeux, devinant la démarche d’un étudiant légèrement blessé. Et puis à la vue de ces cheveux clairs, avivés par les couleurs de la lune, Glenn ne put réprimer un soupir de soulagement.

Sans réfléchir une seule seconde de plus, il s’élança dans le corridor, laissant échapper un rire détendu qui résonna de milles échos. Jessie, lui, mit plus de temps à comprendre. Il se laissa attraper, mais ses questions prononcées d’une voix morne trahissait le long chemin par lequel il était passé aujourd’hui. Glenn devait peut-être déjà s’y habituer. Son frère se retrouverait à jamais changé par cette journée.

Il tenta d’ignorer cette réflexion pour se concentrer sur le moment venu. Sur ces retrouvailles qu’il pensait impossible. Juste une seconde de plus. Juste son frère et lui. Comme avant.

Mais une douleur fulgurante vint lui perforer le dos. Il aurait voulu pousser un cri déchirant, à la hauteur de son supplice, mais il ne pouvait pas. Son souffle venait de se couper. Et il ferma les yeux plus fort, bercé par les paroles d’une comptine que Jessie venait de lui remettre en mémoire.

- Merci pour le feu.

Glenn releva ses paupières, accusant le coup de cette lumière trop blanche lui brûlant la rétine. Devant lui, se tenait Cyann, plus lumineuse que jamais. Une cigarette dans une main et un briquet tendu à son encontre dans l’autre.

Il se mit à sourire, attrapant l’étui en métal vernis pour le remettre dans sa poche.

- Je réponds toujours présent quand il faut aider une jolie fille en détresse.

Rejouer la scène de leur rencontre, au mot près. C’était étrange mais réconfortant.

Cyann tourna la tête, sur le côté, avant de former un nuage de fumée autour d’elle.

- Vous êtes en train de me draguer ? Son rire se fit presque condescendant. Vous perdez votre temps. Je n’aime pas les casse-couilles.

Glenn porta les mains derrière son dos, baissant le regard. Mais son sourire laissait comprendre qu’il appréciait ce moment. Et qu’il ne s’était pas vexé.

Pourtant, une lumière trop blanche vint l’aveugler, et il manqua de perdre l’équilibre. Cyann, elle, était restée bien droite et attendait une réponse. Silencieuse.

- Quelque chose… ne va pas.

Il avait prononcé ses mots lentement, réalisant à peine la scène. Il releva les yeux, mais Cyann continuait de lui sourire, comme figée par le temps.

Glenn fronça les sourcils, observant sa compagne d’un œil nouveau. Puis, il tourna la tête sur les côtés, avant de saisir ce qui le dérangeait tant. L’entrée du tribunal était vide. Pas une seule personne aux alentours. Juste eux. 

- Qu’est-ce qui se passe ?

Sa voix était paniquée, et il posa sa main sur sa gorge au risque de suffoquer.

Et un bruit étrange lui fit soudain tendre l’oreille. Comme un robinet mal fermé. Des gouttes qui tombaient les unes après les autres, dans un silence religieux. La source semblait tout près. Trop près.

Alors Glenn baissa les yeux, malgré ses réticences. Il se rendit vite compte que sa chemise était tâchée. L’ombre d’un coquelicot s’était formé au-dessus de son ventre.

Et il baignait dans une flaque bordeaux.

- Pourquoi je saigne ?

Il porta sa main contre sa blessure, mais elle resta immaculée. Comme s’il était incapable d’arrêter le saignement, et que son rôle était juste d’observer.

Il reporta son attention face à sa petite-amie, qui ne souriait plus. Pourtant, elle continuait à le regarder. Si compréhensive. Si rassurante. Elle avait l’air de comprendre. Elle.

- Pourquoi je saigne, Cyann ?

Sa question était plus dure. Il avait presque crié. Et elle opéra un rapprochement, sa main froide contre sa joue. C’était lui qui avait initié cette habitude entre eux. Et c’était souvent un geste de mauvais augure.

- Ça va aller. Fais moi confiance.

- Non… Non. Dis moi ce qui se passe.

Sa voix était suppliante. Et ses pieds prirent le parti de reculer mais il n’était pas en mesure de se décoller de cette présence si sécurisante.

- Je suis en train de mourir ? C’est ça ?

- Oui.

Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle réponde enfin à ses questions. La réalité le frappa plus que de raison, et il se sentit chanceler une nouvelle fois.

- Comm… Pourq…

Mais au fond, tous ces détails n'étaient pas importants. Et il le savait. Peut-être était-il simplement en train de retarder l'échéance.

- S'il-te-plait… Non…

Avait-il affaire à son ange gardien ou au bourreau qui s'apprêtait à lui prendre la vie ?

Cyann eut l'air mélancolique.

- Mais je veux pas te quitter. Je veux p… Toi. Jessie. C’est pas…

- Tu ne nous quittes pas. C’est promis.

Cela ne suffisait pas.

- Je serai plus là, c'est pareil.

Il serra sa mâchoire, mal à l'aise. Il aurait peut-être voulu que l'avocate soit plus troublée par sa mort. A moins que son rôle soit simplement de l'aider à faire son deuil.

- Putain. Putain…

Il se recula de deux pas. Cyann tenta de se réavancer mais il pointa un doigt vers elle.

- Non ! Non. Ne me touche pas.

Mais elle ne l’écoutait pas.

- Ne me… Non. Il n'avait plus la force de se battre, au fond. Non… S’il-te-plaît.

Trop tard, elle reposa sa main contre la joue de son compagnon.

Glenn essaya d’arrêter la course folle de ses larmes sur son visage, sans grand succès.

- On… On était censé se marier, Cyann. On était censé avoir des enfants. On avait trouvé… On allait être heureux.

Le pouce de la blonde vint caresser le bas de son œil brûlant.

- Parfois, les plans changent.

Un rire sans joie s'échappa des lèvres du jeune homme.

- Je voulais… Je voulais tellement être avec toi. Je voulais tellement être bon pour toi. Tu l’as su, n’est-ce-pas ? Tu en as été consciente ?

Cyann acquiesça vivement, et son sourire réapparut.

- Tu m’as aimé ?

- Jusqu’au dernier instant. Et même maintenant encore.

Glenn fut plus rassuré mais il dévia le regard sur le côté.

- Et tu seras heureuse ? Il se tut, sa gorge nouée. Tu seras heureuse sans moi, hein ?

- J’essaierais.

- Faudra continuer à vivre. Pour moi. Faudra…

- Je sais. Ne t’en fais pas, Glenn.

Il souffla, devant ces réponses si rassurantes sans pouvoir tarir la peur qui l’envahissait.

- Tant mieux. La voix du jeune homme resta tremblante. Mais il répéta. Tant mieux. Parce que moi, je t’aime. Je t’aime et je t’aimerais toujours. Je t’ai toujours aimé aussi. Et je voulais que ça marche… Je voulais tellement que ça fonctionne, tu sais ?

Cyann continua ses cercles contre sa joue. Pour le calmer ou l’inviter à continuer.

- Toi et moi. Ensemble. Oui, l’idée sonnait bien. T’as toujours été trop bien pour moi mais je voulais me rattraper. Je voulais leur montrer à tous. Que oui, j’avais réussi à réaliser mes rêves. Pas à travers mon père. Pas à travers mes craintes. Mais parce que j’avais su me libérer de tout ce qui me pesait sur le cœur.

Il haussa les épaules, avalant de travers sa salive.

- T’as été la seule. T’es la seule. Pour toujours. Et si ça doit se finir comme ça, alors tant mieux. Parce que jusqu’au dernier moment, tu m’as rendu heureux. Tu m’as rendu meilleur. Tu m’as fait faire les bons choix.

Il renifla, avant de relever sa tête en arrière.

- J’ai tellement de choses à dire. J’ai… Ses yeux s’illuminèrent d’une nouvelle peur. Jessie.

- Hey.

Et cette fois, Cyann porta ses deux mains pour encadrer la tête de son amoureux. Elle parvint à obtenir son attention pour se faire la plus douce possible.

- Il sait. Il sait tout. Il sait combien tu tiens à lui. Et il est au courant de chacun des efforts que tu as mis en œuvre pour que ça fonctionne entre vous deux.

- T’en es certaine ?

- S’il ne le sait pas encore, alors il le saura bientôt. D’une manière ou d’une autre.

Glenn se mordit la lèvre inférieure, secouant la tête négligemment.

- J’étais censé le sauver. Il vivra, lui. N’est-ce-pas ? Il vivra ?

Cyann se tut, et Glenn comprit finalement que son silence était sa réponse.

- Tu ne sais pas…

- Je sais qu’il va souffrir. De t’avoir perdu. Parce que lui aussi, il t’aime. Mais il s’en remettra sûrement, Glenn.

Les doigts de Cyann glissèrent contre ma peau fragile de son amoureux.

- Tu auras toujours une place pour nous. Toujours. Mais il est temps pour toi…

- De m’en aller.

La blonde lui sourit.

- Tu auras eu une belle vie.

- Seulement je veux avoir une belle fin aussi.

Glenn continuait de refuser l'évidence, repensant à ce futur qui lui tendait les bras. Il avait tout fait pour prendre sa vie en main. Et maintenant… Elle s’envolait sous ses yeux.

- Personne ne veut mourir. Personne ne choisit. Il faut juste que tu te laisses aller.

- Et si je refuse ?

Pour toute sa réponse, sa gorge se noya sous un afflux de sang qu’il s’empêcha de recracher à ses pieds. Il toussa. Plusieurs fois avant de s’essuyer la bouche, sans comprendre.

- Si tu refuses, tu vas avoir mal… Tu vas souffrir inutilement.

- Mais il faut que je me batte, il faut…

- C’est trop tard, Glenn. Ne lutte pas.

Glenn commençait à manquer d’air. Son corps tenait debout et il réfléchissait correctement, mais une force invisible semblait lui faire prendre conscience que son temps était compté.

- Alors… Si j’arrête… Si j’accepte de… Il se passera quoi ?

- Ce n’est pas à moi de te répondre.

L’impression d’une crampe dans son estomac le tirailla, et il se plia en un instant.

- Glenn…

- Je… Je… Laisse moi… Laisse moi juste quelques minutes encore.

- Ce n’est pas possible.

Elle s’agenouilla. Dans la mare de sang. Et elle lui fit face de nouveau.

- Ferme les yeux. Je te promets que tout sera fini.

- Oui. Tout.

Cyann baissa les yeux, mais continua sur le même ton.

- Ils iront bien, Glenn. Je sais que c’est ça qui te fait peur. Mais ils iront bien.

De nouvelles larmes roulèrent sur les joues du jeune homme.

- Tu promets ?

Elle hocha la tête.

- Je promets.

Malgré sa vue troublée, Glenn parvint à soutenir le regard de son amoureuse. Elle semblait confiante. Elle croyait en ce qu’elle disait. Et pour la première fois depuis le début de leur conversation, il crut apercevoir la vraie Cyann. Celle qui devait l’attendre, au milieu de sa famille. Celle avec qui il avait prévu de construire sa vie. C’était elle qui lui faisait cette promesse. Celle de prendre soin d’elle. Et de prendre soin de tous ceux auxquels Glenn tenait.

Cette promesse, c’était tout ce qu’il attendait.

Alors il tomba à genoux, lui aussi. Juste en face de la jeune femme.

- Je t’aime.

Il ne tremblait plus. Et sa voix définissait à elle seule la force de son déclaration.

- Je t’aime aussi.

Le ton de Cyann s’était fait plus timide, mais elle renforça sa réponse par un baiser. Un long baiser, qui donna le courage nécessaire à Glenn pour abandonner ses dernières forces.

Il  pleurait. Et elle pleurait aussi.

Il sut à ce moment précis qu’il était l’heure de fermer les yeux.

Et il se retrouva de nouveau dans les bras de son frère, renforçant son étreinte plus que de raison. Il ne ressentait plus rien, elle avait eu raison. Plus aucune douleur. Plus aucune peur. Plus rien. Juste de l’apaisement.

Son dernier souffle vint se poser comme une douce brise sur l’oreille de Jessie. Comme un “je t’aime” qu’il n’avait plus la force d’exprimer.

Et il partit.

Il avait fait ses adieux. Comme amoureux. Et comme frère.