les yeux bleus

Je ne vous connais pas. Personne ne peut vous connaître, se mettre à votre place, vous n’avez pas de place, vous ne savez pas où trouver une place. Et c’est de ça que je vous aime et que vous êtes perdu.
—  Marguerite Duras - Les yeux bleus cheveux noirs
Dès le premier jour nous nous sommes appartenu par la pensée. Je t'ai ouvert mon âme, je t'ai raconté ma vie comme si tu avais le droit de la savoir, comme si tu avais le pouvoir de la changer. Et tu l'as changée, en effet ; d'où t'es venue cette puissance ?
—  George Sand à Michel de Bourges

Je suis partie
Après le songe d'une nuit d'été
Les plus belles fleurs de ton cœur m'inondent de parfum
Un parfum suave et chaud
Je ne sais comment te dire
Que les étoiles que nous avons regardées
Ont la même lueur que celle de tes yeux
Le bleu doux de la Méditerranée me caresse
Elle m'arrache doucement au rivage
Je dérive
En me laissant porter car tu me rattrape
Cette nuit d'été est celle qu'on ne vit qu'une fois
Celle qu'on rêve et qu'on hésite à savoir réelle
Je marche seule
Je me retourne
Tu n'es pas encore là
Mais bientôt tu le seras

SYNECSTASY

habitacle en sur-effectif changement d'étage chambre 203 scénario post-apocalyptique perfusion et regards à demi vide murs trop blancs ne continuez pas
intraveineuse bandages aux bras paupières à moitié closes sourire narquois
me fixe surtout pas retourne compter les chagrins comme tu comptes les secondes | jeune inconsciente perturbée nuit blanches journées noires les yeux bleus sens obstrués déconcentration maximale
tes mains tremblent tu clignes des yeux 17 fois par minute à coups de 90 battements de coeur ralentis tais toi laisse moi lire la démence entre chacun de tes soupirs tais toi tais toi
tic-tac consécutifs de l'horloge collation commune elle est en face de moi
pupilles dilatées
souffle en suspension
ressemblance frappante avec le chaos qui es-tu ?
le soleil se couche je voudrais qu'on se leve parle moi de tes peurs ce n'est qu'un seul coup de crayon un brouillon une esquisse le pouls explose dans les basses ne cherche pas à savoir
comme un avant-goût d'héroïne laisse moi deviner d'où tu viens réponds pas luna tu sais que j’t'en voudrais pas retournement d'estomac
tu te souviens de moi ?
s'il te plaît devine les sirènes d'ambulance ma voix à peine audible les organes perforés un trou noir dans le ventre comment t'as su m'oublier ?
même constellation naissances programmées t'es certaine de vouloir continuer
drap vide des rêves du lendemain mais qu'est ce qu'on en a à faire si c'est nous qui ordonnons au jour de se lever si le lendemain n'est qu'une idée préconçue pour avoir la peur constante qui noue les tripes et flingue avant de naître
le souffle coupé peur panique me fais pas vivre c'que j'ai toujours espéré ça foutrait la haine aux docteurs haut-le-cœur palpitations si tu sautes maintenant saute avec moi on s'envole là où demain révolutionne hier à chaque seconde
avance dans la lumiere le sombre obscur porte ta haine ta rage rentre dans l'arène et sous les coups prends les calmants défigure toi l'âme reprends haleine on a plus le temps
stella ouvre la fenêtre regarde le ciel si c'est trop haut serre fort ma main apprécie la chute compte avec moi depuis le début on a pris le risque chambre 203 vide nos corps frêles en fuite déchire le ciel jusqu'au boulevard les néons blafards de l'hosto s'éteignent on a foutu l'camp vers un avenir pas franchement plus sûr Stella sans toi j'aurais jamais pû m'y prendre avant tu sais c'est jamais l'bon moment mais j'espère qu'au fond de ta mémoire tu gardes toujours que ça a été trop tard. Insolemment.

( @nebulessences + @constellaire )

J'avance, tu sais. J'ai rencontré un garçon. Il te ressemble, un peu. Je sais que c'est difficile de comparer un homme et une femme, mais il a les cheveux blonds et les yeux bleus, comme toi. C'est pas vraiment le même bleu, mais c'en est pas si loin, finalement. Je ne sais pas s'il se passera quoi que ce soit entre lui et moi. Je ne sais même pas comment ça pourrait être possible alors que je ne sais pas si j'éprouve toujours des sentiments pour toi. Je veux dire, bien sûr, je t'aime encore et je t'aimerai probablement toujours, mais est-ce que je tiens toujours beaucoup trop à toi, si fort que je n'aurais pas la place pour quelqu'un d'autre ? Je n'en sais rien. Je ne saurais même pas te dire si j'ai envie qu'il se passe quelque chose entre lui et moi. Je veux dire, il est gentil, adorable, je passe de très bons moments avec lui, je n'ai jamais eu à me plaindre, il me fait rire et il est craquant avec ses lunettes, mais il n'est pas toi. C'est une raison absurde, j'en conviens, pourtant, elle prend toute la place dans ma tête. J'aimerais me lancer, avancer vraiment, t'oublier, te mettre de côté, mais j'ai toujours cette question au creux de la tête : et si ? Et si tu revenais ? Saurais-je te résister ? Serais-je obligée de rester en retrait et de t'observer de loin, encore, comme avant ? Devrais-je alors l'abandonner ? Je ne veux pas lui faire de mal, il est si gentil. Alors, je voudrais vraiment que tu me dises que, non, jamais plus tu ne reviendras, jamais plus tu ne recroiseras mon chemin. Je voudrais que tu me dises que tu m'as aimée, mais que c'est fini, qu'il faut que j'avance, qu'il est quelqu'un de bien et que je serais heureuse avec lui, parce que j'en suis certaine. Mais, voilà, il faut que tu me le dises, que quelqu'un me dise que tu fais partie du passé maintenant. 

Seulement, ai-je vraiment envie de l'entendre ? Serais-je capable de l'accepter.


Bien sûr que non, je te veux toujours. Et, peu importe ce qui arrivera ou n'arrivera pas, je continuerai de penser à toi et t'écrirai jusqu'à ce que les mots eux-mêmes disparaissent.

—  quatreseptembre
Elle aime beaucoup la mer, surtout cette plage. Ici, elle n'a pas de maison. Elle vit dans un hôtel. Elle préfère. L'été, c'est mieux. Pour le ménage, les petits déjeuners, les amants.
—  Marguerite Duras, Les Yeux bleus, cheveux noirs
Quand il s'approche d'elle, on s'aperçoit qu'il est plein de la joie de l'avoir retrouvée, et dans le désespoir d'avoir encore à la perdre.
—  Marguerite Duras, Les Yeux bleus, cheveux noirs
The Definite Article w/ the Body

A. In simple descriptions of body parts, French uses a definite article where English uses a possessive determiner (e.g. his, my, their):

Il a les yeux bleus.
His eyes are blue.

Elle a les cheveux coupés court.
She has her hair cut short.

B. When people activate parts of their own bodies, French also uses a definite article with the body part:

Il a plissé les yeux.
He screwed up his eyes.

Elle a agité le bras.
She waved.

J'ai baissé la tête en y entrant.
I lowered my head as I went in. 

Elle a hoché /secoué la tête.
She nodded/shook her head.

C. When people do things which affect their own bodies, or those of others, the usual construction is a definite article in front of the body part, and a reflexive or indirect object pronoun:

Je me suis fracturé la jambe.
I broke my leg.

Elle s'est fait couper les cheveux.
She had her hair cut.

Je lui serre la main.
I shake his hand.

On lui a coupé la tête.
They cut his head off.

Elle lui essuie les yeux avec un mouchoir.
She wipes his eyes with a handkerchief.

These constructions are also possible with a possessive determiner, as in English, however:

Je prends sa main.
I take her hand.

Elle caresse mes cheveux.
She strokes my hair.

J'appuie mes deux mains sur sa poitrine.
I press with both my hands on his chest.

D. When body parts are the subject of a sentence, they usually have a possessive determiner, as in English, rather than a definite article:

Mon coeur s'est arrêté une fraction de seconde.
My heart stopped for an instant.

Ma tête me fait mal.
My head hurts.

Ses paupières se sont abaissées.
His eyelids lowered.

Leurs regards se sont croisés.
Their eyes met.

E. When descriptions of parts of the body or items of clothing are used adverbially, they are accompanied by the definite article:

l'homme au nez retroussé - the man with the turned-up nose
le comédien au chapeau de paille - the actor in the straw hat

Il parlait, le sourire aux lèvres.
He spoke, with a smile.

Elle est partie, les mains dans les poches.
She left with her hands in her pockets.

Il s'est agenouillé, le chapeau à la main.
He knelt down with his hat in his hands.

Il a avoué son crime, les yeux abaissés.
He confessed his crime, looking down.

Le souvenir du baiser est alors très fort, il brûle leur sang, il fait qu'ils ne parlent pas, ils ne peuvent pas. (…)
Le baiser est devenu la jouissance. Il a eu lieu. Il s'est joué de la mort, de l'horreur de l'idée. Il n'a été suivi d'aucun autre baiser. Il occupe le désir tout entier, il est à lui seul son désert et son immensité, son esprit et son corps.
—  Marguerite Duras, Les Yeux bleus, cheveux noirs