les introuvables

Jura Gothic
  • Il est possible, lors d'une promenade à travers le patrimoine jurassien, de se perdre dans un village. Il se produit alors une bien étrange chose : si l'on continue tout droit, la prochaine rue que l'on croisera, peu importe le village, sera la grande rue. En continuant tout droit, la prochaine rue sera à nouveau la grande rue. Il est impossible de sortir du village. Aux alentours, les habitants se retournent, impassibles. Si on leur demande, leur conseil est de continuer tout droit, puis de tourner à gauche, mais si, c’est la rue haute, elle mène à la sortie du village.
  • L'on peut entendre, en tendant l'oreille, les rumeurs d'une société secrète. Elle aurait disparu au fil des décennies, mais les récits perdurent. On aurait aperçu une gare il y a une saison, mais les témoins sont introuvables depuis. Ne restent que quatre lettres, étranges. SNCF.
  • Après un moment, on peut finir par remarquer une étrange statuette, à l'effigie d'une femme, mains ouvertes, aux traits paisibles. Que l'on soit dans un village, sur un chemin, dans la forêt, toujours cette statuette finit par resurgir. Elle est parfois dans une cage, parfois entourée de fleurs. Elle ne se départ jamais de son sourire bienveillant. Parfois, elle peut même suivre le voyageur jusqu’à son lieu de repos. Son sourire reste le même, mais prend une dimension inquiétante plus on y prête attention. Il est impossible de savoir ce que la statuette veut, peu importe combien de fois on lui demande, combien de fois on l'implore de nous laisser tranquille.
  • Dans la première ville que l'on peut traverser en arrivant dans le Jura, une petite maison une pierre est à vendre. Elle est jolie, mais excentrée, en haut d'une grande pente goudronnée. Ce serait sympa d’habiter ici, pourrait-on penser, mais c’est trop loin de tout, et ne pensons pas à l’humidité.
    Dans la deuxième, cinq maisons sont à vendre, assez grandes, proches du centre. Leurs fenêtres sont grandes, tournées vers le sud, et laissent probablement entrer le soleil à toute heure du jour. Elles sont très mignonnes, est-il possible de songer, je me verrais bien habiter là.
    Dans la troisième, une vingtaine de panneaux ornent les façades des maisons du centre-ville, tous annonçant la même chose : “à vendre”. Les habitants, à qui l’on peut prêter attention pour la première fois, ont tous une mine renfrognée, et l’air hagard. On se presse généralement pour sortir de cette ville.
    La quatrième ville n'a que des bâtiments à vendre, et ses magasins ferment boutique. 
    Dans la ville où le voyageur fourbu peut s'arrêter passer la nuit, un écriteau apparaît au coucher du soleil devant l’endroit choisi pour se reposer : “À vendre. Tout doit disparaître". Il arrive que ledit voyageur ne soit plus là pour écouter le chant du coq.
  • Dans un petit village au sommet d'une montagne, l'Homme rachète tout. Il est partout, a une main dans toutes les ventes, même celles où son empreinte se voit le moins. Il vient dans toutes les maisons parler aux habitants, prenant les mesures des pièces, demandant aux propriétaires s’ils vont bien et s’ils ne pensent pas quitter leur maison. S’ils ne se sentent pas un peu mal - une maladie grave est si vite arrivée.
    L’Homme attend son heure. Il guette.