les citations

J'ai appris que quand elle me disait de partir je devais rester, que quand elle m'ordonnait de me taire je devais parler d'avantage, que sa colère n'était que l'image de son amour et de son inquiétude, que sa froideur ne reflétait que la peur et la souffrance qu'elle se faisait à l'idée de me perdre. J'ai compris que cette femme était un paradoxe fait de chaire, de sang et d'amour pour un imbécile qui n'a pris conscience de sa valeur que quand elle est partie.
—  lesmotsdusoir

“Enjolras était un jeune homme charmant, capable d’être terrible. Il était angéliquement beau. On eût dit, à voir la réverbération pensive de son regard, qu’il avait déjà, dans quelque existence précédente, traversé l’apocalypse révolutionnaire. Il en avait la tradition comme un témoin. (…) Il était officiant et militant; au point de vue immédiat, soldat de la démocratie; au-dessus du mouvement contemporain, prêtre de l’idéal. Il avait la prunelle profonde, la paupiére un peu rouge, la lévre inférieure épaisse et facilement dédaigneuse, le front haut. Beaucoup de front dans un visage, c’est comme beaucoup de ciel dans un horizon.”

-Victor Hugo, Les Misérables

Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit “oui”, quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.
—  Guy de Maupassant, Le horla