le marchant

Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu’à toi, avec l’effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J’aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n’y arrive pas. Si tu connais un truc pour t’oublier, fais le moi savoir. Je viens de passer le pire week-end de ma vie. Jamais personne ne m’a manqué comme ça. Sans toi, ma vie est une salle d’attente. Qu’y a-t-il de plus affreux qu’une salle d’attente d’hôpital, avec son éclairage au néon et le linoléum par terre ? Est-ce humain de me faire ça ? En plus, dans ma salle d’attente, je suis seul, il n’y a pas d’autres blessés graves avec du sang qui coule pour me rassurer, ni de magasines sur une table basse pour me distraire, ni de distributeurs de tickets numérotés pour espérer que mon attente prendra fin. J’ai très mal au ventre et personne ne me soigne. Être amoureux c’est cela : un mal de ventre dont le seul remède, c’est toi. J’ignorais que ton prénom prendrait tant de place dans ma vie.
—  L'amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder
liberation.fr
Simone Veil ou le sens d’une vie
Son combat ne se réduit pas aux droits des femmes, il a une portée universelle. Comme les autres survivants des camps, Simone Veil a tiré de cette expérience une leçon philosophique : l’idée qu’il faut refuser toute dégradation de la vie, toute humiliation de l’homme.

A entendre l’unanimité qui s’élève dans notre pays pour saluer la personnalité exceptionnelle que fut Simone Veil et la décision prise par le président Macron de l’accueillir au Panthéon, on oublie l’âpreté des combats qui furent les siens et la manière dont ils se poursuivent aujourd’hui. Il est d’autant plus important de les replacer dans le contexte philosophique et politique de l’époque que ceux-ci nous éclairent sur l’importance du message qu’elle nous lègue face aux dangers de régression que nous connaissons aujourd’hui. Son action est inséparable, tous l’ont rappelé, de l’expérience de la déportation et des camps de concentration, et si le président Macron oublia de rappeler que c’est en tant que juive qu’elle eut à les subir, nul ne peut dire quel aurait été son parcours si elle n’y avait rencontré ce que rappelait Robert Antelme dans l’Espèce humaine : le fait que les nazis n’aient jamais réussi à briser l’humanité des déportés.

Ce qui n’a pas assez été rappelé, c’est la leçon philosophique que Simone Veil a tirée de cette expérience, l’idée que la vie ne se résume pas à produire une conduite individuelle ou collective, morale ou légale, mais qu’elle commande de se préoccuper de sa dimension éthique. On a ainsi trop vite limité son combat au seul féminisme, réduisant à une moitié de l’humanité ce qu’elle concevait au plan de l’universel. Qu’elle ait lutté pour les droits des femmes, notamment des femmes algériennes, dans le cadre de ses premières activités de magistrate, c’est qu’il lui paraissait insupportable de voir la vie humaine profanée en tant que telle. On lit à travers son action le sens que les survivants donnèrent à leur combat : refuser toute dégradation de la vie, l’humiliation de l’homme au sens où Primo Levi l’entend dans Si c’est un homme. Car ce que nous disent les survivants passés par les camps de la mort, c’est que l’extermination emporte dans son abaissement non seulement les victimes, mais les bourreaux eux-mêmes. Ainsi faut-il comprendre le sens de l’engagement européen de Simone Veil et de sa main tendue immédiatement après-guerre aux Allemands.

C’est sans doute cette décision de considérer que la gestion de la vie revenait désormais à l’homme, pleinement conscient de sa tâche, qui fait l’unité des combats qui furent les siens. Elle rejoignait ici une poignée de scientifiques et de médecins qui se retrouvèrent au sortir de la guerre pour poser ensemble les pierres qui jalonnent les étapes de ce que l’on a coutume de nommer «la libération de la femme». Il ne s’agit plus alors d’opposer, comme ce fut longtemps le cas, la vie à la mort, ni d’aborder la question du point de vue de la démographie, à la manière d’Alfred Sauvy, chantre de l’idéologie nationaliste, dont se réclameront en 1974 les opposants à l’avortement, mais d’affirmer que seule vaut d’être vécue une vie dont l’humanité est reconnue et librement exercée. Le silence coupable de l’Eglise, la faiblesse des gouvernements démocratiques et le consentement de leurs peuples face à l’existence des camps et à la volonté de génocide mise en actes par le régime nazi les avaient disqualifiés pour revendiquer la direction du salut de leurs semblables.

Il revenait alors à quelques individus de reprendre le flambeau. Juifs, communistes pour certains, tous issus de la Résistance, ils sortent de la guerre convaincus que la vie ne vaut pas en elle-même, mais pour ce que les vivants en font. Simone Veil fut aux côtés de ceux-là, scientifiques renommés, marchant sur les traces de la révolution scientifique initiée par les travaux de Crick, Watson et Wilkins, autour de la découverte de la double hélice des acides nucléiques, médecins libres-penseurs, gynécologues-obstétriciens, et endocrinologues. Ils ont pour nom François Jacob, Jacques Monod, André Lwoff du côté des savants, Fernand Lamaze, Jean Dalsace, Pierre Simon, Pierre Velay, Etienne-Emile Baulieu, Henri Fabre, du côté des médecins.

Entrés en dissidence dès le début des années 50 face à la bien-pensance d’une société qui, sous couvert de morale, laisse les femmes mourir et souffrir, ils sont engagés dans un combat frontal contre l’ordre des médecins, hérité de Vichy, et entreprennent de convaincre des forces politiques alors peu informées et prisonnières des schémas anciens. Ils importeront en France les techniques de l’accouchement sans douleur, mettront en place les techniques de contraception, feront voter la loi sur l’interruption de grossesse avant de réfléchir aux problèmes liés à la procréation médicalement assistée et à l’euthanasie. Et s’ils trouvent, en 1967, le relais de Lucien Neuwirth pour coucher dans le marbre de la République les progrès accomplis, c’est que ce grand résistant a, lui aussi échappant à la mort, mis sa vie au service d’une vision de l’humain.

Il faut rappeler aujourd’hui les risques que prirent ces pionniers de la contraception et de l’avortement. Soumis nuit et jour aux insultes, risquant la condamnation et la prison chaque fois qu’ils ramenaient d’Angleterre les contraceptifs sur le sol français, menacés jusque dans leur vie, ils tinrent ferme, convaincus que médecine et société ne pouvaient aller l’une sans l’autre. Il faut se souvenir que ceux-là mêmes qui traitèrent Simone Veil de nazie sur les bancs de l’Assemblée furent ceux qui traitèrent le Dr Pierre Simon de Hitler en première page du Monde.

Pourquoi rappeler ces combats ? Parce qu’ils donnent leur ampleur au message que nous lègue Simone Veil, à savoir que la mémoire n’est pas seulement faite d’héritage, mais se construit au présent. Parce qu’ils nous enseignent que rien n’est jamais définitif et que les régressions politiques, qu’elles viennent d’extrême droite ou d’extrême gauche, font souvent écho aux régressions qu’entérine le corps social, en l’occurrence aujourd’hui une essentialisation de l’homme qui le ramène à ce que la nature a de plus trivial. L’élection d’un Trump aux Etats-Unis, le score réalisé par le Front national, la force politique d’un mouvement comme Sens commun doivent nous alerter. Si l’exemple de Simone Veil a autant compté, c’est parce qu’elle savait que la vie n’est sacrée que parce qu’elle porte au plus haut l’humanité de l’homme.

non non non

Est-ce que tu penses à moi en te levant ? En déjeunant ? En te lavant ? En t'habillant ?
Est-ce que tu penses à moi en marchant dans le froid du matin, lorsque ton souffle chaud se transforme en fumée pendant que tu respires ?
Est-ce que tu penses à moi en cours ? Tellement que tu en perds le fil?
Est-ce que tu penses à moi le midi, au milieu de tes amis? Le soir avec ta famille ?
Est-ce que tu penses à moi pendant que tu travailles, tellement que tu ne peux même pas te concentrer plus de quelques minutes ?
Est-ce que tu penses tellement à moi que tu peine à t'endormir ? Est-ce que j'apparais dans tes rêves ? Est-ce que je suis ta dernière et première pensée tous les jours ?
Est-ce qu'il t'arrive d'être en retard, tellement tu es occupé à penser à moi?
Est-ce que tu penses à moi quand tu m'aperçois au loin ? Quand je passe près de toi ? Quand nos regards se croisent et que nos mains manquent de s'effleurer parfois ?
Est-ce que tu penses tellement à moi du matin au soir que tu en deviens presque malade ? Que tu doutes de ta propre existence ? Est-ce que tu m'aimes ?

“Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu’à toi, avec l’effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J’aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n’y arrive pas.”

L’amour dure trois ans - Frédéric Beigbeder

Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu'à toi, avec l'effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J'aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n'y arrive pas.
—  L’amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder
Le Coq guéri - Esculape

“Un coq, ayant été blessé à la patte, vint, poussé, à ce qu'il me semble, par une suggestion d'Esculape, vers son maître, et comme on chantait le matin, le péan en l'honneur du dieu, il se joignit au choeur des chanteurs, prit sa place comme si elle lui avait été assignée par le chef du choeur et chanta de son mieux avec les autres, en observant la mesure.
Il se tenait sur une patte et tendait l'autre blessée et boîteuse, comme pour attester qu'il avait souffert.
Il chantait le sauveur de toute sa voix et le priait de le guérir.
Et c'est ce que fit Esculape.
Avant le soir, le coq, marchant sur ses deux pattes, battant des ailes, s'avançant d'un pas rapide, la tête haute, redressant sa crête, comme un fier hoplite, proclama que la Providence du Dieu s'étendait jusqu'aux animaux.

Le coq guéri par Esculape est une légende parue dans la Revue des Traditions Populaires, tome 34, n°1.
Contes et légendes de la Grèce ancienne |Revue des Traditions Populaires, année 1919

C'est quand tu rentres dans le tram, que tu le croises sans même le savoir car ton esprit est trop ailleurs, tu t'assois, tu regardes la rue et tu le vois, marchant, sortant de la porte par laquelle tu es montée. C'est ça, l'oublie. Passer à côté de quelqu'un qui a compté, sans même s'en rendre compte. Comme un inconnu au milieu des autres.
—  11 a.m pensée,
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Oscar Byles - The Whole Story

I know, I’ve already shown you these illustrations ! I have made it las year for a contest on a French forum, The Box of Chocolate, for which I had to tell the story of a character.

It’s a bit hard for my to speak in english, so I will not be able to translate all I write for the contest. I know I have some french followers, I hope you will enjoy the texts !

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(Part 7 of 8) Letter from Charles Jeanne to his sister, from prison, December 1833

Une seconde fois le canon cessa de se faire entendre. La ligne et la garde nationale s’avancèrent ; arrivées à deux cents pas de nous, elles commencèrent le feu en marchant toujours au pas de charge. Nous étions tous baissés derrière la barricade, nos fusils passés dans des meurtrières formées par l’écartement des pavés. L’élève de l’École courait de l’un à l’autre en répétant à chacun : ne tirez pas, mes amis, ne tirez pas ! laissez approcher !.. à dix pas ! à dix pas mes amis !.. & pas un seul coup de fusil ne fut tiré de notre part qu’alors que le commandement feu !.. poussé d’une voix forte et assurée par l’Élève, nous instruisit que le moment de vaincre ou de périr était arrivé.

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《 Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu’à toi, avec l’effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J’aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n’y arrive pas. Si tu connais un truc pour t’oublier, fais le moi savoir.》

J’ai de l’inspiration dans le métro, en marchant, dans la rue, dans les magasins, en voyant les passants passer devant moi, en observant les gens aux terrasses, j’ai les mots qui viennent et s’entremêlent tous seuls dans mon esprit, pourtant quand je rentre chez moi, quand je suis devant ce putin de clavier d’ordinateur, il n’y a plus rien, c’est différent… J’aimerai avoir cet interrupteur d’inspiration allumé en permanence, tout serait plus simple.