le collectif

Le réalisateur Tancrède Ramonet a imaginé une ambitieuse fresque documentaire sur le mouvement anarchiste à travers le monde, diffusée mardi 11 avril sur Arte.

« Il existait bien des histoires mondiales du fascisme, du communisme, du féminisme. Mais rien sur l’anarchisme », s’étonne encore Tancrède Ramonet. Un manque qu’en 2010 le réalisateur et producteur – qui ne cache pas une sensibilité certaine à la cause libertaire – va s’évertuer à combler. Il s’attelle donc à un projet ambitieux : raconter ce courant de pensée aux multiples facettes qui, depuis le XIXe siècle, échoue et renaît de ses cendres au gré des péripéties de l’Histoire.
Il lui faudra cinq ans de lectures, d’interviews d’historiens, de plongée dans les archives, pour construire « une » histoire de l’anarchisme. Peut-on pour autant rassembler sous une même bannière les écrits de Proudhon (1840), la révolution mexicaine (1910), les braquages de la bande à Bonnot (1912), ou l’affaire Sacco et Vanzetti, du nom de ce scandale judiciaire qui agita les années 1920 et vit deux anarchistes italiens exécutés aux Etats-Unis ?

De Proudhon aux émeutes anti-G8
« C’était une vraie difficulté. L’anarchisme n’est pas un parti, avec une carte, une hiérarchie, un fonctionnement propre. Il se manifeste dans les actions. Tous les épisodes répondent à ce même élan : lutter contre toute forme de domination, explique le réalisateur. Je souhaitais montrer qu’au-delà de sa diversité, de ses contradictions et errements le mouvement garde une cohérence et revêt un caractère international. » Le projet initial, fresque documentaire en trois parties, visait à couvrir une large période : de 1840 – date de la publication de Qu’est-ce que la propriété ?, l’écrit fondateur de Proudhon – à 2001, où, selon Ramonet, les émeutes contre le G8 de Gênes ont marqué chez les jeunes générations la réémergence d’un mouvement anti-autoritaire.
Arte ne diffuse cette semaine que les deux premiers épisodes (1840-1945). Pour des raisons officiellement budgétaires, le troisième opus reste pour l’heure sur le banc de montage. Mais l’histoire foisonnante de l’anarchisme ne s’arrête pas brutalement à la Seconde Guerre mondiale. Dans ce dernier volet, plus contemporain, Tancrède Ramonet pensait raconter la façon dont le mouvement a ressurgi en Mai 68, puis dans la guérilla urbaine des années 1970-1980, incarnée en France par Action directe.
“Dès qu’il y a domination, sous quelque forme qu’elle soit, les gens se révoltent et s’y opposent.” Tancrède Ramonet

Que reste-t-il de ce mouvement composite ? Qui en sont les héritiers et les promoteurs ? Tancrède Ramonet a son idée : « Dans l’histoire récente, ceux qu’on a appelés les anarchistes de droite ont dénaturé le mouvement. Alors, depuis les années 1990, on voit émerger des groupuscules qui cherchent à se défaire de l’étiquette anarchiste et avancent masqués. » Et de citer le sous-commandant Marcos, leader cagoulé des zapatistes mexicains ; les mystérieux membres du Comité invisible, auteurs en 2007 de l’ouvrage L’Insurrection qui vient ; ou encore le collectif d’internautes hackers Anonymous. Il a aussi choisi d’ouvrir son film sur des images des black blocs, ces silhouettes tout de noir vêtues et masquées qui, hostiles aux institutions, cassent des vitrines de banque en fin de manifestation.
On pourrait penser la cause anarchiste réduite à ces mouvances violentes, insurrectionnelles, ultra minoritaires. Le réalisateur défend une autre lecture, qui voit un souffle libertaire imprégner tous les mouvements de contestation des années 2000 : « Il n’est pas question de dire que le mouvement des Indignés, Occupy Wall Street, le Printemps arabe ou Nuit debout sont des manifestations anarchistes. Mais les principes à l’œuvre sont ceux de l’anarchisme. Dès qu’il y a domination, sous quelque forme qu’elle soit, les gens se révoltent et s’y opposent. Et l’on est alors devant une critique du capitalisme et de la verticalité du pouvoir. »

Au XIXe siècle, un monde nouveau envahit le champ littéraire, certains motifs se hissant pour la première fois au rang de sujets dignes d’intérêt. La ville, la province, le peuple ne sont plus cantonnés au registre comique, les progrès de la Science aux manuels et aux essais des savants. L’individu s’affirme, en réaction à une évolution économique et sociale qui le dépasse ou l’écrase. « Le culte du moi » est de tous les genres littéraires. Le pessimisme se lit dans les œuvres des écrivains qui refusent de se conformer à l’ordre établi. Ils ont le sentiment d'être incompris et se sentent coupés du monde, malgré l’espoir suscité par les progrès collectifs. Ce mal de vivre ou « mal du siècle », chanté par Chateaubriand et les Romantiques comme Musset et Nerval, se prolonge avec le spleen de Baudelaire et, à la fin du siècle, chez les décadents et les symbolistes. Les romans réalistes n’y échappent pas non plus. Ainsi les courants littéraires s’entremêlent-ils plus qu’ils ne se succèdent, donnant lieu à des échanges féconds entre les écrivains. À ce titre, Baudelaire peut être considéré comme le poète capital, à la charnière du siècle comme des mouvements, romantique, réaliste, parnassien, décadent et symboliste.

Le 4 février 1857, Baudelaire remet son manuscrit à l’éditeur Auguste Poulet-Malassis associé à son beau-frère Eugène De Broise. Il y a là cent poèmes, le concentré de l’expérience poétique accumulée par l’auteur sur quinze années. La première publication, le sonnet À une dame créole, date de 1845 dans la revue L'Artiste. En octobre de la même année, le livre a été annoncé sous le titre Les Lesbiennes. Puis en novembre 1848, sous le titre Les Limbes. C'est finalement sous le titre des Fleurs du mal que paraissent en 1855, dans La Revue des Deux Mondes, dix-huit poèmes. De même que neuf autres poèmes, seront publiés en avril 1957 dans la Revue française. Le recueil définitif paraîtra le 23 juin 1857, après trois longs mois que Baudelaire consacre aux révisions sur épreuves. Le premier tirage (quelque 1000 exemplaires imprimés à Alençon) est mis en vente au prix de trois francs.

Les Fleurs du mal, connaissent un accueil mitigé, quand la presse ne se déchaîne pas pour en dénoncer l’immoralité. Le Figaro, en pointant du doigt les pièces les plus condamnables de l’ouvrage, parle de « monstruosités », si bien que le Parquet ordonne la saisie des exemplaires. Baudelaire et ses éditeurs sont poursuivis.

L’homme qui se présente le 20 août 1857, à l'audience de la 6e Chambre criminelle du tribunal correctionnel de Paris – celle des escrocs, des souteneurs et des prostituées – est un poète de trente-six ans, apprécié et reconnu de ses pairs, qui traine une réputation quelque peu sulfureuse. Déjà, en 1852, un journaliste du Journal pour rire avait cerné le personnage : « Charles Baudelaire, jeune poète nerveux, bilieux, irritable et irritant, et souvent complètement désagréable dans sa vie privée. Très réaliste sous des allures paradoxales, il a dans sa forme tout le style et la sévérité antiques, et des quelques rares esprits qui marchent par ces temps dans la solitude du moi, il est, je pense, le meilleur et le plus sûr de sa route. Très difficile à éditer d’ailleurs, parce qu’il appelle dans ses vers le bon Dieu imbécile, Baudelaire a publié sur le Salon de 1846 un livre aussi remarquable que les articles les mieux réussis de Diderot. »

D’une naïve bonne foi, Baudelaire s’imagine s’en sortir d’un non-lieu. Ses amis et connaissances, et pas des moindres, se sont mobilisé : certains publiant des articles élogieux, d’autres faisant jouer leurs relations. Mais c’était sans compter avec le rigorisme du Second Empire, porté par son moralisme intransigeant et son goût douteux pour l’art pompier et la littérature édifiante, ainsi qu’une censure omniprésente qui ne dit pas son nom. Le soir même, à l’issue du procès, qui n’a duré que quelques heures Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Baudelaire doit s’acquitter d’une amende tandis que six poèmes sont retirés du recueil. Pour comble, le poète, qui s’attendait à une « réparation d’honneur », est privé de ses droits civiques.

Baudelaire sort brisé par le verdict, qui redouble la condamnation familiale. Le sentiment d’injustice qu’il éprouve ne le quittera plus. Comment peut-il en être autrement ? Dans ce siècle où priment les valeurs bourgeoises, l’exercice de la poésie est considéré comme un violon d’Ingres. François Malherbe, pour qui « le poète n’est pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles », le déplorait déjà, trois siècles auparavant. Tout au plus taquine-t-on la muse, « à ses heures perdues », selon l’expression consacrée par Léon Bloy. Mais quand sonne l’heure des affaires, toutes ces « couillonnades », telles que les nomme par dérision le pamphlétaire, doivent être mises au rencard, sous peine pour le récalcitrant de passer pour un tire-au-flanc.

En 1857, au moment du procès, et donc de la parution des Fleurs du mal, Charles Baudelaire n’est pas le poète maudit que l’on présente à tort. Certes, il mène une vie de bohème, parfois excentrique, est en rupture avec sa famille bourgeoise, a dilapidé une bonne partie de son héritage, une fortune, au point d’être sous tutelle, alternant luxe puis pauvreté, il est couvert de dettes, a le goût des prostituées qui pour certaines deviennent ses compagnes… Mais il est critique d’art, domaine dans lequel il s’est imposé comme un des maîtres du genre. Il est aussi le traducteur de l’œuvre d’Edgar Allan Poe, qu’il salue comme un esprit frère du sien. Il est enfin très entouré, apprécié de ses amis écrivains, protégé même. Parallèlement, il a publié dans différents journaux plusieurs des poèmes qui figurent dans le recueil coupable.

La censure oblige donc Baudelaire à réaménager son œuvre. Ainsi, en 1861, la structure du recueil sera-t-elle remaniée et enrichie d’une trentaine de poèmes. Composé de six parties, il est traversé par les thèmes principaux qui laissent deviner les espérances déçues et les défaillances morbides du poète (« Spleen et Idéal » ; « Tableaux Parisiens » ; « Le vin » ; « Les Fleurs du mal » ; « Révolte » et « La mort »). Ces textes, largement autobiographique, Baudelaire les a vécu dans sa chair, au plus profond de son être. Son lyrisme cherche sans cesse à se démarquer du Romantisme qui a bercé sa jeunesse. Avant tout, il s’agit pour lui « d’extraire la beauté du Mal » des « provinces les plus fleuries de l’art poétique » foulées par ses prédécesseurs. À l’instar de Théophile Gautier, le « poète impeccable »  à qui sont dédicacées Les Fleurs du mal, l’art n’a d’autre téléologie que lui-même, le beau et l’utile ne font pas bon ménage : « La poésie ne peut pas, sous peine de mort ou de déchéance, s'assimiler à la science ou à la morale ; elle n'a pas la vérité pour objet, elle n'a qu'Elle-même. » Ainsi, des thèmes modernes sont sertis dans des formes anciennes comme le sonnet, selon l’idée que « l’irrégularité, c’est-à-dire l’inattendu, la surprise, l’étonnement sont une partie essentielle et la caractéristique du Beau ». Hanté par l’Idéal, symbolisé par l’ailleurs, le poète n’échappe pourtant pas à l’ennui. Le spleen envahit tout son être et le plonge dans une mélancolie saturée d’images mortifères. L’amour, clé de voûte du recueil, obéit aux mêmes postulations contradictoires. La passion sensuelle, incarnée par la ténébreuse Jeanne Duval se dispute l’amour spiritualisé, en la personne de Madame Sabatier, sans que jamais le poète n’atteigne la félicité. La mort devient alors la dernière espérance du spleenétique qui ne s’accommode pas de la médiocrité d’ici-bas, où les poètes sont traités comme des malfrats.

Baudelaire, né trop jeune dans un siècle trop vieux, a mené une vie à contre-courant des valeurs en cours. Il incarne à tout jamais le poète écorché vif, voué aux gémonies par ses contemporains, acclamé par ses successeurs : « Le vrai Dieu » selon Rimbaud, « le premier surréaliste » pour Breton ou encore « le plus important des poètes » aux yeux de Valéry. Janus de la poésie du XIXe siècle, dernier classique et premier moderne, il inaugure une nouvelle ère poétique, auquel ce procès, loin de le détruire, prend valeur de sacre. Et finalement, Les Fleurs du mal sont devenues un des plus grands classiques de la littérature.

Baudelaire n’a été « réhabilité » qu’en… 1949. Il faudra en effet cent ans pour que l’institution judiciaire mesure l’étendue du génie de Baudelaire, et qu’une loi du 25 septembre 1946 institue un nouveau cas de pourvoi en révision sur ordre du garde des Sceaux et ouvert à la seule Société des gens de lettres. Elle offre la possibilité de réviser les jugements ayant condamné un écrivain pour outrage aux bonnes mœurs commis par la voie du livre, partant de l’idée que l'appréhension par le public des écrivains évolue au gré du temps, et qu’il convient alors d’adapter le judiciaire au littéraire. C’est ainsi que le 31 mai 1949 la chambre criminelle de la cour de Cassation rendit un arrêt d’annulation du jugement de 1857, considérant que les poèmes « ne renferment aucun terme obscène ou même grossier ». Depuis, les six poèmes censurés peuvent être légalement publiés.

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Pour en savoir plus sur le collectif “Féministes contre le cyberharcèlement”, mais aussi pour découvrir nos recommandations en matière de lutte contre les cyberviolences, nous vous invitons à consulter ces documents !

anonymous asked:

Disclaimer : j’ai voulu réagir à certains asks que t'as postés, et j’ai fini par écrire un petit pavé afin de déballer ce que j’avais à dire. Lis-le si tu en as envie et quand tu as le temps, mais mon petit rant aura plus de résonance sur ton blog que sur le mien lol. Je me permets juste d'exprimer à quel point je suis dégoûté, à l'issue de cette campagne du 1er tour, par le délire collectif autour de ce qu'on a nommé « vote utile », et je ne peux pas cacher que je vise en particulier l'amalgame

Bisous, bisous, anon, un coup de gueule qui fait du bien.

Vous êtes les livres que vous lisez, les films que vous regardez, la musique que vous écoutez, les gens que vous rencontrez, les rêves que vous avez, et les conversations que vous engager, il ne tient qu'à vous de retenir les leçons que vous prenez de ceux-ci. Vous êtes le son de l'océan, le souffle de l'air frais, la lumière la plus brillante et le coin le plus sombre. Vous êtes le collectif de chaque expérience que vous avez eu dans votre vie. Vous êtes chaque seconde de chaque jour. Ainsi vous êtes à vous tous seuls une noyer de connaissance et d'existence. Laissez les mots parcourir vos veines et les couleurs remplissent votre esprit jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à faire mais exploser, Il n'y a pas de mauvaise réponse. L'inspiration est tout. Asseyez-vous, détendez-vous et prenez tout.
—  Jac Vanek

QUEER FEMINIST ACTIVISM IN FRANCOPHONE WEST AFRICA - SHAPING OUR UNDERSTANDING, ISSUES AND PRIORITIES

QAYN’s third Activist School aims to bring together over 30 queer women, gender non-confirming and trans* activists from 7 countries in the sub-region and Cameroon for five days of learning, sharing, imagining a queer feminist movement in Francophone West Africa and Cameroon, and defining its vision(s), principals and priorities. Together, we will aim to:

  • Examine the historical roots of our engagement as individual and organizations through a critical analysis of our different identities, our personal journey towards activism and the state of our current organizing.  
  • Engage in a mutual political education to develop the theoretical and conceptual tools to broaden and deepen our collective action. In particular, pool together our experiences to contextualize our understandings of queer and feminism politics grounded in our everyday lives and activism.
  • Define the essence of our work - by developing a shared vision(s), principals and an agenda to shape the cultural and political foundation of our organizing as a queer feminist movement; define our priorities at national and sub-regional levels; and identify promising practices for genuine collaboration. 

ACTIVISME QUEER FÉMINISTE EN AFRIQUE DE L’OUEST FRANCOPHONE – DÉFINITIONS, ENJEUX ET OPPORTUNITÉS
La troisième Ecole activiste de QAYN a pour ambition de réunir plus de 30 activistes LBQFSF et trans* venant de 7 pays de la sous-région et du Cameroun pour 5 jours d’apprentissage à travers des discussions politiques. A cette fin, les objectifs de cette Ecole activiste visent à permettre aux participant-e-s de :

  • Examiner le POURQUOI de nos engagements à travers une analyse critique et une prise de conscience de notre situation individuelle et collective.  
  • Situer nos luttes dans un contexte plus large en tissant un lien entre l’individuel et le collectif dans le but de collectiviser nos expériences et développer une compréhension commune de l’activisme queer féministe  en Afrique de l’Ouest Francophone.
  • Définir le comment, les valeurs et principes de l’activisme queer, LBFSF et trans* – Se questionner sur les idées de « se mobiliser » et « être mobilisé-e » ; identifier les enjeux clés au niveau pays et sous régional d’une part et des revendications sous régionales d’autres. Définir les valeurs et principes de notre activisme et mouvement.

A la fin de ces 5 jours de travaux, les participant-e-s auront :

  • Défini une notion commune de l’identité queer féministe dans le contexte de l’Afrique de l’Ouest Francophone et au Cameroun.
  • Développer une analyse critique des enjeux qui aliment notre engagement entant que activistes féministes queer, LBFSF et trans* dans le but de renforcer nos revendications et développer des actions.
  • Prendre conscience des richesses de nos groupes, les valoriser, les utiliser et les faire connaître.
  • Elaborer une  charte des valeurs et principes fondamentaux quisont à la base de notre activisme et nos actions entant que militant-e-s et mouvement féministes queer, LBFSF et trans*.
Des Hamon par millions, pour vivre en Hamonie.

Le 1er Juillet, je n’attends pas un Benoît Hamon en toge blanche qui descendrait du Ciel pour répandre sur nous la bonne parole.
Surtout pas.
Si j’aime tellement Benoît Hamon, c’est parce qu’il s’adresse à mon intelligence, ou plutôt à mes intelligences : celle du cœur et celle du cerveau, celle de la citoyenne concernée par le collectif et celle de la mère qui pense à ses filles.
Je l’aime beaucoup, Benoît Hamon. Il est beau gosse, il a du charisme et de la conviction, on lui donnerait l’Elysée sans confession mais c’est son programme qui m’intéresse. Le FUTUR DESIRABLE j’en veux, moi.
J’y crois.
Pour mon mari, mes enfants, et les enfants des pays voisins. Dès le 1er juillet, on va retrousser nos manches et tous on va s'y mettre, inventer, construire, débattre et se mettre d'accord sur un FUTUR DESIRABLE.
Et ensuite ce programme il faudrait qu’on le fasse porter par un seul homme ? même s'il a des jolis yeux et un sourire bienveillant, il me semble, comme ça, à vue de nez, que c'est un être humain, non ?
Demain s'il change de crèmerie, d’idée, si d’un coup il en a plein les bottes et plein le dos de la politique et qu’il part faire du macramé en Bretagne, s'il s’allie à des gens que je n’aime pas, s’il me déçoit, le futur tombera dans les indésirables ?
Voilà ce que je ne veux pas.
L’intelligence collective ? A nous de l’activer. Maintenant.
Moi je l’aime tellement Benoît Hamon que je lui accorde le droit d’être humain.
Le 1er juillet, rassemblons-nous autour d’un projet, d’un avenir à co-construire, d’une parole à faire circuler, et qu’ensuite elle soit portée par Benoît et par Yannick et par Cécile et par Arnaud et par Leïla et par Dimitri et par Linda et par des voix, des mains que je ne connais pas, au-delà de notre espace franco-français.
Le futur, pour être respirable, doit être mondial. Pour être désirable, le futur doit distribuer les richesses et les responsabilités.
Ce n’est pas un Benoît Hamon qu’il nous faut, mais des millions. Qu’il soit notre relais et nous le sien.
Les hommes politiques ne changeront rien, si nous ne changeons pas les hommes politiques.

Les Navajos et le genre :  la preuve de l’existence de l’identité de genre ?

Il y a quelques mois, j’ai écrit un article sur le féminisme amérindien. À l’époque, j’y ai mentionné que les amérindiens admettaient plus de deux genres différents. Je n’ai pas élaboré car je n’osais guère exprimer mes doutes sur l’identité de genre. Il a existé, au cours de l’Histoire, des sociétés où les rôles des femmes et des hommes n’étaient pas figés et qui, selon des études pro-genre, admettaient une pluralité de “genres” différents. Il se trouve cependant que j’ai quelques remarques à faire sur cette prétendue « preuve » que l’identité de genre existe.

Comme ce sont ceux que je connais le plus, je vais prendre pour étude les Navajos. Un petit nombre de chercheurs généristes se félicite d’identifier quatre, voire cinq genres chez les Navajos. Comment sont-ils décrits ? Wesley Thomas, un des rares chercheurs à s’être penché sur la question, a créé un tableau dans lequel il définit ces autres « genres » ainsi que les normes sexuelles qui régissaient les relations entre les individus selon leur genre supposé. On y apprend qu’il existait, traditionnellement, ce qu’il appelle des « hommes féminins » et des « femmes masculines » (feminine males et masculine females), qu’on appelle aujourd’hui naadleh. Thomas catégorise naadleh comme un cinquième genre, cependant, le terme est, dans son étude, parfois interchangeable avec les deux précédentes appellations. Pour plus de précision, à l’origine, le terme désignait les hommes qui occupaient des positions de femme, et non pas l’inverse.

Or, il se trouve que cette catégorisation ne reposait non pas sur une certaine norme sexuelle (qui est secondaire et, d’ailleurs, à définir) mais sur la division sexuée du travail. Il arrivait que des hommes, au lieu de s’acquitter de leurs tâches d’homme comme la chasse, les positions de pouvoir (seuls les hommes pouvaient être à la tête de la tribu), la médecine traditionnelle (celle qui comprend des rites et des chants), rejoignaient les femmes pour s’occuper du bétail et de la production en général, ainsi que l’éducation des enfants et la tenue du foyer et pour effectuer des travaux manuels comme le tissage. Et vice-versa.

Premièrement, il ne semble exister aucune étude assez pointue pour définir à quel degré ce renversement des rôles était toléré avec exemples à l’appui (il y en a, mais ils sont rares et souvent sur-interprétés), cependant les données culturelles effectivement récoltées permettent d’affirmer que la société Navajo était dirigée et définie par les hommes (les positions de chef, de guerrier et de guérisseur étaient des positions de pouvoir qui n’étaient pas accordées aux femmes). La plupart des sociétés amérindiennes n’étaient pas matriarcales, comme on le clame souvent : elles étaient matrifocales et matrilocales. Cela signifie, respectivement, que la descendance se reconnaissait par la mère et que le foyer d’une femme mariée était toujours celui de sa mère. Les femmes étaient à la tête de l’économie et de la production et l’on célébrait leurs menstruations au lieu d’en faire une honte. En cela, oui, le rôle des femmes était moins sexiste et la perception que les hommes avaient d’elles était bien moins pervertie que celle des hommes européens. Si l’on veut : voler les femmes d’une autre tribu restait un acte de guerre plus commun qu’anodin.

Ensuite, théoriser ces variations selon la conceptualisation philosophique du genre entre les années 1990 et 2000, c’est faire un anachronisme monstre. Il n’a jamais été question « d’identité ». Comme je l’ai souligné, les Navajos ne classifiaient pas ces individus de leur tribu comme « homme » ou « femme » selon une idée vaseuse de l’identité personnelle ou même selon leur norme sexuelle, mais selon leurs tâches et leur position sociale.  D’ailleurs, ils ne considéraient pas que les hommes pussent être des femmes ou vice-versa. Ils considéraient, selon Thomas, que les hommes pouvaient être « féminins » et les femmes « masculines ». C’est donc que le genre existait, non pas comme identité personnelle, mais comme une structure. Il est très peu probable que ces termes aient existé en tant que tel, ceci dit. Seuls les hommes étaient des naadleh. J’ai soulevé le problème dans ma critique du roman d’Agnès Marot, Quelques pas de plus : la traduction de la langue navajo est fastidieuse, voire impossible, dans certains cas. Les Navajos ne conceptualisaient pas le monde de la même façon que nous. Les termes d’homosexualité, de bisexualité et de lesbianisme n’existaient pas et les relations sexuelles étaient ordonnées autrement. Aujourd’hui, il existe des Navajos se ralliant à la cause LGBT, largement construite par les sociétés occidentales et nombre de traditions et concepts ont été perdus, en partie parce que la langue navajo est de moins en moins parlée par les jeunes, qui privilégient une vision du monde occidentale. Ce déclin entraîne la réinterprétation de certaines traditions ainsi que leur renouvellement. C’est bien évidemment inévitable.

Un mot concernant la conceptualisation de l’homosexualité : se déclarer homosexuel, bisexuel ou lesbienne est un phénomène assez récent dans l’histoire de l’humanité. Non pas que les relations que ces termes expriment n’existaient pas : ce sont des pratiques qui ont non seulement été nommées mais qui ont fini par trouver leur place au sein d’un nouveau mouvement culturel, en réponse à la répression de ces sexualités qualifiées de « déviantes ». Ce qui est drôle, c’est que Thomas reconnaît que la dysphorie de genre et la sexualité telle qu’on la conçoit aujourd’hui n’existaient pas au sein des Navajos mais il base son analyse sur le concept philosophique du genre en tant qu’identité. L’étude est donc nécessairement faussée et il est en réalité impossible d’affirmer que les Navajos admettaient, selon leur propre conception du monde, des identités qui transcendaient véritablement le féminin et le masculin. Par ailleurs, les Navajos n’étaient pas individualistes. L’idée de l’identité personnelle n’avait vraisemblablement aucun sens pour eux. Selon le concept du hózhó que j’ai tenté d’expliquer dans ma critique, l’individu ne peut atteindre complétude que lorsqu’il est en harmonie avec le reste de son peuple, la nature et l’univers tout entier. Le collectif primait largement sur l’individuel. La fonction que chaque individu occupait permettait d’assurer le bon fonctionnement de la société, et ces fonctions étaient réparties selon le sexe. Ceci est indéniable.

Car les Navajos ne niaient pas le sexe. Ce que l’on peut dire, c’est qu’au mieux, il n’avait pas toujours de pertinence quant à la distribution des tâches des individus car il existait donc des exceptions. Au pire, les implications matérielles que cette division impliquait renforçaient la hiérarchie établie entre les hommes et les femmes en la réarrangeant : tu es un homme mais tu occupes une position de femme ? Très bien, tu rejoindras donc la classe des femmes. Cependant, rien ne permet d’affirmer que les Navajos considéraient les « hommes féminins » comme des femmes. Les Navajos croyaient fermement que le pouvoir de la création était celui des femmes : elles seules pouvaient donner la vie, et c’est entre autres pour cela que l’on célébrait leurs menstruations (grâce à une cérémonie se nommant « kinaalda »).

Le terme de naadleh est fort pertinent en ce sens : il ne désigne actuellement ni l’homme ni la femme, mais un mélange des deux (le corps et la position sociale/le travail). Si on se réfère à l’origine du mot, qui ne désignait que les hommes occupant des places de femme, on peut imaginer qu’il était donc impensable que les femmes pussent effectuer des travaux d’homme, malgré les exceptions. Du moins, ces femmes n’étaient pas reconnues au même titre que les hommes et l’analyse de Thomas leur fait d’ailleurs très peu de place car il semble qu’il n’y a pas assez de données sur le sujet. Mais que signifie naadleh ? Ce mot fait partie du syntagme qui désigne une des plus importantes figures de la mythologie Navajo, Femme Changeante : ásdzáá nádleehi. Le premier mot, ásdzáá, désigne la femme. Le second mot, selon toute logique, signifierait donc « changeant, muable ». Curieusement, Thomas ne commente pas cette particularité linguistique et ne la traduit pas, contrairement à des termes comme ásdzáá. Selon une dissertation de Carolyn Epple, le terme désigne quelqu’un qui devient en revenant à un état précédent. Précédent quoi, on ne sait pas. La traduction est plutôt vaporeuse, mais ce qu’il est possible de dire, à ce stade, c’est que le terme désigne une transformation, le passage d’un être à un autre, d’une condition à une autre : le verbe dleeh dans naadleh désigne le fait de « devenir » dans un sens répétitif (The Navajo Language, Young et Morgan) et non pas d’être. Dans une autre dissertation, Jean-Guy A. Goulet définit mieux le concept : on pouvait considérer, au sein des tribus de la famille linguistique athapascane (dont font partie les Navajos), qu’il était possible d’être « recréé » dans le sexe opposé. On considérait que l’on « mourait » pour renaître en tant qu’homme et femme. À quel degré variaient ces croyances selon la culture de chaque tribu, cela reste encore à démontrer. On peut cependant suggérer que le terme naadleh désignait à l’origine des hommes qui changeaient de position sociale au sein de leur tribu. Aujourd’hui, le terme est grossièrement et abusivement traduit par « queer » pour désigner les personnes transgenres et/ou « non-binaires », voire homosexuelles. Le terme et le concept ont été redéfinis selon la vision libérale, intrinsèquement philosophique, du genre.

La vérité, c’est que ces exceptions ne défiaient pas véritablement la norme. Les femmes et les hommes avaient des rôles bien définis. Le genre existait donc en tant que structure hiérarchique des sexes. Il n’existait pas de personnes transgenres telles qu’elles se présentent aujourd’hui : le concept de l’identité personnelle ne faisait pas sens. C’était la position sociale et le travail qui déterminait la place des hommes et des femmes : les transgressions existaient, comme dans toute société. Mais elles ne remettaient pas en cause l’ordre de la société. Les femmes étaient associées à la création, au dynamisme. Elles étaient donc en charge de la production et de l’éducation des enfants. Elles devaient aussi servir de modèle aux jeunes filles. Les hommes étaient associés à l’immuabilité, ils ne pouvaient pas donner la vie, mais seuls eux pouvaient chasser, guérir, faire la guerre et diriger. Les sociétés matrilinéaires n’étaient pas des sociétés matriarcales (dont l’existence n’a jamais été prouvée). Et les Navajos n’admettaient pas quatre ou cinq identités de genre. Au contraire : au lieu d’émanciper l’individu des carcans du genre, les Navajos, tout au plus, s’assuraient de l’y confiner au moyen d’une recatégorisation. Ainsi, l’ordre était maintenu entre les femmes et les hommes. Y voir là l’expression d’une culture transgenre, c’est vouloir trouver midi à quatorze heures.

 Sources:

  • Two-Spirit People, Sue-Ellen Jacobs, Wesley Thomas et Sabine Lang, 1997 : Navajo Cultural Constructions of Gender and Sexuality, Wesley Thomas; A Navajo Wordlview and Nádleehí, Carolyn Epple; The Northern Athapaskan “Berdache” Reconsidered, Jean-Guy A. Goulet.
  • The Navajo Language, Young & Morgan, 2014 (1942).
une guerre contre notre peuple . une guerre contre nos femmes .

Dans les guerres les plus sales c’ est toujours la même chose , il faut effacer l’ ennemi . Les enfants de la nation et plus encore les femmes qui les enfanterons un jour .

 Alors ça passe  par le viol , par le meurtre et l’ oubli forcé .

l’oubli forcé par les médias   qui humanisent le monstre( le plus souvent venu d’ ailleurs , là où le désert cherche toujours a ronger la foret . ) et la dédramatisation de ses crimes . un viol collectif ? quand bien même ça serait des centaines simultanément c’ est juste des choses qui arrives .  des jeunes filles égorgées ? c’ est triste mais les crimes c’ est jamais joyeux . 

En plus des médias complices il y a les antifas et les vagues de féminisme les plus appréciées des médias . 

En italie une jeune fille a été droguée et collectivement violée et mutilée sous le regard froid des personnes présentes dans le local antifasciste de parme . Son viol a été filmé et la vidéo a tourné pour ajouter l’ insulte à horreur . 

Les collectifs de femmes qui se battent pour le droit des femmes a se faire respecter et circuler librement dans les zones sensible™ sont muselés et moqués  par les féministes bourgeoises , coincées dans leur bulles de bonne pensée humaniste . 

Bien sure le premier pas dans les faits sera d’ apprendre aux femmes a se défendre mais contre une kalach c’ est difficile . C’ est le système entier contre le quel il faut se défendre . Ces personnes de pouvoir qui vont rejeter la faute sur la classe moyenne et inférieure . 

Nous devons être visible.

Que la peur change de camp ! 

anonymous asked:

besoin de partager mon amour pour BH après ce soir, parce quoi qu'il arrive il se battra pour ses idées (dimanche sera morose mais gardons espoir pour les années à venir)

C’est avec plaisir ! Partageons, notre amour pour BH, partageons-le. Dimanche on va tous un peu pleurer mais ça sera fait dans le collectif, on se réconfortera ensemble.

Il s’est battu autant qu’il l’a pu et avec courage malgré le manque de soutien du PS. Et il continuera à se battre, que ce soit en tant que député de Trappes (s’il se représente à moins qu’il n’y ai un.e candidat.e eelv dans sa circonscription avec l’accord) ou comme premier secrétaire du PS (ou une place importante dans le parti si ce n’est pas celle-ci) pour pourquoi enfin rénover le PS (rêvons un peu) (ou même que le parti explose quitte à refonder quelque chose de nouveau, qu’est-ce que j’en sais, ça reste malgré tout une possibilité vu l’actualité du parti).

Bref, il sera là, et si nous nous y retrouvons comme nous nous y retrouvons aujourd’hui, nous serons là aussi. On l’aime Benoît <3 !

HISTOIRES DE PARIS - La brève culture

POURQUOI LES POLICIERS SONT-ILS SURNOMMÉS LES « POULETS » ?


Poulets, keufs, flics, condés… 
Les forces de l’ordre ont, depuis toujours, eu droit à de nombreux surnoms plus ou moins affectueux.
Mais saviez-vous que le sobriquet « poulet » ne désignait, à l’origine, que les policiers parisiens ?
Et que ce surnom n’a pas grand chose à voir avec le gallinacé, mais beaucoup à voir avec l’histoire de Paris ?
On vous raconte comment les policiers sont devenus des « poulets » dans l’inconscient collectif français.

Les policiers n’ont pas attendu la sortie en 1975 du film Adieu Poulet pour se voir affublés de ce surnom peu flatteur. 
Eh oui, cette petite habitude date de presque cent ans plus tôt ! 
Tout commence le 24 mai 1871 en fin d’après-midi, lorsque l’ancien Hôtel des Premiers Présidents du Parlements de Paris, situé à l’extrémité ouest de l’Île de la Cité, est détruit par le feu lors de la Commune de Paris.
La préfecture de Police, installée dans cette immense bâtisse depuis 1800, n’a alors plus de lieu où s’établir.

Jules Ferry, maire de Paris, décide donc de la reloger, en urgence, quelques mètres plus loin, à la Caserne de la Cité, un bâtiment situé au 36, quai des Orfèvres et construit en 1863 pour accueillir la garde républicaine.
L’édifice est donc très récent et la population se souvient parfaitement de ce qui se trouvait à sa place, quelques années plus tôt : un marché aux volailles ! 
Il n’en faut pas plus aux Parisiens pour qu’ils s’emparent de l’anecdote et donnent ce sobriquet amusant aux nouveaux arrivants du Quai des Orfèvres. 
Depuis, ce ne sont plus seulement les forces de l’ordre de Paris que l’on nomme « poulets », mais bien toutes les polices de France.
Merci les Parisiens !

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POST-SCRIPTUM 833

WORKSHOP DE LYON - LA CHASSE DE SHIRAH SHARIBAD

En France, dans les années 1960-1970, des musiciens se sont demandés comment transposer les luttes du free jazz sur un territoire politique différent. Parmi les premiers, le pianiste (agitateur, théoricien et militant) François Tusques répond en enregistrant Free Jazz , avant de récidiver avec Le Nouveau Jazz, équivalents français de la Nouvelle Chose américaine. Au point que l'initiative essaime, entendue à Lyon par les musiciens du Free Jazz Workshop, devenu Workshop de Lyon en 1975 avec l’arrivée du clarinettiste-saxophoniste Louis Sclavis.

Ce qui réjouit encore aujourd’hui dans ce deuxième album au lyrisme fiévreux, s’incarne dans la dimension constamment narrative du contenu, quelque soit par ailleurs la subtilité des textures développées dans le cadre d’improvisations collectives contrastées. D’une grande fraîcheur mélodique jamais prise en défaut, le Workshop de Lyon s’invente progressivement, dès ce disque, un folklore imaginaire à nul autre pareil, savant mélange d’avant-garde et de traditions, où le jeu collectif le dispute, avec panache et de manière complexe, à l’urgence de solistes inspirés. Et même sans l'appui d’images filmées, la théâtralité et l’humour des prestations scéniques du groupe, pourtant composantes essentielles, peut s’appréhender en creux, au fil de longues suites au matériau thématique varié, expressif et joyeux.

Difficile de mieux honorer le parrainage fantasmé d'Albert Ayler et de l'Art Ensemble of Chicago. Encore !

In France, in the years 1960-1970, musicians pondered over how to transpose the political struggle of free jazz onto a completely different political terrain. One of the first to do so was pianist François Tusques (agitator, theorist and militant) who recorded Free Jazz, and then continued with Le Nouveau Jazz, French equivalents to the American New Thing. The word spread, and was picked up by the Free Jazz Workshop which became the Workshop de Lyon in 1975 with the arrival of clarinetist-saxophonist Louis Sclavis.

Still a source of joy, this lyrically feverish second album maintains a narrative dimension however subtle the textures developed through the contrasting collective improvisations. With their ever-inventive melodicism, the Workshop de Lyon invent an imaginary folklore on this album which is unlike any other. It is a knowing mix of the avant-garde and the traditional, collective playing vying, with panache and complexity, with the inspired urgency of the soloists. Even without filmed images the theatricality and humour of the group’s live performances, essential components of their identity, can be felt during the long thematic suites which are both expressive and full of joy.

What better way to honour their imaginary mentors, Albert Ayler or the Art Ensemble of Chicago! More, More!

( Workshop de Lyon, par là )

Le terme anxiété est devenu populaire dans le langage collectif depuis quelque temps. Il est utilisé à outrance par plusieurs pour décrire des situations qui n’y correspondent pas, ce qui banalise considérablement le vécu réel des personnes souffrants de troubles de santé mentale. L’anxiété n’est pas synonyme de nervosité légère et commune ressentie par tous.tes, de timidité ou d'introversion. Il s’agit d’émotions intenses, de pensées intrusives, de symptômes psychologiques et physiques qui ont des conséquences sur la qualité de vie et le bien-être des personnes affectées. Toutes les formes d’anxiété et leurs symptômes sont différents pour chaque individu, et tous les ressentis sont valides. Il ne faut jamais juger, culpabiliser et moraliser le vécu d’autrui.

Les troubles paniques, les troubles d’anxiété généralisée, les phobies simples et sociales, les syndromes de stress post-traumatique, les névroses, les troubles de personnalité et les troubles obsessionnels compulsifs, entre autres, comportent différents types d’anxiété et ne sont pas des qualificatifs, des expressions et des adjectifs à apposer hors-contexte. Ce sont des maladies mentales qui peuvent être très pénibles et envahissantes pour les personnes qui sont touchées. Il est plus qu’important de comprendre que ces personnes ne sont pas responsables de leurs situations, tout comme elles ne choisissent pas d’être anxieuses. Certains propos sont donc impérativement à éviter, puisqu’ils nuisent aux personnes qui vivent avec ces conditions, en plus de propager des préjugés et des idées culpabilisantes.

Qu’est-ce qu’il ne faut pas dire à une personne touchée par l’anxiété?

  • Calme-toi.
  • Passe à autre chose.
  • Tu n’as aucune raison de paniquer.
  • C’est juste dans ta tête.
  • La solution est simple : arrête de penser à ça.
  • Moi aussi je suis stressé un peu des fois, ça arrive à tout le monde pis c’est pas grave.
  • Arrête de tout analyser.
  • Tu es vraiment bizarre de penser à ça.
  • Il faut juste que tu te calmes et que tu relaxes.
  • Force-toi un peu pour te contrôler.
  • Arrête de t’inquiéter pour rien.
  • Je ne comprends pas pourquoi tu capotes.
  • Prends donc un verre ou deux pour te calmer.
  • Non, mais ça sert vraiment à rien de te mettre dans un état comme ça.
  • Il suffit de se donner un coup de pied dans le cul pis essayer de changer.
  • La médication, c’est vraiment pas nécessaire et c’est une mauvaise chose.
  • Tout le monde est anxieux.

Pourquoi faut-il éviter de mentionner ces phrases et leurs équivalences? Parce que l’anxiété n’est pas un choix, ni une simple chose qui se contrôle en claquant des doigts. Ce n’est pas basé sur le rationnel, et c’est très toxique d’insinuer qu’une personne anxieuse n’a qu’à se forcer, se calmer et se relaxer. Dire à autrui qu’iel n’a pas de raison de se sentir comme iel se sent est invalidant, culpabilisant et moralisateur. Les méthodes de traitements possibles reposent exclusivement entre les mains des personnes concernées ainsi que les professionnel.le.s de la santé qui les entourent.

Si vous vivez avec un ou des troubles anxieux/de santé mentale, n’oubliez jamais que vos émotions, vos réactions, vos symptômes et vos vécus sont légitimes. Vous n’êtes pas coupables de quoi que ce soit, et personne ne doit invalider, rabaisser, banaliser et dénigrer ce que vous ressentez et vivez au quotidien.


Dessin numérique, 2017, Maude Bergeron

Sur le livre collectif - juin 017- 7déco

L’Ethique et l’Esthétique, ou comment montrer, faire surgir  l’invisible, l’innomable parfois.  
Comment vivre et travailler l’art avec la réalité invisible, celle qui se cache derrière notre zone de confort, celle qui estau-delà d’un nous lissé et polissé, plissé, plié,parfois froissé ou replié ?

Le format comme concept critique.
                  comme relation entre la raison communicationnelle et l’expérience    esthétique.

Ce livre se veut « alternatif», il s’y mêlent des apports théoriques - d’ invisibles réflexions et cheminements -, et des expériences de diverses pratiques artistiques dans un rapport ludique et engagé.

Pourquoi ce format ?
Il s’agit d’abord de la gestuelle liée au format imposé : larg45cm x haut60cm x ép10cm x 3D

Ensuite ce format imposé au lecteur, implique une approche physique, psychologique et intellectuelle, autre.
Un format tentant de créer d’avantage un organisme vivant, qu’une organisation.

Quelle est la position du format dans l’art ?
«Les contrastes donnent à réfléchir.  Le lecteur laissera donc le problème du format l’envahir, puisant ici et là les éléments utiles à sa propre analyse du phénomène.
Le format est à entendre comme construction médiatrice qui «norme» des modes d’inscription, de codage, de traduction, d’implémentation, d’exposition, de filtrage et d’usage des formes et d'informations.
Son effet principal est de rendre possible des compatibles, mais aussi  garantir (ou créer) des incompatibles.» -
David Zerbib

Le format fait partie de la grammaire de l’émancipation des normes, dans une géométrie amoureuse des espaces matériels et subjectifs.

Dominique Mangeot 

Le traitement médiatique des violences faites aux femmes OUTILS À L’USAGE DES JOURNALISTES

Chaque année, plus de 216.000 femmes sont victimes de violences de la part de leur ancien ou actuel conjoint, et 84.000 femmes sont victimes de viols ou de tentatives de viols. Les violences faites aux femmes sont un fait de société. Le collectif Prenons la une a établi quelques recommandations pour permettre un traitement journalistique le plus juste possible.

Une dizaine de médias ont déjà signé. Les signataires : France Télévisions et France Medias Monde, France info, France inter, Mediapart, L'Humanité, Elle, Causette, Libération, Les Nouvelles News, Alternatives économiques, Pleine de vie, Magazine 50-50.

1 - Bannir les termes «crime passionnel» ou «drame familial». Ils minimisent l’acte de l’agres- seur en le considérant comme emporté par l’amour et la passion. Si ces termes sont employés par les avocats de la défense ou la police, le journaliste doit les employer entre guillemets et les présenter comme un argument d’une des deux parties. En tant que journaliste, nous privilégions les termes de «meurtre conjugal», ou «meurtre par le parte- naire intime».

2 - Préférer les termes juridiques consacrés quand un procès est en cours («plaignante», «partie civile»). En l’absence de plainte (et donc de terme juridique consacré), il est préférable d’utiliser les termes de «victime déclarée» ou «d’accusatrice» plutôt que «victime présu- mée», qui met en doute la parole de la victime.

3 - Écarter les verbes «avouer» et «reconnaître» lorsque l’on rapporte les déclarations d’une victime. Ecrire ou dire «elle avoue avoir été violée» laisse croire à un rôle joué par la victime dans son agression, et une forme de culpabilité. Préférer l’expression «a été violée» ou «a subi un viol».

4 - Ne pas confondre «harcèlement sexuel», «agression sexuelle» et «viol». Les deux pre- miers sont des délits. Un viol est un crime défini par le code pénal comme «tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise». Les peines encourues ne sont pas les mêmes, et employer le terme «agression sexuelle» pour décrire un viol le minimise.

5 - Eviter les précisions sur les vêtements, le physique ou les habitudes de vie de la victime, qui induisent qu’elle peut être responsable de son agres- sion. Si ce sont des informations qui sont délivrées dans le dossier d’instruction ou par le procureur, elles n’ont pas la même signification sous la plume d’un journaliste. Il convient d’y être attentif, d’utiliser des guillemets. Rappelons que le fait que la victime soit en état d’alcoolémie au moment des faits est une circonstance aggravante pour l’agresseur au regard du droit.

6 - Ne pas donner des conseils ou des leçons tels que «ne pas sortir le soir» ou «faire preuve de discrétion». Les femmes ne sont pas responsables des violences qu’elles subissent.

7 - Protéger l’identité et la dignité de la victime. Révéler son identité peut la mettre gravement en danger. Les journalistes peuvent intégrer les témoignages de victimes de violences uniquement quand celles-ci ne se trouvent pas dans une situation d’urgence ou sous l’influence de tout type de pressions extérieures.

8 - Mettre en avant le contexte ayant précédé un meurtre conjugal ou une tentative de meurtre, dès que possible. Ces homicides s’inscrivent souvent dans une longue série de violences subies par la victime.

9 - Traiter le meurtre conjugal et les violences sexuelles comme un problème de société et non seulement comme des faits divers. Il est pertinent de recontextualiser, en rappelant le nombre de meurtres conjugaux et/ou des violences conjugales ou sexuelles comptabilisés chaque année. 216.000 femmes par an sont victimes de violences de la part de leur ancien ou actuel conjoint.

10 - Ne pas oublier que les mutilations, dont l’excision, sont considérées par les Nations unies comme une violation des droits des filles et des femmes. Il est recommandé de le rappeler.

11 - Intégrer le numéro de téléphone national de référence pour l’écoute et l’orientation des femmes victimes de toutes violences [3919] dans la mesure du possible.