le avenir

On passe notre vie entière à s’inquiéter de l’avenir, à faire des projets pour l’avenir, à essayer de prédire l’avenir… Comme si savoir à l’avance pouvait amortir le choc. Mais l’avenir change constamment. L’avenir est le lieu de nos plus grandes peurs, et de nos espoirs les plus fous. Mais une chose est sûre : quand finalement, il se dévoile… l’avenir, n’est jamais comme on l’avait imaginé.
—  Grey’s Anatomy.

Une personne dépressive n'a pas besoin de raison pour déprimer. Tout peut aller bien, le monde peut lui sourire, le soleil briller, l'avenir lui tendre les bras, elle n'y arrivera pas. Elle arrivera pas à sortir de sa bulle, elle n'arrivera pas à sortir de sa maladie. Et c'est ça l'unique raison pour laquelle elle n'est pas bien : elle est malade. Y a ce truc qui pèse sur ses épaules en continu, y a cette boule dans la gorge qui lui donne l'impression de s'étouffer, y a ce noeud dans son ventre qui lui fout l'envie de gerber, y a cette culpabilité et ce dégoût de soi, cette impression d'être cloué au sol, de se noyer constamment, de pas réussir, d'être incapable de rien sauf de décevoir les autres, trop triste pour vivre mais pas assez pour se foutre en l'air.

Nous sommes dans les nœuds de la violence et nous y étouffons. Que ce soit à l’intérieur des nations ou dans le monde, la méfiance, le ressentiment, la cupidité, la course à la puissance sont en train de fabriquer un univers sombre et désespéré où chaque homme se trouve obligé de vivre dans le présent, le mot seul d’«avenir» lui figurant toutes les angoisses, livré à des puissances abstraites, décharné et abruti par une vie précipitée, séparé des vérités naturelles, des loisirs sages et du simple bonheur.

Albert Camus

© Shalom Harlow par Steven Meisel

Il y a les cimes. Blanches et belles, elles semblent vouloir mordre le ciel en un mouvement si lent que seuls quelques nuages, parfois, leur servent de proies. Il y a le ruisseau, dont le chant interminable étire le temps et nettoie l'âme. Au centre, à mi-chemin entre le passé et l'avenir, je souffle, et laisse s'emporter cendres et poussières.

Étoiles véritables de nos yeux, quel est votre
temps de révolution autour de la tête ? Vous
ne vous laissez plus glisser dans les cirques
et voilà donc que le soleil froisse avec
dédain les neiges éternelles ! Les rivières
sont taries sur terre et dans les cieux. Les
anciens naufrageurs ont la partie belle et
vous voilà devant une cheminée endurcie
qui n'apprivoise plus même les étincelles
des forges ! Allons-nous en de nos âmes si
pauvres et faussées à force d'avoir été
brutalement ouvertes. Les berceaux ne
connaissent plus de voiles et je vois dans
leur flèche une enseigne atroce pour l'avenir.
—  Les chants magnétiques-S’il vous plaît- Vous m’oublierez. André Breton
22:05

-Aller sur Twitter, voir sa TL de gens soyeux, ouvert d'esprit, croire en l'avenir, voir les photos toutes douces d'Adele Labo.

-Voir un commentaire sous une de ses photos comme quoi les filles n'ont pas de poils. (Alors en fait, Adele ne se considère pas comme une fille, mais c'est lui qui a lancé le #lesprincessesontdespoils.)

-Aller voir le profil de la personne.

-Voir que son @ c'est niquelesfeministes, au moins c'est clair…

-Voir qu'il pense qu'il n'y a que 2 genres, que les homosexuels c'est des erreurs, de même pour tous les LGBT.

-Voir qu'il n'est pas intelligent, mais vraiment pas du tout, qu'il s'en fiche, et qu'il s'enfonce.

-Perdre foi en l'humanité.

C'était la déchéance dans les bas-fonds de Twitter…

Vous avez souffert.

Vous souffrirez encore. Beaucoup d'entre vous ne retrouveront pas leur métier ou leur maison. Votre vie sera dure. Ce n'est pas moi qui vous bernerai par des paroles trompeuses. Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c'est Une portion de France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c'est une portion de France qui renaît. N'espérez pas trop de l'Etat qui ne peut donner que ce qu'il reçoit. Comptez pour le présent sur vous-mêmes et, pour l'avenir, -sur les enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir.

infranchissable.

quand tu prenais ma main pour partir à la lumière, pour regarder le vent secouer le monde.
quand tu me regardais comme si l'univers entier pouvait s'échouer sur ma peau.
quand ton sourire s'infiltrait jusque dans mes os pour que je respire correctement.
il n'y avait rien comme toi et moi.
quand on buvait un peu trop, en trébuchant dans la rue avec les étoiles qui surplombaient nos deux ombres.
quand tu me prenais dans tes bras, et moi, petite à en mourir, tremblante entre tes mains.
et puis le nombre de nuits qu'on a passé à réinventer les milles possibilités d'avenir.
quand tu me faisais danser au milieu de la place de la ville, et tournoyant, tu riais avec moi.
il n'y avait rien comme toi et moi.
quand l'océan crachait ses vagues violentes qui venaient s'accrocher et se retirer sur le sable.
quand on regardait les milliards de constellations, avec des frissons qui parcouraient nos échines.
quand un simple frôlement nous rendait fous.
il n'y avait rien comme toi et moi.
quand tes lèvres semblaient être faites pour les miennes.
quand tes doigts écorchaient tendrement ma peau.
quand la tempête intérieure devenait trop forte, que tes mains dans mes cheveux me vidaient de ce monstre qui me terrorise.
il n'y avait rien comme toi et moi.
puis le matin est arrivé.
la porte ouverte, on entendait le bruit de l'océan qui vomissait l'amertume du temps.
les draps immaculés devenaient glacés.
il y a eu ton absence.
entre mes doigts, entre mes cheveux, dans mes yeux.
il y a eu ton absence.
la chaleur de tes mains sur mes hanches, la caresse de tes lèvres sur mon front, les murmures bouleversants contre mon oreille.
il y a eu ton absence.
entre les larmes et les vagues, entre le sable et les soleils noirs, entre l'acidité et l'amertume des nuits, entre mon corps et puis mon âme.
il y a eu ton absence.
réveillant mes sens pour les endormir, secouant mon être pour le balancer dans le vide, élevant mon esprit pour m'faire bouffer la terre.
il y a ton absence.
et tu seras toujours là entre mes souvenirs les plus inclassables, entre mes infinis.
faut bien finir par comprendre que pour certaines histoires les fins restent à jamais inachevées.

Quand je relève la tête de mon écran d’ordinateur, on fait sauter des bombes dans des aéroports.

Quand je sors de mon livre où tout se finit bien, on ferme les frontières, les yeux, les mains.

Quand j’enlève mon casque et coupe la musique, on crie des insultes et de la haine, le bruit échappe à toute logique.

Quand l’épisode fini et que le monde revient, le monde n’a pas d’avenir, le pire n’a pas de fin.

Alors oui, je vais rester là. Peut-être, oui, je vais me perdre.

J’aimerais bien.

—  Pourquoi tu ne sors pas de ta chambre.
La grande, la vraie douleur serait donc un mal assez meurtrier pour étreindre à la fois le passé, le présent et l’avenir, ne laisser aucune partie de la vie dans son intégrité, dénaturer à jamais la pensée, s’inscrire inaltérablement sur les lèvres et sur le front, briser ou détendre les ressorts du plaisir, en mettant dans l’âme un principe de dégoût pour toute chose de ce monde.
—  Balzac, La femme de trente ans
Nous grandissons parfois dans une direction, et pas dans une autre, inégalement. Nous grandissons partiellement. Nous sommes relatifs. Nous sommes mûrs dans un certain domaine, infantiles dans un autre. Le passé, le présent et l'avenir se mêlent et nous tirent en avant ou en arrière, ou nous fixent dans le présent. Nous sommes formés de strates, de cellules, de constellations. Nous ne nous débarrassons jamais de notre enfance.
—  Anaïs Nin, Journal
Il y a tant de gens qui ne sont pas heureux et qui, pourtant, ne prendront pas l’initiative de changer leur situation parce qu’ils sont conditionnés à vivre dans la sécurité, le conformisme et le conservatisme, toutes choses qui semblent apporter la paix de l’esprit, mais rien n’est plus nuisible à l’esprit aventureux d’un homme qu’un avenir assuré. Le noyau central de l’esprit vivant d’un homme c’est sa passion pour l’aventure.
—  Jon Krakauer, Into the wild
« Ce qui est plaisant chez l'homme »
Un homme demanda à Jaime Cohen:
“Je veux savoir ce qui est le plus plaisant chez les êtres humains.”
Cohen déclara:
“Ils pensent toujours au contraire de ce qu'ils ont:
Ils sont pressés de grandir, et ensuite ils soupirent après leur enfance perdue.
Ils perdent la santé pour avoir de l'argent, et aussitôt après perdent leur argent pour avoir la santé.
Ils pensent avec tant d'anxiété à l'avenir qu'ils négligent le présent et ne vivent ni le présent ni l'avenir.
Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir, et ils meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu.
—  Paulo Coelho, Fleuve.

FROID, FANATIQUE ET TRISTE. | listen here.

“Citoyens, vous représentez-vous l'avenir? Les rues des villes inondées de lumières, des branches vertes sur les seuils, les nations sœurs, les hommes justes, les vieillards bénissant les enfants, le passé aimant le présent, les penseurs en pleine liberté, les croyants en pleine égalité, pour religion le ciel, Dieu prêtre direct, la conscience humaine devenue l'autel, plus de haines, la fraternité de l'atelier et de l'école, pour pénalité et pour récompense la notoriété, à tous le travail, pour tous le droit, sur tous la paix, plus de sang versé, plus de guerres, les mères heureuses!”