larm

T'es vraiment qu'une égoïste.
—  Phrase que mon ex a prononcée en larme au téléphone lorsqu'il faisait pression pour que j'abandonne l'idée de prendre mon traitement contre l'acné. Ce traitement était lourd d'effets secondaires et j'en arrivais là apres 4ans de combat vain contre mon acné, je ne me supportais plus et il le savait. Ce soir la il m'a passé au téléphone une “amie” chez qui il dormait pour qu'elle, qui ne me connaissait pas, me fasse la morale.

Tempes ardentes et pieds gelés. Nos cœurs s’emboîtent, nos âmes étreintes. Ta joue sur mon épaule, tes jambes mélangées aux miennes. Lèvres embrasées et amour glacial. Tes embrassades tintent comme une rengaine intervertie. Mon corps se raidit, ta peau devient envenimée. Besoin d’air, de me retirer. L’obscurité jaillit, mes illusions empressées. Ma vie s’abat, mes larmes taries. Au matin, tu rejoins tes étoffes froides, une chaleur humaine dissipée.

J’aurai désiré que tu ne sois qu’un leurre dans un néant, qu’un simple rêve entre deux utopies, qu’un souffle de brise en été, qu’une vagabonde dans mon passé. J’aurai souhaité que tu ne sois qu’un mirage, qu’un effluve d’espoir, qu’une péripétie, qu’une émanation soudainement emportée.
—  verslebonheur
conjuguer le mauvais sort

On s'aime, on se dit “On ne se quittera jamais”, et déjà on sait que c'est faux. Alors on dit “Si on se quitte on restera toujours amis”. Et c'est un mensonge de plus. Alors tout doucement on murmure “On se respectera toujours”, et on baisse les yeux tellement on a honte de si peu, et tellement on sait que ce “si peu” ne viendra jamais, on se quittera, on se quittera dans les larmes et la déchirure, on se quittera comme si on perdait la vie, comme si on perdait son enfance, son adolescence, tous ses âges engloutis avec la séparation, la séparation terrible, on se quittera. On le sait.

Pour conjurer le mauvais sort on parle au futur “Je t'aimerai toujours”, mais on se détestera, on se reniera, on s'oubliera, les peaux indifférentes, les regards détournés, et dans la rue les chemins ne seront plus jamais les mêmes, deux être séparés, un tissu en lambeaux, un théâtre en flammes, le grand théâtre des amours, l'instant unique bafoué, la parole désacralisée, mentir, juste mentir, et perdre son sang.