la luxure

Violences & réalisme en fantasy

Il y a quelques jours, j’ai critiqué un roman de fantasy de Gabriel Katz, s’inscrivant dans un contexte médiéval. L’on m’a reproché de critiquer un réalisme culturel qui serait représentatif de l’époque du Moyen-Âge. Ces dernières années, ce débat a été au centre des critiques avec l’œuvre écrite et audiovisuelle de George Martin, Le Trône de Fer. Les violences envers les femmes, et surtout le viol, y sont justifiées au nom d’un sacro-saint réalisme de l’époque médiévale. Quelques mots sur le sujet.

Le Moyen-Âge s’étend grosso-modo entre la chute de l’Empire Romain en 476 av. J.-C. et la Réforme Protestante débutée en 1517. La période s’étend donc sur mille ans et il est peu aisé de faire des généralisations sur la situation des femmes partout en Europe. Cependant, l’on peut dégager certaines constatations. Selon une amie diplômée en Histoire :

« La noble était respectée grâce à son lignage. Si elle était malmenée, sa famille la défendait. Surtout que les nobles dames avaient souvent un rang plus élevé que leur époux. Mais il fallait aussi qu’elle reste à sa place de femme. T’es gentille, t’es belle, tu t’habilles bien mais pas trop. [Par rapport au viol], tu le dis toujours à ton mari. Riche ou pauvre. Les femmes nobles n’étaient jamais seules avec un homme. On ne prend pas le risque que l’héritier soit le fils d’un amant. [Selon toute vraisemblance, donc] le viol viendrait uniquement de son mari. Dans les campagnes, les femmes et les filles pouvaient être violées par des soldats, ou les jeunes hommes non mariés. Le viol était rarement puni. Souvent, on s’arrangeait, en échange d’argent, parfois. [Mais seulement dans le cas des] paysannes de bonne famille. La misérable, elle ne parle même pas. Elle sait que ça ne servira à rien. »

Le viol, entre autres violences, était quelque chose dont on ne parlait pas et qui était toléré en temps de guerre ainsi que sur les domestiques. On le reconnaissait surtout lorsqu’on pouvait « le prouver » avec des violences physiques visibles. Certes, dans la vie civile, lorsque le viol était reconnu, il était considéré comme grave : le châtiment était la pendaison. Cependant, c’était un acte considéré au même titre que la luxure et l’adultère et il apportait le déshonneur sur la femme qui en était victime.

C’est alors un constat en demi-teinte. Cependant, certaines femmes bénéficiaient d’une certaine protection et le viol était tout de même mal vu. Oui, les violences envers les femmes étaient réelles. Elles l’ont toujours été, dans la majorité des sociétés. Mais à la question « Est-il bien réaliste pour toi de systématiquement brutaliser les femmes quelle que soit leur classe sociale, sans nuance, dans les œuvres de fantasy ? », mon amie répond :

« Mais la fantasy n’a pas à représenter cette idée. Le viol n’est pas automatique dans un univers médiéval. Ça ne va pas de pair. […] Après, il y a une part d’incertitude dû au manque de ressources et d’informations. Mais on ne peut pas être aussi catégorique. »

Et c’est justement cette incertitude qui remet en question les codes misogynes de la fantasy. C’est la culture du viol qui pousse les auteurs à utiliser le viol et les violences comme un outil de construction de leurs personnages féminins, pas l’Histoire. Ne systématiquement construire les femmes que comme des êtres opprimés, violentés est un symptôme d’une société qui perçoit la femme comme un être destiné à être brutalisé et dont l’histoire ne peut être valide que si elle inclut des violences genrées. Cette tradition misogyne écarte des possibilités de narration qui pourraient émanciper la femme des moules dans lesquels on ne cesse de vouloir la placer.

Certains demanderons : faut-il alors invisibiliser les violences qui ont été faites aux femmes à travers l’Histoire ? Mais la fantasy ne reflète pas l’Histoire. C’est une invention littéraire qui prend pour décor une époque floue de l’Histoire s’étendant sur mille ans et dont nous avons, au final, peu d’informations. Comment pouvoir prétendre au réalisme ? Le problème qui se pose alors est celui de la représentation.  Le réalisme en fantasy est ce que l’on en fait. Violenter les femmes n’est pas réaliste. C’est misogyne.

Merci à @p0is0n-ivy pour son intervention. Coeur sur toi.

On s'est touchés et j'ai ressenti une forte émotion… On a un peu flirté, ce n'était pas grand chose mais c'était suffisamment pour que je me demande ce qui nous attends par la suite. De la luxure, une torture, tu dois savoir ensorceler car tu as réussi l'impossible : à savoir gagner mon coeur. Mais n'en joue pas, ça peut être dangereux de me trahir, si tu me brûles je te montrerai ce que c'est de faire mal. L'amour est semblable à l'enfer, épelle-le à l'envers pour voir.
Le meilleur du sexisme dans la chanson française [Culture du viol #2]

Vous avez peut-être récemment entendu parler d'Orelsan, de ses paroles aussi violentes que misogynes et du procès qu'il a gagné. Si je ne vais pas vous reparler du bonhomme et de ses chansons c'est d'abord parce que je pense pas pouvoir ajouter quelque chose en plus par rapport à tout ce qui s'est dit sur l'ensemble des pages féministes, et ensuite parce que j'aurais malgré ma bonne volonté du mal à trouver une vanne sur « Tu vas te faire Marie Trintigner ». En revanche, Orelsan n'est pas le premier à avoir eu l'idée d'écrire des chansons sexistes, et toute cette histoire m'a donné “envie” d'explorer la chanson en tant que vecteur supplémentaire du sexisme au quotidien.

Mise au point avant de commencer : si jamais vous me dites que c'est que de la chanson ou que les voies de l'art sont impénétrables ou ce genre de conneries, je vous préviens tout de suite, je m'en fous.

Mélissa : Julien Clerc


Si vous saviez à quel point cette chanson m'horripile à chaque fois que je l'entends à la radio ce qui arrive malheureusement assez souvent, cette chanson étant quand même plus ou moins un classique, le genre dont on connaît deux trois bribes sans vraiment en connaître les paroles.

Ben je vais vous les apprendre moi :

Mélissa métisse d'Ibiza vit toujours dévêtue

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue
Le matin derrière ses canisses A-Lors qu'elle est moitié
nue
Sur les murs devant chez Mélissa y'a tout plein d'inconnus

Je suis pas spécialiste de la question de l'oppression raciale, néanmoins je me demande si Julien Clerc aurait osé nous pondre ça sur l'air de la lettre à Elise :

Élodie la blonde de Neuilly, se promène toujours toute nue

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Elodie me tue

Le matin derrière ses persiennes alors qu'elle est dévêtue

Devant le jardin d'Elodie y'a tout plein d'inconnus.

Donc je voudrais signaler à Julien Clerc qu'une métisse n'est pas une créature exotique aux mœurs étranges mais bien une femme.

“Descendez ça c'est défendu! Oh c'est indécent!”

En effet, oui.

Elle crie mais bien entendu personne ne descend

Euh…. du coup Julien… il y a ta copine qui est en train d'être regardée nue sans son consentement… tu pourrais peut-être faire autre chose que chanter une chanson à la mélodie joyeuse, là ? Genre….l'aider ? Dégager les connards de devant chez elle, allez voir la police… ? Non ?

Sous la soie de sa jupe fendue en zoom en gros plan

Tout un tas d'individus filment noirs et blancs
Mélissa, métisse d'Ibiza a des seins tous pointus
Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue
“Descendez ça c'est défendu! Mater chez les gens”
Elle crie mais bien entendu y'a jamais d'agent

De mieux en mieux. Julien! Bouge toi!

Elle crie c'est du temps perdu personne ne l'entend

La police c'est tout des vendus dix ans qu'elle attend

Ah ok !!! En fait c'est une critique ultra-subtile de cette société sexiste où personne n'est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence, battues, harcelées, agressées sexuellement, violées parce que tout le monde s'en fout ? Je rappelle en effet que la situation de Mélissa, à défaut d'être aussi joyeuse que dans la chanson est en fait assez souvent vraie.

Mélissa, métisse d'Ibiza a toujours sa vertu

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue

Effectivement, elle risquerait de mal prendre le fait que tu dévoiles toute sa vie intime depuis tout à l'heure oui.

Ouh! Matez ma métisse, ouh! Ma métisse est nue

Ouh! Matez ma métisse, ouh! Ma métisse est nue

Julien. La prochaine fois que tu as envie de montrer aux gens quelque chose de tout nu, tu te déshabilles et tu montres ta bite. Ou ce que tu veux d'autre de ton corps. Je m'en fous. T'as le droit. C'est à toi. Mélissa en revanche ne t'appartient pas.

Mélissa métisse d'Ibiza vit toujours dévêtue

Dites jamais que je vous ai dit ça je vous ai jamais vu
Le matin derrière ses canisses A-Lors je vends des longues
vues
Mais si jamais Mélissa sait ça là c'est moi qui vous tue

Ah ben c'est bête parce que j'ai prévu de tout lui dire. De toute façon, t'es déjà mort 40 fois auparavant dans la chanson donc je crains pas grand chose.

Non mais sérieusement, le délire là c'est que le mec de Mélissa qui est métisse aide des tocards à regarder sa copine nue et raconte sa vie intime à tout le monde contre sa volonté et que Julien Clerc en fait une chanson dansante. Bah oui. Bah voyons. Ben soyons fous. Je pense donc que cette chanson rentre entièrement dans ma série d'articles sur la culture du viol qu'il faudrait d'ailleurs que je commence à écrire un jour depuis le temps que j'en parle.

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La b(a)ise.

Génération ruinée, habituée à avoir une bite dans la main plutôt qu'un stylo. D'après les « grands » nous ne sommes que des branleurs, pourtant moi je suis pas d'accord nous ne sommes pas que des branleurs parce que nous nous faisons enculer par tout le monde, l'état, les professeurs et même par fois nos potes. Et puis ils veulent qu'on fasse quoi quand notre avenir nous met un fist, quand on a beau taffer comme des sado on s'en prend plein la gueule et là je ne parle pas de foutre.

Alors moi je vous emmerde avec ma poésie moderne, celle faite d'insultes qui vous prennent le bide afin de vous faire jouir telles des courtisanes débutantes.

« Personne ne meurt vierge, la vie nous baise tous » disait Kurt Cobain, donc je vous propose qu'on prenne au moins notre pied avec notre bagasse d'existence, après tout autant choisir la position pour que notre dernier soupir soit un putain d'orgasme.

Je propose aussi qu'on arrête de nous violer nous filles, mais aussi les enfants plus généralement par l'église, parce que dieu comme ils l'appellent a créé la baise et si c'était juste pour la reproduction ça ne nous donnerait pas un si grand plaisir, alors niquez vos mamans avec votre chasteté à la con.
Donc baisez comme des chiens sous les étoiles, dans un lit, ou dans les prairies, les taxies et même les toits de Paris, comme le dit Fauve.

Que la luxure devienne la plus grande des qualité et non un pêché.

Position levrette, tête dans l'oreiller et fesses en l'air pour la fessée.

On se fait prendre en bukake tous les jours, dans les rues, au lycée, chez sois, pourquoi s'en cacher d'aimer ça, étant donné qu'on ne fait rien pour l'arrêter.

Génération de branleurs disent les médias, et bien moi, je leurs hurle que nous montrons au moins l'un des paradis artificiels de la vie, plutôt que d'afficher sans cesse la misère.
Le monde a fait de nous des catins, nous allons faire du monde un bordel.

La bise.

Ce texte vous est offert par une jeune pucelle.

“ La luxure c'est le luxe. 

- Et c'est un péché capital? 

- Oui, c'est facile à comprendre. 

- Pourquoi? 

- Parce que le luxe c'est l'argent. Quand on a de l'argent, on dit "j'ai un capital”. Donc la luxure, c'est un péché capital. 

- Mais on n'en meurt pas!

- Mais si, mon père le dit, c'est le luxe qui nous tue. Le frigidaire, la voiture… La preuve : les accidents de voiture. Tout ça c'est inutile. Comme les bijoux, les fourrures, c'est inutile. C'est ça la luxure.“

La Luxure, Jacques Demy, 1962 (Les Sept péchés capitaux