la ligne de vie

A l'instant où on remet les pendules à l'heure, pour gagner un peu de lumière le matin, on s'étonne qu'il y ait encore un peu de jour avant d'entrer dans sa propre obscurité. Les leurres semblent avoir moins de pouvoirs. Les mots sont jetés en appâts du bout des doigts et filent alors le long de la ligne de coeur. Le corps arquebouté au-dessus du miroir d'où surgissent les ombres et les fantômes, ces oubliés qu'on n'oublie pas. Le vire tue Elle au delà de sa propre réalité. On distribue 10 petites images comme à l'ecole primaire en espérant avoir une belle histoire. Mais elle n'est jamais tout à fait la sienne, ni toute à fait une autre. L'âme sonde ses propres noirceurs, nage entre deux Ô, la ligne de coeur s'emmêle dans la ligne de vie. Tout passe, casse, se lasse et s'efface…Les mots jetés écorchent ta peau, et c'est le squelette vide de chair et de sens qui se retrouve agrippé à ton petit coeur tout mou. Tu le nourris d'heures tendres, d'une partie de toi dont tu te dépossédes mais la terre est futile, brûlée ou déjà en jachère. Tu sais bien que tu joues, tu mises même tes chandelles en réserves. Ils sont d'exception. Puis ils se recentrent soit sur eux même par peur de se perdre, soit sur ce qui les entoure et qu'il ne veulent pas perdre. Alors tu joues en silence, seule entre tes draps et tes oreillers mouillés. La lettre prête depuis des semaines ne partira pas du tiroir de la table de chevet et le rendez vous possible à Paris n'aura pas lieu. Je n'ai pas besoin de me recentrer. Mon astre est ce que ce que je ressens et le reste tourne autour. La gravitation émotionnelle. Mes hommes d'exception comme des satellites qui eux ne tournent pas rond. On reste toujours seule à donner la direction, ni trop proche, ni trop loin, juste assez pour s'aimer sans se blesser, pas assez pour promettre et projeter. Mais c'est encore de trop même pour un marché de dupes qui ne s'ignorent pas. On oscille entre le trop et pas assez, le pas de côté est si facile à faire. Qui peut croire aujourd'hui qu'il a assez d'importance pour occuper un peu d'espace temps de l'autre? Sûrement pas moi. Je suis juste dépositaire de la bulle où tout est vrai, permis, rêvé en 3 dimensions. Mais elle ne s'autorégénere pas, si tu la désertes, elle meurt. Seule sa mémoire subsiste. Les fenêtres y sont toujours ouvertes. Elle est rires et profondeurs, elle est sourires et confidences, elle est tendresse et sexe. Elle est courant continu et alternatif. Elle est feux d'artifices et guirlandes scintillantes, elle est livres, musiques et joutes orales, elle est ce que je suis mais pas ce que tu voudras que je sois. Viens mains et esprit ouverts, libre de partir et de rester…sans pas de crabe sur le côté. Prends la place qui te revient mais ne fais pas semblant. Moi je ne triche jamais.

[J43] Et la pollution, qu'en est-il ?

Ce mercredi n'aura pas été davantage qu'un simple jour de milieu de semaine avec son seul et unique cours rapidement effectué. Afin de vous informer davantage sur ce qu'il en est de la vie en Chine, j'ai décidé, en quelques lignes, de vous parler de la pollution.
Oui, la ville de Paris en fait tout un foin lorsque le taux de particules fines est “élevé”, mais même en état d'urgence, la capitale Française n'est pollué qu'à petit niveau par rapport à la grande majorité des villes Chinoises. Prudence est mère de sûreté me direz vous …
Il faut savoir que l'échelle du taux de pollution s'étend de 0 à 500 (d'après l'organisme mondial chargé de l'analyse de la qualité de l'air, 0 la meilleure valeur, 500 étant la pire pour l'être humain) et qu'un site internet permet - en temps réel - de suivre la qualité de l'air partout dans le monde.
Jusqu'à 100, la qualité de l'air n'est pas reconnue comme étant dangereuse, c'est lorsque on arrive au dessus de 150 que l'indicateur vire à l'orange. Pour vous donner un exemple, quand la ville de Paris vit son pic de pollution, le niveau est quasiment équivalent à 200 … C'est un taux dangereux sur le long terme, et c'est aussi la moyenne de la ville dans laquelle je vis pendant les mois hivernaux.
Au dessus de 250, nous sommes dans le cas d'une pollution dangereuse, mais que dire du 400 qui peut être remarqué à Pekin (oui, cette ville est le coeur industriel du pays) à certaines périodes ? Le taux est critique, et je déconseille fortement aux asthmatiques d'être dans le coin.
À Yichang, la pollution ne se sent pas (en terme d'odeur), mais la fine couche de nuages présente quasiment chaque jour trahit sa présence ! Pour ne pas se mettre en danger, mieux vaut ne pas faire du running en pleine ville. Notons que le taux de pollution dépend de nombreux facteurs : population de la ville (4 millions à Yichang), activité industrielle, situation géographique, météo …
Ici les gens ne portent pas de masques comme à Pékin et ne se soucient quasiment pas de la pollution. Si le sujet nous préoccupe, nous avons aussi fini par nous faire à la problématique (comme pour toutes les autres d'ailleurs …).

La revelation du present (The Revealation of the Present) by René Magritte, 1936. Oil on canvas

“Je sentais que le monde, que la vie pouvaient être transformes et répondre davantage à la pensée ia pensée, aux sentiments.”

“I felt that the world, that life could be transformed and made more in keeping with thought and feeling.”

–René Magritte, La Ligne de vie (Lifeline), 1938.

Plus on avance dans la vie, plus le coeur est marqué de ces lignes de douleur, imperceptibles pour
tous ceux qui n’ont pas vu ou pas connu, mais déchirantes par tout ce qu’elles contiennent de
délicatesse brisée, comme des soies fines qui se sont rompues avec des crissements.
Heureux encore ceux-là que des souffrances invisibles purifient !
—  Léon Degrelle, Les âmes qui brûlent

J'y suis retournée portant avec moi, le poids de tout mon être. J'avais l'impression que les escaliers avaient grandi de deux tailles en une semaine. Et je persiste à croire, encore aujourd'hui, que je n'aurais plus à les monter. Je pris une grande bouffée d'air pour éviter de voir à nouveau les murs danser. La salle était bondée, et dans ma tête aussi, ça débordait. Mon regard se posa instinctivement sur les murs recherchant à nouveau quelque chose à quoi me raccrocher. L'effritement de la peinture, que je suivais comme ligne de vie. Je suis le friable, ce qui n'est plus, ou à moitié encore. L'apparition d'une ombre me coupa la trajectoire. C'était comme tomber dans le néant. J'essayais de reprendre mon souffle et levais les yeux vers lui. La première chose que je remarquais fut ses lèvres occupées par une clope mal roulée. Je suivais du regard la nouvelle porte de secours qu'il m'offrait. La fumée s'enfuyait derrière lui, laissant place à un chemin

que j'aurais tant voulu emprunter.