la fille au parapluie

La fille au Parapluie.(Partie 1) “Le rendez-vous”

Le Rendez-vous.

Je te regarde par la fenêtre et au loin je vois ta silhouette disparaître.

Je ne connais rien de toi, ni ton âge, ni ton nom, pour moi tu n’es qu’un pseudonyme sur mon écran, l’avatar de mes fantasmes. Pourtant hier, nous nous sommes rencontré.. Moi pour te séduire et toi pour ma chaire, pour ton plaisir …pour me consommer.

Oui je l’avoue, j’aime ça ! Etre désiré, convoité… Que les regards des femmes se portent sur moi, qu’elles aient envie de ma peau, qu’elles me frôlent, sentir mon odeur.. que mon musc soit leur parfum.

Qu’elles me convoitent comme on achète un esclave, que seul mon corps soit un objet de désir… le seul critère ! 

Qu’elles me tâtent pour voir si je suis une bonne affaire : Mon torse fort, mes bras musclés, qu’elles pincent mes tétons avec leurs ongles saillants pour savoir si je résiste, qu’elles fouettent mes fesses jusqu'à ce qu’elles soient rouge de douleur, qu’elles fassent monter les enchères pour m’acquérir. Que mes maîtresses me partagent.. qu’elles m’enivrent de leur patchouli, que leurs aphrodisiaques me transforment en Minotaure satisfaisant leur désir de sexe.

C’est vrai, j’aime voir dans les yeux d’une femmes cette envie..se regard même bref, succinct, mais tellement profond.

Alors je suis tombé dans ton piège, et le mien, celui de t’appartenir une nuit, une heure…peu importe, être cet objet que tu recherchais… comme si tes jeux intimes ne te suffisait plus ! Non, toi il te faut de la chair, de la sueur…

Je t’ai donné rendez-vous  chez moi…Mais toi  tu es une égoïste. « Non surtout pas !!, me prendre sur le canapé du 20H !!, entre tes bibelots et tes cadres photos, Quelle honte !!! »

Non, toi tu es fière, tu veux plus…tu veux la luxure. Tu veux dévoiler tes impertinentes lingeries « Millesia » dans la suite d’un palace.. Tu veux être enivrée par un « Drapier… »Qu’un champagne arrose ta profonde gorge, cul-sec, sans respect !

Toi veux que ton corps soit révélé dans une chambre de raffinement ! Ecarter tes cuisses devant des Modigliani.. qu’Amedeo rougisse de stupeur ! Que ses toiles de maîtres jalouses  tes jambes, tes reins, ton dos… tes ostentatoires seins emplissent la pièce. Que chaque objet : Vases, lampes, miroirs, chandeliers veuillent te baiser comme une catin.

Combien tout cela va-t-il me coûter ? Je ne sais pas, je suis dans un état second, drogué par tes envies. Comme si tu étais cocaïne..

Alors je vais mentir, je vais dire que je peux tout payer ! Comme un accro va se fournir en « dope » à crédit. Comme un Politique qui fait des promesses qu’il ne pourra tenir, arroser d’argent le peuple , argent qu’ils n’ont pas ! Je vais ..Je veux… être comme eux !!!

J’entre dans le hall du Palace, des bouquets de fleurs partout. Des roses couleurs de tes lèvres sont déposées sur des socles de miroirs reflétant leurs multitudes.

La réception est immense !

Habillé de mon élégant costume…italien, je suis dans mon personnage : Un séducteur.

20h, je suis le premier… combien de temps vais-je attendre ???

A suivre…

La fille au parapluie (Partie 2) L’attente...

PARTIE 2…. L’ATTENTE

Je suis dans le Palace et mes yeux se posent partout. Pour moi ce n’est que beauté et strass, les moindres détails m’éblouissent. Je suis dans cet écrin de velours confortablement installé dans un fauteuil Strandman.

Les tapisseries et tapis m’enveloppent ; les lumières tamisés me mettent  à l’aise. Assis dans la pénombre j’attends patiemment ma proie, moi aussi je commence à me sentir animal, félin, m’imaginant déjà nos ébats … Mais c’est trop tôt !

Au loin le piano à queue est magnifique, d’un noir profond laqué, j’ai l’impression qu’il me regarde, qu’il me scrute et me donne son approbation.

Les tables, les fauteuils, les canapés, tout est parfaitement alignés, jusqu’aux bouquets de violette. De petites bougies sont déposées ça et là, partout accentuant mon état de bien être. Leurs flammes virevoltent tels de petits diables dansant langoureusement autour des mèches. Elles n’ont pas le choix. Elles sont soumises à cette frénésie.

Je croise les jambes…. Je décroise les jambes, tout compte fait je ne suis pas si à l’aise. Remarque-t-on qui je suis ???

Dans la salle quelques couples sont là. Ils dégustent leurs coupes de champagne et divers apéritifs. Au loin des bouteilles de Bollinger, des whiskis Daks, des vodkas Londanov.. un florilège d’alcool … bref du petit lait… ils tètent à la source du luxe.

Pourtant, malgré ma discrétion, je vois un couple qui m’observe, me scrute, me dévisage….me déshabille..  Surtout elle. Je suis embarrassé par ce regard si différent des autres. Plus convoiteur, comme une vampire assoiffée d’hémoglobine. J’estime qu’elle doit avoir une petite cinquantaine. Elle est somptueuse, certainement une ancien mannequin marié à un riche industriel, c’est cliché ! mais je le crois.

Ses jambes longilignes m’interpellent, elles sont comme des ailes d’un papillon : Légères. Ses mollets ont un galbe à faire rougir les jeunes femmes du boudoir. La finesse de ses chevilles me séduisent… elles sont presque agaçantes.

Sa robe blanche.. une pièce unique brodée de fil argentés dévoile un dos nu, des seins de vingt ans qui tiennent trop bien pour une femme de cet âge. Une clinique Parisienne est passée par là, mais le spectacle est divin.

Lui et nettement plus âgé, dans un costume anglais pied de poule marron glacé, je peux discerner les coutures, la laine et la soie. Sa jolie veste masque son embonpoint. Son air est plutôt jovial avec une grosse moustache cendré à la Georges Clémenceau… Mais son œil est vif, aguerrit, tel un chasseur de lion : il n’hésitera pas à tirer.

Je vois qu’ils se rapprochent  de moi pour s’installer à deux tables  de la mienne, et comme mon visage est approbateur et souriant, ils me rendent très facilement leurs sourires.

L’homme fait signe au garçon de salle qui vient immédiatement tel un Lady-boy. Ils passent commande.

Lui-même me voyant sans consommation se rapproche de moi avec son carnet. 

Je commande un Armagnac Gaston Legrand 1972. (ma date de naissance)

« C’est un très bon choix » me dit l’homme à la moustache. Non seulement il a l’œil aguerrit mais il a l’ouïe fine,  le bougre. « Saviez vous que pour une bonne dégustation il faut entre 20 et 30 minutes d’aération pour que l’Armagnac  dégage toutes ses saveurs ??? »

« Oui, bien sûr » Dis-je avec aplomb.

« Alors comme vous avez le temps, voulez vous vous joindre à nous ? »

Le plan à marché, elle sourit comme si elle m’avait déjà acquise à un bon prix.

« J’attends quelqu’un … mais ce serait un plaisir de le faire en votre compagnie » et je me rapproche de leur table….

« Un Armagnac de cet âge se prend généralement en digestif ! » me lance mon hôte.

« J’aime faire tout à l’envers » lui dis-je «  et puis ses saveurs de cuirs et de cigares peuvent se savourer à n’importe quelle heure de la journée !»

« Vous avez raison ; on ne profite pas assez de l’instant présent..alors ce soir… Profitons-en !! Au diable les conventions ! je vous invite »

Ils m’ont pris dans les mailles de leurs filets … je suis comme un petit poisson, prêt à être dévoré par un requin et une sirène. Mais je suis comme cocooné, envoûté dans un berceau d’enfant. Je ne peux plus rien faire, pris dans leurs sables mouvant, pour je le sais, apporter mon corps à cette dame qui réclame que vigueur et plaisir. Ce soir j’ai l’impression d’être une Putain qui va bosser gratis !

Je lis dans ses yeux comme une voyante lit dans une boule de cristal. Elle me convoite tellement que les mordillements de ses lèvres se font de plus en plus fréquent. Sa jolie langue se glisse au coin de sa bouche mouillant les contours de ses lèvres. J’ai l’impression qu’elle s’imagine sucer mon diamant décalotté sur la place Vendôme aux yeux de tous !

Son regard de petite fille devant sa poupée, son jeu, me plait..

Je suis désirable…

A suivre….

La Fille au parapluie (Partie 3) Une Artiste...

La Fille au parapluie 

(Partie 3) Une Artiste…

Installés confortablement dans nos fauteuils, nous faisons donc les présentations comme il se doit. 
« Je m’appelle Francis Detalante et voici mon épouse Françoise. Rassurez-vous, nous ne l’avons pas fait exprès ! Et de surcroît Detalante aussi .. ! » Dit-il en replaçant son coussin de velours dans son dos.


La politesse veut que je me présente…Mais que vais-je dire ? Prendre un nom d’emprunt ? Mentir sur ma situation ? Ma famille ? Mon travail ? Moi qui suis un petit magasinier travaillant au Monoprix du 13e arrondissement à remplir les rayons de boites pour chats ? 


J’ai donc de décider de jouer franc jeu….. Mais subtilement, après tout Christophe Rocancourt n’avait-il pas réussi à se faire passer pour quelqu’un d’autre et être baptisé « L’escroc des Stars » ?

« Je m’appelle Mathieu… et … je suis ravi de me joindre à vous »

« Savez-vous Mathieu que ces lieux ont été construits par un Américain : Joel Hilman en 1928 et après la banque route de 1929 il a du concéder ce bâtiment… Le nouveau propriétaire est un certain Bill Gates … Peut-être l'apercevrions-nous ce soir ?? » Me dit Françoise.

Et tout en m’assaillant, je lui réponds : « Je ne l’espère pas … Je n’achète qu'Apple ! »

En posant mon verre sur la table noire lustré, je discerne le reflet de leurs visages et leurs petits sourires en coin, visiblement, ils ont de l’humour !

Je me place face à eux. Je sens l’hameçon dans ma bouche me faire mal… Comme si elle tirait tout doucement sa prise. En face d’elle, je contemple sa robe fendue qui dévoile l’entièreté de ses jambes, jusqu’aux cuisses… Elle le fait exprès ! 

 « Et vous que faites vous dans la vie, Mathieu ? » Me demande Francis.


« Je suis responsable d’acheminement dans la grande distribution, le groupe Monoprix » Après tout, c’est moi qui fais les commandes et le remplissage pour les matous de ses dames !! J’ai trouvé l’art de dire des demi-vérités.

« Et comme il ne faut pas que je parle trop de moi, j’ajoute :

 “ Le commerce de gros n’a rien de passionnant… Certainement, moins que vos activités ??? »

« Oh oui » dit-il « Je suis galeriste et je suis en éternelle recherche… Découverte de nouveaux talents.. Le Street Art est devenu très à la mode de nos jours…. » 


C’est bon, l’homme à moustache, pour satisfaire son égaux par dans un monologue que lui seul entend. Il suffit de remettre une petite pièce dans le jukebox de son égocentrisme par un « Ah Bon ? » , « vous croyez ? » « En quelle année ? » Pour qu’il reparte en énumérations blabla taire….

Je me demande si sa langue est reliée à son nombril !

Et puis brusquement, je coupe son soliloque ! Tel le geste vif d’un gynécologue qui fait une épisiotomie muni de ses ciseaux !

« Et vous Françoise ? Quelles sont vos passions ? » L’homme se tait et laisse enfin la parole à cette beauté.

« Et bien après avoir été architecte d’intérieur, je me suis dirigé vers ma vraie passion la sculpture voir même le modelage et particulièrement le Phallus. D’ailleurs, vous feriez, je pense, un très bon modèle…»


« Ah bon ? Comment vous y prenez-vous ? Par définition, un phallus est un sexe en érection ? »


« Vous voyez, c’est très simple et je pourrais dire même un jeu d’enfant entre les modèles est moi. Tout d’abord, il faut que la température de mon atelier soit élevée entre 27° et 31° pour que l’homme soit décontracté, puis je le mets nu en le déshabillant délicatement moi-même dans une tenue qui suscite le désir. 


J’ai fait construire une table à bascule en forme de croix, un gros X en définitive, confortable, en velours pourpre. 

Puis j’attache mon sujet sur la croix, pieds et mains, en position verticale.
Et tout doucement, je fais pivoter en position horizontale… 

En règle générale, le sujet à déjà un membre bien gonflé et si je discerne un manque de vigueur, j’active sa verge avec mes mains gantées de soie.


Je réclame des érections viriles et dures pour procéder au moulage, donc j’applique une pompe sur le membre et je pompe, je pompe, je pompe…. au plus fort du supportable. 

 Certain hurle tellement leurs sexes sont bandés. 

Voir derrière mon masque leurs sclérotiques rouges de sang me plaît beaucoup ! Un œil rouge de douleur et de plaisir.


Ensuite, je place un anneau pénien à la garde de la verge veiné, gorgé de sang, et je peux procéder au modelage.

Je saupoudre le pénis de talcs et je le trempe dans un cube en latex chaud… Je vibre pour éliminer les bulles et j’attends patiemment que ma composition refroidisse. 


Ensuite, je démoule tout doucement et j’ai pour ainsi dire le négatif du phallus. Il me suffira de le remplir de plâtre comme un Mako moulage et l’orné à ma manière : couleur, bijoux, strass, fourrure, voir même en feuille d’or pour le phallus d’un amant d’une cliente ! Vous pouvez voir mes œuvres dans les galeries de mon époux si vous voulez »


Je suis subjugué ! Elle raconte cela avec une telle décontraction. Comme si elle lisait une recette de cuisine devant un cours de collégiennes de mauvaise famille !

« Et que faites vous de vos sujets après ? »

« Ils ont une merveilleuse récompense… Mais ça c’est tabou je ne le dévoilerai pas ! »


Ses yeux sont comme hypnotique, le message est clair, il me suffit de dire un seul « oui » pour que le rendez-vous soit pris. Elle me regarde avec envie, puis tout à coup, sont regard se dirige derrière moi et elle sourit.


Je sens une main passer dans mes cheveux, tu es enfin arrivée…

A suivre…