la bobine

“Chẳng phải để trở thành nhà văn mà người ta phải viết. Viết là để lặng lẽ trở về, về với tình yêu thiếu vắng trong tất cả tình yêu”.
—  Christian Bobin trong La Part Manquant

« Les moments les plus lumineux de ma vie sont ceux où je me contente de voir le monde apparaître. Ces moments sont faits de solitude et de silence. Je suis allongé sur un lit, assis à un bureau ou marchant dans la rue. Je ne pense plus à hier et demain n'existe pas. Je n'ai plus aucun lien avec personne et personne ne m'est étranger. Cette expérience est simple. Il n'y a pas à la vouloir. Il suffit de l'accueillir, quand elle vient. Un jour tu t'allonges, tu t'assieds ou tu marches, et tout vient sans peine à ta rencontre, il n'y a plus à choisir, tout ce qui vient porte la marque de l'amour. Peut-être même la solitude et le silence ne sont-ils pas indispensables à la venue de ces instants
extrêmement purs. L'amour seul suffirait. Je ne décris là qu'une expérience pauvre que chacun peut connaître, par exemple dans ces moments où, sans penser à rien, oubliant même que l'on existe, on appuie sa joue contre une vitre froide pour regarder tomber la pluie. »

Mozart et la pluie, Christian Bobin

Ce matin, je me suis arrêtée cinq minutes pour discuter avec cet homme, à la rue, il m’a proposé à manger et des cigarettes mais j’ai refusé, nous avons parlé des gens de la ville, qui n’aiment pas la bonne humeur des autres, qui te regardent mal. Il a dit : Moi depuis que je suis né, j’ai toujours la bonne humeur. J’espère que ca va durer, parce que c’est ma force.”

Puis il m’a demandé où j’allais, ce que je faisais, et je lui ai donné le livre La grande vie de Bobin.

Cet homme est adorable.

C'était vraiment agréable. Il était beau quand il souriait. Un homme simple. Ça m'a fait du bien de discuter avec quelqu'un. Il a dit aussi qu'il ne fallait pas rester dans cette ville.

J'écris, je défais la bobine. Des mètres de peau s'étalent, tirés par une main invisible. J'écris pour ce qu'il y a sous la chair et qui peu à peu se dévoile, pour un motif incomplet que je voudrais comprendre – mais plus il se révèle, plus je prends conscience de son immensité.

Nous envoyons notre ombre en ambassade, loin devant nous. Nous la regardons parler à d’autres ombres, leur serrer la main et parfois se battre avec elles. Nous regardons tout ça de loin et le réel n’entre que pour peu dans nos vies – dans l’effraction d’une joie ou d’une douleur auxquelles nous commençons par refuser de croire.


La certitude d’avoir été, un jour, une fois, aimé – c’est l’envol définitif du cœur dans la lumière.

—  Christian Bobin (L'éloignement du monde)

Pour s'éprendre d'une femme, il faut qu'il y ait en elle un désert, une absence, quelque chose qui appelle la tourmente, la jouissance. Une zone de vie non entamée dans sa vie, une terre non brûlée, ignorée d'elle-même comme de vous. Perceptible pourtant, immédiatement perceptible.

La part manquante, Christian Bobin

Pour s’éprendre d’une femme, il faut qu’il y ait en elle un désert, une absence, quelque chose qui appelle la tourmente, la jouissance. Une zone de vie non entamée dans sa vie, une terre non brûlée, ignorée d’elle-même comme de vous.

Christian Bobin - La Part manquante

Photo source clochardscélestes

La vida no es algo razonable. No podemos imaginarla unos años —a no ser que nos mintamos— como algo tranquilo, un diseño de arquitectura. La vida no es nada previsible ni complaciente. Se abate sobre nosotros como lo hará más tarde la muerte, es una cuestión de deseo y el deseo nos consagra a lo desgarrador y contradictorio.
—  La más que viva, Christian Bobin
Hier en me penchant pour te cueillir une fleur dans le jardin j'ai réappris ta mort qui m'a soufflé à l'oreille : pas la peine d'une fleur, à présent je les ai toutes.
—  La grande vie - Bobin