l'estomac

Suis-je la seule à flipper à en avoir des crampes à l'estomac et des envies de pleurer lorsque la personne que j'aime ne me répond pas, même au bout de deux minutes, tout ça parce que je suis terrorisée à l'idée d'être abandonnée ?

Un jour on m'a dit “je t'aime”
Mais pas un simple je t'aime comme tous les autres
Un je t'aime poignant, celui qui vous retourne la tête et l'estomac en 10 secondes.
Vous savez celui qui ne s'oublie pas, qui résonne dans la tête comme une jolie musique.
Un je t'aime qui te transperce le coeur, qui te fais pousser des ailes.
Celui qui te donne confiance, qui prouve tant de chose en peu de lettres.

Un je t'aime qu'on se souviens toute une vie.

Pizza froide

Il est 2 heures du matin et nos rires éclatent par la fenêtre de la cuisine. Moi assise sur le comptoir, à boire du vin au goulot et manger de la pizza froide. Ton rire est si beau. Tu t'approches et j'enlace mes jambes autour de ta taille. Même juchée sur le mobilier de la cuisine, tu es encore plus grand que moi. Tu me regardes, je suis un peu saoule et ça te fais tellement marrer. Tu remets une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Je resserre mon étreinte acrobatique, tu glisses ta main derrière mon cou et tu m'embrasses. Comme si tu l'avais toujours fait. Je ne sais pas si c'est l'alcool ou bien le vent frais que souffle la nuit qui me donne des frissons. C'est bon. Toi.Moi.Nous.
Ce “nous” qui avait toujours été synonyme d'amitié. Ta main qui avait toujours tenue la mienne lors des moments difficiles, des peines, des blessures et des trop grands bonheurs. Que ton rire, qui avait toujours rythmé mes étés, trouverait écho en moi cet été précis. Tu te détaches de mon enlacement pour prendre une bière au frigo et je te balance ma croûte de pizza à la tête. Tu te relèves tranquillement, tu secoues ta bière et la décapsule dans ma direction. Les voisins m'ont sans doute entendue hurler et mourir de rire quand je me suis mise à courir et que tu me poursuivais à travers le salon. Tu m'as attrapé par la taille, soulever de terre et projetée sur le canapé “ quand j'en aurais fini avec toi, tu ne lanceras plus jamais de reste de pizza, canaille”. Je riais tellement que j'en avais mal à l'estomac.
Tu as ce talent unique de m'irradier de bonheur et de sourire.
Je ne me souviens pas à quelle moment je me suis endormie, le visage enfouis dans tes bras.

Le lendemain matin, mes cheveux avaient une odeur de bière et toi de pizza froide. Les rayons de lumière dansaient avec ce bonheur sans nom et inattendu qui planait sur nous, endormie dans les bras un de l'autre.

Et quand je l'imagine embrasser et baiser d'autres filles, j'ai l'estomac qui se noue. Je me demande s'il est pareil qu'avec moi.
Quand ça arrive, c'est une tristesse qui te déchire le corps, qui t'éventre le cœur. Un de ces malheurs qui te fait penser que jamais ça ne disparaîtra, de ces tristesses amères qui te brisent en des milliers de morceaux. Qui effacent tout espoir. Celle qui ne partent jamais bien loin, qui retournent l'estomac quand on y repense.
—  Pensées d'un souvenir pas très drôle.

j'avais oublié ce que ça faisait
de pleurer sans avoir picolé
c'est chaud et ça tord l'estomac
ça parait infini
mais les yeux finissent toujours par se fermer
et se laisser bercer

une dernière note.

Un souvenir, une douleur qui empire. Le souffle court et irrégulier.
Une jeune fille, seule, regardait la neige tomber, se fracasser, sur le sol pour former un autre paysage, pour répandre la beauté sur ce monde froid et éteint. Des flash-backs dans sa tête, un garçon, un baiser, un cri, puis plus rien, le vide. Quelque chose lui lacérât l'estomac, lui donna une gifle. Sa respiration était de plus en plus lourde, de plus en plus irrégulière. Son cœur se serra. Elle contempla encore le paysage.
Des larmes, des reproches, une voix qui résonne, qui lui hurle que tout est de sa faute.

“Tu ne sers à rien, tout est de ta faute. Tu ne peux pas le sauver. Tu ne peux rien faire. Tout est de ta faute. TOUT.”

Encore un silence. Un haut-le-cœur, une envie de mourir. Pourquoi? Elle ne le savait pas. Son corps frêle commença à trembler, à vouloir respirer. Elle voulait oublier, elle voulait l'oublier. Son regard s'éteignait, s'estompait au fil du temps. Elle resta comme ça. L'envie de manger n'était plus là, elle disparaissait, s'effaçait, repensait à tout cela. Ça cognait dans sa tête, c'était comme si on la frappait avec une batte plusieurs fois. Lorsqu'elle voyait ce garçon elle n'arrêtait pas de pleurer, elle ne voulait plus le voir, mais l'aimait encore. Elle le désirait toujours plus fort. Elle n'arrivait pas. Elle ne le méritait pas. Elle voulait oublier leur rencontre.

“Nous n'aurions jamais dû nous rencontrer.”, pensa-t-elle.

Un battement, encore un soupir, puis une fuite de l'âme. Elle ne se sentait plus vivre, son corps devenait de plus en plus faible, livide, pâle. Elle pleurait toujours, elle ne voulait plus croiser son regard, elle ne voulait plus voir son visage. Le cœur lourd et vide, elle vacillait entre envie d'amour et envie de mourir. Ce spectacle tragique, magnifique, dura plusieurs mois. Jusqu'au jour où elle lui attrapa le bras, il se retourna, elle ne pleurait plus et elle lui demanda:

“Pars… S'il te plaît, pour toujours. Je ne veux plus te voir.”

Son cœur se serra, il contempla son visage malade, pourrissant face à tous ces événements. Il mit sa main sur son visage. Des larmes coulaient sur le visage de la jeune femme. Et elle lui dit:

“Désolée… Je suis désolée, je n'ai pas été assez forte. Désolée. Désolée.”

La femme tomba, raide, elle était partie. Le jeune homme la regarda, hurla, la prit dans ses bras. Des larmes coulaient sur son visage, il en voulait au monde. Pourquoi? Pourquoi lui? Pourquoi elle? Il en voulait à toute la Terre.

Elle s'était envolée comme la neige qui fond face à l'arrivée du Printemps, comme un écho, comme la dernière note d'une chanson trop triste.