l'espagne

La scène de cette lutte ancienne, enregistrée par Froissart, s'appelle encore
«Altura de los Inglesos».
Cinq cents ans plus tard, les soldats de Wellington se battaient sur le même terrain.

- Dis, ce qui t'a vu sur la colline,
Campesino Garcia ?
- J'ai vu ma génisse tannée là-bas,
Un sentier d'archers, dépensés et nus,
Et un petit homme sur une jument
Équitation lente devant eux.

- Dis, ce qui t'a vu dans la vallée,
Campesino Garcia ?
- Là, j'ai vu ma brebis agitée
Et une armée traversant,
Gros et courageux les pennons ont volé
Des lances les attendent.

- Alors, ce qui t'a vu sur la colline,
Campesino Garcia ?
- J'ai vu à côté de la traite,
Blanc avec envie et noir avec boue,
Le petit homme aux yeux enflammés
Marshalling ses archers.

- Alors, ce qui t'a vu dans la vallée,
Campesino Garcia ?
- Là, j'ai vu mes deux bœufs,
Et au milieu de mon grain non coupé
Tous les hommes rusés de l'Espagne
Spourant pour leurs personnages.

- Non, mais il y a plus à dire,
Campesino Garcia !
- Je ne pouvais pas attendre la fin de la vue;
J'avais plus de choses à faire
Tendance sur la brebis agneau
Au milieu du trèfle.

- Ah, mais dites-moi ce que vous avez entendu, Campesino Garcia !
- En criant du côté de la montagne,
En criant jusqu'au soir;
Mais il a diminué et il est mort
La durée de la traite était terminée.

- Non, mais je ne t'ai vu plus rien,
Campesino Garcia ?
- Oui, je les ai vus se coucher là-bas,
Le petit homme et la jument;
Et dans leurs rangs, la foire des archers,
Avec leurs bâtons avant eux.

- Et les hommes rusés de l'Espagne,
Campesino Garcia ?
- Silence !
Mais nous sommes espagnols aussi ;
Plus je ne peux pas vous dire :
Que le béni de Dieu, comme la rosée,
Installez-les doucement.

—  A Forgotten Tale - Doyle, Arthur Conan

J’écris ces quelques mots entre deux larmes qui s’échappent de mes yeux.

Je ne reviendrais pas sur la manière du Portugal (sur ce post). Ils n’avaient jamais gagné et bien tant mieux, profitez-en si ça vous amuse.

Ce que je retiens de cet EURO c’est notre équipe, pas juste les joueurs mais l’ensemble du staff, des personnes impliquées. Un groupe s’est formé et consolidé sous nos yeux, de jeunes espoirs ont éclos et promettent de beaux lendemains.

Cet EURO c’est aussi tout un pays, tout un peuple qui s’est retrouvé au travers de cette équipe, de l’émotion, de la joie, de l’adrénaline. Des instants comme ça, nous n’en avions plus eu depuis longtemps et dans les temps actuels, ils sont bien plus précieux qu’on pourrait le penser.

Ce que j’ai entendu après le coup de sifflet final ce ne sont pas la joie de mes quelques voisins portugais. Non. J’ai entendu des “BRAVO LES BLEUS ! BRAVO LES BLEUS !” chantés à plein poumons par des supporters déçus mais si fiers de leur sélection nationale.

Ce que je retiendrai de cet EURO c’est aussi la ferveur et le partage entre supporters de toutes nationalités. Des Irlandais au grand coeur qui n’abandonnent jamais aux supporters islandais qui nous ont appris leur “HUH”.

Ce que je retiendrais, c’est que l’envie et la détermination peuvent tout. L’Irlande a passé le cap des poules pour la première fois de son histoire, l’Islande a atteint les Quarts de finale pour son tout premier EURO, le Pays de Galles s’est révélé et a enfin montré l’étendu de son talent, L’Italie a déjoué les pronostics et a renvoyé l'Espagne, tenante du titre, à la maison avec un jeu offensif et une cohésion sans faille emmené par un capitaine, Gigi Buffon, de légende (que je n’entende personne dire le fameux “ah ouais mais ils jouent à l’italienne à 11 derrière”).

Ce que je retiendrais au final, c’est les étoiles que j’ai pu voir dans les yeux des petits comme des grands, de l’amour grandissant porté à cette équipe. Pleurer pour cette défaite semble excessif pour certains mais ce sont des larmes qui viennent du coeur, ce sont des larmes qui te ramènent à la réalité et brise le rêve que nous nous étions forgé depuis le début de cet EURO.

Ce soir, plus que jamais, l’EURO aura été français et le restera même si l’histoire ne retiendra qu’une autre version, plus logique et statistique.

De tout mon coeur merci à tous : supporters, volontaires, stadiers, joueurs, entraineurs, médecins, arbitres.

Mais je tiens plus particulièrement à adresser mes remerciement à ces personnes : Benoît Costil, Hugo Lloris, Steve Mandanda, Lucas Digne, Patrice Evra, Christophe Jallet, Laurent Koscielny, Eliaquim Mangala, Samuel Umtiti, Bacary Sagna, Adil Rami, Yohan Cabaye, N’Golo Kanté, Blaise Matuidi, Paul Pogba, Moussa Sissoko,  Kingsley Coman, André-Pierre Gignac, Olivier Giroud, Antoine Griezmann, Anthony Martial, Dimitri Payet, Didier Deschamps, Guy Stephan, Eric Bédouet, Franck Raviot, Philippe Brocherieux, Franck Le Gall, Jean-Yves Vandewalle, Christophe Geoffroy, Denis Morcel, Cyril Praud,  Philippe Tournon, Manu de Faria, Guillaume Bigot, Thierry Marszalek, Eric Dubray, Mohamed Sanhadji, Nicolas Piry, Bachir Néhar, David Serre.

MERCI LES BLEUS, NOUS SOMMES FIERS DE VOUS ET A TRÈS VITE !