l'enfer-c'est-les-autres

« Mais « l'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont — nous ont donnés — de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres ; ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. »

- Sartre, Commentaire sur le CD Huis Clos, 1964

« L'enfer c'est les autres » a été toujours mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'était toujours des rapports infernaux. Or, c'est tout autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné, de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans. Quoi que je sente de moi, le jugement d'autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d'autrui et alors, en effet, je suis en enfer. Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres, ça marque simplement l'importance capitale de tous les autres pour chacun de nous
—  Sartre, Commentaire sur le CD Huis Clos, 1964
L'enfer c'est les autres

« 

Mon corps danse sans moi

Je crois qu’il le fait pour moi

Il danse comme une pute

Je lui ai rien demandé

Il a déjà été acheté, consommé

Vous aimez ça, n’est-ce pas

Me montrer pour mieux vous pavaner

Une sorte de trophée, une petite fierté

Vous adorez ça, m’avoir moi

Mais qu’avez-vous vraiment

J’suis pas à toi ni les autres

J’suis pas à moi

Phyllis résonne dans ma carcasse

Vous gardez ma face

La danse de mon corps, la trace

Vous regardez ça comme un bijou

Putain mais c’est que d’la boue

Et vous aimeriez que je sois heureuse

Que je vous aime

Et que j’aime votre statue dégueulasse

Parce que c’est moi cette crasse ?

Parce que c’est toi, Clara

Votre idéalisme a fait de moi un tas de fumier

C’est de la moisissure, de la merde

Cette carte postale à mon image

J’aimerais que mon corps ne danse plus comme ça

J’aimerais que vous ne m’aimiez pas

J’aimerais que votre idole n’existe pas

Qu’elle me foute la paix

Qu’elle arrête de me regarder

De se faire appeler comme moi,

Clara. »

Clara Lorenzo Quadro


“L'enfer c'est les autres”

“Hell is other people”

“L’inferno sono gli altri”

Jean-Paul Sartre (1905 – 1980)

Quand on perd son amour, c'est qu'on a trop aimé
Qu'on s'est trop aimé soi, soi dans l'autre opposé
C'est qu'on a trop aimé, oui l'idée d'être aimé
Qu'on a aimé l'amour, aimé à s'aveugler
Et qu'on n'a pas vu l'autre aller aimer un autre
Et qu'on n'a pas vu l'autre à soi qui s'en allait
Sûr l'enfer c'est les autres et l'enfer c'est t'aimer
—  Saez - Quand on perd son amour
Quand on perd son amour, c'est qu'on a trop aimé
Qu'on s'est trop aimé soi, soi dans l'autre opposé
C'est qu'on a trop aimé, oui l'idée d'être aimé
Qu'on a aimé l'amour, aimé à s'aveugler
Et qu'on n'a pas vu l'autre aller aimer un autre
Et qu'on n'a pas vu l'autre à soi qui s'en allait
Sûr l'enfer c'est les autres et l'enfer c'est t'aimer
—  Damien Saez