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Total Victory - What’s the body wants the body gets

La semaine dernière je reçois un SMS d'un Ami me disant :

“Total Victory. Wath’s the body want’s the body gets. sur bancamp”. Biz

Je me suis dis chouette, enfin !!!  Depuis le temps que je voulais écouter ses nouvelles compos.

La première chose que j'ai faites, c'est de rentrer chez moi pour pouvoir écouter confortablement ce nouveau titre. Arrivé devant mon ordi je me suis vite rendu compte que ce n'était pas les compos de celui que j'attendais mais celles d'un groupe de Bolton, Total Victory.

Passé la déception de ne pas pouvoir écouter mon pote,  j'ai kiffé cette découverte. Voilà, Juste pour vous dire que ce type vise juste quand il s'agit de me faire découvrir de nouveaux groupes.

Pour info, j'espère que nous écouterons prochainement le travail de mon camarade, il est en train de finaliser son Bandcamp il ne reste qu'a trouver le Nom….

Ruins Of Kruger, Chimes, Yes I’m Leaving, Big Neck Police , You’ll Brynner, Mecca Normal, Palberta, AliveKill, Vaz, Spray Paint, Aging Womanizer, Faking, Econo,

“In the middle of something” by Ruins of Kruegers in the playlist of Kfuel radio show, in Rennes, FR!

SebHache : «Un an après leur fantastique premier ep, les texans nous  reviennent avec un premier album. Toujours sur Tee Pee, toujours ce mélange de Psyche/neo psychedelia et de Post Punk avec en plus, cette fois ci, une chanteuse qui rappelle fortement Hope Sandoval, non pas par le physique mais par la voix plutôt. Enfin bref un morceau qui n’est pas très représentatif de l’album, psyché à fond, répétitif comme il se doit, un bon outsider comme on l’attend pas dans les jeux de course de notre ami Perte et Fracas.

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Kfuel 20 ans

PEOPLE ARE BETTER THAN RECORDS, le retour (pt 6)

Don Lurie.

40 ans, Rennes.

Rédacteur du webzine Kfuel et membre de l'asso du même nom, organisateur de concerts sur Rennes et animateur de l'émission radiophonique Kerozene.

A choisi l'album Brotherhood de NEW ORDER (regarde).

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1986 : 14 ans

Depuis deux ans déjà, je me suis mis à écouter du rock’n roll.

En fouillant dans les K7 de mes deux frères, j’ai pu survoler les CRAMPS, le GUN CLUB, WIRE, JOY DIVISION, les BEATLES, les STONES, CULTURE CLUB… A l’époque, j’entendais plus la musique que je ne l’écoutais

L’été, au centre de loisirs communal, en raison de ma grande taille, j’avais basculé dans le groupe des ados, rencontrant de ce fait François, Geoff et Titus, trois jeunes punk qui n’étaient pas insensibles aux charmes de la planche à voile gratuite plutôt que de s’ennuyer tout l’été à regarder les bateaux passer dans notre petit port du bord de mer.

Ils avaient vite remarqué que j’étais intrigué par leurs badges musicaux et leurs dégaines vestimentaires et m’ont rapidement admis dans leur petite société. J’ai pu découvrir dans leurs walkmen des formations diverses et variées. Le rock alternatif hexagonal était alors en pleine expansion mais leurs K7 des BERURIER NOIR côtoyaient aussi les enregistrements des VIRGIN PRUNES ou de PIL. Voile et musique sont devenus pendant deux mois mon quotidien de même que j’apprenais sereinement l’art de fumer une cigarette en tirant un bord au trapèze. Vers 19h00, ils me faisaient comprendre qu’il était temps de regagner mon domicile. Je les abandonnai à regret en essayant de me faire une idée précise de leurs débuts de soirées à base de bières et de volutes épicées.

Les filles faisaient partie de leur univers mais elles m’ignoraient en raison de mon jeune âge. Seule Agnès, originaire du Havre, semblait prendre du plaisir à partager mes écouteurs au son du Movement de NEW ORDER. J’espérai fébrilement un baiser qui ne vint jamais mais cette attente-douleur posa les jalons d’une relation fantasmée avec la ville de Little Bob qui se poursuivit lors de ma découverte des artistes du label Closer.

Le 20 août, Titus fût renversé en scooter par un professionnel du pastis et succomba dans la nuit à ses blessures. J’avais connu trois ans auparavant une expérience intime avec la mort. J’ai préféré le déni pour ne pas sombrer dans la folie. Titus n’était pas mort, il nous avait juste quittés.

Je rencontrai à la rentrée scolaire Yves avec qui j’allais fonder plus tard le fanzine Kill Yr Idols. Ces deux mois m’avaient donné envie de découvrir plus de disques et d’entamer une discothèque digne de ce nom. La chose n’était pas aisée car il me fallait de l’argent pour, d’une part, me procurer mes futurs albums et, d’autre part, prendre le bateau pour rejoindre la ville où se trouvaient les magasins de disques. Je réussis alors à convaincre ma grand-mère de m’abonner à Best et de me donner de quoi m’acheter un à deux albums par mois. Je ne dévoilerai jamais les contreparties accordées en échange.

Les CURE étaient régulièrement en couverture de Best et j’avais pu lire que leur tube du moment In Between Day devait beaucoup à JOY DIVISION et NEW ORDER. J’appréciais déjà la musique des premiers tout en écoutant régulièrement l’opus inaugural des seconds. Je connaissais vaguement la genèse de ces deux groupes mancuniens, Geoff m’ayant confié que le premier NEW ORDER, Movement, constituait en fait le dernier volet de la trilogie entamée par Unknown Pleasures de JOY DIVISION.

J’avais appris que NEW ORDER s’apprêtait à sortir un nouvel album, le bien nommé Brotherhood? et je décidai d’en faire le premier volet de ma discothèque. Je ne savais pas, par contre, qu’ils avaient publiés d’autres disques depuis Movement. Je garde sous silence l’appréhension de la traversée et ma première rencontre contrastée avec les disquaires. Le voyage-retour reste par contre un souvenir unique et inique, les vagues fracassant l’étrave de la vedette tandis que je scrutais chaque détail de la pochette de mon premier album.

Les premières écoutes se sont révélées douloureuses. Je ne retrouvais pas les atmosphères froides et étouffantes que je leur connaissais. J’avais sous les mains un enregistrement pop et assez solaire. La mélancolie affleurait sous le single Bizarre Love Triangle mais aucune trace du spleen recherché. Le dernier titre State Of The Nation, par contre, me fascinait et j’y revenais sans cesse bien que je le trouvais en tout point atroce. Ce croisement gypsy-new wave rendait à lui seul GOLD et INDOCHINE fréquentables. J’étais littéralement fasciné par cette monstruosité. Je ne me rendais pas compte que je faisais ma première véritable expérience du kitsch et que cette attirance pour les titres déviants allait s’avérer décisive dans mon approche critique.

Je n’avais que Brotherhood à écouter sur ma platine et je ne cessais de le diffuser malgré mes réticences. L’album comblait l’ennui de matinées brumeuses et de soirées solitaires. Peu à peu certains titres m’ont accroché et notamment Broken Promise que je considère comme l’un des titres les plus incisifs jamais composés par Barney Summer. C’est aussi? sans doute? le morceau le plus proche des tensions de JOY DIVISION.

Je ne comprenais pas ce disque, je l’écoutais en y entendant de nombreux défauts mais je le rejouais après chaque écoute, en étant persuadé que je loupais quelque chose et que le premier disque acheté ne pouvait pas être décevant. Je connais chaque note de ce disque, chaque mélodie, chaque changement rythmique. Avec le temps, j’ai appris à l’apprécier à sa juste valeur : comme un chouette disque pop, tout simplement. J’ai senti dès le départ que ce n’était pas un disque essentiel mais ce n’était pas si important au final. L’année suivante, en achetant le Halber Mensch d’EINSTURZENDE NEUBAUTEN, j’étais resté également perplexe le temps des premières écoutes car je ne comprenais pas ce que j’écoutais. Mais j’y revenais, fasciné par ce que j’y entendais et je reste encore admiratif devant ce que j’y ai entendu

Brotherhood est un album-charnière dans la carrière de NEW ORDER, qui les voit revenir à un certain classicisme pop après les aventures dancefloor de Blue Monday et juste avant de plonger tête la première dans la house d’Ibiza. Ce n’est pas le point d’orgue de leur carrière et j’aime ce disque pour cette raison car si je n’appréciais que les enregistrements considérés comme classiques, ma vie serait tout simplement insignifiante. Carte postale musicale et compagnon d’armes, Brotherhood est tout à la fois, me renvoyant à une période précise tout en me faisant prendre conscience du temps qu’il me reste. 

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