kayro-vue

anonymous asked:

Et on remercie bien fort Benoit Hamon pour ce second tour Le Pen/Macron.

Ah non, ça non. Pas de hate sur mon blog.

Et surtout pas de hate pour Hamon qui a fait une belle campagne, malgré tout ce qu'il s'est pris. Il s'est fait lâcher de tous les côtés, parfois pour des raisons honorables, parfois pour des raisons franchement dégeulasses. Il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Macron était au bon endroit, au bon moment. Donc c'est lui qui est passé. On ne va pas commencer à traiter Hamon comme le Taubira de 2017, à l'accuser pour la défaite de la gauche. Si la gauche a perdu, c'est possiblement parce qu'elle n'était plus en accord avec notre temps? Elle ne répondait pas à nos attentes? Tout comme la droite? La droite n'était pas divisée avec plusieurs candidats (juste hyper mal représentée et c'est dommage parce qu'il y a des personnes brillantes à droite mais si me lance là dedans je risque de me faire taper), ils ont quand même perdu.

Enfin, qui te dit que les 6-7% d'Hamonistes qui sont restés, jusqu'au bout, fidèles à leur candidat auraient voté Mélenchon si Hamon s'était désisté (parce qu'il me semble que c'est tout de même ce que tu insinues…)? Honnêtement, je pense qu'ils ont été courageux de ne pas choisir le vote utile, que ce soit Macron ou Mélenchon. Je crois aussi que la majeure partie d'entre eux est heureuse d'avoir pu voter Hamon, d'avoir eu un candidat qui les représentait et portait leurs idées en pleine crise de la représentation, avec une tentation d'abstention tellement et bien trop élevée. Mais demande-leur directement, je ne peux évidemment pas parler à leur place.

Les seules personnes qu'on peut blâmer pour un second tour MLP/Macron, ce sont toutes celles qui ont laissé les inégalités se creuser, la xénophobie et la violence prendre de l'ampleur - en France et dans le monde entier - et qui ont permis la prolifération des idées du FN. Ce sont ces personnes là qui nous volent aujourd'hui un choix véritablement démocratique pour le second tour. Pas Hamon. Et certainement pas ses électeurs.

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@onestenrepublique j’avoue tu m’as donné des idées 

merci @iamthefernman pour le découpage attentionné des oreilles de macron, il a apprécié je pense

Viens, viens encore, le bonheur est là, à deux pas, viens au coin de la rue. Nous n'avons pas complètement perdu de vue la rive du chagrin, nous ne sommes pas encore au plein-mer de la rêverie ; allons, courage, ami, dis à tes jambes de satisfaire ta pensée.
—  Charles Baudelaire (Les Paradis artificiels - Le vin)
Fun French Fact

Okay okay so I’ve seen Moana in French a’ight. 

And instead of calling Tamatoa “Crab Cake”, Maui calls him “Pâté De Crabe” which is the French version of Krabby Patty. 

And honestly that’s amazing thanks for the spongebob reference disney. 

anonymous asked:

Chain-shipping. A is in a relationship with B and maybe C, B is also with D, while D is also with E and F, C might be with G, while G is with H. Neither G nor E and F are in a relationship with A, while D might have the occasional fling with A. Something like that?

Yeah! Chin Shipping/Web Shipping is my fave.

(This will also come up in my AUs because it’s considered the “norm” for how cybertronians interact; IE this handy bo dandy shipping chart for one of my obscure AUs that will make sense to a single goddamn person besides myself. Just the one.)

Nuage de points

Déjà, quand nous marchons dans les rues de la ville, nous déambulons dans les artères des morts, puisque les noms attribués aux rues sont les noms de morts ayant fait de leur vie une œuvre, quelque chose de mémorable. Aussi, quand nous franchissons le seuil d’un cimetière, nous percevons que nous entrons dans un espace autre, un contre-espace, un espace où sont sédimentés des temps, des découpages de temps, ce que Michel Foucault nomme des «hétérotopies». Le cimetière est l’autre lieu par excellence, séparé de l’espace des vivants, situé hors l’espace de la ville proprement dite, qu’entre-temps la ville est venue insérer. Une enclave, un enclos, une succession de seuils. La promenade est d’abord une pratique, une activité solitaire, que l’on ne se regarde pas faire, un espace à soi, un moment que l’on s’accorde, un pas de côté qui implique une autre temporalité, d’autres pensées, un trajet qui nous éloigne de la frénésie quotidienne, qui exige de nous une attention flottante, un rythme comme ralenti. Nombre d’écrivains et de penseurs s’adonnent à la promenade qui entre dès lors dans leur processus d’écriture. «Seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose» répond Nietzsche à la déclaration de Flaubert : «On ne peut penser et écrire qu’assis». Il est vrai que les pensées qui nous viennent en marchant sont parfois plus vives que celles que l’on voudrait coucher par écrit à sa table de travail. L’état d’esprit que suppose la marche fait naître des images, des pensées : elles nous traversent, nous les accueillons et les affinons au fur et à mesure de notre déambulation ; celles-ci se mêlent à nos observations du paysage alentour, aux éclats de conversation, aux bruits qui nous enveloppent. Au flâneur, «la ville s’ouvre comme paysage et l’enferme comme chambre», relève Walter Benjamin dans son Livre des passages : «Les Parisiens transforment la rue en intérieur.» Si Paris, aujourd’hui, ne ressemble plus au Paris - «capitale du XIXe siècle» - qu’il a connu lors de son exil, son ouvrage est une mine d’observations dont nous pouvons faire un usage fécond. Notre usage de la ville a été cependant fortement modifié ces deux dernières décennies par l’apparition du téléphone portable dans nos vies, car depuis, nous sommes sans cesse en veille et surveillés, isolés et coupés de notre environnement immédiat. Nous sommes devenus moins attentifs à l’espace que nous arpentons quotidiennement, ainsi s’estompe la frontière entre espace public et espace privé. Lors d’une promenade collective, nous sommes comme un nuage de points, une pluralité de points de vue. Ici, point de vie et point de vue se recoupent. Sont hors de portée point de vue du ciel et point de vue du sol, seul un écrivain comme Faulkner peut faire entrer dans une même phrase plusieurs points de vue, dont celui du mort. Il revient alors à chacun d’imaginer cette diffraction des points de vue qui rend compte du présent qui est le nôtre. Encore un pas, et la grille de lumière s’ouvre.

Quand j’ai 6 cartes postales à écrire.

Tout à l'heure, c'était la nuit, et maintenant le jour ! Et cependant j'avais vécu longtemps, oh ! très longtemps !… La notion du temps ou plutôt la mesure du temps étant abolie, la nuit entière n'était mesurable pour moi que par la multitude de mes pensées. Si longue qu'elle dût me paraître à ce point de vue, il me semblait toutefois qu'elle n'avait duré que quelques secondes, ou même qu'elle n'avait pas pris de place dans l'éternité.
—  Charles Baudelaire (Les Paradis artificiels)